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Dialogue muet 13 juin, 2009

Posté par hiram3330 dans : Billevesees & coquecigrues , trackback

Dialogue muet

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Oui, un paradoxe ! Apparent … mais j’aime les paradoxes, ils me parlent eux, bien plus que des vérités révélées, bien plus que les fumées des mots brûlants qui incendient souvent les discours, les discutions, les …..

Pour dialoguer il faut être au moins deux, mais qu’est-ce qu’être au moins deux ?

Toi et moi ?

Toi et vous ?

Nous et toi ?

Moi et moi …

Déjà c’est compliqué d’être au moins deux comme tu peux t’en apercevoir d’un coup. Et surtout ça relativise les mathématiques – classiques et modernes – là c’est du concret (en un seul mot).

Être deux c’est pouvoir, à priori, envisager un partage, peu importe le domaine, mais c’est la possibilité de donner, de recevoir, de mettre en commun, voire de déchirer, de s’engueuler, et j’en passe …. que de choses ne peut on faire à deux au moins. Et deux c’est au minimum un plus un (1 + 1), pour l’esprit scientifique .. enfin paraît-il.

Je m’essaye, assez souvent, à être deux avec moi et moi, pour un dialogue pas si serein que ça … mais un dialogue sans interruption, enfin en général .. tu sais comme moi comme il est difficile de se fuir .. Mais je ne déteste pas quelquefois cette confrontation si particulière qu’elle peut en devenir singulière, une sorte d’auto-flagellation pas réellement agréable (je ne suis pas masochiste) mais salutaire à l’occasion (et oui pour le neuf il faut repasser).

Dialogue … et pas monologue.

Être en discutions avec soi-même, papoter avec son reflet, échanger et entendre l’écho de sa voix est et reste une sensation des plus étrange. On dirait, on croirait, on penserait avoir à cet instant là effleuré le brin de folie qui est en nous, qui germe à l’occasion d’un arrosage de pleurs, de sourires également.

Monologue et pourtant dialogue.

Curieusement le fait de parler seul, en apparence, nous fait caresser l’idée pourtant saugrenue que nous ne le sommes pas réellement. De là à envisager un dérapage schizophrènique il n’y un qu’un pas, un « pas », « pas » de la négation « ne pas » … Et non, dans ce cas précis d’échange égoïste avec moi-même ce n’est pas cette facette psychologique qui transpire.

Alors que se passe-t-il ? Un rêve ! Que nenni, il s’agit bien d’un dialogue où l’échange est privé entre notre conscience et notre conscience : non je ne bégaie pas ni ne délire.

N’as-tu jamais parlé « seul », à haute voix, en marmonnant, ou dans le silence de tes pensées, de tes réflexions … celles qui résonnent dans ton crâne, cette petite voix qui n’est audible que par toi, celle que tu entends car les mots muets te parlent, ce sont les tiens.

Étrangeté que cette parole silencieuse dont l’écho roule et se désagrège sur la paroi de ta boîte crânienne, là où gîte ton cerveau et tes neurones agonisants.

Les sons sont assourdissant en cette instant intime où tu échange avec toi même, souvent sans assez de sincérité, car même cette solitude ne suffit pas parfois à la franchise d’un regard lucide, un zeste acidulé…

Curieux cette « manie » humaine de papoter en soi, avec soi, pour soi comme pour lutter contre une solitude envahissante au sein d’une foule égoïste, égoïste comme toi, et moi.  Nous en sommes là, et oui ; quelle aubaine pour les « psy » en tous genres qui s’engraissent du dégraissage, difficile et douloureux, de notre cervelle.

Dans ces moments, les miroirs deviennent inutiles, le reflet visuel s’estompe, seule reste omniprésente cette voix muette qui gronde et geint en nous, pour nous, par nous ….. que d’idées jaillissent, de mauvaise foi, de gouttelettes de sincérité, quelquefois de vérités nauséabondes,  de chapelets de rires, de grincements crispants. Quel tohu-bohu qui rebondit d’une circonvolution cervicale, à l’étincelle électrique d’un réseau nerveux.

Dialogue muet.

Je me cause, je déblatère contre ce monde qui m’écrase, je distille des demi-vérités et des quarts de mensonges, j’agonis autrui de ma colère refoulée, je ricane sardoniquement de tes défauts qui camouflent les miens, je sanglote de ma petitesse, je m’esclaffle de ma bêtise, je souris de ma naïveté, je scanne mon « intérieur » pour dépoussiérer mon intimité, je racle mes scories …

Muet dialogue.

Que de cris viennent crisser, et s’écraser, dans ma tête lorsque je jacasse en tête à tête, avec moi-même, dans le brouhaha de mon silence solitaire qui  m’enserre là.

Le silence est d’or …. la parole d’argent, et mon dialogue intime souvent oxydé .. c’est ainsi pour nous tous qui préférons donc le vacarme d’une foule faussement attentive, à la solitude de notre introspection bavarde et silencieuse. Les mots muets résonnent, raisonnent, avec autant d’aigreur que de miel, autant de fiel que de sucre, autant … Question d’équilibre à trouver.

Mon dialogue s’appaise  quand je parviens, avec difficultés, à circonvenir un tant soit peu les échardes et les griffures de mon présent d’hier.

Que d’agitation dans ce crâne que je porte sur l’axe de ma verticalité.

Et toi qui lis en ce moment …. tu t’inquiètes de cette description, de cet étalage de mots et d’idées qui arrivent à te hérisser .. elles sont tiennes aussi, tu le sais et cela ne te plait guère. Pourtant rien d’extra-ordinaire … c’est même d’une banalité commune si tu veux bien y réfléchir, objectivement.

Il fut un temps du passé, où l’on pouvait trouver, gravé au fronton d’un bâtiment « connais toi toi-même et tu connaître l’Univers et les Dieux ». Le bâtiment est une ruine, de poussières de jadis …. la maxime reste présente avec force et vigueur …

Alors n’hésites jamais, jamais à te parler dans la simplicité de ta solitude, à l’abri et sous la protection du dais de la voûte étoilée … mais attention, prends garde … dans cette intimité il faut savoir être sincère, au moins là.

Chris

juin 6009

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Commentaires»

  1. .Oui rien de bien extra-ordinaire en effet que ce dialogue intérieur sincère avec soi même mais oh! combien difficile…

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