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Mirage 19 janvier, 2010

Posté par hiram3330 dans : Billevesees & coquecigrues , trackback

Mirage

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Un mot qui trompe nos sens tel est ce terme qui vient soudain à mon esprit, avec force, vigueur, douleur aussi.

Normalement c’est un effet de la chaleur qui fait onduler l’onde, qui déforme la vision, qui transforme, ou plus justement qui déplace des images virtuelles, et ce bien avant l’invention de la « télé » et de la « toile » ….

Phénomène étrange qui perturbe et trompe notre perception visuelle, qui fait miroiter un présent inaccessible, en réduisant les distances, un effet « magique » comme pensaient probablement nos ancêtres, lointains peut être .. mais loin .. d’être bêtes.

Effectivement comme un prestidigitateur, plutôt qu’un magicien, la chaleur s’amuse à nous berner, à nous entraîner vers la fugacité d’une virtualité évanescente … en ce cas ci c’est l’image qui vient corrompre notre vision, et non le son du chant des sirènes venant envoûter notre esprit.

Quelle drôle de sensation que de se méfier de son sens de la vue …

La chaleur donc, cette radiation invisible à l’oeil humain, vient par le biais de ses longueurs d’ondes me désorienter en quelque sorte. Me voici incapable de me fier à moi-même …. certes ce n’est pas, dans l’absolu de mon humanité, une découverte.

Tout de même je suis perturbé.

Le plan s’incline, glisse, vertigineusement la vitesse s’accroît et le mirage semble venir me sauter au visage … c’est physiquement impossible ! Pourtant, pourtant tout tourbillonne et me fait perdre le nord … j’avale cette fugace vision, je la malaxe en moi, et … horreur … elle vient se nicher dans mon crâne pour narguer ma rationnalité et mon esprit ….. j’ai la nausée, j’ai le vague à l’âme.

Soudain je n’arrive plus à distinguer le réel du virtuel, le matériel du spirituel, le moi du … non, je ne sais plus où je crèche, où suis-je ? Là, ici, là-bas, en haut, plus aucun repère ne me fixe .. je suis partout en n’étant nulle part …. ma dimension est celle du Cosmos, ma dimension est celle du grain de poussière, ma dimension est …. égarée.

Marécage.

Je patauge lourdement, pataud, dans cet espèce de sable mouvant, de sol spongieux, de glu invisible .. je suis dans les rets de ma conscience, de ma mémoire, de mon moi … là.

Qui a dit un jour … « j’ai fait un rêve merveilleux … », je ne sais plus qui, ni pourquoi, ni même quand, mais je sais que les rêves peuvent être des mirages aujourd’hui, et bien qu’immatériels ils se brisent et blessent, profondément.

Je n’arrive pas à me dépatouiller de cette bouillaque qui colle mes pieds, qui paralyse mes pensées, qui grignote mes souvenirs, qui éteint mes rêves.

J’étouffe.

La paralysie gagne du terrain dans ce terrain qui n’en est pas un, paradoxe de cette vague lente, mais si puissante, qui semble venir me cueillir, me recouvrir sur la grève des lambeaux d’hier.

Un maxime me revient .. « ce qui est en bas est comme ce qui est en haut » .. terrible ça, en plus du mirage qui éclate, c’est le ciel qui explose en une multitude d’éclats dégringolant, telles d’impossibles étoiles filantes.

Ressac.

La marée des mirages, du mirage va se retirer … ce sera le ressac, que va-t-il rester sur le sable, sur les galets humides et salés ? Les vagues vont dissoudre les derniers reliefs et haillons, les vaguelette vont lisser la plage, les traces seront absorbées …. les traces visibles, pas les autres ….. les autres .. mektoub !

Explosion, implosion …

Une étoile éclate en cent huit morceaux acérés, le ciel est griffé de ces larmes de feu qui vont se consumer et s’éteindre dans la cendre et le sable du désert  des mirages, ne laissant que des cicatrices béantes comme sur le visage grêlé de Séléné livide.

Comment faire et réagir face à cette disparition … pourtant un mirage, ça n’existe pas .. alors comment peut-il disparaître, ce n’est qu’une illusion d’optique, ce n’est qu’un soupir d’un rêve, ce n’est qu’une goutte de bonheur, ce n’est … plus rien d’un coup, d’un coup de massue, d’un coup …. soudain, inattendu, tuant.

Et ça tourbillonne, et ça vibrionne, et ça éclate comme un feu d’artifice, oui un feu plein d’artifices apparemment .. naïveté que de se raccrocher à un mirage, cette fausse image …. naïveté oui.

Étrange comme le regard embué qui tente de fixer une voûte céleste ne discerne là, maintenant, non pas un dais étoilé, mais une flaque qui coule en effaçant, en dissolvant ce mirage et en laissant des traînées un zeste rougeâtres, comme les sillons de larmes qui roulent muettes, cachés par l’obscurité d’un ciel grimaçant.

Chris

janvier 6010 

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