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Silence 31 juillet, 2008

Posté par hiram3330 dans : Billevesees & coquecigrues , trackback

Silence

 

Sept lettres, trois voyelles et quatre consonnes … trois syllabes. Voilà le mot posé mathématiquement, algébriquement, j’irai même jusqu’à dire décomposé, ou plus justement décortiqué : lettres et chiffres, le sens des lettres est difficile d’accès, celui des chiffres d’une symbolique plus connue …

C’est tout de même assez déroutant, je trouve, qu’un mot ( silence ) existât, et recouvre un concept que tout un chacun est en mesure d’appréhender alors que personne, je pèse mes mots là, personne et jamais n’a pu en connaître l’éventuelle existence réelle …

Pour nous le Silence est un mot, recouvrant un concept compris par l’être humain mais jamais vérifié humainement, disons physiquement par le biais de nos cinq sens (nonobstant les autres …).

Et oui, toi qui me lis en cet instant tu sursautes ….. le silence tu connais ! Et bien NON ! Le silence n’est pour toi comme pour moi qu’un concept purement intellectuel et théorique ! Et toc !

Allons-y.

Paradoxalement qu’entend-on par silence ? Cette phrase est en elle-même pour le moins cocasse, l’expression humaine peut être assez déroutante ..entendre le silence .. belle image.

Bref le silence est l’absence de sons, bien sûr .. l’absence de son dans la nature est inconcevable car même l’air émet un son en se déplaçant aussi peu soit-il. La chaleur et le froid eux-mêmes font du bruit, vous n’avez qu’à ouïr vous même avec attention ce faux silence naturel.

Reste l’Espace, l’espace infini de la voûte étoilée là où, sois disant, règne le vide absolu (assertion désormais avérée erronée scientifiquement) et le zéro absolu .. heu pour le zéro absolu j’avoue ne pas savoir ce que c’est exactement, disons que je conçois qu’il puisse s’agir d’une limite basse, la plus basse … connue actuellement du moins.

Nos savant furent effarés d’entendre le tintamarre qui traverse l’espace interstellaire si silencieux paraît-il, comme furent effarés d’autres savants lorsqu’ils découvrirent le silence de la mer aussi bruyant ..

Alors on peut examiner maintenant les pièces « sans sons », celles spécialement aménagées pour absorber, diluer, dissoudre le moindre son …. souvent en plus ces lieux sont « noir », et sans lumière .. oui ce n’est pas un pléonasme « noir et sans lumière » … réfléchissez-y au passage.

Des salles spécialisées existent pour le travail sur le son précisément, qu’il soit musical ou autre .. car le son est multiple … alors que le silence est unique et absolu …. dit-on, ai-je ouïe dire. Les deux par ailleurs, par la grâce de l’esprit humain si inventif, sont devenus aussi des armes, et oui !

Mais je reviens au silence, ce concept si connu et défini alors qu’en fait jamais atteint par l’être vivant, curieux quand même.

Je suis en train de poser quelques mots sur un sujet, le silence, que tu connais aussi bien que moi alors que ni toi, ni moi ne l’avons jamais vécu ; quelle puissance de l’esprit humain que de disserter, parfois de manière savante – ce n’est pas le cas là -, sur un concept jamais rencontré par lui.

Hypothèse : nous (toi comme moi) nous mettons en un endroit où règne le silence, c’est à dire un endroit où aucun bruits, sons, ne nait et où n’arrive de l’extérieur de ce lieu. Bravo nous voilà dans le silence total …. tu crois ? N’entend-tu rien ? Tu es sûr ?

N’entends tu pas .. ces curieux bruits sourds et/ou assourdis .. là dans tes tempes, dans ta gorge, dans ton torse, dans ton ventre .. ne me dis pas que tu n’entends rien …. ça provient du plus profond de toi, ces grondements de pompes, de tuyauteries, de liquides qui circulent .. une véritable cacophonie qui retentit en toi.

Ainsi donc pour nous être vivant le Silence n’est qu’un concept que nous pouvons appréhender très bien, mais jamais entendre, si je puis dire, physiquement .. curieux non ? En fait nous savons de quoi nous parlons, mais jamais nous n’avons et ne pourrons réellement, personnellement, le percevoir.

Bizarre, bizarre car lorsque nous évoquons ce sujet qui nous paraît si anodin, nous sommes persuadés, intimement persuadés que nous le connaissons physiquement et personnellement .. alors que c’est impossible, strictement impossible …. n’avons nous pas là l’exemple d’un des fondement de la pensée bouddhiste : « le monde est illusion ».

Pourtant, pourtant ne nous retirons nous pas quelquefois dans notre « tour d’ivoire » pour y méditer dans le silence …. ce silence que d’aucun recherchent dans des lieux spécifiques comme, notamment, certains monastères religieux, notamment mais non exclusivement d’ailleurs.

Alors de quoi que c’est qu’on cause quand on parle du silence ?

Ce peut être en effet une évocation purement intellectuelle d’un phénomène cocasse et in-atteignable par l’humain que nous sommes …. Une idée que l’on caresse dans le monde imaginaire, et pourtant réel tout de même …. Un jeu de l’esprit si je puis dire, où l’on cherche à toucher du doigt, par construction purement intellectuelle, une réalité in-humaine .. L’envie de passer, en ce domaine précis, du Savoir à la Connaissance …. douce utopie d’un esprit matériel me semble-t-il.

Alors quoi ?!

Alors notre Silence est en fait, probablement, l’expression du besoin de l’écoute de soi-même, bien entendu (si j’ose dire), et cette écoute est à la fois physique, matérielle, intellectuelle, spirituelle, voire même psychique et pourquoi pas également .. para-psychique.

Tous ces domaines nous sont propres, c’est à dire qu’ils sont en nous, du moins j’use de cette expression simplificatrice.

Notre Silence est un dialogue intime, personnel, permanent et dans ce cas bien précis, conscient.
Reconnaissons qu’il n’est pas facile, ni aisé, que d’entamer, au delà du monologue qui peut nous être habituel, un dialogue avec soi-même … dure réalité que nous devons affronter …. les yeux dans les yeux grâce à un miroir … après une descente, profonde, en nous et nos ténèbres intérieures …

Ainsi pour nous le Silence change de nature dans sa définition, glissement sémantique, glissement de perception .. étrange dans le fond. Il devient « écoute » paradoxalement, si possible écoute attentive et totale, bien plus ouverte qu’uniquement pour les sons ….

Le Silence est devenu un chuchotement intime, intimiste, personnel, privé, sans concession, « décoiffant », perturbant, blessant aussi …. un peu comme la pesée des âmes de l’ancienne Egypte où Mâat avait dans un plateau l’âme, et dans l’autre .. une plume.

Nous voilà donc maintenant dans un silence autre, celui qui est souvent le plus difficile, tant à « faire » qu’à « supporter » .. Être en discussion avec soi-même, avec ses propres profondeurs n’est pas aisé reconnaissons le.

Notre silence est une écoute, notre propre écoute, mais savons nous être franc avec nous même ? Difficile …. très difficile que de se parler, de s’écouter surtout, et de s’entendre …. c’est pire encore…

En fin de compte nous en arrivons à un silence assourdissant de cacophonie tant notre tumulte intérieur est puissant, parfois dévastateur, toujours bruyant au-delà des sons physiques.

Prenons donc le temps de nous recueillir avec nous même dans un dialogue, sinon silencieux, du moins muet où l’écoute d’un silence nous permettra de passer outre l’absence du silence.

Chris

juin 6008

 

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