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Si, si .. 16 mars, 2010

Posté par hiram3330 dans : Silhouettes , trackback

Si, si ..

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Tu ne vas pas me croire, c’est incroyable, pourtant c’est vrai, vrai de vrai, je t’assure (tous risques) j’ai eu cette fabuleuse chance inouïe, je l’ai vu, de mes yeux vu !

Pourquoi moi ? Et pourquoi pas moi ! Après tout je suis dans la moyenne générale de l’humain (j’espère), alors la faveur de cet évènement m’a échu et comme je suis un zeste partageux, je vais te le narrer, encore sous le coup de la vision, je dirai même (j’ose) de la grâce ….

Il était assis …. lumineux dans sa rondeur de femme enceinte, le regard brillant, du moins le reflet de ses lunettes  laissait croire que .., un sourire béat de fausse humilité sereine, un café (offert) d’une main, l’autre prête à bénir le premier quidam venu. C’est ainsi qu’il m’est apparu la première fois, alléluia.

L’émotion, immédiatement, m’a saisi …. ma gorge s’est serrée, mes yeux se sont embués, mon souffle s’est égaré, en un mot j’étais statufié par cette vision aussi inattendue qu’exceptionnelle …. hosanna !

Soudain, tel un doigt divin, un rayon de Râ vient faire étinceler le ballon de vin (rosé) qui se dissimulait partiellement derrière le canard  gras du troquet. Était-ce La « Cène » ? Cette question fusa dans mon esprit ahuri, cogna mes neurones hagards, hallucina mon regard vacillant …

Mais où donc se trouvait le « pain » ? Comme une cène peut-elle exister sans pain ?  Mes prunelles furetèrent à la vitesse cosmique de la lumière éblouissante … Ouf, je le vis enfin, camouflé sous un dossier autant urgent qu’huileux et antique, il était là et bien là le « pain au chocolat ». J’assistais donc bien à la Cène !!!

Magnifique !

J’extasie …. je suis quasiment en lévitation transcendantale …. comme sous l’effet du LSD (Le Soda Dégazé) …. gaffe à la chute mon pote, plus on est haut, plus elle est dure …. (la chute bien sûr).

Je me repris lentement à respirer avec parcimonie tant j’étais encore émotionné par cette image époustouflante qui avait imprégné mon âme redevenue enfantine. Gloire à toi …. C’est l’immanence !

Cool, zen et serein me dis-je dans un murmure essoufflé ..  Cette rencontre sans commune mesure, même pas de poids, est un signe pensais-je sous l’illumination … des néon du troquet.

Ainsi devins-je un des apôtres !

Muet j’observais ce front ruisselant de la sueur de l’intense réflexion permanente de celui qui désormais sera ma voie, ma voix .. transfiguré je fus sous le coup du sort, sous le coup de chaleur, sous le coup de cette conversion aveuglante de sincérité absolue.

Vite un demi, ou plutôt un bock pour ré-humidifier ma bouche asséchée par l’extase naissante !

Période bénie qui débuta alors, sur un chemin rectiligne de méandres tortueux, ou le sourire bonasse camouflait un appétit de squale dérivant dans les hauts fonds, mais également dans les bas fond de la pensée unique : la sienne (pas la terre italienne).

Hypnotisé par la parole sirupeuse je suivis, deux pas en arrière, pendant quelques temps l’homme qui cachait son ombre, le gourou qui, onctueux, distribuait parfois même gratuitement son enseignement rigoureux de dégustation alcoolisée, de repas interminable, de geste libidineux, et de pensées graveleuses.

Fascination.

Je rageais de n’être qu’un parmi la poignée d’apôtres .. car apôtres il y avait .. certes le nombres n’atteignait pas la douzaine (comme dans le roman si connu) mais ils étaient de poids. Ce qui me rassurait un brin était qu’ils fussent de chair et d’os (moins d’os que ..) comme moi.

Un doute.

Si les apôtres sont aussi peu nombreux .. cela ne dissimule point une supercherie à la foi affichée ? Je m’interroge, je suppute, je m’atermoie .. en un mot comme en deux …. je doute soudainement ! Ma foi s’est-elle envolée, évaporée, dissipée sous le choc de cette question muette qui me taraude le cervelet, même le bulbe rachidien.

Que nenni, comment serait-ce donc possible que j’eusse face à moi une fausse icône, une idole factice et pastichée .. en un mot comme en trois un mirage aveuglant la poudre évanescente de ma réflexion spirituelle.

Tout de même je passe en revue, non le quarteron d’apôtres, mais des souvenirs récents de mon vécu d’idolâtre béat qui éclosent soudain sur l’écran de ma mémoire anesthésiée .

Comment ?

Comment ??

Comment !!!

Que n’ai-je donc vu plutôt ce qui était aveuglant …. « on en reparle demain » fut un cri de ralliement avec « on mange où ? » mieux connu dans ce cercle ovale. Bref, l’essentiel était dans la transmission initiatique d’une obéissance divine teintée, dans la masse, d’un soupçon de paternalisme parfois équivoque.

Le messie …. est-ce finalement un gourou ? Enfer et damnation ! Je m’interroge et te pose la question abruptement, sans finesse, sans détours, sans ambiguïté, sans un mot de crainte que ce dernier ne fut rapporté par les oreilles larges qui traînent partout … d’une image corse, à un orang dégoûtant, voire même qui sait d’un serpent de la jungle routière.

Je tremble, je frissonne devant l’avalanche de découvertes soudaines et aveuglantes comme l’éclair (non chocolaté) d’un feux clignotant orange surmontant une caisse jaune fluo …. Et si … et si … je n’ose l’envisager une seule seconde isolée !

Et que dire de la vision édénique de sa nuée vaporeuse d’apôtres se piétinant pour avoir l’honneur et la grâce d’offrir un demi, un quart (rosé) une larme de caoua …

Une litanie, un peu déplumée tout de même, d’une demi (sans faux col) douzaine d’adeptes extasiés et anesthésiés par l’ampleur de la puissante pensée boulimique et les inévitables « on en reparle demain » qui sont au starets, au cénobite aussi fondamentaux qu’une bouée (ventrale) au bavarois (pas le gâteau) tâteur de blondes (mousseuses).

L’air inquiet, l’oeil hagard, le souffle rauque c’est ainsi que ce décrit le zélé disciple un peu (beaucoup) sectateur groupie béni oui-oui de base, un brin rustique, un zeste affiné mais pas fini, en un mot comme en deux : halluciné de première.

Et la cène !

Énorme par l’ampleur de chacun des apôtres individuellement, nonobstant la masse impressionnante de cette demi-douzaine rassemblée, ou plus précisément entassée, sur des chaises qui n’en peuvent mais … et une table qui gémit lugubrement sous les assauts des couverts voraces et arrosés de liquides raisineux fermentés.

Baroque par l’assemblage hétéroclite des ambitions similaires, mais pas complémentaires, cette poignée de porteur de valises se prélasse face à la stature, ronde, de l’icône qui pourrait léviter si … si … si le poids (des soucis) ne venait contrarier l’envol gracieux (non pas graisseux) de son corps altier et de sa pensée éclairante comme l’étincelle fumante d’un briquet à silex.

Hilarante par les coups de coudes, les croc-en-jambes, les ironies vaseuses, les critiques acides, les regards vitreux, les … non La pensée (unique) et pas mirobolante d’une auto-satisfaction des plus superfétatoire et pléonasmique dans son unicité esseulée et répétitive.

Une miette de fébrilité vient secouer mes réflexions esbaudies …. et la croix ? Pas la lessive voyons ! La Croix, avec les clous, la couronne d’épine et la lance dans le flanc ( oui avec un c le flanc !), bref l’imagerie habituelle de l’autre, le vieux d’avant .. lui-même .. si je ne m’abuse (et ne t’abuse d’âneries).

De quoi « mécréant » ?! Niet ! C’est la « copie » qui est en cause, pas mon regard torve que je jette négligemment sur cette silhouette qui n’a rien de bouddhique mais beaucoup de maléfique.

La croix .., elle manque dans l’histoire celle-ci .. voyons, réfléchissons comme le verre minéral et glacé qui lui couvre les yeux telle l’ébauche d’un masque, d’une cagoule corse, ou d’un passe-montagne de braqueur d’une série noire …. crucifixion en panne donc, pour le moment, mais tout espoir reste permis.

Heureusement, grâce à Dieu, ce cauchemar explose brusquement dans la soudaineté imprévisible d’un réveil brutal lorsque retentissent, en bousculade, les deux cris de râle – y – ment : « On en reparle demain » car ce qui compte est de savoir là, ici et maintenant …. « on mange où ? » … bigre !

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Et si, si .. ce n’était pas un vrai songe, ni une fausse réalité ..

Il me reste heureusement la vision, bien réelle, elle, d’une soirée journalière où les étoiles s’amusent à se poursuivre sur le satin d’une voûte au bleu profond, si profond qu’il en semble noir ..

Si, si ..

 

Chris

mars 6010

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