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L’apéro 4 juillet, 2010

Posté par hiram3330 dans : Billevesees & coquecigrues , trackback

L’apéro ..

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Un mot abrégé pour une durée sans temps, souvent sans eau (ou peu), mais avec un flot de paroles et de degrés d’éthanol qui parfois sont .. vertigineux, à saouler quelqu’un comme toi et moi.

C’est tout de même curieux que cet « usage » de faire une rincette avant les repas .. d’engloutir des doses de gnôle pour soit disant ouvrir l’appétit … en fait on pourrait y voir (en double) une tendance à se rassembler solitairement avec autrui et à s’essayer à fendre les barrières intimes qui retiennent, refoulent notre moi grisâtre souvent.

Bref n’oublions pas l’heure de l’apéro !

On a droit à tout ; cela va du « vin sucré » de nos grands-mères, à la carthagène bricolée at home, puis au pastagas plus ou moins sucré, aux vins « cuits », au visqui des snobs d’avant, à la gentiane des hauteurs, et tant et tant d’autres boissons … alcoolisées bien entendu. Ça baigne pourrais-je presque susurrer …

Convivial !

Convivial en un seul mot … paraît-il, est cette étrange cérémonie d’humidification du gosier par un truc fermenté plus ou moins fort … enfin le premier, car les suivants s’ajoutent de façon exponentielle. Ça grise ! Un peu comme la carte afférent au véhicule automobile qu’il te faudra ensuite éviter de commander ….. la marée-chaussée est munie de ballons, et pas de foot, pour voir ton degré, tes degrés de griserie …

Con-vivial !

Souventefois, ce n’est pas que sur la chaussée que le dérapage à lieu .. il peut être verbal, verbeux, voire physique à l’occasion …. il peut relever de la goujaterie, de la conn…, des tribunaux également dans les cas extrêmes pas si rares hélas. L’humain, du moins celui qui se voudrait être tel, parfois, se laisse aller au retour (rapide) vers l’animalité (108 excuses envers la SPA) des temps de jadis, où la force primait tout.

L’apéro..

Voici donc une cérémonie barbare, où le principe est d’éponger quelques grammes  que l’on nomme degrés, dans une attitude de prime abord mondaine, une sorte de rite où l’échange se fait via un liquide fermenté qui doit faire cul-buter des barrières sociales (mon oeil !), mais surtout et principalement des réticences issues d’une morale (vi ça existe ça), voir des inhibitions que l’on n’ose pas « sauter » tout seul.

L’apéro ..

Voilà donc un échange esseulé pendant lequel chacun s’imbibe un peu pour noyer, beaucoup, les barrières imaginaires et/ou réelles, qui font que l’être humain est tout de même un chouya civilisé, enfin on aimerait le croire … En fait, en fête, le liquide alcoolisé est là pour saper, miner, dissoudre le vernis que nous avons parfois, celui non pas qui nous fée briller, mais plutôt qui bride et retiens certains instincts des plus « primitifs » si l’on peut dire (108 excuses pour nos ancêtres buveurs d’eau).

Prétexte ou excuse, prétexte et excuse ..

Ce moment où l’on vide des verres (parfois en matière plastique) est une parenthèse .. entre solitude esseulée et solitude accompagnée. Il est parfois dit « l’esprit est dans le vin » …. je ricane ! Le plaisir de siroter un apéro ne doit pas, déjà, nous faire tourner la tête, voire même l’espèce de poids chiche (oui tu lis bien là aussi) qui y niche (à temps partiel souvent).

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Nous voici donc arrivé à au moment « M », celui de l’apéro .. accompagné de bricoles à grignoter, car on a la dalle (pas en béton) et ces agacements des dents est prétexte à une humidification continue du gosier irrité d’avoir narré tant de mensonges et d’âneries (108 excuses envers les asiniens) .

On est debout (au début), un verre à la main (vite asséché, vite re-rempli), l’élocution hésitante au début, s’accélère comme la baisse des niveaux des flacons ambrés …., l’oeil devient aussi brillant que la parole hésitante, voire même quelquefois pâteuse .. des borborygmes accompagnent aussi les sons qui se mêlent et s’emmêlent au risque d’être brisés par les dents  ne s’entr’ouvrant que pour happer le bord d’un gobelet ….

Bizarrement le sol paraît lui même vaciller, tandis que la température semble augmenter, alors que les divers (dix verres) niveaux de liquides manifestement se réduisent sous l’action d’une altération visuelle étrange, et sous l’effet d’une évaporation inexpliquée …  Hallucination(s) ?

Le regard devient trouble, torve, belliqueux, hagard …. on pourrait croire qu’il se tourne vers la mare marécageuse qui gît en soi .. pas en soie hélas. Ce regard hésitant, double, éteint car allumé vient rencontrer les vapeurs éthyliques qui remontent d’un estomac vide de bon sens, vers une tête déjà douloureuse des résonances de sons criards venant se heurter, comme une bille de flipper, au vide insondable d’une brume vaseuse.

L’apéro ..

De mon temps (oui déjà ….) c’était presque con-sidéré comme une sorte de « cérémonie magique » pouvant nous faire passer (non, pas fer à repasser !) de l’adolescence boutonneuse à la maturité de l’adulte (se devant de barboter dans au moins 17° – ni Celsius, ni Fahrenheit, pas même centigrade). Insolite et zinzin comme « rite » de passage (pas sage aussi).

Quand à celles et ceux qui croient qu’ajouter de l’eau est façon d’abaisser l’imbibition alcoolique, ils se fourrent le verre à viysquy jusqu’à la glotte, en même temps qu’ils suçotent la rondelle de citron en s’étouffant avec l’olive non dénoyautée ! « Couper son vin » n’a jamais ôté l’ivresse, ni l’ivrognerie qu’elle soit mondaine ou maladive ..

Festive ..

Ambiance festive est la réputation de l’absorption pré-repas de liquides, ça en est même devenu de « nos jours » un « apéritif dînatoire » ! Rien que cela ! L’excuse est donc trouvée, accolée à la bibine il y a la bouffe .. petits fours (même pas micro-onde), canapés (ne fantasme pas !), caviar (d’aubergine pour l’aspect végétarien), mini-saucisses (ne glousse pas !!), « bretzels » industriels, (made in … oui, ça aussi), chips en solde (on camoufle la date de péremption), toast de faux foie gras (les rires le sont .. gras à ces occasions .).

Ça désinfecte !

Les lèvre, d’où tombent (tombes) des bafouillis postillonnant ; la bouche aux dents acérées (par la jalousie) ; la langue (de p…) ; les mots incohérents et bredouillés .. bref un genre de logorrhée verbale un peu putride (trop souvent), des convois d’inepties (parfois), des insanités (viriles bien sûr), des cortèges de banalités (sans l’esquisse d’une once de réflexion) …. La justification « sanitaire » me laisse perplexe et irait jusqu’à m’inciter à boire un coup ! Oups …. effet pervers (paire verres), ça craint ! J’ai failli faillir …

Rideau(x)

Peut-être vaut-il mieux tirer le rideau sur ce sujet, avant que de vouloir y grimper aux rideaux dans une crise subite de délirium-tremens … sous l’effet conjugué de la chaleur estivale et l’imprégnation ingurgitative de ces fruits et légumes fermentés, voire distillés …. Ça baigne donc car comme l’on dit (à la télé notamment) un ver ça va, trois vous voilà asticotés …..

L’apéro ..

Celui que je préfère, outre (non pas la peau de bouc cousue pour contenir un liquide) une suze (plante des pentes) sur un lit de glaçons, c’est tout de même celui dégusté avec délectation (je te la présenterai celle-ci) en s’enivrant du spectacle féerique des constellations qui dansent sur la voie lactée, au plus profond de la voûte étoilée …

Chris

juillet 6010 

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