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La Terre – 4 - 25 février, 2010

Posté par hiram3330 dans : Billevesees & coquecigrues , 2 commentaires

La Terre

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Cinq lettres là, et non plus trois … mais le cinq est un beau symbole également (j’ai une affection particulière pour lui) …Terre est de trois consonnes, dont une doublée, et de deux voyelles jumelles … la césure entre les trois premières lettres et les deux dernières entraîne la naissance de deux syllabes dans un souffle rauque et râpeux.

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Gaïa.

C’est un des noms qui lui est attribué .. un des car la terre est riche d’elle même et immense dans son approche .. de la poussière qui chatouille mes narines, à la planète où je divague dans mes rêveries, elle est vaste, géologique, nourricière, symbolique …. animée d’une vie fourmillante.

Elle est mouvante, parfois colérique, son réseau énergétique est étonnamment développé et mystérieux pour bon nombre, elle a ses monts et ses cavernes, son aridité et sa boue, elle est multiple dans sa diversité …. elle fut la Matière Prima de la création de l’Homme si j’en croit un vieil ouvrage … elle est la Mère dans la Tradition.

Gè.

Je te foule des mes pas nerveux, de mes pas joyeux, de mes pas angoissés, des mes pas de côté …. je te foule par nécessité, pour bénéficier de ton magnétisme tellurique, de ta gangue apaisante, de mon obligation de bipède terrestre d’avoir contact étroit et charnel avec toi.

Je te foule seul, je préfère, car ainsi je puis entamer notre dialogue dans lequel tu me murmure que « poussière je suis, poussière je redeviendrai .. » et qu’alors tu m’ensevelira pour me dissoudre et me digérer.

Je te foule car j’aime te sentir vibrer au contact de mon poids, à la caresse de la plante de mes pieds, à la symbiose d’instants voluptueux lorsque qu’ensemble nous allons de concert.

Terre !

Cri du marin de jadis et d’aujourd’hui, souffle de soulagement, espoir d’avenir stabilisé, envie de retrouver la Mère … Cri de joie et de liesse d’avoir échappé aux autres éléments, pourtant tout élément est bien et bon … Cri d’amour en fait.

Terre !

A l’horizon sort de la brume, sort du soleil éblouissant, sort de mon inquiétude ce filet sombre qui distingue ta silhouette évanescente encore, cette ligne sombre qui naît dans l’horizon, qui s’ébroue et m’attire tel un aimant.

Terre !

Pour le nautonier qui fend les flots, qui suit le courant des rivières et des fleuves, qui dompte les vagues et les tempêtes .. pour ce marin d’eau douce ou salée, c’est le havre qu’il hume déjà, le port qu’il devine là bas, l’appontement vers le plancher des vaches … enfin.

Gaya.

Aujourd’hui je peux embrasser la plénitude de ta globalité .. tu es ronde, tu es bleu, tu es belle …

Il aura fallu que je m’éloigne dans le vide stellaire pour savoir apprécier ta beauté, ta force d’être suspendue dans le filet des orbes, ta sagesse aux teintes douces … il aura fallu que je m’embarque dans la quête de rêves lointains pour savoir, pour être aveuglé, pour être transi en regardant ta splendeur infini dans l’infini galactique.

Désormais quand nous dialoguerons tous deux, la nuit, les pieds sur terre, la tête dans les étoiles, je te susurrerai les mots muets que tu aimes deviner dans le silence de notre contemplation commune de la voûte étoilée qui partage nos secrets …

Chris

février 6010

 

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L’Eau – 3 - 23 février, 2010

Posté par hiram3330 dans : Billevesees & coquecigrues , 3 commentaires

L’Eau

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Trois lettres ! Stop ! Là il y a Trois voyelles, différentes qui plus est ! La symbolique est-elle identique à celle de deux autres éléments ? Il est vrai que tout de même ce mot est une syllabe unique … tu vois c’est pas pareil même si c’est semblable …

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H2O

Telle est la formule chimique de ce corps humide et fluide qui sait se transformer, muter même selon les conditions de son environnement, il est sensible le bougre.

Il serait facile de dire que ça coule de source, facile et erroné, disons incomplet car l’eau ne provient pas que de sources, quelles qu’elles soient .. la pluie et ses variantes – grêle, neige – les mers et océans – salés – et je te parle même pas des états intermédiaires : buée, vapeur, glace (non pas celle que je préfère) en un mot comme en cent l’eau est multiple dans ses apparences … mais reste H2O.

Une ondée, une averse, une bruine … de l’eau qui vient rafraîchir, qui vient humecter bien sûr, qui vient aider indispensablement à l’éclosion de la Vie, l’eau à l’instar de l’air c’est la Vie !

Notre planète est composée d’eau en majorité, le coeur en est le feu, la surface émergée la terre, tout cela enrobé d’air … L’eau est partout, elle ruisselle et gargouille partout, elle s’infiltre et serpente partout, le corps humain en est composé à soixante-cinq pour cent et le montre bien parfois, elle est ubiquitaire.

C’est la Vie, et pour l’homme c’est également le nettoyage, l’épuration, toutes les religions et sociétés traditionnelles ont usé de l’eau pour rendre pur, quelque fois sans tâche … les ablutions rituelles ne se comptent plus dans les siècles des siècles, les vasque d’eau bénite non plus, les scènes de baptême foisonnent, les gouttes perlent et sourdent de partout.

il existe plusieurs eaux … plates, minérales, lourdes (pour la bombe A), lustrale … (je te laisse chercher là), de vie (pas d’abus hein ! ), l’eau delà (oui c’est facile) .. une foultitude d’eaux parsemèrent nos quotidiens et autres jours d’histoire.

J’ai soif !

Liquéfié je suis soudain par la chaleur du feu que m’apporte l’air en mouvement, je dégouline comme sous l’averse d’un orage du 15 août, comme sous la nuée d’un automnal courroux, comme sous la furie d’une douche d’asile.

Eau.

Rosée du matin glissant sur les pétales de fleurs et les forêts de feuilles .. rosée à recueillir avant que le soleil ne la fasse évaporer jusqu’au lendemain .. rosée qu’il faut savoir préserver afin d’un distiller l’âme.

Goutte qui vient s’écraser, exploser, s’émietter sur le caillou qui se terre entre giboulées et cascades .. goutte qui s’élance dans le vide de l’air, assaillit d’un frisson de zéphyr .. goutte qui vient parfois rouler sur une joue.

L’eau pure est rare, très rare .. et l’humain en polluant en fait un trésor exceptionnel qu’il faut savoir distiller, avec un alambic au cul chauffé des flammes attisées par le vent de l’espoir de la transmutation …

H2O

La formule dissimule la vitalité de l’élément en perpétuel cycle évolutif … mais un cycle est l’équivalent d’un cercle tracé, ni début, ni fin …. et l’eau (hello) va ainsi changer d’état, muter de liquide à gazeux, de gazeux à solide, de solide à liquide .. avec ou sans sel (quatre-vingt-quinze pour cent est salée), stagnante ou courante, en souterrain ou en torrent .. l’eau vit sa propre vie.

Des sens cachés encore existent, ceux-là parfois mystérieux relèvent du domaine de la recherche, de la quête .. je te laisse y songer, demain matin sous la douche, dans l’immédiat je t’invite à lever l’oeil vers la voie lactée où dansent sans arrêt cette infinité de points de lumière qui ressemblent tant, dans l’imaginaire, à une giboulée estivale et diurne …

Chris

février 6010

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L’Air – 2 - 21 février, 2010

Posté par hiram3330 dans : Billevesees & coquecigrues , ajouter un commentaire

L’Air

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Trois lettres ! Deux voyelles, une consonne ! La symbolique là aussi dans cette syllabe unique … oui je sais, j’ai déjà dit/écrit ça pour le Feu, vois-tu je ne manque donc pas d’air.

Invisible il est ce composé chimique gazeux savamment dosé pour que je puisse respirer (toi aussi) jusqu’à mon dernier souffle ….. oui comme tout le monde. Ne râle pas ce n’est pas encore l’heure de l’agonie !

L’Air est vital, oui vital car sans air de quoi aurions-nous l’air ? Je te le demande, à brûle pourpoint. Tu t’étouffe de cette question ? Voyons ne dis pas d’ânerie .. l’air de rien.

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Vital mais non visible (comme on dit non voyant ..), magique en quelque sorte. Non visible …. n’ayons pas peur des mots, quand il est pur il est invisible ! Un élément absolument indispensable à la Vie humaine, à la Vie tout court ne se voit pas, même pas en image, même pas dans un miroir …. J’aspire à comprendre le pourquoi du comment, mais je ne suis ni physicien, ni chimiste, ni médecin, ni ….. en fait je me considère plutôt comme un consommateur, voire même un acro.

Oui j’entends tes .. enfin ta pensée à travers l’écran du PC (non pas le « parti »), qu’est-ce qu’il à l’air …. stop ! J’assume, pleinement, totalement, avec fierté, avec un brin de gourmandise aussi, ma recherche d’air .. et je dois t’avouer que ça me le pompe, l’air, cette quête utile à ma respiration.

Respirons un bon coup.

Notre planète, bleu grâce à …, possède une couche (minime en réalité) d’air, d’un délicat mélange d’oxygène, et d’autres gaz que je te laisse rechercher, je n’ai pas le temps moi de tout t’expliquer.

C’est cette couche, entr’autres, qui permet la Vie telle que nous la connaissons ici : air – eau – carbone – température – etc.

Soufflons un bon coup.

L’air impalpable, sois-disant, est perçu autrement que dans l’inspir pulmonaire .. nous « baignons » dans l’air, nous l’absorbons par tous nos pores, toutes nos cellules (pas carcérales celles-ci), bref nous sommes immergés dans l’invisible, et heureusement.

Indispensable au feu est l’air …. sans lui, pas de feu …. d’où une liaison intime entre les deux me semble-t-il, un couple infernal presque, l’un virevoltant, l’autre fantomatique faisant ployer le premier ; un peu un chorégraphe et sa ballerine.

Un peu d’apnée.

Bloquer l’air dans ses poumons est toujours ennuyeux au bout d’un certain laps de temps, bref, on s’en aperçoit très rapidement …. comme notre planète nous virons au Bleu (et pas de Bresse), signe que l’air me manque .. plus que toi.

Le pire dans cette histoire de respiration, c’est que nous (même les écologistes vert) polluons notre environnement par nos rejets carboniques .. mais grâce à .. (libre appréciation là) les plantes vertes (elles aussi) ont besoin de ce gaz carbonique pour vivre, recyclage naturel donc …. tant que les humains seront pas trop nombreux et les plantes pas trop rares ….

Et si ..

Et si l’air avait d’autres sens, nonobstant celui de l’invisibilité palpable ? Par exemples des sens .. imagés ..

Oui tu saisis ce dont il s’agit : les sens populaires et popularisés. Le premier qui vient à l’esprit (heuuu c’est comme ça) c’est avoir l’air d’un … stop là les trois lettres ne comptent qu’une voyelle pour deux con-sonnes …. pas le même genre de symbolique ici.

Et notre langage, quelque soit la langue, foisonne de ces multiples tourbillons oxygénés ou pas. On est branché en continu sur les vents du délire humain.

Mais si ..

Mais si l’air était « autre chose » que l’invisibilité palpable et les sens imagés ?

L’air est surtout un Souffle ….. dans nos Traditions anciennes, et moins, et ce n’est pas rien, ce n’est pas aussi innocent que ça en a l’air … c’est le Souffle qui mit la Vie dans l’ébauche en Terre si mes souvenirs sont justes, sinon parfaits … La parole pour jaillir eut besoin d’un Souffle me semble-t-il …….

Tu es soufflé ? Pas comme le plat cuisiné bien sûr, disons mieux, tu es tout esbaudi ! Tu avais oublié l’anecdote du « vieux bouquin », ou pire personne ne te l’avait soufflé à l’oreille gauche (c’est un choix non politique là), tu en restes interdit (pas comme le sens) …. tu es figé d’un coup, plongé dans tes (deux) neurones déboussolés. 

Ne crois-tu pas, soudain, que c’est toi qui à l’air un peu … (je n’ose l’écrire, ainsi tu as le choix du terme) !

Te voici haletant, à la recherche de bouffés d’air, presque asphyxié  par cette corrélation, pas si incongrue que ça, mais inattendue dans ta réflexion habituelle, n’est-ce pas ? Deviens donc souffleur .. non, pas celui du théâtre, souffleur le vrai ….. celui qui verse dans la pierre philosophale …

Laisse toi aller … respire sereinement, soit cool et zen, nombreux avant toi sont ceux qui se sont interrogés à ce sujet … redeviens calme, fais comme moi, observe en levant les yeux quand Sol-Râ a disparu à l’orient : c’est un immense souffle splendide qui faire jaillir le ballet des étoiles dans l’azur noir de la voûte étoilée ….. Admire et tais toi …

Chris

février 6010

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Le Feu – 1 - 20 février, 2010

Posté par hiram3330 dans : Billevesees & coquecigrues , ajouter un commentaire

Le Feu

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Trois lettres ! Deux voyelles, une consonne ! La symbolique des nombres est toute entière dans ce mot d’une syllabe unique … Fascinant qu’icelui … quelle richesse là !

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On le dit « naturel », on le dit « bénéfique », on le dit « maléfique » .. peu importe les ouïes dire : il Est.

Un premier regard va nous faire croire qu’il n’est pas, justement, mais qu’il naît dans des circonstances, non pas variées, mais strictement définies scientifiquement …. Je suis perplexe.

Le feu c’est de la chaleur, c’est de la lumière également qui se dégagent quand un « matériau » – liquide, gazeux ou solide – entre en combustion en fonction d’un élément supplémentaire : on peut donc dire que le feu est la combinaison de trois substances, un combustible, un autre permettant la combustion et une source d’énergie. Oui Trois là aussi, étrange non ? Et j’irai même jusqu’à décrire …. les 2 premiers à la base et l’énergie au sommet … comme un triangle.

Le feu aveugle, le feu éclaire, le feu est paradoxe …

L’homme fut subjugué par la nature qui produisait du feu par ses volcans, ses éclairs d’orages et de chaleur, ses incendies incompréhensibles, l’astre solaire qui devint vite Dieu – Râ.

Le feu détruit, le feu réchauffe, le feu est paradoxe.

De vaste étendues furent avalée par les flammes afin de devenir agricoles, des brasiers furent enflammés pour repousser les prédateurs et la nuit effrayante, l’astre solaire devint un Dieu – Râ.

Le feu fascine, le feu repousse, le feu est paradoxe.

Rouge orangé, jaune pâle et vif … les couleurs dansantes et brûlantes dévorent le bois qui se tord, pète et noircit … la cendre remplace la Vie, mais la cendre est source de Vie, le noir du charbon est engrais, ainsi le feu est Dieu – Râ.

Miracle ont pu croire nos ancêtres, miracle de la nature, miracle de l’incompréhension humaine face à l’inconnu qui se déclenche seul d’abord, puis par étincelles nées du choc de silex, puis cette flamme timide que l’on protège et nourrit tel un enfant .. le feu est là, il brille  …. comme …. comme …. comme le reflet d’un regard dans le mien.

Miracle ont du croire nos ancêtres trouvant là l’expression d’une divinité réconfortante et ogresse, paradoxale par la bivalence de son existence positive et négative, qui sait si ce ne fut l’épure d’un pavé mosaïque, une copie du soleil qui traversait l’azur de l’orient à l’occident, imperturbable aux pérégrinations des nuées et des ondées …. comme ….comme …. comme le reflet d’une silhouette dans la profondeur de mes prunelles.

Miracle ont cru nos ancêtres adorant désormais la Lumière qui se tord quand la flamme jaillit, droite puis torturée, comme une danseuse de flamenco, éblouissante et pétillante, caressante et réchauffante …. comme …. comme … comme celle que tu es quand tu me tends la main dans un sourire étoilée.

Le feu est une épreuve …

Il débute d’une étincelle, il grignote en rampant comme un serpent tout en s’élevant sous le souffle de l’air, son complice, jusqu’à devenir impétueux, impérial dans sa hauteur et son arrogance, parfois, destructrice. Il se gave d’oxyène, ces molécules qui nous sont vitales, il nous étouffe goguenard avant de nous calciner triomphant.

Le feu est une grâce …

Il purifie ….. il détruit les immondices de la nature humaine, les déchets de la civilisation en folie, les noirceurs de l’âme également. Pas de bûcher, mais un brasier de la saint Jean qui vient lécher, d’une haleine torride décontaminante, la gracile poupée humaine qui l’enjambe d’un pas hésitant.

Le feu est un bienfait …

Il chauffe, réchauffe, cuit ….. il chauffe mon hivers, il réchauffe mes peines, il cuit le blé pour en faire un pain croustillant et bronzé. Plus agressif il vient hâler mon derme, titiller la chlorophylles des plantes, nettoyer les bas côtés de mes souvenirs, je le sens accélérer mon rythme cardiaque, comme … ou cette flamme qui parfois me hante.

Surprenant que  ce feu puisse ainsi fasciner l’homme depuis toujours, pour toujours .. qui ne rêve pas, assis, devant l’âtre où se consume le bois d’olivier et de chêne, comme les souvenirs qui s’égrainent en une litanie enfumée, et laisse aller loin, très loin ses pensées et ses songes. La douce chaleur de la cheminée éclairée attendrit la peine, estompe la grisaille renaissante, annihile les perles salées qui coulent parfois sur les joues rougies.

Le feu vit !

Il vit d’une vie propre, il dévore les secondes et les instants, il détruit les miasmes, il progresse, grandit, embellit même … pourtant il brûle, il brûle tout, ou il fait fondre, mais jamais il n’est rassasié .. un peu comme ma curiosité d’humain.

Le feu est intérieur !

J’apprécie de le reconnaître dans ces lumières, froides, qui traversent le temps et l’espace et me montre l’Univers d’il y a ….. et plus, car le feu est au coeur des étoiles qui sont mes compagnes nocturnes quand je songe … je songe à toi.

Chris

février 6010

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Digression … d’hier et d’aujourd’hui 15 février, 2010

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Solitude 11 février, 2010

Posté par hiram3330 dans : Billevesees & coquecigrues , 1 commentaire

Solitude

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Huit lettres et quatre syllabes pour un mot qui souvent touche au plus profond de soi .. huit représentant l’infini, quatre la matérialité, bref ce terme n’est pas une fin, mais un état …. toujours délicat à ressentir.

C’est tout de même assez cocasse de constater une population en augmentation constante, débridée même .., voire exponentielle et se retrouver en son sein seul.

Une foule me cerne, une foule m’étouffe, une foule me pousse et moi, là, je m’interroge sur la multitude qui grouille, se répand, se croise et s’enfuit à mon passage, comme si quelquefois j’errai tel un pestiféré du moyen âge avec sa crécelle .. et son étoile sur le coeur, déjà …

Mes pas, assourdis, me mènent au bord de l’eau pour que je puisse me mirer, au calme, et voir mon image se troubler et couler au fil de l’eau .. une image qui frissonne, une image qui hoquette  en fonction du courant, toujours descendant en aval, sans état d’âme .. lui. Ce flux perpétuel déforme mes traits, comme dans un instant plus tard la chute de gouttes sur l’onde, en créant des cercles d’infini, m’aspire dans une vision onirique d’une image perturbée.

Mystère de l’être que d’être unique, certes, mais surtout quelque fois si isolé que la multitude ne le voit même pas .. qu’il se heurte à l’indifférence ambiante, à l’indifférence de l’autre, à l’indifférence de lui même.

Même le miroir qu’il peut tenter de fixer ne lui retourne qu’un brouillard grisâtre et terne, un peu comme si ses yeux eux-mêmes étaient embués .. allez savoir pourquoi ….

Lorsque la buée s’évapore, lorsque le tain s’éclaire d’un halo blafard, que voit-il ? Son ombre chinoise se découpant en silhouette, ses rêves brisés teintés de pourpre, un reflet qui se dissout en s’éloignant, des étoiles qui s’éteignent comme sous le coup d’un souffle acidulé, des ténèbres qui rampent et viennent recouvrir les éclats d’un passé déchiré ….

Solitude rime avec tristesse …. hors les règles scolastiques de la poésie classique.

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Mes pas, lourds, voûtent ma démarche incertaine le long de la rive de ce serpent d’eau méandreux qui va se jeter et se perdre dans l’immensité salée … salée comme …. cette buée qui colle et gêne mon regard, et trouble mon souvenir qui dégouline et se fond dans un crépuscule naissant, en plein Midi.

Il est Midi .. le soleil pointe au zénith et mon ombre est avalée, et mon crâne est carbonisé par les rayons impitoyables, et mon regard est brûlé par les éclats de mirages qui viennent et vont. L’image se consume en se tordant et l’eau salée ne peut y remédier, et l’eau du ciel est absente, et l’eau …. est absorbé depuis longtemps dans ces champs qui dégoulinent d’un soleil agressif.

Solitude …. même mon ombre m’a abandonné ce Midi.

Je me tourne et me retourne, un peu hagard, un peu affolé de ces gens qui me cernent et me bousculent sans me voir, qui glissent vers un ailleurs où ils sont attendus, eux .. même leurs rêves me soufflettent au passage.

Être devenu transparent est une sensation rare, déroutante, déconcertante, désolante  .. sans ombre et sans reflet, l’horreur du non-être conscient, fantôme me voilà devenu .. sans consistance, sans assistance.

Ça me pèse, comme une collection de poids sur une balance Roberval, comme un abus de sucreries un soir d’hiver, comme un jour de travail férié, comme …. comme ce masque que je ne reconnais pas dans la glace qui m’épie.

Une chanson susurre à mes oreille, comme Piaf … « emporté par la foule » … mais c’est un maelström dont il s’agit qui cogne et heurte la paroi de mon crâne, et qui n’en peut mais, et qui ne peut s’évader, et qui geint, et qui …. galope et tambourine en des plaintes aiguës faisant crisser mes tympans.

Mes pas d’aveugle me conduisent nulle part, me conduisent partout, me poussent vers cette silhouette qui s’enfuit dans le tumulte muet en laissant des gouttelettes d’hier, des odeurs d’un passé, des flagrances qui se dissolvent dans le vent de ma course vacillante maintenant.

Tout s’estompe comme une esquisse sur une toile défraîchie, tout s’envole comme une plume tachée d’encre, tout s’évapore comme la peinture sur un lavis, tout  ….. reste un mirage de silhouette  se démultipliant dans une cascade de miroirs de foire, déformant, grossissant, grimaçant … étonnant.

Seul.

Mes pas résonnent dans le vide de mon errance allant d’un arbre sans feuilles, à un tas de feuilles déjà jaunies … mes pas me font tituber sous l’agression d’un mistral qui siffle comme un serpent … mes pas divaguent comme ivre de souvenirs étiolés …. mes pas … mais pas.

Je me courbe en recherche de cette ombre évadée, je me courbe sous le poids du soleil qui égruge mes épaules, je ploie pour éviter les sautes d’humeur des bourrasques qui me giflent, je suis écacher sous les assauts d’images qui m’étouffent … seul.

Du zénith fond du plomb …. du zénith exsude des giclées de grêle …. du zénith se coagulent des clichés sépia virant à l’andrinople ….

Et je chancelle, vacille, zigzague entre ces ondées de débris moroses .. mots roses .. en me heurtant et me colletant avec ces chimères qui me coupent la route, dont je ne vois plus la trace sabouler que je suis par cette multitude grouillante que fouille mon regard d’aveugle .. Je suis dans une forêt, dans une jungle d’inconnus qui me percent sans me voir, qui piétinent l’absence de mon ombre.

Le zénith m’ôte toutes possibilités d’hasarder un furtif regard pâlissant sur une voûte dérobée ….

Solitude.

Chris

février 6010

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Amertume 7 février, 2010

Posté par hiram3330 dans : Billevesees & coquecigrues , ajouter un commentaire

Amertume

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Comme le « r » qui est à mi-mot, ce terme gratte ma gorge quand il est prononcé, par moi ou par autrui … pourtant à l’instar du « sucré » c’est une saveur humaine, pourtant c’est un titillement de mon sens du goût, pourtant …. il irrite souvent, pourtant il existe.

Il fut un temps où, par une « coupe d’amertume »,  il fut suave .. mais ce fut … unique … et inoubliable.

Maintenant est le temps de l’amer, le « i » a disparu d’un coup imprévisible .. une fois encore, une fois de plus, l’âge n’arrange rien en ce domaine non plus …. les illusions qui s’effrittent causent de multiples blessures de plus en plus âpres, de plus en plus nombreuses, de plus en plus douloureuses à la naïveté qui, de force, se love dans un recoin obscur de l’esprit.

On pensait chercher, trouver un nirvana, le vertige nous saisit devant la géhenne .. il en est ainsi, la gomme écrase les illusions et les rêves, l’haleine se flétrit au contact de ce goût qui corrompt la bouche, brûle les lèvres, démonte l’estomac, picote les yeux, érode un peu plus les pensées et dissout, par plaques, les souvenirs décolorés.

C’est triste, c’est affligeant que de se rendre compte, lucidement, de sa propre bêtise, naïveté, peu importe le terme …. les bouddhistes disent que le « monde est illusions », certes …. mais certaines d’entr’elles sont tenaces, souriantes et rieuses un temps, puis elles virent à l’acidité qui dévore .. qui dissout .. et elle s’installent en compagnie des autres de naguère. 

Amertume ..

Pourquoi cette lutte entre deux explications possibles : regret et déception. Les deux s’allient en général pour multiplier l’effet dévastateur de l’un et de l’une …. mais …. non il n’y a pas de mais. Cette âcreté résiste, elle vient même réveiller d’autres de jadis et s’amplifie ainsi, s’auto-nourrissant du fiel enseveli et d’images glauques d’hier.

Effet pernicieux de situations fausses, faussées, idéalisées, illusoire donc là aussi .. curieux tout de même que cette capacité à ne croire que ce que l’on veut croire, au delà de ce que l’on voit, ou pas, mais l’être humain est ainsi fait .. il se nourrit, fréquemment, de ces songes éveillés qu’il va trouver au plus profond de lui, là où siège sa nature naïve et rêveuse. C’est ainsi.

La confrontation est le plus souvent soudaine, âpre, voire violente dans les sentiments qui partent en lambeaux .. on peut découvrir des espaces sinistres, en soi aussi, du cynisme quelquefois, des douleurs toujours. Instant dévalant les pentes de nos espoirs pour aller verser dans les douves de nos leurres et de nos mirages d’assoiffés que nous sommes ….

Amertume.

Est cette sensation de picotement qui naît, s’amplifie, émerge pour en arriver à une douleur lancinante, du genre de celles qui pourrissent un chapelet d’heures .. sans prévenir, brutalement dans leurs fausses douceurs grinçantes.

Est cette sensation qu’une braise vient de se réveiller, et qu’un souffle pernicieux veut la développer … pour l’éteindre il n’y a que de l’eau salée …. amère, froide, volatile qui ne va laisser que le sel sur les blessures ouvertes.

Est cette sensation glaciale qui vient figer, incruster la causticité des mots et des paroles qui se sont déchaînés dans une explosion inattendue et dévastatrice, un brin acide, un zeste aigrelette, blessante dans le coeur et l’esprit.

Nature humaine que tu es complexe dans tes alternances de ressentis, plus ou moins exacts ou approximatifs, aussi fragiles que puit l’être un cristal dentelé, un vitrail multicolore, une pellicule de glace trompeuse  …. un mot, un seul mot qui taraude, vrille, s’enfonce et corrompt en un clin d’oeil aveugle, des myriades d’images souriantes.

Étrange sensation finalement que de passer du sucré à l’amer, à l’aigre-doux d’abord pour n’en sentir que l’aigre, cette curiosité d’une sapidité imprévue et soudaine, tel le choc d’un bourdon sur la cloche qui résonne, pas qui raisonne .. le vertige des vibrations craquelle l’assurance utopique dans laquelle nous avons cru nager, en duo.

Il fut un temps où cette bile, qui pouvait remonter, était évacuée dans un haut le coeur spasmodique … violent mais bref, rapide en étant mordant, une cicatrice se colmatait sous peu …. ce n’est plus le cas.

Amertume.

L’amertume pourrait se décomposer en tant et tant de vagues, de photos rongées d’hier, de sentiments lacérés d’avant hier, de silhouettes parties en fumée, de plage de galets, de ressac maltraitant le sable …. passé.

L’amertume n’est plus ainsi, l’expérience et les épreuves l’ont poli par des dizaines de caresses griffantes, par des cris et des sanglots, par des tentations troubles, pas des actes grisâtres, pas des paroles acerbes … passé.

L’amertume est quelque fois à l’affut de l’instant qui se noue encore, là et ici, aujourd’hui encore .. mais c’est brutal, violent comme si on ne pouvait plus absorber d’ondes séismiques comme …. avant, oui ce doit être cela, aujourd’hui n’est pas hier …. n’est plus hier ; aujourd’hui était solide .. comme un sable mouvant semble-t-il … passé.

Ce goût qui empâte la bouche, cette amertume qui gâte mes dents, cette acidité qui grésille sur ma langue font que je dois, nauséeux, me pencher pour essayer d’évacuer ces miasmes  … alors l’estomac brouillé je discerne avec difficulté dans le brouillard de mon regard des points tremblotants qui semblent ricaner en caracolant dans la noirceur de la voûte stellaire qui m’oppresse maintenant.

Chris

février 6010

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