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Ombre 31 octobre, 2009

Posté par hiram3330 dans : Billevesees & coquecigrues , trackback

Ombre

Non, il ne s’agit pas du mot ibère signifiant « homme », encore que … on verra, ni le poisson de rivière de la famille des salmonidés …. ça c’est sûr.

En premier lieu il faut bien reconnaître que l’ombre ne peut exister que par la présence d’un « corps » venant s’interposer devant la lumière, il  s’agit donc, en quelque sorte, d’un troisième point venant créer un « triangle » : Lumière, obstacle, Ombre.

Il convient de préciser que l’Ombre n’est pas la nuit .. même si paradoxalement elle peut être la ténèbre .. oui ténèbre est féminin et singulier à l’occasion ..

C’est comme l’expression « l’ombre plane », curiosité car jamais elle ne plane, elle rampe …. telle une marée noire sur les côtes bretonnes ; l’ombre n’est pas « palpable », elle n’est que visible, et encore par défaut puisqu’elle n’existe que par action contrariée de la lumière bloquée par un obstacle quelconque …. Ah les expressions ….. des images si souvent sur-réalistes.

Nous voilà donc face à la Lumière et ainsi sommes nous, sinon créateur, du moins responsable de l’apparition d’une ombre … « apparition », « ombre » et pourquoi pas fantôme pendant que j’y suis … mais non je ne m’égarerai pas par là, pas encore.

Face à la Lumière mon ombre est derrière moi …. Je peux presque dire que la Lumière m’aveugle, et m’aveugle tant que je ne puis, dans l’immédiat,  percevoir mon ombre …. cette tâche sombre qui semble s’échapper de moi, me représenter en négatif en quelque sorte, et même en réalité …. d’où la difficulté d’être en pleine lumière, qu’elle soit issue de l’Orient, du Midi ou de l’Occident.

Si je tourne le dos, si je fais face au Septentrion alors je vois ….

Je vois mon « double » qui s’étale et s’étend de mes pieds à loin là bas …… qui va ramper et se couler dans la moindre anfractuosité, le moindre recoin pour absorber, comme un buvard, les couleurs de la lumière …. Car l’ombre est l’absence de lumière, l’absence des ondes vibratoires qui forment ce que notre cerveau, via oeil, perçoit comme étant coloré.

Terrible ce « double » qui pègue et refuse de me lâcher .. une extension de moi-même, une part de moi-même, une facette de moi-même ; comment s’en débarrasser  ? Il m’englue , m’inquiète et m’agace, c’est mon ombre !

Mon ombre est preuve que je vis .. et oui, que je suis vertical (plus ou moins avec l’âge), ainsi deviens-je un cadran solaire, le jour. La nuit c’est l’esquisse de mes rêves qui se révèle à la lumière stellaire .. 

C’est infernal cette présence obligatoire, mais c’est aussi divin …

Ainsi mon corps intercepte la lumière, il s’en repaît mais il brise également son trajet : paradoxe. Ma nourriture  lumineuse engendre un espace sombre, pourtant comment faire disparaître la lumière ? Suis-je donc si puissant que mon corps physique interrompît ce rayon de vie (et de mort) ?

Ombre.

Un sens figuré m’indique qu’il peut s’agir, là, de quelque chose de secret, ou d’oublié, voire d’incertain .. étrange que ces facettes qui font de l’ombre une source de dissimulation alors qu’il s’agit d’un phénomène assez naturel. Pourtant l’été quel plaisir rafraichissant que d’avoir un coin d’ombre où l’on respire en sommeillant.

Que de symboles naissent de ce mot … je te laisse y songer, pour ma part j’en suis toujours surpris dans mes lectures, un peu inquiet dans mon vécu, apaisé en été …. La richesse de l’ombre est source de tant de réflexions, ce peut être même un art comme l’ombre chinoise.

Mais la plus perturbante est celle liée à mon être, ce double négatif qui me suit ou me précède  sans me laisser souffler.

D’autant que l’ombre est « noire », oui noire et non gris foncé, ou gris clair.. pas d’échappatoire : Noire ! Or noir est l’absence de couleur .. c’est triste non ? Et bien non, ce n’est pas triste, c’est un instant d’un lieu comme d’autres, différents, et pour moi le noir n’est pas « moche » en plus …. c’est, si je ne me trompe, l’étape première de la transmutation alchimique. La putréfaction, indispensable à la renaissance et à l’éclosion d’un grain de blé par exemple ….., est vitale !

Si l’on se projette dans le passé, lointain, enfin relativement comme dirait Einstein .. l’homme (l’être humain) à vu son ombre …. dans les grottes même il en a , en quelque sorte, laissé traces par le biais de « peintures soufflées » (traces de mains notamment). Et un jour, oui un jour pas une nuit, au matin il a commencé à adorer le Disque Solaire comme un Dieu. Son ombre d’adorateur les bras écartés du corps a tracé une croix …..

Si l’on se tourne vers notre passé (le mien ..) assez récent, il me vient à l’esprit .. Lucky Luke .. oui, ce « héros » de bande dessinée .. celui là même qui tire plus vite que son ombre ….cocasse reconnaissons le.

Si …

Mais mon ombre m’énerve tout de même, elle me suit, ou me précède, partout …. elle révèle ma présence, elle m’irrite parfois car j’y vois .. une ombre issue de l’intérieur .. qui dévoile ce que je ne veux pas voir, ni montrer.

Hélas il faut faire avec … Heureusement il faut faire avec … N’est-elle pas aussi la preuve visible, sinon palpable, de ma présence éphémère sur la terre de notre bleue planète ? En cela elle me rassure, me chuchote  » tu me vois, tu es là, tu vis .. « , et parfois j’en ai les larmes aux yeux de contempler mon double autre que le reflet de mon miroir .. qui lui aussi …

Tout de même … je préfère, et de loin, cette part de moi lorsqu’elle jaillit, en nocturne, quand je contemple en rêvant la Lune et les Étoiles dans la sérénité sans limites de la voûte étoilée où .. c’est ton sourire qui étreint mon ombre, d’abord …

 

ombregrande.jpg

Chris

octobre 6009

Commentaires»

  1. l’ombre me paraît être à la matière ce que le doute est à l’esprit

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