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Parler dans le vide … 14 octobre, 2010

Posté par hiram3330 dans : Billevesees & coquecigrues , trackback

Parler dans le vide …

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« Parler dans le vide » est une expression cocasse.

Tout d’abord de manière naturelle le « vide » n’existe pas, c’est démontré scientifiquement, y compris dans l’espace inter-stellaire. Eh oui c’est ainsi.

Ensuite « parler » n’est qu’un des moyens d’expression humaine ; en fait c’est celui lié au « son », cette vibration qui vient heurter nos tympans et être alors traduite par notre cerveau.

Mais « parler » de façon « sonore » est rarement utilisé de manière isolée : en effet lorsque l’on parle, il y a  d’autres signes non sonores qui se mettent en oeuvre en « prime ».. des mimiques, des ébauches de gestes, des mouvements corporels complexes, bref nous communiquons bien plus globalement que nous le pensons.

De là découle le glissement que nous faisons insensiblement du vocable « parler » à celui « d’exprimer » … cette transition mérite notre attention et nos réflexions approfondies, je te laisse bien entendu « t’y mettre » de ton côté de l’écran.

Bien ceci « dit » (par écrit : voilà un exemple ..) l’expression est aussi multiple que plurielle .. La Parole quand à elle est probablement d’une « autre Nature » (on peut relire avec profit le prologue de l’évangile de Jean – oui c’est un écrit qui « parle » de Parole …).

Parler dans le vide peut donc être considéré comme une image, une métaphore, un symbole … En fait j’aurai tendance à considérer que l’expression/parler se retrouve dans toutes actions humaines, notamment mais pas exclusivement au travers des arts ; quand au vide ne serait-ce pas le fait que notre expression se fasse sans interlocuteur réel, ou du moins avec un partenaire « sourd ». Nous sommes donc seul avec notre écho, quasiment face à un miroir …

Mais est-ce une réalité que cette expression si populaire que l’on n’y fait guère attention, dans le fond … Que cache-t-elle derrière ces quatre mots d’une banalité qui n’est pas écornée par ce rassemblement de lettres et de sons.

Il n’est pas du tout automatique, ni obligatoire que d’être seul pour parler ainsi, d’autant qu’être seul avec soi-même est-ce une solitude ? J’en reste perplexe …

Non je vais écarter ce cliché, erroné je pense, du solitaire déclamant à la cantonade ses paroles en rondes de mots allant se fondre dans l’immensité où il croit se trouver …. Parler dans le vide n’est pas, me semble-t-il, soliloquer solitairement  (« pléonastiquement ») dans un désert quel qu’il soit ; se serait un contre-sens non ?

Si je ne m’abuse, cette « expression » recouvre plutôt le sentiment de n’être pas entendu … à tord ou à raison d’ailleurs.

Ne pas être entendu est tout de même assez étrange si l’on considère l’ensemble des moyens que nous avons pour « parler », pour nous « exprimer » au travers de nos cinq sens et des autres moins connus … Si cela arrive (et ça arrive hélas) est-ce de notre faute, celle de celui (ceux) au(x)quel(s) nous tentons de nous adresser ?

La Parole est créatrice, puissance, vie …

Lorsqu’elle devient expression elle est le moyen de communiquer avec autrui selon un phénomène physique et biologique bien connu .. mais c’est insuffisant à l’appréhender ainsi, c’est un méli-mélo auquel nous ne prêtons pas, plus attention .. à tord. Et puis existent les interférences, les erreurs de transmissions verbales et sonores, le ton employé, tout un environnement parasite souvent.

D’autres moyens, moins sonores, mais tout aussi sensuels existent pour s’exprimer .. et rompre cette apparence de « parler dans le vide ». Le vide n’étant lui-même qu’une apparence trompeuse, il convient que nous soyons vigilant à leurs apparitions inattendues, impromptues ou volontaires.

Une autre approche donc est que « parler dans le vide » est la conséquence de n’être pas entendu …. oui c’est là aussi un pléonasme, mais celui-là nous touche énormément, y compris dans les zones inconsciente de notre personnalité. N’être pas entendu, ou au moins écouté, déclenche des réactions souventefois acerbes même s’ils elles ne sont pas clairement perceptibles.

Pourtant les autres sont peut être quelque fois sourds, mais sont-ils également aveugles aux divers  signaux que peuvent être des écrits, des peintures, des chants, des attentions discrètes (trop sûrement), bref sont-ils insensibles à ce qu’il ne rentre pas dans leurs schémas perceptibles habituels . je parle, tu entends vaguement, mais tu n’écoutes pas mes silences assourdissant qui se bousculent vers ta silhouette comme mes mains parfois.

Sont-ils (trop) tournés sur leur « propre » ego …. leurs propres pensées qu’ils se font de ce que devrait être …. et ainsi rester indifférent aux multiples messages qui viennent percuter leur armure d’indifférence ou d’à-priori, voire d’étroitesse dans leurs champs de vision humain qu’il ne savent plus utiliser ?

Mais « les autres » n’en faisons pas nous même partie ?

On pourrait presque imaginer que le « vide » est devenu en quelque sorte un quasi synonyme de « solitude » et « d’isolement » … une société qui laisse se répandre ces glissements n’est-elle pas une société qui s’asphyxie dans ses miasmes d’égoïsme, voire pire ….

D’une certaine manière le « vide » dans lequel on pense (c’est une image) s’exténuer à vociférer n’est-il pas en chacun d’entre nous, gravissime phénomène qui nous entraîne dans une vertigineuse plongée au sein même de nos profondeurs quelque peu ténébreuses.

Parler dans le vide, se parler à soi-même, parler à son écho …. en se regardant dans un miroir, en regardant le vide qui germe trop souvent dans notre trajectoire, sur notre chemin, le long de notre quête …

S’époumoner, s’égosiller, hurler à la lune tel un loup famélique en recherche de proie, telle n’est pas notre destinée naturelle, l’épanouïssement humain n’est pas d’être aussi creux face au vide, que muet dans un cri !

Quand à moi je ne sais si je parle dans le vide, ça m’arrive (peut être plus souvent que je ne pourrais l’imaginer), mais ce dont je reste persuadé est que j’arrive et j’aime à dialoguer plongé, immergé, bercé par la voûte étoilée qui me murmure ses secrets et ses contes en me renvoyant l’éclat de ton regard, et j’aime …

Chris

Octobre 6010

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