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Vent 26 avril, 2009

Posté par hiram3330 dans : Billevesees & coquecigrues , trackback

Vent

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Masse gazeuse se déplaçant du froid vers le chaud, plus ou moins vite, plus ou moins violemment, masse qui est comme vivante lorsqu’elle arrive sur soi, masse invisible par elle même, perceptible pourtant par tout le corps.

Le vent.

Alizé, aquilon, autan, blizzard, bourrasque, brise, mistral, rafale, souffle, tempête, tramontane, zéphyr ….. énumération bien incomplète en regard des noms dont il peut se parer au cours de son errance sur notre planète bleu, sur d’autres astres, et même dans l’infini du cosmos soit disant vide …

Il rafraîchit, il réchauffe, il épure l’atmosphère, il véhicule les pollutions, il transporte sable et eaux, il modèle les déserts et les dunes, il détruit les forêts, il ravive les flammes, il participe aux vagues, il vit …

Il peut câliner comme il peut gifler, il peut soulever ou rabattre, il parcoure sans s’épuiser des lieues et des lieux, caressant ou dévastant, susurrant ou rugissant, rassurant ou inquiétant …

Eole !

Il vient de l’Orient ou de l’Occident, du Midi ou du Septentrion, il peut même aller du Zénith au Nadir … avec force et vigueur dans des tourbillons qui arrachent et dénudent la terre, tel un rabot invisible dont les copeaux jaillissent dans la fureur d’une colère aussi puissante que brève à l’échelle de la planète.

Il est présent partout, toujours même lorsqu’il semble assoupi, que l’air paraît plus lourd que du plomb fondu, que l’homme halète comme un poisson sorti de l’eau, il est là … parfois un peu sarcastique, ironique, en embuscade ….

Eole !

Il peut être taquin, faisant s’enfuir des feuilles … impudique, soulevant des jupes …. sardonique, attisant le feu …. il est tout et son contraire, il est l’air en déplacement, pas le petit courant d’air .. non .. le Vent.

Il s’amuse le bougre à déplacer des montagnes, à éroder le granit, à creuser les champs, à faire s’envoler les chapeaux, à sécher le linge, à évaporer la transpiration, à dégager l’azur, à titiller les nuages, à plier les joncs, à faire remonter les rivières, à gonfler les voiles des boutres, à dépeigner le dandy, il s’amuse !

Eole !

Dieu de la mythologie grecque, enfin à force de temps si l’on peut dire .. Mais cet Eole est devenu dans l’inconscient de la culture européenne le représentant humain d’un phénomène physique autant connu et compris, qu’admiré et craint car il est …. libre comme l’air … et rien ne peut l’arrêter quand il gronde et roule, furieux et agité.

Il souffle …. en modulant sa vitalité comme pour jouer encore, et toujours, à nous désorienter nous faisant passer du tremblement à la sudation torrentielle. Il vient nous asticoter, des chevilles aux cheveux, chatouillant notre épiderme, lutinant nos dessous, frôlant notre joue, effleurant nos lèvres, cajolant nos flancs, tourbillonnant, espiègle, à nous rendre azimuté, cinoque, cinglé, dingue, enragé, fol-dingue, maboul d’être ainsi assailli …

Le Vent !

C’est comme ça …. nous subissons, nous le subissons quel que soit son nom local ou scientifique, »on fait avec » ..

Compagnon remuant, il nous accompagne parfois dans nos quêtes intérieures aussi ; dans ce cas il est encore plus .. invisible à l’oeil, encore plus ressenti par nous car il peut chambouler, perturber, balayer, épurer nos pensées secrètes, intimes, privées, inavouées …

Compagnon il ne doit pas devenir Maître de nos passions, le danger serait trop .. plus .. et l’on pourrait en arriver à manquer d’air.

Par contre ce Compagnon doit être amadoué, enveloppé dans un voile de sérénité, d’équanimité, de quiétude, il faut apprendre à le maîtriser, partiellement certes, mais avec opiniâtreté, ténacité, volition … car comme Janus il est simultanément positif et négatif, blanc et noir, yin et yang, à l’instar d’un pavé alterné il faut savoir le dompter, le domestiquer, l’assujetti.

Vent !

Souffle des Dieux visibles et invisibles, inspiration et expiration, il est Libre en apparence, dévastateur et créateur, soumis et rebelle, caressant et giflant, chaud et froid, connu et mystérieux, chuchotant et hurlant, souriant et pleurant, joyeux et triste, imperceptible et tempétueux …

Alchimie de l’athanor humain il est celui qui effleure l’enveloppe et chatouille l’intérieur, celui qui, taquin, va nous pousser au delà de nos poussiéreuses pensées mesquines, celui qui, cosmique, va nous dévoiler la splendeur d’une voûte étoilée au dessus de notre tête comme à l’intérieur de notre coeur …

Chris

avril 6009

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Commentaires»

  1. Et ses mille refrains ?
    Le vent est musicien ……..

    Répondre

  2. Pense à ajuster les voiles si le vent n’est pas favorable. Bise.

    Répondre

  3. Te souviens tu? « vent de mot « ou « encore souffle de vie », j’associe le vent à l’air de celui que l’on respire à celui qui nous transporte.
    Du trop peu au trop plein, il déplace ou anime, il renverse ou replace.
    Ô Eole! Toi qui détient les forces du vent,
    Mesure l’élan de tes impactes puissants,
    Donnes nous les plus mélodieux chants,
    En tes brefs voyages si impatients.

    Répondre

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