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Pluie 31 juillet, 2008

Posté par hiram3330 dans : Billevesees & coquecigrues , ajouter un commentaire

Pluie

 

Les nuages roulent, se bousculent, se heurtent avec violence et déclenchent des rafales de pluie, de grêle, en d’assourdissant grondements de tonnerre qui suivent les déchirements des zébrures des éclairs pleins de colère.

L’eau du ciel ruisselle, noie la vue, inonde le sol, détrempe la nature, brouille l’éther …. L’eau du ciel brouille tout, dissimule le réel en étant elle-même un réel, elle rince les scories, elle dissout les sels, elle ôte la poussière …. L’eau du ciel transporte d’ici à là les éclats de cendres, laisse des traces brunes comme du sang séché, délavé plus que  lavé.

Étrange tout de même cette eau qui cache tout, qui efface tout, qui dégouline partout et que pourtant je ne sens pas sur ma peau …. Et pourtant ma vue est brouillée, le trouble paysage m’apparait vacillant. Et pourtant je sens bien l’humidité sur mon visage.

Dichotomie … peut être ?

Tout de même je perçois nettement le ciel qui s’épanche sur moi, je ne suis pas dans un rêve, ni même dans un cauchemar …. je sens l’humidité !

Sur mes joues elles coulent ces gouttes venues du ciel, elle suivent les rides apparues ces temps derniers, mais bizarrement ces gouttes sont salées .. salées comme les vagues d’un océan qui va et vient d’équinoxe en équinoxe …

Salées, oui .. qui même brûlent un peu les yeux, qui rougissent sous l’agression, l’eau du ciel serait-elle acide ?

L’eau du ciel ravine tout, réduit tout, roule tout …. et pourtant celle que je sens, que je goûte sur mes lèvres semble glisser, sans violence, mais sans arrêt ….

Le ciel est noir, le ciel est gris, le ciel est déchaîné, le ciel est fouetté d’éclairs rugissant, le ciel est au dessus de ma tête, il fait nuit, il fait jour, j’en sais rien les yeux me cuisent, je vois rien, je vois tout, je vois sans voir comme un aveugle.

Toute cette eau m’étouffe comme des sanglots qui ne pourraient jaillir, toute cette eau salée m’empêche de respirer, m’empêche de réfléchir, m’empêche de voir à l’intérieur de moi … toute cette eau suinte et s’écoule sans cesse, sans bruit.

L’eau du ciel ne veut s’évaporer, ne veut me laisser tranquille …. cette eau colle à mon visage et va se perdre dans mon cou, se glisser jusqu’à mon coeur qui pleure … car le ciel au dessus de moi est sec, tari, et l’eau du ciel coule de mes yeux ..

Chris

juin 6008

 

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Alice

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Alice

 

Tel le lapin dans le roman si connu, mais guère compris, je cours, je cours, je cours comme un dératé … mais sans regarder la montre car le temps est arrêté ….

Mais qu’importe le temps de maintenant, je cours, je cours après le temps d’hier, celui qui passe d’un village minuscule à une abbaye dissimulée, sans omettre le détour par un château ancien qui domine un marché ensoleillé ….

Le temps, oui le temps .. oui le temps est passé, et je cours, je cours à la poursuite .. à la poursuite de je ne sais plus quoi tant ma course m’épuise et me donne le tournis, tant ma course me fait perdre mon souffle à vouloir encore croire que hier était souriant ….

Et je cours, je cours dans ce pays des merveilles qui hante déjà, encore et toujours mon esprit .. qui hante toujours, encore mes souvenirs qui coulent, fondent et se liquéfient sous l’action du vitriol …

Hier, aujourd’hui, demain .. tout se mêle et s’enmêle dans cette course épuisante qui me pousse vers l’ailleurs de poussière recouvert … de cendres encore chaudes .. de brisures toujours tranchantes.

Mais je cours, je cours, je cours pourtant .. naïveté ou inconscience car cette course désormais sans but m’entraîne toujours, encore, déjà vers les rives de la mémoire qui fument des éclairs du passé .. au bord de ce fleuve qui charrie tant de ruines pourtant colorées de sourires désormais grimaçant …. amertume.

Alice du bout de sa règle, de sa canne montre le tableau .. et invite à la récitation de la leçon …. et gare à celui qui ne sait pas, il sera mis au coin, en attente, en réserve, au cas où …. mais puni d’avoir pas su, puni d’avoir voulu, puni d’être sincère ..

Et la montre arrêtée me pousse à nouveau, et je cours, je cours, je cours dans le labyrinthe et les méandres des images qui défilent à toute allure, nostalgiques, ensoleillées, inondées, fêlées, ricaneuses et ironiques parfois ….

Une pause .. une pause dans ce souterrain afin de lever les yeux vers la voûte étoilée.

La voie lactée reste désormais silencieuse, ou plutôt ses murmures muets deviennent eux aussi des éclats d’échos de naguère ou de jadis …

Mais un oeil est fixé sur les aiguilles figées et je retourne à ma course vers nulle part, là où rien est toujours présent, comme un oued dans l’erg, une branche d’acacia imputrescible sur un tertre fraîchement remué .. bleu nuit éteint au dessus de moi ….

Et je cours, je cours, je cours à en faire éclater le coeur, comme si ce n’était déjà fait, dans cet automne où la silhouette est devenue ombre, où la lumière du regard s’est transformée en flammes destructrices, où le culbutos à entamé sa triste danse après les coups et les coups de butoirs ..

Le boomerang lancé hier revient aujourd’hui, avec force et vigueur, avec larmes et pleurs, avec rêves émiettés et blessures suppurantes …. Et je cours, je cours, je cours, droit devant moi pour percevoir l’horizon qui recule, recule, recule là bas à l’occident, là où se cache le soleil .. là où se trouvent les promesses .. mortes déshydratées d’attentes égarées ….

Pays des merveilles …. ah Lewis …. que n’as-tu averti que la forêt de symboles, l’histoire d’Alice n’étaient qu’un mirage semble-t-il .. un de ceux qui s’évaporent quand le réveil sonne si fort que la tête paraît exploser … et je cours, je cours, je cours ….

Mai 6008

Chris

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Les Mains

Posté par hiram3330 dans : Billevesees & coquecigrues , ajouter un commentaire

Les Mains

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Deux mains, dix doigts …. une paire d’outils qui ont fait l’Homme en partie, une paire d’outils qui ont permis probablement l’évolution de ‘l’humanitude », une paire d’outils d’une incroyable richesse et complexité.

Certes sans le développement de « l’esprit » cela n’aurait pas suffit …. mais tout de même quelles merveilles que ces Mains.

Que d’analyses pouvons nous faire sur elles, que de réflexions entraînent elles, que de symboles naissent d’elles … on pourrait dire sans avoir peur d’exagérer, ni de trop se tromper, qu’elles « servent à tout ».

Mais les Mains sont en fait un ensemble ; la main c’est les cinq doigts plus la paume, pour faire simple .. et là déjà on diversifie la vision globale en une vision plus affinée.

Cinq doigts oui, mais cinq unités uniques par main .. uniques car chacun est différent des autres, chacun a une taille, chacun a une « zone d’activité », chacun a … un Nom.

Étrange le « nom », la « personnalisation » en quelque sorte, l’équivalent n’est pas pour les pieds qui comptent pourtant eux aussi …. cinq doigts dont le nom générique est : orteil …. sans discrimination ….

Alors observons ces cinq doigts de main … cinq, un beau chiffre déjà, du moins moi je l’aime bien, ce qui à mes yeux est déjà positif.

Le Pouce, vous savez ce « petit gros », cette partie indispensable de la pince humaine, cet homuncule essentiel pour prendre .. pour faire signe sur le bord d’une route .. le « stop » vous voyez ce que je veux dire, et de plus le signe d’approbation lorsqu’il est dressé, de .. désapprobation à l’inverse comme dans l’arène romaine (proche de chez moi) naguère….

Bref le Pouce me paraît être un « fort » …. un musclé, trapu mais costaud, qui peut verrouiller les quatre autres lorsqu’il les domine, se dissimuler sous eux parfois aussi ….

L’Index, le « dénonciateur » qui montre .. le « malpoli » .. celui qui manque de discrétion .. celui qui peut aussi tourner pages et billets de banques .. et j’en passe ….

Le Majeur, dont le nom vient de sa « grandeur », d’aucuns pensent de sa « suffisance », mais quel rustre il peut être dans l’obscénité d’un de ses comportements ….

L’Annulaire (et non l’annuaire), porte anneau d’union ritualisée, un doigt « sanctifié » en quelque sorte, enfin par le passé, aujourd’hui .. l’importance est souvent effacée.

L’Auriculaire dont le nom est plus long que lui-même … souvent dressé, comme un ergot, un complexé sûrement …. un peu snob en présence d’une tasse…

Chacun de ces cinq individus possède sa, ses spécificités et spécialisations mais, mais, mais c’est l’Union qui la Force .. c’est la complémentarité qui multiplie l’efficacité .. c’est la Réunion de ce qui est épars qui amplifie la réussite …

Chacun de ces cinq doigts est formé de phalanges .. deux pour le pouce, trois pour les quatre autres … mais les cinq sont terminés, protégés par un ongle en perpétuelle croissance …, une griffe ou du moins un bouclier et une arme.

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La main, avec sa paume et ses cinq lutins, est une représentation d’un feu d’artifice de potentialités et de réalités mêlées inextricablement.

La véritable richesse de cet organe préhensile, de ce morceau d’homme, de ce bout de chair et d’os est autre que la nomenclature technique de sa décomposition physique ..

La main est une globalité en elle-même …. outre sa fonction physique mécanique, elle est l’un des moyen essentiels de notre communication humaine, visible et invisible.

Innombrables sont les expressions verbales où la, les mains sont sujets ou actrices .. c’est significatif, je crois, de l’importance de celles-ci dans notre vie d’humain, dans notre vie sociétale aussi.

Innombrables également sont les gestes et expressions physiques où elles sont actrices et sujets dans notre vie quotidienne, notre vie sensuelle, notre vie spirituelle .. et oui là aussi, et même .. dans notre vie .. magique.

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Peut être qu’après l’expression de notre visage et les modulations de notre voix, les mains sont les sémaphores les plus usités, seuls ou avec d’autres, et les plus puissants de notre communication et nos rapports aux autres.

Alors elles sont l’objet de nos soins .. de notre attention .. souvent nous les lavons, les entretenons, les protégeons car elles sont fragiles dans le fond, et extrêmement innervées qui plus est, d’où leur sensibilité et fragilité physiques notamment.

La main est fragile, fragile car d’une complexité dans ses capacités qui laisse rêveur si on y songe, mais qui songe à ses mains ?

Observons le rôle peu commun des mains, celui des prêtres, des guérisseurs, et tant d’autres en marge de la société commune …

Les positions d’icelles dans l’espace, les positions des doigts, curieux que tout cela comme si une « influence » réelle pouvait exister, un peu comme si inconsciemment, voire consciemment l’homme reconnaissait de fait une influence en ce domaine ..

Magnétisme …. magnétisme humain .. le mot est lâché … oups.

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Là chacun a son idée, son ressenti, son vécu parfois …. là chacun s’interroge et se questionne, réfléchit quelquefois, farfouille y compris en lui-même.

Une chose paraît sûre : en remontant le temps, en regardant l’histoire, on s’aperçoit que les hommes (et femmes bien sûr) que je qualifierais de « spirituels » (prêtre, druides, sorciers, mages, magnétiseurs, etc.) ont conservé des gestes et signes identiques à travers les âges …

Étrange cette continuité, une filiation de type ésotérique probablement quoiqu’on en pense .. quoiqu’on en dise … cette constance laisse rêveur, et doit nous pousser à voir au delà des apparences je pense.

Le port de gants par exemple peut être considéré comme une protection, certes, mais aussi comme pourquoi pas .. un filtre, un tamis, une nécessité d’altération même.

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Mais j’arrête là …. ces réflexions, me semble-t-il, relèvent de chacun d’entre nous et sa sa perception personnelle et intime d’une part de sa vie, de ses observations éventuelles … un chemin pourrait-on dire que nous pouvons entamer, comme tant d’autres …

La main reste aussi et souvent un « signe », un « symbole » de paix, d’expression de « non agression », de contact plus ou moins conscient, réfléchit, intuitif … un savant mélange de signaux subtils d’où, d’ailleurs, le « magnétisme » n’est pas absent …

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La sensualité des contacts manuels n’est plus à prouver, ni même à expliciter, elle est si .. naturelle … On se serre la main, on se caresse du bout des doigts, de la totalité de la main, on pose sa main sur l’épaule, certaine religion, et autres, font poser la main sur le coeur et j’en passe une foultitude …. que chacun d’entre nous peux re-découvrir.

La main, les mains ….. un mode fabuleux d’expression et de partage.

Tout cela n’est qu’une minime esquisse .. j’y reviendrai .. peut être .. une fois autre … en attendant, lecteur, jette un regard curieux sur celles-ci, aiguise ta réflexion sur ce sujet, laisse aller tes pensées et ressentis … surprend toi.

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chris

juin 6008

A.G. Bell

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A.G. Bell

 

Il est convenu d’attribuer à A. G. Bell l’invention diabolique de la transmission de la parole humaine via un système mécanique crée par l’homme.

Dans le fond, peu importe pour moi de savoir qui .., par contre l’invention en elle même c’est tout autre chose …. J’en use et en subis l’action de manière journalière, comme vous tous n’est-ce pas ?

Cette « invention » démoniaque, n’ayons pas peur des mots, fut déjà en premier lieu la tombe ouverte pour bon nombre de sorciers et mages divers qui étaient considérés, parfois, comme les indispensables intermédiaires entre l’homme et les esprits. Que viennent faire les « esprits » ici me direz-vous ?

Bonne question ! Les réponses sont aussi multiples que complexes, je les laisse volontiers à la réflexion du vôtre .. d’esprit ..

Pour ce qui me concerne je laisse vaquer le mien, d’esprit, du moins ce qui en tient lieu, sur cette mécanique pouvant encore aujourd’hui avoir des relents de souffre .. Sorcellerie presque que cette créature inanimée mais pourtant, un peu comme le Golem, ayant tant l’apparence de l’humain, par sa capacité de transmission de la voix.

Ça me fait penser soudainement que cette « sorcellerie » est quasiment « miraculeuse » dans le temps de sa naissance fin du XIX° siècle .. d’ici à là bas, sans présence physique humaine on se côse !!! A travers l’Ether, se transmettent, plus ou moins bien, les supports, imparfaits, de la pensée humaine.

De la pensée humaine, soyons clair, il ne s’agit en aucun cas de la transmission de la .. Parole …

La voix, le son, les vibrations donc sont véhiculées via l’impalpable, empruntant la voie de fils et de câbles, pour aller d’un cornet à un autre cornet .. bizarre non ? L’équivalent du fil d’Ariane est cette chose qui, tel un serpent, rampe au sol et telle une aronde va de poteau en poteau, porter le son jusqu’à l’oreille épatée d’un quidam quelque peu esbaudi ….

Et c’est d’un mouvement convulsif que l’on érige les impulsions qui vont jaillir, et servi de vecteur à ce son qui, c’est sûr, sera susurré sous peu au dessous de l’horizon des yeux. Curieux symbole que voilà, un appareil dressé, pris en main, agité, porté aux lèvres pour recueillir l’écume des mots qui vont voguer ensuite sur l’océan houleux de la transmission verbale.

Oui ce sont les mots qui vont voyager, après transmutation quasi alchimique en impulsions électriques je crois, le long des rails que sont devenus les fils, pour relier la bouche à l’oreille …. comme l’expression fort juste  » de bouche à oreille ».

Mais au delà des sons et des mots, c’est la musique et le rythme de la voix qui vont circuler par ces voies et ces aiguillages matériels pour porter, partiellement, l’émotion impalpable de l’humain.

Désormais la communication accélère de jours en jours, au fur et à mesure de l’installation technique de cet outil devenu rapidement usuel dans le monde industrialisé du XX° siècle, un peu comme une « traînée de poudre » qui enflammerait les pavillons acoustiques et brûlerait les lèvres .. car le progrès reste à la disposition de l’homme, autant bénéfique que nocif.

Ainsi la distance, virtuelle, se réduit …. ainsi l’espace pourrait même se contracter en quelque sorte .. ainsi toi qui me parle par ce biais tu deviens mon voisin de palier. Fabuleux, victoire du virtuel sur le réel puisque le kilomètre devient seconde, puisque la vitesse nous rapproche toujours plus, au risque de collision parfois ..

Je suis là, et simultanément ailleurs .. loin .. à ton côté puisque tu entends les modulations de ma voix, puisque nous parlons, puisque nous échangeons en « temps réel » (expression savoureuse par ailleurs) par les mots verbaux, quelquefois verbeux aussi.

Inconvénient encore il y a peu …. le fil ! Nous avions un « fil à la patte », notre expression réduisant, abolissant même la distance nous tenait prisonnier d’un ridicule « fil » de quelques centimètre ; nous étions prisonniers paradoxalement sur place, c’est à dire que pour bénéficier de la liberté d’échange illimité, nous étions astreint .. à demeure .. cocasse non ?

Heureusement l’avancée technologique est devenue exponentielle … le fil, de plus en plus, à laissé place, aux « ondes libres » .. du téléphone sans fil, nous voilà au téléphone cellulaire, et du cellulaire au satellitaire .

Horreur …!

La disparition du « fil » nous a enchaîné sans rémission, pire, sans discussion ce qui, en ce domaine, est un comble ..

Nous voilà devenu esclave de nous même et des autres qui veulent sans cesse nous « parler » .. sans trêve ni repos, l’appareil tinte et danse dans nos poches, va se coller au conduit auditif ; partout, là où nous sommes seul, tout seul, là où nous devenons seul, entouré des autres il nous englue dans de trop nombreuses logorrhées verbales ..

J’ai souvenir, dans ma jeunesse, avoir vu et croisé quelques rares individus parlant seuls dans les rues, objets de toutes les curiosités, ils étaient la cible de tous nos regards mi curieux, mi amusés, mi compatissants, mi affligés .. et oui à l’époque on avait les moyens d’avoir autant de .. « mi » aussi.

Aujourd’hui c’est une nuée de zombis que nous côtoyons, et que nous remarquons parfois, lorsque nous ne sommes point nous même en conversation personnelle, privée, qui nous cernent. Étrange civilisation où la solitude nécessite la foule, où la confidentialité, ou du moins la réserve et l’intimité sont englouties par ces flots de mots vains trop souvent.

Le double cri de ralliement est désormais :  » C’est moi, où té ?! »

Partout et ailleurs retentissent ces mots, quelle que soit l’heure et le jour retentissent ces mots, quelle que soit le pays et la langue retentissent ces mots ..

Alors moi aussi je te dis, à toi qui lis, « c’est moi .. et toi où té ?! « 

Chris

mai 6008

 

 

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Philosophie

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Philosophie

 

Il y a peu de temps, avec quelques amis, nous avons échangé sur la notion de « philosophie », terme pour bon nombre d’entre nous plutôt .. rébarbatif, voire même inquiétant car il semble nous renvoyer à notre « ignorance » de ce domaine ayant une « aura » si …

Alors un souvenir récent est remonté à ma mémoire .. la, ou une, définition de ce mot, issue de grec en plus, qui voudrait signifier : « philo » .. ami et « sophie » .. sagesse. On n’est jamais trop surpris par la sémantique, par l’origine d’un mot qui en dévoile souvent le sens originel.

En ce cas « philosophie » serait donc « ami de la sagesse » …

Ouf, je peux donc me considérer comme « philosophe », comme la plus large majorité des êtres humains, du moins je le suppose ; c’est même valorisant je trouve que de se considérer comme un « philosophe », ça fait .. intellectuel .. et ma foi j’en ai besoin.

Philosophons donc .. car dans le fond cette activité n’est pas réellement compliquée nous pouvons en convenir. Certains même pourraient la rapprocher du « papotage » entre amis, entre collègues, entre connaissances, entre voisins, entre .. et pourquoi pas …. d’une certaine manière.

J’ai souvenance de l’année où j’ai découvert, avec un peu d’effroi, avec un peu d’horreur, avec un peu de crainte cette matière enseignée en terminale du lycée, du moins .. « de mon temps ».

Dois-je l’avouer, ma compréhension de ce temps là était extrêmement minime, je pense même que je faisais un véritable « rejet » quasi physique en classe lorsque des mots « barbares » dégringolaient de la chaire du professeur, accompagnés d’auteurs qui m’étaient incompréhensibles, quant aux notions sous-tendues .. j’en cause pas. L’usage intensif d’un dictionnaire m’était nécessaire, mais ma mémoire crispée ne retenait pas ….

Or la philosophie serait relative à la sagesse, à l’humain donc, serait en quelque sorte base de ce que l’on peut appeler « l’humanisme », car rien de ce qui est humain ne doit, ne doit oui, nous être étranger, ne doit échapper à notre regard externe et interne, exotérique et ésotérique …

Rassuré je deviens, convalescent de la philosophie pourrais-je dire, un peu décontracté face à mes souvenirs de naguère, j’esquisserais même un léger sourire à cet instant.

Et puis la philosophie semble être principalement une méthode de raisonnement, plus qu’une « science » spécifique .. que certains aiment parer de vocabulaire particulièrement abscons, et « spécialisé » un peu comme un écran de fumée venant asphyxier le commun des mortels dont je suis.

Passons .. je suis, je pense (et même plus je suis car je pense …, ou je pense donc je suis …) dans une situation paradoxale avec ce concept de philosophie. Complexe : complexe est l’idée que je m’en faisais, à juste titre je le reconnais, et complexe j’avais face à ce « monstre » qui me rebutait.

Enfin je vais peut être pouvoir, avec sérénité sinon sagesse, tourner mon regard vers cette « matière » qui n’en est pas tout en étant une méthodologie d’approche de l’homme en son sens le plus vaste possible. Je me sens déjà moins bête …. oui je sais, y-a du boulot ….

Bon la philosophie est l’approche de tous les domaines touchant l’humain, donc de TOUS les domaines par principe .. car tous nous touchent me semble-t-il .. vaste …. vaste …. plus qu’un océan d’inconnus, plus qu’une galaxie de mé-connaissances ….. vaste comme l’infini qu’est l’homme.

Bref, la philosophie est-elle un « savoir » ou une « connaissance » ?

Pas de bol, une question déroutante sur un sujet qui me paraissait maintenant abordable .. à moins que .. à moins que voyant plus haut, dans le texte pas dans les étoiles, je m’en tienne, tout seul, à une « méthodologie, un « fil rouge »,une « liturgie », un Rite quasiment en quelque sorte …

Finalement la philosophie c’est peut être aussi cela .. trouver le joint (pas le fumer) pour contourner (en un seul mot) l’éventuelle difficulté qui me fait face, et me fixe droit dans les yeux, si bien que j’en louche un peu .. mais ce qui est vrai, je crois, c’est que ce n’est pas un synonyme de .. »fatalisme ».

Bien j’arrive à me dépatouiller de ce « phénomène philosophique » qui entravait depuis si longtemps mes jours et mes nuits de profondes réflexions …. j’exagère un peu, mais l’essence est vraie. Le problème devait être que je prenais bien trop à coeur, et surtout bien trop au sérieux cet aspect de la pensée, la simplicité ne nuit jamais ….., alors que se coucher tard nuit …..

Demain quand j’aurai assimilé, au moins partiellement, ce domaine désormais déverrouillé pourquoi ne pas réfléchir à la … métaphysique ? Puis .. ensuite à …. Amusant aussi non ? Comme quoi aller au-delà des apparences n’est jamais, jamais inutile …

Chris

mai 6008

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La voûte étoilée

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La voûte étoilée

 

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Le matin en me levant je regarde la voûte étoilée pour un dialogue muet avec moi même et le jour qui va paraître bientôt, et les effluves de hier qui errent encore en ma mémoire ..

Instant magique, instant unique, instant sans temps …

Cette infinité d’escarboucles scintillantes me fascine, m’apaise aussi comme une foultitude de clins d’oeil complices qui éclaireraient le chemin qui s’annonce.

Ce tapis d’argent qui s’étend de l’orient à l’occident, du midi au septentrion, du nadir au zénith emplit mon esprit d’avenir et de passé simultanément .. curieusement l’instant n’est plus présent, il est fondu dans la contemplation de l’espace qui est au plus profond de moi…

Caresser les étoiles …

Caresser ces étoiles chaudes à la lumière froide qui inonde l’ombre, et la repousse, et la fait fuir un peu, et la fait, craintive, se retirer là bas, plus loin .. pour laisser place à cette lueur prélude probable à la lumière …

Le champs d’étoiles devient chant de vie, murmures intimes qui viennent dialoguer au creux de mes oreilles, qui viennent m’accompagner dans mon périple immobile de cette goutte d’éternité qui, comme une bulle miroitante, me fixe dans l’intemporel du moment.

Cette trainée qui zèbre les nuées, cette multitude d’éclats de vie, ce fourmillement qui parsème le velours de l’azur au repos …. vient border ma conscience de son babillage tendre qui tarit mes peines, éloigne mes craintes, balise mes pas …

Cosmique est cette rencontre quotidienne, cosmique où le macrocosme est au diapason d’avec le microcosme, où ce qui est en haut est comme ce qui est en bas, où le reflet de l’un accompagne le reflet de l’autre.

Parfois un duvet, sans poids, de nuages vient jouer à dissimuler la sarabande des galaxies qui se poursuivent dans un ballet organisé, un ballet défini, un ballet ordonné dans le chaos originel ..

Source de jeux, source de réflexions, source de questions .. source tout simplement pour le Grand Architecte qui a du vouloir que les ténèbres ne gagnent jamais dans le coeur .. le coeur et l’esprit, du crée et de l’in-crée .. du tout et du rien, de l’alternance indispensable à la vie.

Et moi les yeux plongés dans l’abîme vertigineux d’une aube en devenir, je parle .. je parle dans un soupir avec le vide qui est plein, avec l’univers de mon individualité, avec toi qui n’écoute pas, qui entend parfois ..

Le silence est bruyant de la cacophonie .. de l’harmonie du chant des étoiles qui s’amusent à me taquiner pour me faire sourire dans cette pénombre qui pâlit de jalousie .. qui mettent du baume sur les écorchures d’avant, qui tentent de m’indiquer le sens du parcours …

Je vois, je vois au delà de l’horizon courbe qui m’hypnotise par sa dimension sans mesures …. je vois autrement qu’avec les yeux, le regard qui me sourit là bas, au plus intime de moi … je vois au delà de l’au-delà qui n’existe pas sous cette voûte d’où pleut ces millions de passés en devenir ..

Une poussière je redeviens qui va, bercée du flux et du reflux du souffle primordial, en tourbillonnant se fondre et se dissoudre dans la fusion de cette course sans fin ….. allant de moi .. à moi.

Chris

mai 6008

 

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Souvenirs

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Souvenirs

 

Deux heures de route au travers d’un brouillard freinant sans peine quelques rayons de soleil téméraires. plus de cent kilomètres, plus de mille journées d’espace et de temps qui s’abolissent, peu à peu, au rythme rapide d’un moteur forcé, de virages devinés au bon moment.

Enfin s’approche la ville repoussant, sans effort, le brume collante pour ne laisser qu’un ciel limpide et tiède.

Après plusieurs détours involontaires je plonge sur la gare où se devine une silhouette reconnue sans hésitation, d’instinct.

D’un coup les images se brouillent, se superposent et s’imbriquent sans difficulté.

Hier et aujourd’hui se mêlent .. l’océan nocturne et la vieille citadelle, un parc ombragé et un jardin en pente, une cité asphaltée et un minuscule hameau, une suze lointaine et une suze présente, une femme-enfant et une femme-femme, La Rochelle et Pau.

Une mer introuvable, le saut d’un mur, une table de bistrot, un feu, une danse, des clichés ratés c’était .. c’était ….

Maintenant l’éclat d’un regard, le son d’une voix ravivent la braise assoupie d’un coin de mémoire.

Les paroles vont et viennent sans heurt, comme si le temps n’existait pas, n’existait plus tandis que l’on part à la recherche de naguère, au détour d’une rue ou à l’angle d’une maison.

Quelle drôle d’impression un peu irréelle flotte en cet instant du mois d’avril, alors que nos pas découvrent ces étroites ruelles qui semblent un peu narquoises, un peu complices ..

Un repas qui s’achève, un café qui chauffe, des cigarettes qui s’échappent en fumée et toujours cet accord tacite, et renouvelé, ce sentiment d’être ailleurs et ici à la fois.

Et déjà la pendule reprend sa course et ses droits, et à nouveau une gare et un regard. Demain, qui sait … mais probablement plus jamais.

Chris 

 

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