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Papotage 6 juin, 2009

Posté par hiram3330 dans : Billevesees & coquecigrues , trackback

Papotage

Il m’amuse ce terme qui se veut sans grand intérêt .. j’y suis sensible, peut être par son son lorsque je le prononce, l’image que je m’en fais, l’idée qui s’y dissimule, les trésors qu’il peut re-celer, son étrangeté à mes yeux, sa charge émotionnelle …. il m’amuse et j’y suis sensible.

Papoter .. terme de mon enfance, du siècle passé .. mais il me fait sourire par les souvenirs qu’il peut faire re-naître en ma mémoire, les douceurs qu’il camoufle, et même la tendre ironie qu’il peut faire affleurer lorsque je l’ouïe aujourd’hui au hasard d’un détour d’une phrase capturée sans vouloir.

Quand on entend, lit ce mot une kyrielle, une tripotée d’images giclent de notre esprit, de ce qui en tient lieu, mais celles-ci restent attendrissantes, ourlées d’une poussière d’ironie bienveillante, décorées de sourires un brin moqueur, rarement la méchanceté se glisse là .. n’est-ce pas le signe d’une puissance de ce concept d’aspect naïf .. parfois.

Il m’amuse ce terme .. je le sens et ressens chargé de taquineries, de tendresse, de délicatesse et de tolérance .. oui de tolérance … penches toi donc sur cette idée qui t’apparait baroque ici.

Papoter, babiller, tchatcher … comme on dit aussi, clabauder … vi ce mot existe .. confabuler aussi …. tu fais bien de lire jusqu’ici pour découvrir que l’Idée peut être parée de tant et tant de costumes …. paraissant souvent « savant » pour juste te désorienter alors, qu’instinctivement, intuitivement tu « saisis » le concept et sa représentation qui t’es intime.

Et puis, à l’oreille … papoter et papauté ….., excuses moi je digresse …mais je suis proche du palais des pape, et j’ai du inconsciemment déraper sur le verglas de souvenirs givrés.

J’y suis sensible à ce terme .. il évoque en moi bien plus de découvertes réelles et intimes que de verbiages anodins et vains. Lorsque j’écoute papoter je m’efforce d’entendre l’ombre des mots, le coeur des lettres, le goût des syllabes, l’harmonie du rythme,  la sonorité d’une voix, toute cette mosaïque qui ébauche, finement ciselée, la silhouette d’où s’envolent ces cascades aux sens multiples.

Papotage.

Amusant la langue, le son camoufle le sens parfois, ici  : pas potage, et oui c’est mon cas .. ou même : pape otage, mais là ce sera un titre de thriller non encore écrit. On s’amuse à la recherche des possibilités de détourner un sens premier, de planter une bizarrerie dans une phrase banale, mais dans le fond …. quelle importance, écoutons plutôt le chant des mots qui vient caresser les pavillons de nos oreilles.

Il n’en reste pas moins que l’écoute doit se faire avec attention à tous papotages car au delà des sons, de la musique des mots, se dévoilent des sentiments et des vérités, certes partielles, voire partiales, mais des espaces de sincérités pas toujours conscients, des joies et des détresses bridées, des envies, des besoins, tant et tant de choses qui relèvent de l’humain non dit avec la clarté.

Papotage.

Dans de nombreux esprits, majoritairement disons, il est synonyme de babillage un tant soit peu léger, pour ne pas dire plus .. comme si le fait de papoter devait obligatoirement se restreindre à des platitudes, à des « inutilités » verbalisées, en quelque sorte un remplissage sonore pour que ne s’installât point le silence d’un mutisme partagé, pourqu’un minimum d’échanges sonores puisse avoir lieu entre individus …. ne seraient-ce que des « lieux communs » du style météorologique.

En ce sens donc on pourrait affirmer, pourquoi pas : « pas potage », c’est à dire pas soupe de mots inutiles et stériles, pas un remplissage creux d’un vide sonore in-humain.

Trop souvent c’est plutôt « meubler le silence » qui vient à l’esprit en regard de ce terme …. ainsi des sons pourraient meubler le silence, c’est étrange. Pour ma part ce ne sont pas les sons qui  écornent le silence, mais l’émergeance d’idées, quelqu’en soient les formes d’expression, et donc y compris verbalisées.

Et bien sûr … il est quasiment toujours associé aux femmes …., est-ce faux ? Je te laisse juge ….. mais n’oublies pas que le papotage n’est pas pire que la langue de bois qui elle suscite des échardes bien douloureuses. Et puis, en l’homme (masculin) qu’elle est la part « féminine » .. pourquoi ne pas envisager de la trouver par ce biais qui fondamentalement n’est pas un travers.

Papotage.

Allez, ce mot est bien sympathique dans son acceptation commune, très souvent erronée ….. je préfère quant à moi y discerner l’exacerbation d’un manque, plus ou moins important, plus ou moins réel, cela peut même aboutir à la création d’un mur de fumée verbal qui, brouillard de l’intimité, obérerait la sincérité naturelle qui fait si peur à tout un chacun.

Comme quoi d’un mot banal, au sens commun apparemment si simple on en arrive à des réflexions qui nous plongent dans des abimes de perplexité, de confusion, de doutes … mais douter est sain me semble-t-il …

Et bien moi, à moi il me plaît ce papotage d’autant que j’en use, en abuse aussi, lorsque je dialogue muettement avec ces éclats d’argent qui parsèment la nuit quand je lève les yeux …..

Chris

juin 6009

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