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La glace 23 mai, 2010

Posté par hiram3330 dans : Billevesees & coquecigrues , trackback

La glace

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Un mot aux sens multiples bien entendu, aussi n’en conserverais-je que trois : c’est mon choix.

J’assume donc, sereinement, ce choix où vont se décliner, ensemble et séparément les aspects de glace-eau gelée, de glace-miroir .. et mon préféré … celui de glace-gourmande. Oui ça ne surprend pas tout le monde ….

Période de réchauffement de la planète Bleu corne-t-on sans cesse à nos oreilles martyrisées de ces cris fondant … d’explications torrides .. de perspectives qui noient notre demain sans rémissions. Les glaciers transpirent comme le glaçon dans ton apéro .. tu en restes esbaudi de cette magie naturelle qui fait venir la plage et le ressac au pied de ta terrasse.

Coulées d’eau gelée, iceberg dérivant dans l’immensité salée, flocons qui viennent tapisser mon balcon, grêle qui hache mon jardin …. givre qui ourle ma fenêtre vers noël, poésie du blanc, silence des craquements impromptus, ouate qui dissimule le macadam, perles qui viennent rafraîchir ma boisson estivale …… la glace de la nature des extrêmes températures, prosaïquement également celle de mon congélateur, est mathématiquement superbe à l’oeil.

Ces masses plus ou moins translucides endorment la campagne, font hiberner d’aucuns, donnent la chair de poule, même de canard, bleuissent et rougissent mon visage et entraînent le claquement de mes dents.

Je patine … et glisse vers la chute d’un blanc plâtreux ici …. Soudainement, par l’inattention je deviens de fait un vrai …. con-gelé, mais la faute à qui ?

Alité et souffrant je distingue une glace d’eau qui disparaît de mon environnement immédiat …. elle fond sans couler, elle s’évapore dans des nuages de buée narquoise, sardonique elle s’échappe me laissant pantelant avec mon plâtre, blanc.

Entre deux poussées de douleurs sourdes, j’arrive à me contempler (en un seul mot là) dans le miroir qui m’obsède et me montre pantelant avec cette excroissance blanchâtre qui enserre ma brisure.

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Cette vision sur-réaliste, un peu comique aussi, entraîne mes pensées vers d’autres lieux, d’autres temps, d’autres « moi » …

La glace s’est transmutée en psyché.

J’ai froid, j’ai chaud, je tremblote maintenant autant à cause de l’une comme de l’autre …. l’une est froide, l’autre est refroidissante ; j’en reste baba (sans rhum) de me mirer dans ce reflet de moi que je ne reconnais guère, tant habitué au flou de ma conscience éveillée.

Pourtant cette image est mienne, inversée mais mienne .. quoique inversée me chagrine car elle n’est donc pas « juste », du moins au regard .. peut être est-ce cela qui gêne mon auto-perception, voir son « soi » inversé .. presque voir son côté invisible, son ombre en quelque sorte, cette brume sans lumière qui se dissimule dans mon dos, et j’ai beau .. me tourner je ne peux la saisir .. je m’y refuse dans le fond, et c’est bien du « fond » dont il s’agit ici.

Il me souvient soudain un miroir …. un soir, en lumière … un bout de glace avec tain qui fée que les yeux se brouillent, le regard vacille, l’émotion fait humidifier et embarbouiller l’image et le porteur d’image … curieux n’est-ce pas ?

Souvenir, souvenance, hier …. et un puits, un gouffre, une caverne d’obscurité et de pénombre naissante là-bas au bout de ma vue, dans un demain qui me paraît lointain, difficile d’accès comme l’acceptation de ce reflet dans cette glace, froide, où je vois, pâle, un visage mangé par cette paire d’oeil, d’yeux, deux, dieu … Éclat brillant pour un instantané guère brillant lui.

Un choc et un bris de glace …. sans franchise ….. franchise aux sens divers, d’hiver comme la glace, la glace qui inopinément me fait saliver .. presque baver d’une envie impromptue.

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Ouf la gourmandise, oui je sais … mais j’assume … vient effacer les glaces froides et leurs débris.

Comment résister ? Dois-je résister ? Veux-je résister … Non, catégoriquement non ! A être dans les glaces autant y prendre plaisir, pour réchauffer l’ambiance précédente. Oui « réchauffer », paradoxalement, car les calories réchauffent, et en fait ce n’est pas pas gourmandise que je cède (aisément) à la tentation (et pourquoi pas ?) mais pour réchauffer mon être !

Tu doutes ? Tu ne me crois pas ? Mais si, mai si, mé si, messie ….. c’est purement « médical » cette inclinaison que je puis avoir pour une crème lactée glacée à point, et point trop ne faut (sinon gare aux dents). Avoues, avoues que tu comprends mes motivations profondes après les épreuves de la froidure, de la brisure, et celle surtout … oui celle-là est la pire, tu le sais comme moi.

Est-ce facile ? Non !

Non car il faut alors choisir ….. le(s) parfum(s), le nombre de boules (comme à la pétanque), faire semblant d’être indifférent à l’excitation qui fait briller le regard caressants les bacs débordant de spécialités italiennes (les meilleures !!! Si, si, si ….. tu peux me croire sur parole, ou sur ce que tu veux).

Une confidence tout de même : lactée(s) oui mais les sorbets aussi ! Foin d’intolérance et de préjugés … soyons ouvert, béant aux diversités, aux d’hiver citées, mais je reste ferme, affirmatif et constant … italienne (même de la seconde génération) et j’y retrouve le symbole d’une petite pierre précieuse …..

Dégustons donc ces glaces, toutes, tout en observant la course des étoiles sur ce fond de voie lactée … elle aussi.

Chris

mai 6010

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Commentaires»

  1. Pour moi ce sera une boule réglisse avec son rouleau , tant pis si c’est réservé aux enfants.

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