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Ecrire … 14 avril, 2011

Posté par hiram3330 dans : Billevesees & coquecigrues , trackback

Écrire …

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Laisser aller un crayon, une plume encrée, un stylo, un feutre, un pinceau, un ciseau et un maillet, une gouge, la lame d’un canif, un doigt, un calame sur un support papier, tissu, bois, pierre, toile, … peu importe … les glyphes se forment sous l’impulsion de la pensée qui commande les gestes de mémoire.

Traces, peu fiables, de la pensée, du Verbe puis de la Parole ineffable ces signes un peu cabalistiques, toujours étonnant d’être crées se veulent l’expression de l’incréé en devenir …. ils se posent sur un support et le temps qui passe en efface le sens premier le plus souvent …. étrangeté d’une mémoire déjà erronée, érodée.

Écume et brouillard d’un non dit, d’un son percutant ou chuchoté, d’une vision intellectuelle, d’une approche matérielle, il va vivre .. un temps .. pour disparaître en un autre temps .. poussière d’un hier que je ne sais plus entendre, voir, comprendre.

Comment décrypter ces signes abscons, cyrilliques, arabes, latins, hiéroglyphiques, symboliques, orientaux, cunéiformes, multiformes et sans formes … curiosité de l’expression intellectuelle au travers d’un écrit, comme si le son pouvait être emprisonné, lié, garrotté …

L’écriture évolue … la (les) pensée(s) aussi (du moins on peut l’espérer), comment trouver la bonne clé de jadis en un maintenant qui file à la vitesse de la Lumière, celle du son étant si lente …..

Traces, peu fiables, d’une vérité furtive dans l’instant .. avalées par les flots du temps qui vont et viennent, et roulent l’éphémère de la seconde d’éternité que l’on pensait inaltérable.

Traces, peu fiables, dans leur compréhension de maintenant telles celles de mains colorées, de contours à la suif, de figures étranges, de signes devenus muets, de hiéroglyphes aux sens en gigogne, de gouttes de sang parfois.

Traces, peu fiables, que je m’obstine, entêté que je suis, à oser le décryptage acrobatique tout en fabriquant, moi-même, les poussières de demain. Évanescence de ma pensée, orgueil d’un « être pensant » … pensant qu’il pense, et qui veut laisser témoignage qui indifférera l’avenir.

J’écris, j’écris en esquissant des symboles tracés, peu importe lesquels, j’écris en posant ma pensée sur un support matériel que je rêve de léguer à une postérité qui n’en a que faire, que fer, rouillées deviendront ces traces, peu fiables, que je m’amuse à semer lettre après lettre, mot à mot, dans une phrase que je ne sais plus clore tant mon esprit dérape sur le verglas de ma planche à tracer.

J’écris par moult moyens que j’apprends, que je devine, que je crée, que j’imagine susceptibles d’être perçus d’abord, compris ensuite, partagés parfois …. quelle belle force sage que me voilà en train d’user sans savoir si demain, dans un siècle, dans une seconde, je serai compris.

J’écris hors du temps, quelque fois hors de moi, toujours hors de cet espace à combler par ces mystérieux signes qui défilent et s’alignent en régiments de sons encore muets …

J’écris … oui, j’écris mais qui lit ?

Et puis au fond quelle importance, moi-même je ne sais ni lire, ni écrire, un peu épeler …

Alors je lâche l’outil, je libère la main, je projette mon regard vers la voûte étoilé où je trouve ton sourire … la plus belle des écritures que je connaisse …

Chris

avril 6011

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Commentaires»

  1. J’écris … oui, j’écris mais qui lit ?
    Tu écris…JE lis !

    Répondre

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