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« LE CARTABLE OUBLIE » 25 février, 2009

Posté par hiram3330 dans : Apports,Digressions , 1 commentaire

« LE CARTABLE OUBLIE »

J’ai du sauter des pages
Sur mon livre de vie
Et même des passages
Aux chapitres d’autrui…
J’ai du corner mon âge
Lorsque je fus enfant
Sur la feuille des pages
De mes huit ou dix ans…

J’ai dû relire l’enfance
Et l’appprendre par coeur
Pour avoir garder l’heure
Du passé qui avance,
J’ai dû avoir très peur
De devenir un grand,
De sauter mon quatre heures
pour devenir plus grand !

J’ai serré sur mon coeur
comme un mouchoir tombé
Mes crayons de couleur
Pour ne pas les user,mais j’ai grandi si vite
Que leurs mines sont tombées
En jalonnant ma fuite
De poudres colorées…

J’ai semé des cahiers
Sur mes jeunes années,
Pour pouvoir les trouver
Aux détours du regret
Comme un petit poucet
Se sentant menacé,
Mais le vent s’est chargé
De les éparpiller,
Et moi je cours après
Comme un bon écolier….

Mon coeur est un cahier
Aux pages quadrillées
Il y manque des feuilles
Elles se sont envolées,
Si, une ou deux tu cueilles
Viens me les rapporter !

En entrant dans ma vie
Tu verras mon cartable,
Il est là sur la table
Déjà prêt pour lundi !

Gilles Roche 1986

 

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 Merci Christine de cet apport

J’angoisse !!! 20 février, 2009

Posté par hiram3330 dans : Billevesees & coquecigrues , 3 commentaires

J’angoisse !!!

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Oui, moi le scribe de ces épîtres j’angoisse !  Mon coeur palpite, mon front se couvre de sueur, mes mains tremblotent, mes jambes flageolent, ma bouche s’assèche …. oui tous les symptôme sont là, et je ne vous dis pas certains …

Certes ces symptômes tendent à prouver que je suis encore vivant .. mais j’angoisse, et le mot est faible !

Et pourquoi donc ?

Et pourquoi pas !

Ça ne t’arrive jamais à toi qui négligemment vient curieusement poursuivre les mots que mes doigts créent sur le clavier de cette machine … mais bon je vais me laisser aller à tenter de te dire ….. de te faire sentir … de partager avec toi …..

J’angoisse !!!

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Aujourd’hui d’étranges pensées sont nées dans les brumes ventées de mon cerveau … et j’ai vu ! Oui j’ai vu !! De mes yeux intérieurs j’ai vu ! Ne soit pas pressé, laisse moi des poignées de secondes pour me remettre de cette émotion matinale.

Déjà après ma gymnastique paupiérale je me suis levé de pied gauche … Oui du Gauche ! Tu imagines ….. enfer et damnation, le pied gauche .. celui dont use Besancenot sur sa bicyclette de service lorsque les journalistes sont là ; m…. j’en suis encore retourné comme une crêpe sans sucre ! Un lever « trotskyste » en quelque sorte … et pas « tous ensemble » hein, non tout seul j’étais !

Heureusement, grâce au Tout Puissant le poste de télé était éteint et l’oeil sardonique du « nabot-léon » omniprésent absent de mon champs de vision … et de télévision en plus ; mais la caméra de surveillance placée au coin de ma rue ….. m’a-t-elle vu elle ? Tabernacle je prie l’Eternel qu’il n’en soit pas ainsi sinon … gare .. et pas sncf.

Salle de bain .. ensuite, pour une douche froide, histoire de remettre d’aplomb la course paresseuse des deux neurones survivants d’une nuit agitée de cauchemars sardoniques.

A quoi songer en se rasant ? Non … ça c’est devenu trop banal depuis la marionnette  bourrée de tics et, qui sait, de puces ….et puis peu me chaut les ors clinquants des apparences trompeuses et illusoires. Non j’ai songé, comme dans un rêve, à conjurer, pas con – juré, le sort maléfique de ce pied  récalcitrant qui m’amène à une exécrable journée, je le sens déjà.

Se remettre d’aplomb, et pourquoi pas d’équerre ? Perpendiculaire au sol, droit dans mes bottes, la silhouette conquérante, pas con  – quérante, pour avancer dans ce jour selon une ligne droite, malgré le départ malencontreux du pied gauche. Mais, mais, mais ….. comment aller droit vu que notre globe est rond ?

J’angoisse !!!

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Les mathématiques me harcèlent d’images biscornues, la géométrie euclidienne me prend la tête, le chaos s’installe sous la chevelure, rescapée, qui décore, de moins en moins, mon crâne de sapiens  … Horreur, ma vue se brouille, je bafouille, je farfouille dans mes souvenirs scolaires, comment faire pour aller droit sur une courbe ? Le vertige j’ai ! 

Pas de bol … juste une tasse de faux café allongé d’eau chlorée et hop il va falloir y aller au turbin, là bas, loin, dans un genre de cage à poules, voire même pour certaines à dindes … mais il faut y aller, et du bon pied cette fois-ci sinon gare aux embrouilles, je halète de crainte.

Enfin nous y voilà, comme dis une revue célèbre, dans ce nid de poules ….

Les papiers s’amoncellent, la poussière forme des nuages rébarbatifs, l’informatique toussote une fois de plus, le chauffage lance quelques borborygmes, les claviers geignent sous les griffures d’ongles peints, une journée banale a débuté … par une pause café, suivie de près de communications téléphoniques strictement personnelles … je me sens rassuré, n’étant pas enrhumé, par le train train mis sur les rails comme d’habitude.

La poursuite s’organise : les secondes s’assemblent et construisent des minutes par paquet … les minutes empaquetées se coagulent en heures et les heures trépassent dans une lente agonie …. à cela se mêlent ici et là quelques pauses, des papotages infinis, des infusions odorantes, des biscuits grignotés, et …. enfin …. arrive le temps, oui le vrai temps : celui du déjeuner.

J’angoisse !!!

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Que choisir, comme disent certains consommateurs …. que choisir pour se restaurer dans ce restaurant qui est surchauffé par une climatisation asthmatique . Un ou Deux desserts ! Dilemme cornélien ! Quelques perles glissent de mon front lors de cette hésitation où se heurtent les envies, les désirs et la faim ; aussi en fin j’ai choisi …. Ouf, une barrière ouverte dans cette angoisse qui m’étreint là aussi.

Par prudence ce fut trois, trois est un nombre que j’apprécie, quasiment un grigri, efficace en de nombreux domaines ….. presqu’autant que cinq, mais là j’eusse abusé je pense, et c’est pas bon les jours néfastes comme aujourd’hui.

Sitôt le petit noir canibalisé avec son sucre brun, le retour, prudent, avec une sage lenteur administrative, m’amène dans l’espace clos de l’habitacle restreint dominé d’armoires béantes de dossiers ironiques et bedonnants.

A nouveau un accès subit de fièvre précède l’angoisse qui me lorgnait, tapie dans l’angle droit, la bougresse, du faux plafond de la geôle ouverte à tous vents.

J’angoisse !!!

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Tel un prêtre en folie voulant dissiper le démon, je m’exorciste moi-même par une sieste bienfaisante et réparatrice, tant pis, s’il le faut je demanderai des heures supplémentaires, mais comment oeuvrer le coeur serré, les tripes nouées, l’oeil clignotant comme un crapaud bavant d’amour, dans l’attente insupportable de la catastrophe annoncée par ce maudit pied sénestre du matin …

Il faut ré-agir, il faut éliminer, il faut sursauter … bref il faut faire quelque chose ! Comment continuer ainsi dans la crainte, justifiée, d’un séisme à venir, d’un tsunami satanique, d’un fléau abominable,  d’une calamité inscrite dans l’augure matinal … Je trémule, je frissonne à ce souvenir brûlant qui me glace encore.

L’oeil droit, pas d’erreur maintenant, braqué sur la pendule je fixe hagard le désert aride de cet après midi qui, flasque, se liquéfie dans la torpeur incertaine d’une infinitude de micro-secondes languissantes ….

Soudain .. un vacarme caquetant enfle et se déverse dans le couloir commun ….. tel une vague sèche d’un ouragan, le tintamarre de talons divers heurte mon assoupissement bienheureux : bon sang, c’est l’heure !!!

L’heure de la pause, encore je sais, goûter ! Celle où s’échangent comme des rafales de mitrailles les recettes de cuisine et les magiques régimes amincissant …. la bouche pleine déverse ci et là des listes inter-minables d’astuces tordues faisant fondre …. non, pas la glace !

J’angoisse !!!

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Mon avis va-t-il être sollicité ? Je prie tous les saints que ces seins là ne me torturent pas de questions frivoles sur des formes et contenants que je ne puis, publiquement, apprécier sereinement … L’anxiété me noue la glotte, le trouble me fait loucher sur …, l’appréhension agite mes glandes sudoripares ….. je frémis de l’ongle de l’orteil droit du pied gauche, au bout du cheveux le plus long rescapé …

Grâce au ciel l’unique question jaillit : « tu en veux un morceau ? » « Non plusieurs !  » est ma réponse spontanée et libératrice d’un étouffement naissant …. et je m’enfuis avec mes proies abandonnant  les mousmés à leurs amincissements sucrés de confitures dégoulinantes et de biscuits biologiques ….

Réfugié derrière l’écran grisonnant de mon micro, j’engloutis avidement les parts rescapées de la gloutonnerie des régimes ultra-minceur bien connus …. Ouf, je l’ai échappé belle, mon sang froid fiévreux m’a permis de résister aux assauts cauteleux et fourbes des ces houris chafouines et matoises.

Vais-je pouvoir éviter l’hadès, le schéol et la géhenne présentement ? Ce p….. de pied matinal va-t-il me poursuivre au lieu de me soutenir ? Que puis-je attendre sinon que la journée s’achevât sans catastrophe majeure.

Ouf ! comme disait jadis « sheila » l’heure de la sortie a tinté pour moi, la pendule fixe d’un clin d’oeil m’a indiqué la porte dont le judas était clos …. me voilà émotionné, mais prêt – depuis mon arrivée – au départ tel un bolide des 24 heures du mans, moteur en surchauffe, pneus fumant, vitesse enclenchée.

Tout de même je me méfie, l’heure de la sortie n’est pas la fin de la journée, et j’ai beau épier le moindre grain de poussière suspect, je reste un zeste fébrile, un chouya apyrétique, en un mot comme en 101, les affres me collent aux semelles ….

Mais j’oubliai … ce jour est un vendredi 13 ! Bénéfique pour moi selon l’horoscope nord coréen lu dans la revue féminine du bureau, j’ai oublié !!! Horreur !!! Quel c.. !!! Me faire des cheveux – ce qui n’est pas inutile en soi – pour un pied mal babouché et non embouché aux aurores de l’aube naissante …..

Je souffle !!!

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Vi, vi je souffle ….. ça m’arrive à moi aussi ….. mince je stoppe là, c’est un autre délire cela …….

C’est quasiment cool, zen et serein comme un canari que j’arrive à regagner mes pénates, le coeur allégé, pas la silhouette …, l’esprit apaisé, l’oeil brillant de contentement, le pas guilleret … pied droit et gauche réunis, dans cette obscurité qui surgit au coin d’une rue pour annoncer déjà la pénombre du crépuscule qui se glisse au dessus des toits de la villes.

J’aime ce moment magique, féérique, lorsque le ciel pâlit, se drape dans un bleu nuit soutenu, laisse poindre un bout de lune et la kyrielle d’astres argentés que je me plais à contempler, fasciné par cette voie lactée qui vient, telle une couverture, couvrir la voûte étoilée qui calme mon angoisse, toujours.

Chris

février 6009

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Brins de folie 15 février, 2009

Posté par hiram3330 dans : Billevesees & coquecigrues , 2 commentaires

Brins de folie

Cette petite expression de trois mot allant d’un pluriel à un singulier est plaisante, je lui trouve même quasiment un air guilleret, peut être la proximité du « mardi gras ».

En tout état de cause « brin » inévitablement fait songer à « fin » , « souple », « vert », tige de plante en est la définition la plus courante, celle qui parle à mon regard de l’imaginaire réel.

« Folie » quand à lui est un concept plus délicat à cerner mais en l’occurrence, ici et maintenant, je le sens plutôt souriant, tel un bouffon de jadis, comme un Arlequin italien, un masqué de Venise, l’ombre d’un loup sur un visage maquillé …

Cette expression donc m’amène et m’entraine comme dans un tourbillon de couleurs et d’odeurs baroques, issues d’un imaginaire des siècles du passé et des rêves de demain.

Presque j’ouïe des musiques étranges, des voix de castrats, des sons d’instruments aux formes bizarres, tels des « concertina »,  une surprenante échappée fantomatique au sein d’une brume lagunaire.

Un tourbillon …

« Doux dingue » jaillit dans mon esprit dans un éclat de rire, une brillance dans l’oeil, un souffle tiède qui m’enveloppe et me réconforte … battements de coeur au rythme d’une cascade de gaité … en un mot comme en plein d’autres la folie, douce, me semble agréable quand elle m’empoigne dans une déferlante de regards rieurs.

Mardi gras .. fin d’un carême, mieux qu’un régime WW fut cette période d’essence chrétienne, du moins d’aucuns peuvent l’espérer .. mais qu’importe le passé, là « brins de folie » naît, croît et s’élance vers l’infini du cosmos de nos pensées sans entraves pour s’épanouir dans cette « folie » qui cerne notre raison d’un carcan de liberté.

J’aime à caresser cet instant sans temps où divague l’esprit dans un bouillonnement de pensées inénarrables car si lointaines de là que je les cueille là bas … en me penchant vers l’azur décoré d’un arc en ciel éblouissant qui s’étale et se répand dans un demi cercle parfait.

Brins de folie …

Décidément ça me plaît bien cette expression un zeste taquine, un zeste provocatrice, un zeste ….. mutine ; comment résister à l’attrait de ces trois mots liés en farandole qui narquoisement me hèlent en chuchotant.

J’apprécie la douceur de ces sons qui nourrissent l’âne que je puis être dans mon imagination goguenarde de tant de rêveries, de mondes incertains, de vies multiples, de vues infinies …

Un brin ..

De Muguet ? Qui sait .. les clochettes blanches sont de rigueur dans la folie douce, celle qui est tendre et sensible à l’humour léger d’un être en pleine quête d’une sagesse iconoclaste ….

De fantaisie ? Qui sait .. mais la fantaisie n’est-elle pas un prémisse potentiel d’une délicate folie naissante, de celles dont on dit en causant de l’atteint : « il est gentillet » …il est « brave » … il est « bravounet » …

Mais un Brin, pas une « larme » ….. ouf !

Il ne manquerait plus que …. alors que la folie à dose homéopathique, saupoudrée d’un nuage de tendresse sereine, ne peut être, et n’est qu’un aspect parodique et moqueur de tant de ….. n’est-il pas vrai ?

Un brin de folie …

Un … oui faut pas abuser des bonnes choses, enfin il paraît, et là je dois reconnaître qu’un abus pourrait être source d’en … d’enquiquinements sans noms et sans nombres … et puis un brin ça va, plus … bonjour les dégâts c’est bien connu !!!

D’autant que plus d’un brin va vite devenir une brassée, un bouquet et un bouquet de brins c’est pas banal, ça frise même la bizarrerie étrange qui peut mener dans une chambre capitonnée …. alors foin de brins, restons sagement pour l’unicité de la chose …après tout l’unicité fait la rareté, la rareté la valeur, la valeur n’attendant pas le nombre des années, je peux en profiter de suite !

Un beau brin … et non un beau brun !

Je sais ….faut pas mélanger les genres ….. mais lorsque l’on est atteint « d’un grain », suite logique « du brin » comment échapper à la fatalité de la continuité ? D’autant que je ne crois pas au hasard.

Comme quoi partir d’un brin pour en arriver au grain, la dérive est aisée, la pente pentue et la glissade rapide, pire qu’une luge au flanc de l’Evereste, c’est pas peu dire ….

Un brin de folie …

J’aime cette expression suave, dont la sensation sucrée et liquoreuse, pour moi, m’enivre d’images bariolées et abracadabrantes aux flagrances poivrées halant mes songes et mes chimères vers l’horizon qui s’éloigne.

Mais ce « brin de folie » me fascine en reliant la terre où reposent mes pieds à la voûte étoilée où se prélassent  mes pensées …

Chris

février 6009

 

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Juste et Bon 9 février, 2009

Posté par hiram3330 dans : Digressions , ajouter un commentaire

 

 

 

« Ne vous laissez pas impressionner par le poids des traditions, même honorées en de nombreux lieux et par plusieurs générations.

Ne croyez pas quelque chose parce que beaucoup de gens en parlent.

Ne vous en remettez pas à l’autorité des sages d’autrefois.

N’accordez pas foi à votre imagination en croyant qu’un Dieu vous a inspiré.

Ne croyez rien qui dépende uniquement de votre maître ou des prêtres.

Ne croyez, après examen, que ce que vous avez vous-même mis à l’épreuve et avez trouvé juste et bon ».


BOUDDHA

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Je souffle 5 février, 2009

Posté par hiram3330 dans : Billevesees & coquecigrues , 4 commentaires

Je souffle

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Oui, je souffle ça m’arrive .. à moi aussi, comme à toi qui balaye d’un coup d’oeil ce début de ligne en pensant déjà … que va-t-il encore inventer.

C’est curieux de souffler, il y a tant de raisons diverses, variées, bizarroïdes pour cela que l’on peut en rester pantois, bouche bée, saisi, statufié, rigidifié …. bref vu le nombre de motifs de souffler, les bourrasques, les tempêtes, les cyclones sont expliqués sans problème !

Surprenant non ?

Je souffle pourquoi ?

Pour réchauffer mes mains, pour rafraîchir mes mains, pour éteindre une flamme, pour expulser mon ressenti, pour vider mes poumons, pour extraire mes microbes, pour évacuer mon stress, pour exprimer ma frustration, pour manifester mon impatience, pour montrer mon mécontentement, pour .. pour … pour …. et toi, pourquoi souffles-tu ?

Dans le fond, tout ça c’est du vent !

Et oui c’est du vent, parfois une tramontane, pire un mistral ou bien un doux zéphyr, une bise printanière, une brise automnale, un blizzard, une caresse sur une joue … un soufflet, et pas le plat fromager hein, non la baffe si tu préfères …. ça aussi c’est un souffle que je peux exprimer, mais autrement que par le passage de l’air entre mes lèvres en ce cas.

Je souffle.

Je cherche parfois ainsi mon souffle en soufflant, n’est-ce pas paradoxal ?

On dit aussi bien manquer d’air que manquer de souffle … être à bout de souffle, arriver à un souffle de … et j’en passe que je laisse à ta recherche, après tout toi aussi il te faut souffler !

Mais un exemple est un peu  … qui me souffle :  on souffle les bougies pour un anniversaire, hors plus l’âge avance, plus leur nombre est grand, et moins nous avons de souffle en théorie, s’agit-il d’une manière déguisée d’euthanasie particulièrement vicieuse ….?

Ça te coupe le souffle …. pour ne pas dire la chique, ce genre d’idées saugrenues hein ….?

Et si je te soufflais des réponses iconoclastes à tes interrogations … ne soufflerais-je pas le chaud et le froid, par pur esprit sadique … pour t’observer, le souffle coupé de tant de vilenies.

Tu vois je ne suis pas encore à bout de souffle dans ce jeux d’air qui est bien plus complexe qu’il n’y paraît dans cette action semblant ô combien banale, voire anodine … comme quoi on  ne fait jamais assez attention à nos réflexes et à nos automatismes plus ou moins inconscient.

Je souffle.

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« Expir » d’un air en majorité vicié et qui n’a d’air que le nom car en fait ce souffle naturel est du CO², oui du gaz carbonique ce truc qui pollue la terre, qui est même dangereux à la vie organique, alors qu’il est utile et indispensable à la vie végétale … comme quoi, là aussi, le hasard ….. est aux abonnés absents : respirons un bon coup.

« Expir » est utile malgré tout lorsque consciemment cette action que l’on apprend dans un stage de secourisme peut préserver la vie d’autrui … souffler n’est pas jouer … souffler souvent c’est La Vie !

« Expir » encore lorsque deux souffles se mêlent et se fondent en un seul, prémisse à d’autres rapprochements où le souffle saccadé prend de l’ampleur, du rythme …..

Et le « dernier souffle » ?!

Est-ce le signe d’une fin …. la vidange de l’oxygène, de l’air une dernière fois de cette mécanique biologique qui est un bijou d’astuce et de complexité.

Est-ce le signe ultime par lequel s’enfuit la vie … l’âme même …

Est-ce le début de la décomposition organique, auquel cas le souffle c’est la vie …..

Expirer …..

Mais pour souffler ne faut-il pas au préalable avoir inspiré ….. et inspirer c’est quoi ?

Inspirer : action de faire entrer l’air dans les poumons, et de là dans l’ensemble des milliards de nos cellules .. c’est de la vie qui vient animer notre « moi », mais inspirer c’est aussi susciter une pensée, un sentiment, c’est donc un acte créateur …

L’acte créateur de l’inspiration va donc aboutir au souffle, l’expiration à la fuite du souffle, mais entre ces deux instants la nature du souffle aura changé, elle se sera transmutée, sera passée de l’air au gaz carbonique…. laissant dans le corps humain cet oxygène vital.

Et oui, « je souffle » m’amène vers l’infini de la vie, à l’infini de la vie organique, de la vie physique, mais des autres aussi …. car le souffle est à la fois source et preuve de vie.

Ouf ! Là c’est toi qui souffle maintenant, et le pire c’est avec mauvaise conscience et même inquiétude en te demandant « que fais-je donc là ? », tu ne vas plus oser le faire …. si ça continu. Mais si ….. tu n’as pas le choix, c’est vital !

Alors désormais quand tu oseras souffler tu vas presque te tétaniser en songeant à cette cascade qui s’échappe de mon clavier sous l’action de mes doigts guidés par « une pensée » vivante grâce à mon souffle …. tu vois c’est pas si terrible, il suffit d’arrêter de bloquer ta respiration, tu es en train de bleuir fait gaffe !

Bien sûr je te taquine, c’est dans ma nature oxygénée, l’oxygène à une vertu « hilarante » d’ailleurs … si si c’est vrai tu peux vérifier car je sens frémir ton regard où passe quelques éclairs, et pas au chocolats ceux-là, comme si tu te disais « quelle idée j’ai eu de commencer à lire ces mots ?! »

Finalement je souffle ici et maintenant d’avoir du pressuriser un zeste mon neurone atrophié pour qu’il accouchât de cette cohorte de lettres se liant entres elles jusqu’à devenir des mots, puis des phrases qu’il conviendra de lire à haute voix pour que le souffle s’exprimât de façon sonore.

Mais comme je le dis souvent, dans un souffle, l’important reste la vision de la voûte étoilée qui montre à sa manière la présence d’Un Souffle qui nous remue …car dans cet espace sidéral le vide, qui n’existe pas, est une des voies du Souffle.

Chris

février 6009

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