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J’angoisse !!! 20 février, 2009

Posté par hiram3330 dans : Billevesees & coquecigrues , trackback

J’angoisse !!!

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Oui, moi le scribe de ces épîtres j’angoisse !  Mon coeur palpite, mon front se couvre de sueur, mes mains tremblotent, mes jambes flageolent, ma bouche s’assèche …. oui tous les symptôme sont là, et je ne vous dis pas certains …

Certes ces symptômes tendent à prouver que je suis encore vivant .. mais j’angoisse, et le mot est faible !

Et pourquoi donc ?

Et pourquoi pas !

Ça ne t’arrive jamais à toi qui négligemment vient curieusement poursuivre les mots que mes doigts créent sur le clavier de cette machine … mais bon je vais me laisser aller à tenter de te dire ….. de te faire sentir … de partager avec toi …..

J’angoisse !!!

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Aujourd’hui d’étranges pensées sont nées dans les brumes ventées de mon cerveau … et j’ai vu ! Oui j’ai vu !! De mes yeux intérieurs j’ai vu ! Ne soit pas pressé, laisse moi des poignées de secondes pour me remettre de cette émotion matinale.

Déjà après ma gymnastique paupiérale je me suis levé de pied gauche … Oui du Gauche ! Tu imagines ….. enfer et damnation, le pied gauche .. celui dont use Besancenot sur sa bicyclette de service lorsque les journalistes sont là ; m…. j’en suis encore retourné comme une crêpe sans sucre ! Un lever « trotskyste » en quelque sorte … et pas « tous ensemble » hein, non tout seul j’étais !

Heureusement, grâce au Tout Puissant le poste de télé était éteint et l’oeil sardonique du « nabot-léon » omniprésent absent de mon champs de vision … et de télévision en plus ; mais la caméra de surveillance placée au coin de ma rue ….. m’a-t-elle vu elle ? Tabernacle je prie l’Eternel qu’il n’en soit pas ainsi sinon … gare .. et pas sncf.

Salle de bain .. ensuite, pour une douche froide, histoire de remettre d’aplomb la course paresseuse des deux neurones survivants d’une nuit agitée de cauchemars sardoniques.

A quoi songer en se rasant ? Non … ça c’est devenu trop banal depuis la marionnette  bourrée de tics et, qui sait, de puces ….et puis peu me chaut les ors clinquants des apparences trompeuses et illusoires. Non j’ai songé, comme dans un rêve, à conjurer, pas con – juré, le sort maléfique de ce pied  récalcitrant qui m’amène à une exécrable journée, je le sens déjà.

Se remettre d’aplomb, et pourquoi pas d’équerre ? Perpendiculaire au sol, droit dans mes bottes, la silhouette conquérante, pas con  – quérante, pour avancer dans ce jour selon une ligne droite, malgré le départ malencontreux du pied gauche. Mais, mais, mais ….. comment aller droit vu que notre globe est rond ?

J’angoisse !!!

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Les mathématiques me harcèlent d’images biscornues, la géométrie euclidienne me prend la tête, le chaos s’installe sous la chevelure, rescapée, qui décore, de moins en moins, mon crâne de sapiens  … Horreur, ma vue se brouille, je bafouille, je farfouille dans mes souvenirs scolaires, comment faire pour aller droit sur une courbe ? Le vertige j’ai ! 

Pas de bol … juste une tasse de faux café allongé d’eau chlorée et hop il va falloir y aller au turbin, là bas, loin, dans un genre de cage à poules, voire même pour certaines à dindes … mais il faut y aller, et du bon pied cette fois-ci sinon gare aux embrouilles, je halète de crainte.

Enfin nous y voilà, comme dis une revue célèbre, dans ce nid de poules ….

Les papiers s’amoncellent, la poussière forme des nuages rébarbatifs, l’informatique toussote une fois de plus, le chauffage lance quelques borborygmes, les claviers geignent sous les griffures d’ongles peints, une journée banale a débuté … par une pause café, suivie de près de communications téléphoniques strictement personnelles … je me sens rassuré, n’étant pas enrhumé, par le train train mis sur les rails comme d’habitude.

La poursuite s’organise : les secondes s’assemblent et construisent des minutes par paquet … les minutes empaquetées se coagulent en heures et les heures trépassent dans une lente agonie …. à cela se mêlent ici et là quelques pauses, des papotages infinis, des infusions odorantes, des biscuits grignotés, et …. enfin …. arrive le temps, oui le vrai temps : celui du déjeuner.

J’angoisse !!!

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Que choisir, comme disent certains consommateurs …. que choisir pour se restaurer dans ce restaurant qui est surchauffé par une climatisation asthmatique . Un ou Deux desserts ! Dilemme cornélien ! Quelques perles glissent de mon front lors de cette hésitation où se heurtent les envies, les désirs et la faim ; aussi en fin j’ai choisi …. Ouf, une barrière ouverte dans cette angoisse qui m’étreint là aussi.

Par prudence ce fut trois, trois est un nombre que j’apprécie, quasiment un grigri, efficace en de nombreux domaines ….. presqu’autant que cinq, mais là j’eusse abusé je pense, et c’est pas bon les jours néfastes comme aujourd’hui.

Sitôt le petit noir canibalisé avec son sucre brun, le retour, prudent, avec une sage lenteur administrative, m’amène dans l’espace clos de l’habitacle restreint dominé d’armoires béantes de dossiers ironiques et bedonnants.

A nouveau un accès subit de fièvre précède l’angoisse qui me lorgnait, tapie dans l’angle droit, la bougresse, du faux plafond de la geôle ouverte à tous vents.

J’angoisse !!!

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Tel un prêtre en folie voulant dissiper le démon, je m’exorciste moi-même par une sieste bienfaisante et réparatrice, tant pis, s’il le faut je demanderai des heures supplémentaires, mais comment oeuvrer le coeur serré, les tripes nouées, l’oeil clignotant comme un crapaud bavant d’amour, dans l’attente insupportable de la catastrophe annoncée par ce maudit pied sénestre du matin …

Il faut ré-agir, il faut éliminer, il faut sursauter … bref il faut faire quelque chose ! Comment continuer ainsi dans la crainte, justifiée, d’un séisme à venir, d’un tsunami satanique, d’un fléau abominable,  d’une calamité inscrite dans l’augure matinal … Je trémule, je frissonne à ce souvenir brûlant qui me glace encore.

L’oeil droit, pas d’erreur maintenant, braqué sur la pendule je fixe hagard le désert aride de cet après midi qui, flasque, se liquéfie dans la torpeur incertaine d’une infinitude de micro-secondes languissantes ….

Soudain .. un vacarme caquetant enfle et se déverse dans le couloir commun ….. tel une vague sèche d’un ouragan, le tintamarre de talons divers heurte mon assoupissement bienheureux : bon sang, c’est l’heure !!!

L’heure de la pause, encore je sais, goûter ! Celle où s’échangent comme des rafales de mitrailles les recettes de cuisine et les magiques régimes amincissant …. la bouche pleine déverse ci et là des listes inter-minables d’astuces tordues faisant fondre …. non, pas la glace !

J’angoisse !!!

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Mon avis va-t-il être sollicité ? Je prie tous les saints que ces seins là ne me torturent pas de questions frivoles sur des formes et contenants que je ne puis, publiquement, apprécier sereinement … L’anxiété me noue la glotte, le trouble me fait loucher sur …, l’appréhension agite mes glandes sudoripares ….. je frémis de l’ongle de l’orteil droit du pied gauche, au bout du cheveux le plus long rescapé …

Grâce au ciel l’unique question jaillit : « tu en veux un morceau ? » « Non plusieurs !  » est ma réponse spontanée et libératrice d’un étouffement naissant …. et je m’enfuis avec mes proies abandonnant  les mousmés à leurs amincissements sucrés de confitures dégoulinantes et de biscuits biologiques ….

Réfugié derrière l’écran grisonnant de mon micro, j’engloutis avidement les parts rescapées de la gloutonnerie des régimes ultra-minceur bien connus …. Ouf, je l’ai échappé belle, mon sang froid fiévreux m’a permis de résister aux assauts cauteleux et fourbes des ces houris chafouines et matoises.

Vais-je pouvoir éviter l’hadès, le schéol et la géhenne présentement ? Ce p….. de pied matinal va-t-il me poursuivre au lieu de me soutenir ? Que puis-je attendre sinon que la journée s’achevât sans catastrophe majeure.

Ouf ! comme disait jadis « sheila » l’heure de la sortie a tinté pour moi, la pendule fixe d’un clin d’oeil m’a indiqué la porte dont le judas était clos …. me voilà émotionné, mais prêt – depuis mon arrivée – au départ tel un bolide des 24 heures du mans, moteur en surchauffe, pneus fumant, vitesse enclenchée.

Tout de même je me méfie, l’heure de la sortie n’est pas la fin de la journée, et j’ai beau épier le moindre grain de poussière suspect, je reste un zeste fébrile, un chouya apyrétique, en un mot comme en 101, les affres me collent aux semelles ….

Mais j’oubliai … ce jour est un vendredi 13 ! Bénéfique pour moi selon l’horoscope nord coréen lu dans la revue féminine du bureau, j’ai oublié !!! Horreur !!! Quel c.. !!! Me faire des cheveux – ce qui n’est pas inutile en soi – pour un pied mal babouché et non embouché aux aurores de l’aube naissante …..

Je souffle !!!

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Vi, vi je souffle ….. ça m’arrive à moi aussi ….. mince je stoppe là, c’est un autre délire cela …….

C’est quasiment cool, zen et serein comme un canari que j’arrive à regagner mes pénates, le coeur allégé, pas la silhouette …, l’esprit apaisé, l’oeil brillant de contentement, le pas guilleret … pied droit et gauche réunis, dans cette obscurité qui surgit au coin d’une rue pour annoncer déjà la pénombre du crépuscule qui se glisse au dessus des toits de la villes.

J’aime ce moment magique, féérique, lorsque le ciel pâlit, se drape dans un bleu nuit soutenu, laisse poindre un bout de lune et la kyrielle d’astres argentés que je me plais à contempler, fasciné par cette voie lactée qui vient, telle une couverture, couvrir la voûte étoilée qui calme mon angoisse, toujours.

Chris

février 6009

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Commentaires»

  1. Faire fondre l’angoisse en murmures et en souffles
    en notes feutrées se rassurer
    la vie bat son plein

    Répondre

  2. par cette angoisse,vous m’engoissez…là..maintenant!! je sombre de nouveau dans la mélancolie…….

    Répondre

  3. que faire si je me reveillais..je sursauttais..je fixais le noir qui s’étendait lourd et terrifiant…je refermais les yeux..je me disais que lumière sera aussitot …si j’attendais ..si j’attendaiiiiiiiiiiiis et rien….!!!

    Répondre

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