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Nuages 7 mars, 2009

Posté par hiram3330 dans : Billevesees & coquecigrues , trackback

Nuages

Lever les yeux au ciel, inévitablement, à un moment ou à un autre, fait rencontrer ces masses qui paressent, roulent, errent, circulent, assombrissent, protègent, arrosent, s’amusent avec mon imaginaire qui suit leurs transformations .. alchimie.

Je  rêve en perdant mon regard dans ces masses allant du blanc aux dégradés du gris, parfois, rarement jusqu’au noir.. Une « couverture nuageuse » entend-on parfois, comme si la voûte céleste frissonnait pour on ne sait quelle raison, mystérieuse bien sûr.

Suspension d’eau dans l’azur telle est l’explication physique de ce phénomène qui a intrigué l’homme pendant … qui intrigue le rêveur aujourd’hui, qui attire mon imaginaire dans les replis étonnant d’idées libres de toutes entraves raisonnées.

J’aime.

On les appelle ….cirrus, cirrocumulus, cirrostratus, altostratus, altocumulus, nimbostratus, cumulonimbus … et j’en passe de ces dénominations latines et poétiques qui laissent pantois, un peu, mais surtout qui caresse l’imagination de ces sons si exotiques à mon ouïe in-habituée.

La magie sonore vient ainsi renforcer celle de la vue, ensembles elles m’avalent vers l’infini de la stratosphère où d’habitude je contemple les étoiles de la nuit.

Mais  ces nébulosités viennent-elles dissimuler les astres qui accompagnent mes sorties nocturnes, ou bien participent-elles à nimber d’une aura particulière mes rencontres de noctambule qui  flâne et vadrouille au travers de cette voie lactée qui me fascine tant par l’immensité de mon infinitude, me faisant relier le microcosme au macrocosme par le cosmos hypnotique de beauté voilée …

Nuages …..

Leurs courses ponctuent les jours et les nuits, sans cesse ils vont  là ou leur complice, le zéphyr, les pousse en riant de ses taquineries qu’il se plait, malicieux, à freiner ou à accélérer au gré de sa fantaisie capricieuse liée au froid et au chaud.

Ils filtrent …. ils filtrent la lumière solaire comme la lumière lunaire, ils en arrivent même à éclipser, provisoirement, ce tapis scintillant qui se prélasse sans pudeur dans nos nuits étoilées … Tels des lutins un peu sarcastiques, ils s’amusent à voiler la beauté du firmament diurne comme nocturne, dans des galopades ponctuée, quelquefois, du chant modulé  d’Eole, ou des battements sourds et puissants du tonnerre qui rugit à l’occasion.

J’aime.

J’aime cette sarabande mutine qui dévoile et voile successivement, avec force, l’éclat des luminaires célestes … une danse dont la chorégraphie est une perpétuelle interrogation, et une source intarissable de curiosités soudaines, un rythme sur lequel peut se caler les pulsations de mon coeur, les divagations de mon esprit …

Nuages ….

Nuages qui crèvent en gouttes, telles des larmes de mes peines, telles des vagues venant nettoyer les plages de mes soucis, telle l’eau purificatrice des évènements sacrés … Gouttelettes, trombes, crachin, rideau, bruine, que de possibilités existent pour traduire mon humeur de l’instant, pour laver les scories du passé, pour apurer le naguère qui se blottit encore à l’affût.

Une fantasia se déchaîne et vient mourir à mes pieds .. quand le duel se termine par la dissipation des nuées dans un arc-en-ciel splendide qui illumine par sa palette visible et invisible l’espace du jour, par la froide beauté hiératique d’une lune un peu fière et hautaine d’avoir repoussé ce manteau grisâtre au profit de la cape argentée qui lui sied bien mieux au sein de l’obscurité de mes songes.

J’aime.

J’aime cette sagesse retrouvée dans le moutonnement apaisé de ces figures redevenues souriantes dans la vision de mon imaginaire, dans la pureté séchée de cette bleuté qui couvre mes pensées, de cet espace où jouent à cache-cache tant d’images fugitives qui se disloquent et naissent selon mon bon plaisir .. aussi. J’en arrive à me prendre pour … oui, un créateur …..

Nuages …

Amas de gouttes soumises aux lois de la physique, aux lois de la nature … pour moi vous êtes l’expression passagère d’images ébauchées jaillies de ma rêverie, de mes espoirs, de mes perceptions autres .. de mon humeur de la seconde qui s’enfuit ; vous êtes le reflet d’un hier assoupi, d’un demain souhaité, d’un maintenant enjolivé et rehaussé de mes souvenirs.

Que de formes se forment sous mon regard songeur, face à mes errements quand je caresse, d’un oeil intérieur, l’ombre tracée d’une découpe mêlant la lumière à la masse grise qui vient caracoler, ingénument, pour me susurrer, muettement, que la réalité n’est rien face à l’intériorité de mes pensées, souvent étranges, venant affleurer la surface de mon conscient …

Ce vélum qui circule, aidé du zéphyr, dissimule tant et tant de secrets de ma mémoire que parfois j’en ai le vertige …. Mais son passage est toujours provisoire, partiel aussi, et puis lorsque ce voile se déchire, et que la nuit est là, les étoiles goguenardes me sourient et chuchotent des montagnes gigantesques d’histoires abracadabrantes qui ravissent mon âme … dans le creux silencieux de mes ouïes …..

Alors revient l’instant du ravissement de la contemplation sereine de cette voûte étoilée qui scintille, auréolée d’un invisible arc-en-ciel qui illumine la voie lactée, et mes pensées apaisées …..

Chris

mars 6009

nuage0.jpg

 

Commentaires»

  1. Errance folle des nuages……..
    Allez avec eux, sur les routes du monde……

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