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Le masque 2 juin, 2010

Posté par hiram3330 dans : Billevesees & coquecigrues , trackback

Le masque

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Il est .. vieux, si vieux qu’il dépasse presque mon histoire d’humain car je me pose la question de savoir s’il n’était pas là avant moi, enfin nous .. l’humanité (pas le canard), s’il n’était pas, potentiellement, avant même  le Verbe paradoxalement.

Les musées d’ici et d’ailleurs en ont conservé de toutes sortes, des curieux, des étranges, des colorés, des hideux, des larmoyant, des souriant, des beaux … mais tous sont beaux si l’on perçoit, intensément, intuitivement, leurs paroles muettes et leurs clins d’oeil figés.

Les loups …. ceux de Venise, ceux d’halloween, ceux des saigneurs de jadis avec leur pif plein d’ail, ceux des clowns, ceux des truands braquant des épiceries, ceux des tragédies de la Grèce antique, ceux de l’Egypte pharaonienne, ceux de l’Afrique profonde, ceux du nouvel an chinois, ceux du « no » japonais, et des foultitudes innombrables qui sont partout où l’homme fut, est … sans omettre le masque mortuaire.

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Un masque nous fait osciller entre l’apparence et la réalité, entre le « moi » et le « toi », entre comédie et tragédie, entre ce que je suis et ce que j’aimerai être, entre … entre la Parole et le Silence, entre l’Etre et le Paraître, entre une dualité et un duo … entre sol et ciel.

Un masque veut dissimuler une réalité au profit d’un rêve, d’un espoir, d’une imagination parfois désespérée .. mais dans le fond il reste le moyen d’être soi en étant autre, de laisser champs libre à ses refoulements innés et acquis, de faire croire d’abord à soi-même qu’on est autre, mieux, plus ceci, plus cela, mieux quoi !

Un masque peut également être de « beauté », plein de crèmes (pas la chantilly), de gras, d’huile, une mixture baroque aux vertus quelques fois utiles, souvent surtout pour le fabriquant …  Aussi de « force » quand il protège de la brûlure, des éclats du feu et du plomb, des gaz nocifs, de l’asphyxie des profondeurs … Et encore de « sagesse »  .. là peut être ce fameux masque « mortuaire » qui se façonne dans l’or, pour rappeler qui sait que l’or est immortel.

Curieux et étrange que cette possibilité ludique pour l’homme de camoufler son visage de chair par un simulacre amenant le questionnement sur ce qu’il dissimule … laideur externe, complexes, fantasmes, craintes .. fausse liesse …. ego !

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Une galerie défile, sans ordre, dans mon esprit où se mêlent et s’emmêlent cette multitude multiple, terne et colorée, neutre et expressive, masculine et féminine, androgyne .. de papier mâché, de terre cuite, de matières plastiques, de bois, de métal, de verre, de tant et tant d’autres matières que la peau est avalée .. anthropophagie de l’ustensile.

Mais surtout, surtout ce qui déroute, désoriente, déconcerte est cette aspect figé, mort en quelque sorte.

Figé !

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Arrêt sur image, sur une image drolatique ou ricaneuses, lumineuse ou sombre, imaginaire et réelle ! Tout se mélange dans un tourbillon insensé où je me mire dans des brisures et des éclats de songes bleu et de réalités éclairées …. Une palette, une palette internationale d’art et de gaieté, une palette dégoulinant de couleurs et d’émotions … ce masque figé est riche, mieux même : profond.

Extase soudaine comme une illumination !

Clown !! Voilà le meilleur d’entre tous, clown car l’humour, le rire, la joie, la gentillesse et l’amusement priment, encore, toujours, maintenant et hier, comme demain. Excessif peut-il paraître dans son paraître, mais qu’importe .. ces excès font pâmer les enfants, sourire les parents, c’est une belle et forte facette de l’art là.

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Et moi, comme toi je fixe cette fugace image irisée plus touchante et émouvante qu’hilarante …. bizarre non ? Non ! Ce masque me touche par son symbole que je ressens intuitivement, de tout mon être, comme la facette qui devrait … qui devrait n’être point un masque mais une réalité quotidienne …. utopie : j’assume !

En fin de compte qu’importe l’apparence, la plus belle vision de ce masque, figé, blanc et noir, la vois-tu comme moi, la devines-tu, tu sembles perplexe par cette interpellation, tu cherches soudain … mais quoi donc ? Où ? Que lis-je ici comme interrogation, penses-tu un peu égaré ….

Voyons, voyons, tu ne vois pas ?

Laisses toi aller, oublies tout, regardes !

A l’instar des myriades d’étoiles qui ornent notre voûte céleste, le masque te dévoile l’essentiel, l’essence – ciel ….. un regard, où tu vas te perdre aspiré par le tourbillon d’une âme qui se dévoile ainsi … grâce à ce subterfuge qui fascine.

Chris

juin 6010

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