navigation

L’Artifice 22 juillet, 2008

Posté par hiram3330 dans : Billevesees & coquecigrues , trackback

L’Artifice

 

Divine bouteille, paradis artificiel ; Quelle dérision !

Alcool et drogue, quel mélange détonnant qui nous entraîne sur les pentes glissantes de la folie et de la déchéance. On boit, on fume et on se pique, comme ça, pour faire comme les autres, par snobisme ou par désespoir.

Mais ne vaut-il pas mieux alors se tirer une balle dans la tête, ce serait plus rapide et plus propre à la fois. Plus simple aussi ! Quel besoin de se mortifier, de se torturer ainsi. On porte tous les péchés des hommes, et tous les malheurs de la terre. On plie sous la charge trop lourde pour nous, c’est humain.

Et dans nos rêves imprégnés de vapeurs d’alcool et des fumées de la drogue, tout se déforme, se forme et se reforme.

Explosion de couleurs, de sons et de lumières. Plaisir quand le voyage est réussi. Enfer torride lorsque le voyage est raté et que tous nos souvenirs reviennent amplifiés et monstrueux, déformant les visages hideux, faisant un tintamarre de couleurs sinistres et de bruits grinçants.

Tout est irritation, désespoir, douleur, ennuis aussi…

Le tourbillon nous emporte en dehors de nous même jusqu’aux limites du tolérable et du soutenable. L’ombre se dresse comme une armée de fantômes aux orbites creuses, tandis que les tombes se rouvrent et nous font dresser les cheveux sur la tête. C’est le bord de l’abîme, plus qu’un pas à faire, plus qu’une bouteille, plus qu’une piqûre et l’on est dans la horde décharnée et innombrable qui, déjà, peuple nos nuits agitées.

Alors, pour oublier, on s’entête et on poursuit le voyage tandis que tombe la grêle des illusions passées. A travers le rideau de la pluie déchaînée surgissent encore et toujours des squelettes qui rient d’un rire silencieux et sardonique. On a réveillé nos démons à peine assoupis, toujours prêts à nous entraîner dans leurs orgies de souffrances cruelles.

Il faut apaiser ce feu avide, mais l’alcool et la drogue, au lieu de l’éteindre, le rendent plus puissant, plus dangereux pour nous et pour les autres. Peut-on encore cesser quand on est sur ce toboggan vertigineux qui nous précipite vers la lave brûlante des volcans des volcans de nos espoirs déçus. Chaleur, bruit, souffrance ; Tout y est !

Les portes du vide sont béantes pour nous aspirer vers le néant de la négation. Partir du monde des requins hypocrites pour atteindre le monde de la folie furieuse des paradis artificiels… Quelle chute insondable !

Le vertige nous prend, la tête tourne, la vision est dédoublée, les bruits et les couleurs décomposées en un assemblage hétéroclite. L’individu, physique et moral, est brisé en cent millions de particules incandescentes qui vont chacune de leur côté en d’intolérables douleurs inhumaines. La descente aux enfers est une partie de plaisir en comparaison !

On se retrouve à genoux, non pour prier mais car l’on est au sol sans s’en être rendu compte. Le visage en sang de s’être griffé, sans voix d’avoir hurler à la mort, brisé de s’être roulé à terre en état de manque. Du sang partout a éclaboussé les murs quand les yeux ont jailli hors des orbites emplies de larmes d’acide. Alors on se traîne fou de désespoir, de regrets ; Mais c’est trop tard !

Un couteau, un morceau de verre, une lame de rasoir et les veines s’ouvrent d’elles-mêmes, et le sang noir et parfumé coule, goutte à goutte, au rythme de la vie s’échappant pour toujours, bien qu’on soit jeune et … bête.

Le paradis ! Quel paradis ? On vient juste de le quitter mais on ne savais pas, trop occupé à se créer des problèmes et à pleurer sur nous-même

Chris 

 

imagedesagesseetfolie.jpg

Commentaires»

pas encore de commentaires

Laisser un commentaire

Aldaria Final |
A demi -mot |
DES LETTRES ET DES MOTS |
Unblog.fr | Annuaire | Signaler un abus | Aimé Comoé
| Les Poétiques Littérales
| Red Spirit