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Lève-toi et marche ! 18 octobre, 2009

Posté par hiram3330 dans : Billevesees & coquecigrues , trackback

Lève-toi et marche !

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Qui ne connait cette injonction issue d’un livre, d’aucuns diront du Livre … oui celui là, bourré d’évangiles, tu sais ces enseignements  venant de première main car écrits des années plus tard …  Et pourtant cet ordre est plein de mystères je trouve, presque incompréhensible par la multitude d’interprétations qu’on peut y discerner, la richesse des images cachées qu’il peut  y re-celer …

Quatre mots, simples, d’une phrase somme toute banale à l’écoute, sûrement moins à l’entente et close par un point d’exclamation qui marque l’impératif du commandement.

Ce serait, rapportée par un dénommé Marc (devenu par la suite un produit d’entretien fort connu), une injonction prononcée dans une cité au doux nom de Capharnaüm  dont, comme moi, tu saisi le sens actuel de « désordre » pour le moins. Étrange.

Qu’en est-il ce cette somation  à se « lever et à marcher » ?

Au premier abord on comprend, même sans connaître l’anecdote du « livre », qu’il s’agit d’un paralysé, un paraplégique probablement auquel on commande de quitter sa position « handicapée » pour revenir à une station verticale et mobile. Dont acte.

Mais est-ce si simple ?

Tout d’abord je n’ai pu avoir communication du dossier médical de l’intéressé (secret médical oblige), d’autant que les archives de l’époque ont été égarées .. d’où le doute quand à la réalité du handicap, de sa source (physique ou psychosomatique), voire pour les incrédules endurcis (les mécréants ?) de sa véracité.

Ensuite les journaliste locaux ont pu, est-ce si rare, emberlificoter cette historiette qui serait ainsi devenue une vraie fausse information pour les gazettes lointaines, le merveilleux ça paye dans la presse ..

Enfin comment considérer ce fait dans le fond ? Un conte, une légende, une fable, un mythe, un apologue, un symbole …  une allégorie, une métaphore … qui sait, c’est à examiner de plus près non ?

Je suis perplexe.

Dois-je prendre « au pied de la lettre » cette histoire de paraplégique trottinant soudainement ? Si je ne m’abuse  Capharnaüm n’est point Lourdes .. encore que, me diras tu, c’était peut être le « Lourdes » de l’époque .. j’en conviens, c’est une possibilité après tout, encore faut-il accepter comme avérés les « phénomènes » pouvant avoir lieu dans cette ville des Hautes Pyrénéens. 

En tout état de cause je vais considérer, comme hypothèse, que la paralysie puisse être autant physique que psychosomatique, finalement le résultat en est identique, même si les causes éventuelles sont, peuvent être extrêmement éloignées et différentes, disons de domaines éventuellement complémentaires ….

Lève-toi et marche !

Comme avec un adjudant de la coloniale (nous sommes au proche orient n’oublions pas) l’ordre claque, sec (oui la région le veut cela aussi), sans échappatoire possible. La nature du son ainsi exprimé a-t-elle force de persuasion, force de « loi », force (tout court) ; en effet l’influence du son est mal connue encore aujourd’hui mais néanmoins indéniable. Par ailleurs « dire » n’est-ce pas « créer », en d’autres termes la Parole (le son, la vibration) n’est-elle pas Créatrice ? Je te pose la question …

Devant ton silence un brin réprobateur je vais poursuivre ….

La vibration transmise par l’air de la bouche à l’oreille, de l’émetteur au récepteur a eu une action sans conteste .. mais laquelle ? Où ?

Est-ce une action physique – les vibrations sont « physiques » – ou plutôt .. psychiques ? Là je t’en bouche un coin, nous avons en l’occurence deux possibles réponses … et même trois, oui, car l’action peut être à la fois physique et psychique … et allons plus loin avec la quatrième (quatre étant le nombre du « matérialisme ») …. aucune action n’a été mise en oeuvre. Le « paralysé » ne l’est plus à ce moment précis par .. hasard .. et non par l’action supposée de la Parole … Alors .. miracle ?

Lève-toi et marche !

Mais s’agit-il réellement d’un ordre relatif au « physique » ? Je m’explique, du moins je tente : « se lever » est quelque fois une image … par laquelle on essaye de montrer du doigt l’action à mener, en d’autres domaines que « purement physiques ». Une allégorie en quelque sorte qui entraîne la pensée sur des voies différentes, vers une introspection, une auto-analyse, une plongée dans son intimité spirituelle qui sait.

Dans de nombreuses académies militaires l’aspirant est agenouillé avant la remise de son diplôme de réussite à son nouveau grade d’officier, en d’autres lieux cette cérémonie existe également, notamment pour l’adoubement d’un Chevalier, ainsi qu’après la réception d’une Lumière tant attendue … Une phrase est prononcée qui, grosso modo, explique que désormais on ne s’agenouillera plus et ce jusqu’à ma mort qui se fera « debout » …

Cet impératif est donc une « élévation » de l’être, une stimulation obligatoire vers le mouvement vertical, en quelque sorte une incitation au perfectionnement car se « dresser » est symboliquement, me semble-t-il, un progrès, au moins depuis l’évolution de la première cellule biologique ….

Lève-toi et marche !

Deviens en obéissant un « Lien » vivant entre le sol et le ciel ; ce n’est pas rien si tu y réfléchis .. un peu. Tu es le maillon qui va réunir la Terre et l’Air, on glisse insidieusement vers l’alchimie là. Te voilà un « tiret » …., pire, ou autrement, qu’un paratonnerre (invention du franc-maçon Franklin …). L’Énergie va emprunter davantage ton corps pour aller réunir ce qui est épars .. De tes pieds à ta tête, elle va circuler librement et intensément pour aller féconder Gé, et se perdre dans l’azur de l’infini … se perdre n’étant qu’une expression, car rien ne se perd .. tu connais je pense.

Se lever, se dresser, soit ! Mais « marche » ? 

Pourquoi ajouter à lever « marche » ? Est-ce obligatoire dans l’absolu, mais sommes nous dans l’absolu ? La phrase est claire et nette, les deux mots sont indiscutablement lié par le « et ».

Le déplacement paraît donc lui aussi important dans cette phrase aux deux verbes actifs.

Marche ! Dans quel sens ? Pour aller où ? Pourquoi en plus …. ces questions tourbillonnent devant mes yeux qui n’en peuvent plus de cette sarabande et engendrent le tournis … Vertige.

Il est vrai qu’être immobile est de facto reculer puisque tout avance sans cesse, quel qu’en soit le sens .. alors l’ordre, double, est fondamentalement une incitation au mouvement qu’il soit vertical, qu’il soit latéral, il convient qu’il soit ! Un peu comme si nous nous trouvons au centre de …. des six directions : Orient-occident, Midi-septentrion, Zénith-nadir …. ce qui fait bien sept, hé oui avec le point de départ central qui est à lui seul sa propre direction … Oui c’est ardu, mais c’est ainsi.

C’est identique, similaire dans le domaine plus éthéré de la pensée …. là où le centre est celui de l’Idée.

Il faut « bouger » ! Il faut se déplacer comme un curseur sur une règle, il faut évoluer, il faut progresser, il faut  … oui il faut, mais en suis-je capable, en tant qu’ancien paralytique, qu’ex paraplégique, en tant que « figé du bulbe rachidien » , celui dont la moelle épinière fut rétive à transmettre les flux de mes envies et besoins de mouvements …

Et ce n’est pas que physique.

La paralysie du neurone n’est pas mieux, si je puis dire,  elle glace l’esprit qui se doit d’apprendre sans cesse pour que notre « machine » physiologique entraîne nos influx intellectuels vers des élévation intellectuelles, morale, bref pour élargir notre champ spirituel (au sens propre du terme).

Oui, partant d’une modeste phrase d’un des apôtres d’une religion monothéiste, nous voilà arrivé à l’Homme, plutôt qu’à une divinité …. non ce n’est pas une hérésie, tout au plus un recadrage, pour moi, qui place l’Homme face à lui-même, et ce n’est pas un cadeau .. face à son miroir qu’il ne peut éviter, à un moment ou à un autre. Cela n’est-il pas aussi une « religion » (du latin « relier ») entre toi et toi , comme entre moi et moi ?

Et puis la descente en soi n’a-t-elle pas pour but véritable de découvrir la parcelle de lumière qui luit dans nos ténèbres …

Lève toi et marche ! Les pieds foulant la poussière, la tête frôlant les étoiles nous voilà, toi comme moi, ensemble sur le chemin de cette quête qui nous mène du sable de notre infinitude à la voûte étoilée infinie qui résonne au diapason avec notre souffle d’éternité …

Chris

octobre 6009

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