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L’espace 22 juillet, 2008

Posté par hiram3330 dans : Billevesees & coquecigrues , ajouter un commentaire

L’espace

 

Deux et quarante étoiles tourbillonnent au sein du gouffre velouté, à peine strié de comètes errant à l’aveuglette dans le noir sidéral. Je tente de percevoir, d’isoler, une image à venir que régit le mécanisme universel du serpent Temps.

Le temps, immobile et transcendantal où flotte le devenir d’un passé omniprésent dans un mélange intime et rassurant d’un destin tracé mais inconnu. Perspective d’un futur antique, pièce de théâtre usée et toujours rejouée, toujours renouvelée qui guide l’humanité vers la folie d’une compréhension absolue.

L’irréelle beauté froide où se recoupent hier, aujourd’hui et demain, qui ne sont que des mots creux inventés pour rassurer par une échelle de référence artificielle et dérisoire, me prend à la gorge. Si haut au-dessus de moi que je peux à peine les effleurer dansent soleils et planètes en une course aberrante et logique, éternelle.

Le ciel est beau, la nuit, lorsque l’on songe et s’interroge sur … tant de choses ; la lune trouble un peu cette méditation par son visage blafard, mais la lune n’est-elle point femme ? Les cailloux qui roulent dans le vide de la création demeurent les témoins muets, passifs et complices de notre vie égoïste et souvent stérile, eux qui ont pour habitude de contempler et d’embraser l’infini. Cette lumière, que d’aucuns estiment froide, me réchauffe et me réconforte quand je suis confronté avec mes pensées, mes peines et mes désirs, moi qui ne suis qu’une petite goutte, qu’une infime parcelle d’une minuscule larme d’un regard aveugle. Doucement, sans heurt et sans bruit, s’effacent ces milliers d’éclats d’argent liquide au profit d’une sphère de cuivre qui vire à l’or pur, et je vais, sans hâte, égrener à nouveau le chapelet du jour jusqu’au prochain crépuscule.

Chris 

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Phantasme d’une nuit

Posté par hiram3330 dans : Billevesees & coquecigrues , ajouter un commentaire

Phantasme d’une nuit

 

La nuit, cette partie du temps pendant laquelle le soleil cesse d’éclairer nos joies et nos peines ; la nuit où nous nous réfugions si souvent lorsqu’on veut rester seul avec soi-même ; la nuit emplie de rêves et de cauchemars sans nom. La nuit angoissante parfois, indispensable toujours

Dans la douce ou dure pénombre on est tel qu’on naît. Plus d’artifices, plus de lumière trompeuse, plus de bruits épuisants. Nous nous retrouvons alternativement dans notre paradis ou dans notre enfer, mais toujours source de réflexions sur l’Univers ou sur l’Etre.

On l’attend avec impatience ou avec angoisse, mais tous nous l’attendons.

Lorsque la lumière décline, lorsque les ombres s’estompent, lorsque les yeux se ferment après avoir tenté en vain de percer les ténèbres, notre film intime se déroule. Nos espoirs, nos malheurs, tout y passe en longs jets continus colorés et animés. Alors, face à nous même, nous rêvons à ce qui a été, à ce qui aurait pu être, à ce qui jamais ne sera. Les brumes du sommeil s’approchent en douceur, nos fonctions se ralentissent, tout le physique repose.

Mais le cerveau, lui, prend sa vitesse de croisière.

Des bêtes immondes, des êtres aimés, des catastrophes et des éclats de bonheurs jaillissent et se mêlent intimement. On s’agite, on murmure, parfois même on se réveille brusquement mouillé d’une sueur malsaine ; mais déjà tout disparaît dans le brouillard et nous revoilà partis vers les incommensurables grandeurs de l’infini.

Au sommet du vertigineux pic ou au plus profond d’un insondable gouffre, nous nous retrouvons tremblant de peur ou frémissant de joie.

La pesanteur disparaît et on plane au gré de nos phantasmes et de nos obsessions. Violence, haine, amour, érotisme, tout est là, tapi dans l’ombre, à nous guetter, prêt à s’élancer à la moindre sollicitation de notre subconscient.

Des torrents de sang dévalent tranquillement tandis que nous nous aimons au milieu de monceaux de cadavres chauds, encore palpitants. De blanches et pures colombes passent paisiblement, suivies d’un ange magnifique accompagné d’une très douce mélodie ; et nous nous aimons toujours…

Alors survient le fracas de la guerre, des explosions, des cris de terreur et de douleurs des enfants qui ne comprennent pas pourquoi leurs parents, qui ne comprennent pas pourquoi eux-mêmes meurent alors que nous, nous sommes en train de concevoir un enfant.

Et tout s’apaise en dehors de nos brûlantes étreintes. Soudain c’est l’orage, les éclairs et le tonnerre. Tout s’illumine fugitivement, la vie, l’amour et la mort.

Devant nous des crânes ricanent sournoisement, un squelette passe en chantant ironiquement, suivi de près d’une multitude de serpents, de scorpions et de corbeaux. Mais rien n’y fait, on fait l’amour et ce n’est qu’un rêve.

Le volcan s’élance en lave incandescente, la terre tremble, un raz de marée nous emporte loin, si loin qu’en partant de nulle part nous nous retrouvons, tous les deux, ailleurs. Là, tout s’apaise enfin ; les éléments comme notre passion. Une immense croix nous domine sur laquelle se pose lourdement un vautour, le bec luisant de sang frais et les griffes souillées de chairs mortes.

Son œil, unique, nous transperce sans nous voir pour se régaler de sa future proie : l’enfant qu’on vient de faire.

Tel un murmure le son d’un orgue commence à se faire entendre, pour s’enfler démesurément jusqu’à nous rendre sourd, jusqu’à emplir nos crânes du battement sourd de nos cœurs. Brusquement plus de bruits, définitivement, sans espoir de retour.

S’approche maintenant lourdement, maladroitement une hyène ricanante sur laquelle est juché un chat noir et borgne tout grimaçant. Sans un bruit, sans précipitation ils s’avancent en nous fixant cyniquement et d’un coup de croc, d’un coup de griffe ils nous arrachent nos langues qu’ils engloutissent avec avidité….

La douleur muette nous tord, le sang coule en un petit ruisseau où s’abreuve une chauve-souris. Péniblement on essaye de se traîner à l’abri de la croix illuminée sinistrement d’un rayon de lune mauve.

Côte à côte on souffre de mille morts, en silence, mais on vit tandis que l’innommable vautour déchiquette notre enfant qui s’amusait avec des tibias humains. Les yeux fous, l’un contre l’autre, horrifiés nous voyons surgir une sarabande effrénée de démons sulfureux et noirs, se fondant et se confondant dans ces douces ténèbres.

Envie de mourir pour échapper à l’ombre mouvante de cette immense croix qui agite ses branches aux quelles apparaissent des pendus hideux et démoniaques. Le froid, la douleur et la peur nous font trembler. La terre frémie et se creuse comme ton corps, tout à l’heure, quand nous faisions l’amour.

Des geysers d’un liquide brunâtre et putride tâchent le ciel sombre de plomb ensanglanté. C’est l’agonie, le délire de la mort ; qui donnera le coup de grâce tant espéré…

Enfin venant de l’horizon pourpre s’amène un vol de corbeaux qui s’abat sur nous deux enlacés pour l’éternité. Ils crèvent nos yeux et nous déchirent morceaux après morceaux, durant des siècles, jusqu’à notre dernier souffle intimement mêlé et le vide noir et froid de la mort …

Le réveil grince lugubrement, je sursaute grelottant et en sueur, l’esprit brumeux, la bouche pâteuse.

Que c’est-il passé cette nuit qui me met dans un tel état ? Pourtant je suis seul dans mon lit blanc tel un linceul….

Ce soir peut être je saurai, si je suis encore solitaire, tandis que toi, là-bas, tu seras solitaire….

Chris

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Spleen

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Spleen

 

Les lourds nuages de plomb se bousculent et s’enchevêtrent en une course démente tandis que les éclairs mauves déchirent l’air moite et étouffant.

Les arbres plient sous le vent hurlant mille morts alors que gronde un tonnerre d’apocalypse dans cette contrée sauvage et morne.

Un rayon blafard illumine parfois cette nature déchaînée et lourde.

Et moi je vais, insensible et gelé, sur le long sentier de mon destin aux ronces traîtres et blessantes.

Ce temps sale et gris reflète mes états d’âme ce soir où tu n’es pas venue. Pourtant, pourtant j’ai attendu comme les autres soirs précédents, mêlant espoir et crainte ; l’espoir est détruit et la crainte à vaincu.

Triste soir.

Désespoir, non, plutôt amertume d’avoir échoué si près du but, peut être. Le ruisseau ne s’arrête pas de couler pour autant, mais sa force faiblit tout de même. Et bientôt la prudence se mue en crainte sourde, en angoisse aussi ; la méfiance est vite là, remplacée par le cynisme et la froideur.

Mais la quête continue plus feutrée, avec circonspection, sans véritablement oser se l’avouer car le passé reste présent dans l’avenir. paradoxe : vouloir sans oser et oser sans vouloir …

La vérité que l’on poursuit n’est pas obligatoirement celle que l’on trouve, au tournant d’un chemin la chute est quelque fois dure. Et la grêle tombe drue brouillant la route et les pensées, effaçant la flamme timide et frêle d’un espoir naïf, enfantin.

Cependant ce feu follet renaît de ses cendres et continu, insaisissable, sa ronde un peu folle. Etourdit il va et vient, sans cesse, dans un circuit tortueux et torturant ; indécis et sans support, il parcourre le vide du cœur réchauffant l’esprit en déroute de son âme tremblotante.

Demain peut être, demain sûrement il atteindra le but aussi vieux que la vie de la terre ; sinon désabusé et mélancolique, il retournera au sein de la terre créatrice et réconfortante pour l’éternité qu’il n’a jamais réellement quitté. L’immensité noire recouvrira le désert planté d’illusions brûlées au feu de l’infidélité.

Chris

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Rêve et réalité

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Rêve et réalité

 

A la lumière de la flamme hésitante d’une bougie fumante, je me penche parfois sur des liasses de papier vierge, une plume à la main.

Et là j’écris, tel un automate, mes pensées, mes espoirs et mes peines ; mes obsessions aussi…

Dans la fumée épaisse de mes innombrables cigarettes vite consumées, enfermé dans ma chambre, je vide mon esprit de mes nombreux phantasmes.

Très vite les pages s’emplissent de mon écriture serrée et petite, quasiment illisible.

C’est ma manière de m’extérioriser, de me défouler même, moi qui parle peu aux autres et de moi-même, hormis les réponses, parfois, aux questions franchement posées par ceux qui savent, rarement, le faire.

Ecrire, une manière comme une autre, meilleure peut-être, de dialoguer ; personne n’en est importuné et de toute manière qui lira ces feuillets où se mêlent intimement rêves et réalités ; la réalité à travers le rêve.

Enfin, c’est ainsi que je m’examine en profondeur, après coup, en disséquant mot à mot cet ensemble de phrases que j’ai écrit un jour, ou plus exactement un soir.

Hier déjà j’ai montré ces quelques lignes hâtivement jetées sur le papier ; l’analyse fut surprenante de convergences avec la vérité, presque inquiétante pour moi si secret et renfermé. Oui, il semble que ce soit révélateur, ma foi ce peut être vrai, objectivement.

Aussi pourquoi ne garderais-je point ces écrits, précieusement, afin qui sait, d’égayer mes vieux jours, ou même pourquoi ne pas en faire un recueil de nouvelles de fiction et de fantastique, ou d’un autre style….

De plus si ça se vend ce serait toujours autant de gagné… bien que cela me gêne un peu …

Toutefois, une fois de plus, je m’égare dans mon imagination subjective, moi qui suis réaliste et pragmatique, quelle décadence !

Témoignage de mes craintes et de mes espoirs, du passé enjolivé et du futur irréaliste, de mes rêves, de mes cauchemars, ces feuillets esquissent la chronique d’un individu parmi tant d’autres, chronique dérisoire et amère dans la foule ….

Chris 

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L’Artifice

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L’Artifice

 

Divine bouteille, paradis artificiel ; Quelle dérision !

Alcool et drogue, quel mélange détonnant qui nous entraîne sur les pentes glissantes de la folie et de la déchéance. On boit, on fume et on se pique, comme ça, pour faire comme les autres, par snobisme ou par désespoir.

Mais ne vaut-il pas mieux alors se tirer une balle dans la tête, ce serait plus rapide et plus propre à la fois. Plus simple aussi ! Quel besoin de se mortifier, de se torturer ainsi. On porte tous les péchés des hommes, et tous les malheurs de la terre. On plie sous la charge trop lourde pour nous, c’est humain.

Et dans nos rêves imprégnés de vapeurs d’alcool et des fumées de la drogue, tout se déforme, se forme et se reforme.

Explosion de couleurs, de sons et de lumières. Plaisir quand le voyage est réussi. Enfer torride lorsque le voyage est raté et que tous nos souvenirs reviennent amplifiés et monstrueux, déformant les visages hideux, faisant un tintamarre de couleurs sinistres et de bruits grinçants.

Tout est irritation, désespoir, douleur, ennuis aussi…

Le tourbillon nous emporte en dehors de nous même jusqu’aux limites du tolérable et du soutenable. L’ombre se dresse comme une armée de fantômes aux orbites creuses, tandis que les tombes se rouvrent et nous font dresser les cheveux sur la tête. C’est le bord de l’abîme, plus qu’un pas à faire, plus qu’une bouteille, plus qu’une piqûre et l’on est dans la horde décharnée et innombrable qui, déjà, peuple nos nuits agitées.

Alors, pour oublier, on s’entête et on poursuit le voyage tandis que tombe la grêle des illusions passées. A travers le rideau de la pluie déchaînée surgissent encore et toujours des squelettes qui rient d’un rire silencieux et sardonique. On a réveillé nos démons à peine assoupis, toujours prêts à nous entraîner dans leurs orgies de souffrances cruelles.

Il faut apaiser ce feu avide, mais l’alcool et la drogue, au lieu de l’éteindre, le rendent plus puissant, plus dangereux pour nous et pour les autres. Peut-on encore cesser quand on est sur ce toboggan vertigineux qui nous précipite vers la lave brûlante des volcans des volcans de nos espoirs déçus. Chaleur, bruit, souffrance ; Tout y est !

Les portes du vide sont béantes pour nous aspirer vers le néant de la négation. Partir du monde des requins hypocrites pour atteindre le monde de la folie furieuse des paradis artificiels… Quelle chute insondable !

Le vertige nous prend, la tête tourne, la vision est dédoublée, les bruits et les couleurs décomposées en un assemblage hétéroclite. L’individu, physique et moral, est brisé en cent millions de particules incandescentes qui vont chacune de leur côté en d’intolérables douleurs inhumaines. La descente aux enfers est une partie de plaisir en comparaison !

On se retrouve à genoux, non pour prier mais car l’on est au sol sans s’en être rendu compte. Le visage en sang de s’être griffé, sans voix d’avoir hurler à la mort, brisé de s’être roulé à terre en état de manque. Du sang partout a éclaboussé les murs quand les yeux ont jailli hors des orbites emplies de larmes d’acide. Alors on se traîne fou de désespoir, de regrets ; Mais c’est trop tard !

Un couteau, un morceau de verre, une lame de rasoir et les veines s’ouvrent d’elles-mêmes, et le sang noir et parfumé coule, goutte à goutte, au rythme de la vie s’échappant pour toujours, bien qu’on soit jeune et … bête.

Le paradis ! Quel paradis ? On vient juste de le quitter mais on ne savais pas, trop occupé à se créer des problèmes et à pleurer sur nous-même

Chris 

 

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Absurde

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Absurde

 

Du haut de mon sous-sol je domine nettement cette vague de boue qui déferle et s’ébroue, sans borne, hors des limites de la cime profonde de la cuvette.

Au fond de ce pic s’agite, sans un geste, l’incroyable multiplicité de cette unicité multiplicatrice que l’on nomme, sans le dire : Humanité.

Une odeur de bruit, un rayon de parfums, un goût insipide, sans cesse jamais ne durent plus qu’une infinitésimale goutte d’éternité.

L’absurde côtoie allègrement le quotidien alors que la bêtise frôle et s’étale autour des gardes fous inexistant.

L’incroyable existe et navigue, à l’aise, au sein de l’inachevé crée par la pensée informe du formalisme conventionnel.

C’est ici que jaillit l’étincelle issue du choc mémorable et amorti des pierres de bois de l’arbre en fer de l’immortalité agonisante, définitivement, jusqu’à la plus proche seconde.

Incohérent peut-on penser ; guère plus que la cohérence qui n’existe que par la réaction à l’interaction de l’action dissipée de l’inexistant découlant, par principe, d’un principe contraire, voire même inverse.

Tout ce qui est en haut est en bas, sans compter mentalement la corrélation transversale et universelle de l’orientation arbitraire et universelle elle-même ; et vice versa réciproquement.

En fait, qui est quoi ?

Le saura-t-on jamais dans les méandres complexes de la simplicité ambiguë née d’une juste erreur alors qu’il s’agissait, pour sûr, d’une fausse réalité, n’ayons point peur des mots !

En attendant l’inflation augmente et croît tandis que décroît le croassement viril du taureau blanc qui paît paisiblement dans le pré d’à côté je crois.

Alors, bien sûr, que croire me direz-vous ?

Eh bien oui, sans hésitation je n’hésiterai pas à dire qu’il ne faut pas hésiter à croire, pourquoi pas, en … tier !

Chris

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Les Cévennes

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Les Cévennes

 

Une étincelle s’ébroue et grignote le papier qui se tord et noirci, entre les sarments de vigne qui s’effritent en crissant doucement.

Le bois d’olivier pète et se fend sous la morsure du feu et du mistral alliés aujourd’hui avec volupté.

La flamme se dresse, sang et or, vers l’azur qui l’aspire et la suce goulûment avec tendresse, avec voracité.

Des châtaignes craquent et la graisse grésille sur les bradons de thym et de romarin.

Sur son pal l’agneau tourne dans un coin de garrigue au pied des Cévennes rouillée par l’automne.

L’air siffle, brasille et frissonne, embaumé de lavande, comme intimidé par les caresses fiévreuses du soleil qui luit, heureux d’être là.

Le ru roucoule à l’abri des marronniers penchés vers lui, protecteurs, tandis que criquets et grillons lancent leurs sérénades agonisantes.

Un lézard solitaire erre en quête d’une invisible proie qui s’obstine à le narguer d’un battement d’ailes fébriles.

Quelques feuilles racornies planent et courent là où la brise les porte avec délicatesse jusqu’au ruisselet ombragé ou à la cime d’un buisson ras.

Plus loin tintent de rares clochettes agrippées à des brebis faméliques que couve l’œil d’un austère pâtre, noueux et tourmenté tel un cep atteint de mildiou, alors qu’un maigre bâtard s’épuise en rauques aboiements comme pour prouver qu’il vit encore.

Pauvre pays, pays fier, pays rude.

Combien de Parfaits ont cramé, combien de camisards ont péri, combien de sanctuaires secrets se blottissent encore çà et là ?

L’huile d’olive ne peut tout lubrifier en cette terre éreintée, fertilisée plus par le sang et la sueur que par l’engrais chimique.

Houille noire et soie irisée ont blessé, ont tué à l’aise sous la noblesse, la bourgeoisie et l’argent avec la bénédiction inquisitoire, sans remords, de la croix et d’hommes en noir.

Maintenant grouillent mécaniques et requins, pullulent chenilles armées et bipèdes blanchâtres.

Telle une vérole insatiable, lèpre et cancer défigurent, déboisent, exilent et martyrisent jusqu’à la nature elle-même.

Les « O. K. » écrasent, déchiquètent, lacèrent sans une once de pitié les  » OC « , inconscients, vraiment, qu’on ne tue pas la vie ancestrale de tout un peuple par la simple signature d’un chèque ….

Chris 

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