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Mirage 22 juillet, 2008

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Mirage

 

Sans interruption, en rang serré, les vagues agonisantes viennent s’évaporer en léchant une dernière fois cette immense plage d’or où rôtissent tant et tant de vacanciers.

La brume, depuis longtemps dissipée, a laissée place à l’étouffante chaleur de l’été qui écrase et brûle tout, brouille la vue en troublant le paysage.

Des mirages se font et se défont au gré de la brise légère, allant d’un banc de sable à un navire fantomatique et égaré.

Armés de sceaux et de pelles, une ribambelle d’enfants jouent, indifférents à l’étouffante atmosphère, comme doués de pouvoirs étranges et irréels.

Une multitudes de parasols parsèment la grève en une armada tassée de champignons multicolores et dérisoires contre le plomb de ce ciel limpide.

L’onde, tiède et salée, dialogue en murmurant avec elle-même, troublée par ces corps noircis qui l’écartent et la violent sans scrupule.

Une mouette, déroutée et coléreuse, jette son cri perçant ne trouvant pas une once de terrain libre pour se reposer, triste d’être condamné à une errance perpétuelle au dessus de ces tonnes de viandes rôties et immangeables.

Mirage … mirage … mirage …

L’air se tord et se love à la recherche, vaine, d’une fraicheur enfuie.

Mille reflets s’entrecroisent, un peu perdus, sources d’images du passé et du futur.

Grésillement d’huile, bruissement d’eau, clapotis de nageurs paresseux.

Mirage … mirage …

Un livre feuilleté laisse s’évader quelques caractères d’imprimerie où règnent le rêve d’un autre monde ; solitude et regret.

Un bonhomme, espiègle, verse des myriades de grains jaune sur les pages abandonnées d’un ouvrage délaissé par la sieste souveraine.

Souvenirs … espoirs … nostalgie … tendresse … regrets … gaité … tristesse … Solitude.

Mirage …

Un collier de larmes salées s’écoule, sans bruit, sans heurt, sans fausse pudeur, d’un regard qui se perd dans l’ailleurs de hier, là où se mêlent souvenirs et regrets, rêves et regrets, envies et regrets.

Insolation ? Coup de chaleur ? Coup de coeur ? Sursaut ?

L’instant c’est envolé si loin, si loin ; comment rattraper ce fragile édifice qui s’enfuit rongé d’erreurs et d’incompréhension ; il fait si chaud.

Le ciel, doucement, endosse sa toge vermillon lorsque le soleil à l’aura pourpre, peu à peu, plonge dans la mer de cette côte pleine d’illusion.

La vie, un peu factice, un peu superficielle, un peu cendreuse, paraît renaître sous l’impulsion de centaines d’artifices fallacieux, d’artifices dérisoires se dissimulant derrière une bien fine et délicate impression de gaité.

Et la nuit s’installe, peuplée d’une nuée de rêves, de pensées, teintée d’un brin d’amertume due à ce mur pourtant poreux et vacillant dont le seul ciment est un mélange d’incompréhensions, de fierté toujours bête et de silences dévastateurs, sous le regard narquois et d’un bleu glacial d’une lune assassine.

Chris 

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Bannière rouge

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Bannière rouge

 

En ce temps là était le capitalisme monopolistique d’Etat.

Les françaises et les français se trouvaient sous le joug conjugué de l’emprise totalitaire d’un Etat tentaculaire d’une part, et, d’autre part d’une carence historique et objective au niveau de l’intellect collectif.

Et puis, grâce à l’action décisive de l’avant garde prolétarienne, exprimée par le Parti Communiste de France, le communisme international a transformé, dans l’intérêt même du peuple de France, les libertés formelles d’un libéralisme capitaliste en libertés réelles d’un centralisme démocratique.

Alors fut la Révolution, alors fut l’aurore du socialisme scientifique et démocratique.

Les masses populaires exploitées devinrent libres grâce au Parti unique unifié et à sa courroie de transmission, le Syndicat unique unifié.

Plus de problèmes matériels, idéologiques, philosophiques, et même sentimentaux ; le Parti, dans son immense bonté, agissait et pensait pour les travailleurs libres.

Hélas, manipulés par la réaction conservatrice et fascisante, les traîtres à la cause du peuple, les espions à la solde du Grand Capital, de tristes vipères lubriques sociales démocrates, voulurent briser cet immense espoir des masses laborieuses libérées et de son expression bienveillante : le Parti Communiste de France.

Grâce aux ancêtres historiques : Marx, Engels, Lenine et au phare du socialisme, le petit père des peuples Joseph Staline, ainsi qu’à son continuateur logique Georges M., l’impérialisme néo-libéral du capitalisme sauvage et inhumain fut écrasé, sans haine mais sans faiblesse aucune.

Alors s’ouvrit enfin l’âge d’or d’un monde libre et heureux sous la bannière rouge du drapeau soviétique, après l’anéantissement total de la bande des socio-traitres, des socio-révisionnistes que furent les chinois vecteurs d’un social impérialisme néfaste au bonheur simple du monde du travail.

Moi qui écris ces quelques lignes, j’ai eu la chance de vivre cette époque historique, exaltante, et aujourd’hui j’en suis le témoin encore vivant ..

Laissant ce témoignage personnel pour l’édification de la jeunesse joyeuse, j’ose espérer que je quitterai bientôt enfin le fin fond de ma geôle du goulag n° GM3651 …..

Chris 

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Evasion

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Evasion

 

Les paupières closent d’avoir longuement fixé le coeur de cristal de la boule, les nerfs dénoués, le coeur apaisé, le corps au repos, mon esprit s’échappe des contraintes physiques d’une enveloppe bien imparfaite.

La corde d’argent brille intensément lorsque je m’élève mollement en détaillant, dessous, mon apparence illusoire enrobée d’une aura claire et fluctuante. L’espace-temps se déchire pour moi qui vais dans l’astral, instantanément, dans ce plan supérieur où vaquent les intelligences désincarnées aux perceptions démultipliées et sans limites.

J’atteins sans difficulté le Tout dont nous ne sommes qu’une infime parcelle soumise aux réincarnations et au karma perfectible, et là je m’illumine à ce doux et chaud contact permanent.

L’homme n’est pas à l’image de Dieu ; l’homme n’est qu’une ridicule goutte d’eau de l’entité cosmique omnipotente qui règne sur l’éternel infini de l’incommensurable grandeur …

Tout est magnifique d’une beauté irréelle, sans commune mesure d’avec le matérialisme étroit, étriqué. Les défauts de l’individu se fondent dans l’entité globale de l’intelligence ; cela rappelle vaguement l’union humaine, source de bienfaits à travers l’amour.

Là, même l’apparence astrale s’estompe délicatement pour que ne reste que la substance vitale de l’esprit, de l’âme ; in englobe l’univers crée et incréé dans une flamme vive de compréhension sereine et tellement enrichissante, tout devient lumineux.

Les galaxies innombrables tourbillonnent majestueusement dans le vide sidéral tandis que j’observe la mémoire du passé futur, parfois si déroutante, que rien ne souille dans cette immensité glacée. Ici on voit que la mort n’est qu’un seuil, qu’une étape dans la recherche de la connaissance transcendantale ; les religions, elles, ne sont que facettes différentes d’une même conception de la philosophie de la vie dont les structures étouffantes des chapelles cachent la réalité si compliquée et si simple à la fois.

Mais l’heure n’est pas encore venue de méditer aux erreurs amendables au sein de ce cocon paisible, l’esprit rejoint le corps pour continuer la vie au purgatoire de cette terre où nous vivons nos espoirs et nos peines.

Chris 

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Sécurité …..

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Sécurité …..

 

Nous sommes les maîtres du pavé, les véritables défenseurs des libertés publiques, du citoyen et de l’Etat.

Quand nous descendons des cars, casqués et bottés, munis de boucliers et de « bidule », la chienlit prend peur et recule devant nous. L’hydre rouge de la subversion internationale plie face à nous, défenseur de l’ordre social. Jamais nous ne fléchissons devant l’ennemi intérieur à l’hideux visage, au couteau entre les dents longues, avides et malsaines.

Je suis fier d’appartenir à ce glorieux corps d’élite : les Compagnies Républicaines de Sécurité !

Engagez-vous, qu’ils disaient, vous verrez du pays, qu’ils disaient ; et c’est vrai !

Depuis ce jour béni entre tous j’ai parcouru tous les sentiers de mon vaste pays ensoleillé du nord au sud, de l’ouest à l’est ; toutes les belles provinces sont de moi connues : la corse et ses autonomistes, l’occitanie et ses vignerons, le pays basque et ses séparatistes, le nord et ses mineurs, Paris et ses étudiants. L’ensemble du territoire quoi, avec ses travailleurs immigrés et sa jeunesse.

Me voici enfin un homme complet, digne et respecté, toujours prêt et obéissant, aux ordres de mes supérieurs hiérarchiques et du gouvernement démocratique et bon ; mon métier me plait ! Je fais partie du fond le plus sain du pays, conscient de mon rôle pacificateur et protecteur je cours où le devoir m’appelle pour détruire, sans haine ni faiblesse, la gangrène révolutionnaire.

Je représente l’Ordre et la Loi, la loi du plus fort bien sûr, pas celle issue de ces parlementaires démagogiques et mous. D’ailleurs je ne fais pas de politique, je suis au service exclusif de l’Etat libéral avancé et serein.

Ce soir encore nous sommes d’alerte ; demain les citoyens votent : nous c’est notre commandant qui vote pour la compagnie, c’est bien plus pratique et simple. Je n’ai d’ailleurs jamais rien compris à ce système compliqué donc inutile, heureusement aux CRS les gradés pensent pour nous …..

Enfin nous restons prêts des fois que les urnes donnent, par d’immondes trucages, une majorité anti-démocratique, anti-nationale, collectiviste et subversive …..

Chris 

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La blanche

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La blanche

 

Là-bas, de l’autre côté de cette mer si bleus et si belle, j’ai laissé ma jeunesse joyeuse et nonchalante. Les murs blancs écrasés de soleil incitaient à la lenteur et à la sieste dans une ambiance calme et mesurée.

De ma terrasse brûlante j’apercevais l’infini de sable parsemé, çà et là, de rares buissons rabougris et les innombrables insectes ; le désert grouille d’une vie intense et discrète.

Plusieurs fois par jour le muezzin appelait les croyants à la prière du haut de son interminable minaret ; la médina s’emplissait alors de silence recueilli avec toutes ces têtes courbées vers la mecques immortelle, lointaine et terriblement présente.

Et puis, et puis la multitude de commerçants et de fellah reprenait son agitation fébrile et jacassante toujours présente à mon souvenir de métropolitain ; djellaba et fez tournoyaient dans d’incessantes tractations qui tirent des larmes au vendeur, des hurlements de colère au badaud, sarabande et plaisir ancestral du marchandage.

De l’autre côté mourraient les vagues délicates de la mer tiède porteuse de bizarres felouques, apportant un rien de fraicheur dans cet air chaud, sec et plein de senteurs orientales, de musc et de sueur mêlés.

Le port bourdonnait d’une incessante activité cocasse où se perdait, parfois, un immense touareg hautain et méprisant dans son drap bleu de fier et dur guerrier féroce des sables : un guerrier et esclavagiste …

Sur la place une brêle s’obstinait, près d’un café mauresque à la forte odeur de thé à la menthe et de mouton froid, dans son refus définitif de faire un pas de plus.

Aujourd’hui pas de simoun amenant des torrents de sable rougeâtre. Une fraicheur squelettique s’étendait avec la pénombre tandis que dans le djebel éclataient des pierres sous l’influence du gel ou d’un djinn malicieux.

La casbah frissonnait de silhouettes furtives, à peine entrevues et guère rassurantes dans un foisonnement d’étranges marchandages où la lame promptement tirée d’une gaine richement parée pouvait devenir la signature mortelle d’une conversation chuchotée.

Une musique envoûtante et crispante enveloppait cette vie nocturne faite de vrais mendiants pouilleux et de faux invalides sardoniques jusqu’aux limites de l’aube étouffante.

Là-bas, de l’autre côté de cette mer si bleue et si belle j’ai laissé ma jeunesse et mes ancêtres à l’ombre des tours de la mosquée de cette ville que l’on nommait  » la blanche « .

Chris 

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Arènes

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Arènes

 

Je ruisselle sous l’ardeur implacable de ce soleil étincelant. La foule gronde sourdement quand je m’avance avec lenteur vers la tribune bigarrée entouré de mes aides ; mon habit d’or me gêne et me pèse à chaque pas.

Tout à l’heure j’ai prié dans la petite chapelle dénudée de tout faste inutile comme tant d’autres avant moi l’avaient fait.

Recueillement avant le combat.

Maintenant j’avance dans cette arène millénaire noyée de lumière et de cris, la cape rose et or d’une main, l’épée brillante de l’autre.

Le silence se fait soudain quand la porte du toril crache la bête noire et puissante qui fonce vers moi sans détour.

La peur serre ma gorge et paralyse mes jambes, la sueur goutte sur le sable déjà sanglant, mon regard brille d’excitation et de terreur ancestrale.

Brusquement tout cela disparait et s’envole, me laissant seul dans ce face à face de la vie et de la mort.

La cape voltige sous les rudes assauts, les cornes meurtrières me frôlent sans cesse comme pour me narguer et m’effrayer tandis que la foule, avide de sang, se lève et attend impatiemment que je fasse une erreur fatale.

Hors la bête tout s’estompe pour moi.

Le souffle court j’échappe encore et toujours à ce fauve en furie qui bondit, tourne et dérape, déjà bavant et blessé par les banderilles colorées. Mon costume d’or se ternit au contact de sa vie qui s’échappe goutte après goutte ; ma cape se déchire un peu et je tremble de fatigue, d’angoisse aussi …

Les spectateurs hurlent et frémissent, bien à l ‘abri du soleil et du taureau.

Mes gestes se font plus lourds, mes esquives moins rapides, la sueur pique mes yeux ; une fois je suis jeté à terre par cet animal qui sent la mort venir pour lui, peut-être pour moi …

Dans un tourbillon de cris et de chaleur éprouvante j’entends le battement désordonné de mon coeur, ou du sien, je ne sais plus …

C’est la dernière minute, l’heure de vérité : l’animal baisse le col, la lame fait miroiter le soleil et se pointe. Un coup de poignet, une pesée puissante et sûre et voici ce mâle fier étendu sans un râle à mes pieds dans un vacarme assourdissant de cette foule stupide et sanguinaire.

J’ai vaincu, j’ai vaincu ma peur une fois encore …

Chris

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Souvenir de l’océan

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Souvenir de l’océan

 

Nostalgique, la fine fumée d’une cigarette s’élève autour de moi comme pour mieux brouiller la vision de ces cataractes interminables qui fondent de ces lourds nuages disgracieux. Au travers de ces vitres mal lavées je perçois par intermittence un rare rayon de lumière aveuglante qui joue à m’éblouïr. Des sons cocasses se ruent hors d’un poste perturbé par l’étrange électricité ambiante ; tout au loin disparaissent des vols de mouettes transis.

Bizarre atmosphère que celle qui règne aujourd’hui à la tombée du jour. Quelques rares enfants poursuivent des crabes affolés au bord de ce vaste océan qui se déchire aux roches saillantes, alors qu’un vieux chalutier souffreteux se dépêche vers l’abri du port centenaire. La nature semble reprendre le pas sur l’humain pour de brèves heures de ce soir d’automne.

La cité s’assoupit avec distinction, avec crainte aussi comme si elle sentait déjà la tempête à venir tandis qu’un bâtard errant fait chuter une poubelle pour dénicher sa maigre pitance. Les volets, un à un, aveuglent d’un fragile rempart les foyers accueillants et simples de cette côte de Vendée. L’histoire elle-même paraît se replier sur elle-même comme pour se protéger de l’inévitable.

Des gouttes épaisses commencent à s’écraser avec force contre le pavé disjoint des ruelles abandonnées à ce peuple de rats indestructibles.

Mes vitres se troublent de larmes poussiéreuses d’abord, de plus en plus limpides au fur et à mesure. La fumée parfumée et âcre pique mes yeux rougis de fatigue et de souvenirs ; la cigarette commence à réchauffer mes doigts gourds.

Le vent prend de l’ampleur et retourne des feuilles mortes oubliées en faisant claquer des portes mal jointes ; les lampadaires tanguent au rythme de cette profonde respiration. Un, puis deux éclairs déchirent l’ombre naissante dans un fracas soudain en me faisant sursauter de surprise, non de peur. Un matelot ivre dérive sans but d’un trottoir à l’autre, sans doute à la recherche d’un équilibre perdu …

A mon tour je clos ma lucarne comme pour fuir cette réalité inébranlable d’une nature retrouvée.

Chris 

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