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LA LEÇON D’HUMILITE: CONTE PEULH 28 avril, 2011

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LA LEÇON D’HUMILITÉ: CONTE PEULH

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Au royaume de Soulé, dans une grotte située au flanc d’une montagne, tour à tour brûlée par le soleil, fouettée par les vents ou battue par les pluies, vivait un ermite nommé Soly. Il ne se nourrissait que de fruits sauvages ou de miel doré. Il ne buvait que l’eau de source et ne sortait se promener sous bois qu’au moment où les abeilles récoltaient le pollen.

Un jour, un berger qui avait l’habitude d’aller lécher l’exsudat sucré des fleurs et des fruits sauvages s’aventura sur la montagne plus loin que de coutume. Il aperçut l’anachorète. Il voulut s’approcher de lui pour lui parler, mais le solitaire prit la fuite comme s’il avait été menacé par quelque bête furieuse. Sa curiosité éveillée, le berger se lança à sa poursuite. Ils se livrèrent entre les arbres et les rochers une course frénétique désordonnée comme deux souris qui se pourchassent. A la fin, l’ermite n’eut d’autre recours que de se réfugier dans sa caverne. Le berger s’y engouffra derrière lui, mais la caverne était vaste et ses galeries intérieures communiquaient toutes entre elles si bien qu’il n’y avait aucun lieu d’arrêt ou de blocage possible. Fatigué, le berger s’arrêta de courir. Quand il eut retrouvé son souffle, il sortit de la caverne et prit le chemin du retour. Il se rendit tout droit chez le roi Seydou, chef de la contrée et Vassal du Grand Roi de Soulé. Il lui dit : « Seigneur ! j’ai vu de mes deux yeux, dans la grotte sacrée, un homme habillé de feuilles et de fibres végétales. J’ai voulu savoir qui il était et me suis approché pour lui parler, mais il a fui devant moi comme un agneau menacé par une hyène et j’ai été incapable de le rattraper. Sans doute, cet homme est-il un saint, sinon ce ne peut-être qu’un fou ou un diable malfaisant. La curiosité du Roi fut piquée. Il mandat auprès de lui son son porte-glaive et son chef de guerre, responsable des chevaux. Il leur ordonna : « Rassemblez vos troupes et cernez la montagne où vous mènera le berger que voici. Dans l’une des cavernes sacrées de cette montagne vit un homme, à moins que ce ne soit un diable. Il vous faut à tout prix me l’amener, sinon je vous couperai la gorge ! Allez ! ».

Les soldats cernèrent la montagne, bloquèrent tous les chemins et commencèrent à monter vers la caverne. Le chef appela l’ermite, lui criant que le roi souhaitait le rencontrer. Se voyant pris au piège, le solitaire sortit de sa cachette et accepta de suivre les soldats. La troupe prit le chemin du Palais du Roi Seydou.

Dès qu’on introduisit l’ermite en présence du Roi, ce dernier, à sa vue, fut saisi d’une émotion inexplicable. Son cœur  s’emplit d’un profond sentiment de respect religieux. Il l’interrogea avec douceur.

- Comment t’appelles-tu ?

- Je m’appelle Soly

- Que fais-tu dans la grotte de la montagne ?

- J’y apprends à me dominer et à m’éduquer.

- Pourquoi fuis-tu tes semblables comme s’ils étaient une maladie contagieuse repoussante ?

- Je ne puis répondre à ta question, ô Roi, car tu te trouves au sommet d’une montagne alors que moi, je suis au fond d’une vallée encaissée. Ma parole ne te parviendrait que comme l’écho mourant de quelque voix lointaine. La distance qui nous sépare est trop grande.

- Et que faudrait-il pour que cette distance soit supprimée et que tes paroles viennent à portée de mon âme ?

- Il faudrait que tu deviennes mon élève docile.

- Je suis prêt à écouter ton enseignement. Mais que dois-je faire pour cela ?

- Descendre de ton trône, troquer tes beaux vêtements contre de méchantes défroques et oublier ta bonne fortune. Et pour ne point regretter ta situation, te considérer comme frappé par un malheur et te dire que quelle que soit la rigueur de l’adversité dans laquelle tu viens de tomber, il y a toujours un malheur plus grand dont Dieu t’a préservé par un effet de sa miséricorde compatissante.

Le Roi sans ajouter un mot descendit de son superbe trône. Il confia la direction de son royaume à son frère, se dépouilla des ses riches vêtements et suivit Soly. Tous deux quittèrent la ville, gravirent la montagne et pénétrèrent dans la caverne. Là, loin des douceurs de la vie et des plaisirs du commandement, le Roi Seydou apprit à méditer sous la conduite de Soly. Après un mois d’exercice, il constata qu’il était déjà devenu bien meilleur. Poursuivant son effort sans relâche, il parvint enfin à franchir les cloisons qui séparent les créatures. Il réalisa avec certitude la vanité des situations et des ambitions humaines dans ce monde si éphémère. Il pénétra le secret des existences.

Il reconnut que la raison d’être de chaque créature, depuis la pierre inerte jusqu’à l’homme dont la. pensée produit tant de merveilles est irremplaçable. Il apprit à respecter tous les êtres vivants, animés ou inanimés qui peuplent les trois règnes de la nature. Cette conscience se développa si profondément en lui qu’il ne vit plus cette terre, une seule chose qui vaille moins que sa personne. Soly devant l’immense progrès réalisé par son disciple, lui dit :

- Seydou, je suis heureux de constater que tu n’es plus le Roi hautain pour qui les autres hommes n’étaient que des grains de poussière tout juste bons à être foulés aux pieds. Maintenant, tu sais que chaque chose existante tient une place unique qu’aucune autre ne saurait tenir, que tout est orienté et que tout s’achemine peu à peu vers le Bien Suprême (la Quintessence). Ton être je le sais, est pénétré de cette vérité et l’orgueil est si complètement banni de ton cœur  que tu ne vois plus une seule chose qui te soit inférieure.

- C’est vrai, dit Seydou. Je me considère aujourd’hui comme la plus basse des créatures.

- Eh bien, avant que je ne dénoue pour toi les noeuds qui scellent les secrets du Bien Suprême, il te faut aller maintenant parcourir le monde et essayera de découvrir un être ou une chose que tu jugeras valoir moins que toi.

Seydou prit congé de son Maître. Il évolua sur tous les cours d’eau de la terre. Il escalada les montagnes, collines et coteaux. Il visita villages et cités, palais des rois et tavernes de voleurs. Il consulta les vieux. Des yeux il scruta les cieux et en esprit il sonda les astres et les étoiles. Il observa minutieusement ce que la marée montante pousse vers la terre ferme et ce que la marée descendante draine vers les profondeurs marines. Bref, il observa toutes choses, mais nulle part il ne vit quoi que ce soit qu’il estima plus déchu que lui-même. Chaque fois qu’il considérait une chose, fût-ce la plus modeste, il voyait en elle une vertu ou une propriété dont lui -même était dépourvu. Pour finir, persuadé qu’il était au plus bas de l’échelle, il décida de rentrer pour dire à son Maître qu’il n’avait pas trouvé, sur cette terre, un seul être ou une seule chose qui lui soit inférieur.

Sur le chemin de retour, vint un moment où il éprouva le besoin « d’aller en brousse » pour satisfaire un besoin naturel. Il pénétra dans un bocage. Alors qu’il examinait le sol, il découvrit tout desséché un petit tas d’excréments qu’il avait posé là à l’aller, lors de son premier passage. « Enfin ! se réjouit-il, j’ai trouvé ce que je cherchais, car, sans nul doute, je vaux au moins mieux que mes propres déjections « . Il avança la main pour se saisir de la boule séchée et l’amener avec lui pour la montrer à son maître, mais, ô surprise, soudain il entendit s’élever de la boule, une multitude de petites voix ! Chaque grain, chaque molécule de cette vile matière geignait et l’implorait :

« De grâce, Ô toi homme, épargne nous ton contact funeste ! A l’origine, issue de fleurs odoriférantes, nous étions des graines parfumées. A ton premier contact, nous fumes réduites en farine, perdant ainsi notre vertu essentielle qui était de pouvoir nous reproduire pour perpétuer notre espèce. A ton deuxième contact, nous fûmes transformées en aliments et là, il faut le reconnaître, nous devînmes savoureuses et nourrissantes. Mais lors du troisième contact, tu nous introduisis en toi. De cette intimité, nous sortîmes puantes !

Durant de longs jours, nous fûmes un objet de dégoût, prenant les passants à la gorge. Maintenant qu’enfin, nous sommes assainies par l’air et durcies par le soleil, maintenant que nous avons cessé d’être un « oblong fétide » qu’on ne regarde pas plus d’une fois, si tu nous prends encore, qu’allons nous devenir ? Nous t’en prions, passe ton chemin, o fils d’Adam, créature à la fois vile et sublime ! Nous craignons si nous sommes touchées par toi, de devenir cette fois une chose que ni feu, ni eau, ni air ne pourront plus jamais purifier ! ».

Seydou, tout attristé, rentra auprès de son Maître. Il lui narra son histoire et conclut : « Je suis bien le plus vil des êtres puisque je vaux encore moins que mes propres résidus ».

Le Saint Homme se leva, il imposa ses mains sur la tête, le front et la poitrine de Seydou. Il lui dit : « Mon frère en Dieu, ton âme atteint le pinacle de la sagesse. Être pénétré du sentiment que l’on est la plus misérable des créatures est le sommet de la vie spirituelle. Va, rentre chez toi et reprends ta couronne. Tu compteras dorénavant parmi le très petit nombre de rois qui ne sont pas aveuglés par l’éclat de leur diadème. Tu seras un « Roi initié ». La lumière et la paix, l’Amour et la charité ne régneront sur la terre que lorsque tous ceux qui commandent seront comme toi, des Initiés

 

Merci à toi mon Ami Christian, lointain dans l’espace, proche par le coeur …

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Il est l’heure et nous avons l’âge 26 avril, 2011

Posté par hiram3330 dans : Billevesees & coquecigrues , 1 commentaire

Il est l’heure et nous avons l’âge

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Ô temps suspend ton vol … je ne me rendais pas compte que le temps volait, moins comme un volatil, que comme un voleur … pourtant c’est bien lui qui bouffe mes secondes, se gave de mes minutes, avale mes heures avec une avidité qui frise la boulimie maladive.

Sacrebleu dois-je résister ? Comment ? 

Je me suis laissé dire que le temps n’existait pas … du moins que celui-ci avait tant de facettes diverses que la tête tournait comme une hélice en cherchant à le suivre dans les méandres de ses chemins sans bornes. Ventilateur je pouvais devenir !

Vingt dieux qui puis-je ?!

Restons calme, gardons le sang froid, la tête aérée, le souffle mesuré .. s’il est l’heure .. admettons, mais l’heure de quoi !? La question me taraude, grattouille ma conscience (oui ça existe), taquine ironiquement mon neurone fatigué, titille le magma de mes pensées.

Je m’interroge en me questionnant, pendant que mes doigts lacèrent un peu mon cuir chevelu : qu’est-ce à dire que cette expression bizarroïde ?

Il est l’heure ! Il est l’heure ?

Je veux bien que les aiguilles d’une pendule, les chiffres de l’affichage digital d’une montre m’indiquent que c’est l’heure … encore faut-il m’expliquer, longuement, de quoi !!! Oui j’ai l’air comme ça … mais toi, si malin, qu’en penses-tu ?

En un éclair je perçois fugacement l’image subliminale d’un lapin qui court et court, une montre gousset à la main, dans un dessin animé issu de l’imaginaire symbolique de L. Carol …

Ventre bleu ! Il est donc bien l’heure …

Vais-je donc être en retard ?

Agacé je suis par cette hypothèse temporelle que je n’ai jamais aimé .. en retard ! Moi ! Que nenni, il ne sera pas dit que je le fusse ..

Saperlipopette ! D’un coup je songe à la phrase « il est l’heure ET nous avons l’âge » …

Cette seconde partie m’avait un peu échappée, la coquine, tant mon désarroi subit altérait ma compréhension (limitée oui je sais, merci de me le rappeler : j’ai entendu d’ici).

Tudieu ! L’âge .. que vient-il faire ici ?

 » Et nous avons l’âge  » … Bigre, je suis perplexe devant cette référence aux bougies qu’on souffle, d’autant que le  » et  » me semble impératif dans sa liaison d’avec le début.

D’abord quel est mon âge ? Coquetterie, je ne compte plus … déjà, encore, toujours … Et qu’importe ce chiffre quand ce sont les nombres qui m’intéressent par leur langage codé, leur ouverture d’esprit, leurs sens subtils, leurs opérations alchimiques … Dès lors quelle importance peut bien avoir le mien et physique, ce n’est qu’une dérision entre hier et demain, entre Midi et Minuit en quelque sorte.

Palsambleu ! Hallucine-je ?

Je suis face à une notion temporelle qui m’agace, qui m’importune, qui me désole par son sens classique si étriqué ; comment vouloir supputer un espace temps que je ne puis maîtriser (en principe) entre mon premier cri et mon ultime râle.

 » Il est l’heure et nous avons l’âge  » …

Cette phrase résonne en mon esprit, se heurte à mes pensées, se glisse dans mes réflexions, chatouille ma conscience, et en mot (en deux en fait) : m’interroge !

Je doute .. je doute …. je doute de cette notion curieuse de temps, double qui plus est ici.

Comment peut-on découper le temps en tranches horaires, en années ?

En se basant sur le ciel et les étoiles …

Mais ce n’est que déplacer le problème à résoudre, si l’on peut dire .. Du sol où je marche, à la voûte étoilée où je me dissous .. De la glèbe où je vis, à l’infinitude où je rêve .. Du matériel au spirituel … De l’infiniment petit à l’incommensurable ….. De ce qui est en bas comme ce qui est en haut.

Je m’égare …. serait-ce un signe de mon âge, où de l’heure qui s’enfuit ?

Pourtant, pourtant le temps existe me dit-on partout et à tous moments .. mais existe-t-il pour toutes et tous de manière identique, voire banalisée, normalisée ? Non pas ! Il n’y a qu’à chercher, sans trop se fouler … les calendriers divers et variés foisonnent aujourd’hui encore et toujours, quand à l’heure, entre celle légale, celle solaire, celle GMT, celle qui est si longue quand je bosse (heu … oui) et si brève quand c’est le plaisir qui règne …

Bref, l’espace d’une seconde tout se brouille ! 

Mais qu’est-ce une seconde sinon un millénaire en devenir …

Et à force de chercher j’erre dans les ères de naguère, entre le fer et le bronze, entre la paramécie et l’homo sapiens (label auto-proclamé), entre ce que je vois et ce que je sens, entre ….. ciel et terre.

Me voilà déboussolé entre « heure » et « âge ».

Déboussolé, mais pas perdu, juste égaré provisoirement entre les minutes qui galopent et le « new » âge qui veut me cerner .. je résiste, je me veux (quel orgueil)  « homme libre »… dans un lieu « libre » car « sacré » (voir la définition encyclopédique) … face à mon image qui se reflète dans un miroir troublant.

Morbleu !

Il convient que je réagisse au plus tôt, après sera trop tard … l’heure s’écoule si vite que minutes et secondes accolées fusent à la vitesse grand V, oui celle là même qui me mène d’années en ânes … lorsque je braie sans braies sur les braises de mes brailles devenues sans utilités ici, dans mon monde de songes où je peux fuir mon sosie  un peu tremblotant.

 » Il est l’heure et nous avons l’âge  » …

Dont acte ! Simultanéité des deux fait que je peux « débuter » mon mouvement immobile, qui va me mener, dans un chatoiement étoilé, après les éléments élémentaires, vers la re-naissance interne, intime.

Navigation spatiale, dans un tourbillon m’aspirant au plus profond de moi, là où luit l’étincelle, fragile, que mon souffle doit amplifier, que mon être doit partager, qu’il me faut protéger pour mieux la faire jaillir dans un feu d’artifice semant un arc en ciel illuminant la trace future de mes pas.

La poussière soulevée va s’évader, rejoindre la multitude argentée qui, là bas, là haut guide mon regard vers le centre de l’union, au sein de la voûte étoilée, là où scintille ton sourire.

Chris

avril 6011

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Ecrire … 14 avril, 2011

Posté par hiram3330 dans : Billevesees & coquecigrues , 1 commentaire

Écrire …

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Laisser aller un crayon, une plume encrée, un stylo, un feutre, un pinceau, un ciseau et un maillet, une gouge, la lame d’un canif, un doigt, un calame sur un support papier, tissu, bois, pierre, toile, … peu importe … les glyphes se forment sous l’impulsion de la pensée qui commande les gestes de mémoire.

Traces, peu fiables, de la pensée, du Verbe puis de la Parole ineffable ces signes un peu cabalistiques, toujours étonnant d’être crées se veulent l’expression de l’incréé en devenir …. ils se posent sur un support et le temps qui passe en efface le sens premier le plus souvent …. étrangeté d’une mémoire déjà erronée, érodée.

Écume et brouillard d’un non dit, d’un son percutant ou chuchoté, d’une vision intellectuelle, d’une approche matérielle, il va vivre .. un temps .. pour disparaître en un autre temps .. poussière d’un hier que je ne sais plus entendre, voir, comprendre.

Comment décrypter ces signes abscons, cyrilliques, arabes, latins, hiéroglyphiques, symboliques, orientaux, cunéiformes, multiformes et sans formes … curiosité de l’expression intellectuelle au travers d’un écrit, comme si le son pouvait être emprisonné, lié, garrotté …

L’écriture évolue … la (les) pensée(s) aussi (du moins on peut l’espérer), comment trouver la bonne clé de jadis en un maintenant qui file à la vitesse de la Lumière, celle du son étant si lente …..

Traces, peu fiables, d’une vérité furtive dans l’instant .. avalées par les flots du temps qui vont et viennent, et roulent l’éphémère de la seconde d’éternité que l’on pensait inaltérable.

Traces, peu fiables, dans leur compréhension de maintenant telles celles de mains colorées, de contours à la suif, de figures étranges, de signes devenus muets, de hiéroglyphes aux sens en gigogne, de gouttes de sang parfois.

Traces, peu fiables, que je m’obstine, entêté que je suis, à oser le décryptage acrobatique tout en fabriquant, moi-même, les poussières de demain. Évanescence de ma pensée, orgueil d’un « être pensant » … pensant qu’il pense, et qui veut laisser témoignage qui indifférera l’avenir.

J’écris, j’écris en esquissant des symboles tracés, peu importe lesquels, j’écris en posant ma pensée sur un support matériel que je rêve de léguer à une postérité qui n’en a que faire, que fer, rouillées deviendront ces traces, peu fiables, que je m’amuse à semer lettre après lettre, mot à mot, dans une phrase que je ne sais plus clore tant mon esprit dérape sur le verglas de ma planche à tracer.

J’écris par moult moyens que j’apprends, que je devine, que je crée, que j’imagine susceptibles d’être perçus d’abord, compris ensuite, partagés parfois …. quelle belle force sage que me voilà en train d’user sans savoir si demain, dans un siècle, dans une seconde, je serai compris.

J’écris hors du temps, quelque fois hors de moi, toujours hors de cet espace à combler par ces mystérieux signes qui défilent et s’alignent en régiments de sons encore muets …

J’écris … oui, j’écris mais qui lit ?

Et puis au fond quelle importance, moi-même je ne sais ni lire, ni écrire, un peu épeler …

Alors je lâche l’outil, je libère la main, je projette mon regard vers la voûte étoilé où je trouve ton sourire … la plus belle des écritures que je connaisse …

Chris

avril 6011

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