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Il est l’heure et nous avons l’âge 26 avril, 2011

Posté par hiram3330 dans : Billevesees & coquecigrues , trackback

Il est l’heure et nous avons l’âge

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Ô temps suspend ton vol … je ne me rendais pas compte que le temps volait, moins comme un volatil, que comme un voleur … pourtant c’est bien lui qui bouffe mes secondes, se gave de mes minutes, avale mes heures avec une avidité qui frise la boulimie maladive.

Sacrebleu dois-je résister ? Comment ? 

Je me suis laissé dire que le temps n’existait pas … du moins que celui-ci avait tant de facettes diverses que la tête tournait comme une hélice en cherchant à le suivre dans les méandres de ses chemins sans bornes. Ventilateur je pouvais devenir !

Vingt dieux qui puis-je ?!

Restons calme, gardons le sang froid, la tête aérée, le souffle mesuré .. s’il est l’heure .. admettons, mais l’heure de quoi !? La question me taraude, grattouille ma conscience (oui ça existe), taquine ironiquement mon neurone fatigué, titille le magma de mes pensées.

Je m’interroge en me questionnant, pendant que mes doigts lacèrent un peu mon cuir chevelu : qu’est-ce à dire que cette expression bizarroïde ?

Il est l’heure ! Il est l’heure ?

Je veux bien que les aiguilles d’une pendule, les chiffres de l’affichage digital d’une montre m’indiquent que c’est l’heure … encore faut-il m’expliquer, longuement, de quoi !!! Oui j’ai l’air comme ça … mais toi, si malin, qu’en penses-tu ?

En un éclair je perçois fugacement l’image subliminale d’un lapin qui court et court, une montre gousset à la main, dans un dessin animé issu de l’imaginaire symbolique de L. Carol …

Ventre bleu ! Il est donc bien l’heure …

Vais-je donc être en retard ?

Agacé je suis par cette hypothèse temporelle que je n’ai jamais aimé .. en retard ! Moi ! Que nenni, il ne sera pas dit que je le fusse ..

Saperlipopette ! D’un coup je songe à la phrase « il est l’heure ET nous avons l’âge » …

Cette seconde partie m’avait un peu échappée, la coquine, tant mon désarroi subit altérait ma compréhension (limitée oui je sais, merci de me le rappeler : j’ai entendu d’ici).

Tudieu ! L’âge .. que vient-il faire ici ?

 » Et nous avons l’âge  » … Bigre, je suis perplexe devant cette référence aux bougies qu’on souffle, d’autant que le  » et  » me semble impératif dans sa liaison d’avec le début.

D’abord quel est mon âge ? Coquetterie, je ne compte plus … déjà, encore, toujours … Et qu’importe ce chiffre quand ce sont les nombres qui m’intéressent par leur langage codé, leur ouverture d’esprit, leurs sens subtils, leurs opérations alchimiques … Dès lors quelle importance peut bien avoir le mien et physique, ce n’est qu’une dérision entre hier et demain, entre Midi et Minuit en quelque sorte.

Palsambleu ! Hallucine-je ?

Je suis face à une notion temporelle qui m’agace, qui m’importune, qui me désole par son sens classique si étriqué ; comment vouloir supputer un espace temps que je ne puis maîtriser (en principe) entre mon premier cri et mon ultime râle.

 » Il est l’heure et nous avons l’âge  » …

Cette phrase résonne en mon esprit, se heurte à mes pensées, se glisse dans mes réflexions, chatouille ma conscience, et en mot (en deux en fait) : m’interroge !

Je doute .. je doute …. je doute de cette notion curieuse de temps, double qui plus est ici.

Comment peut-on découper le temps en tranches horaires, en années ?

En se basant sur le ciel et les étoiles …

Mais ce n’est que déplacer le problème à résoudre, si l’on peut dire .. Du sol où je marche, à la voûte étoilée où je me dissous .. De la glèbe où je vis, à l’infinitude où je rêve .. Du matériel au spirituel … De l’infiniment petit à l’incommensurable ….. De ce qui est en bas comme ce qui est en haut.

Je m’égare …. serait-ce un signe de mon âge, où de l’heure qui s’enfuit ?

Pourtant, pourtant le temps existe me dit-on partout et à tous moments .. mais existe-t-il pour toutes et tous de manière identique, voire banalisée, normalisée ? Non pas ! Il n’y a qu’à chercher, sans trop se fouler … les calendriers divers et variés foisonnent aujourd’hui encore et toujours, quand à l’heure, entre celle légale, celle solaire, celle GMT, celle qui est si longue quand je bosse (heu … oui) et si brève quand c’est le plaisir qui règne …

Bref, l’espace d’une seconde tout se brouille ! 

Mais qu’est-ce une seconde sinon un millénaire en devenir …

Et à force de chercher j’erre dans les ères de naguère, entre le fer et le bronze, entre la paramécie et l’homo sapiens (label auto-proclamé), entre ce que je vois et ce que je sens, entre ….. ciel et terre.

Me voilà déboussolé entre « heure » et « âge ».

Déboussolé, mais pas perdu, juste égaré provisoirement entre les minutes qui galopent et le « new » âge qui veut me cerner .. je résiste, je me veux (quel orgueil)  « homme libre »… dans un lieu « libre » car « sacré » (voir la définition encyclopédique) … face à mon image qui se reflète dans un miroir troublant.

Morbleu !

Il convient que je réagisse au plus tôt, après sera trop tard … l’heure s’écoule si vite que minutes et secondes accolées fusent à la vitesse grand V, oui celle là même qui me mène d’années en ânes … lorsque je braie sans braies sur les braises de mes brailles devenues sans utilités ici, dans mon monde de songes où je peux fuir mon sosie  un peu tremblotant.

 » Il est l’heure et nous avons l’âge  » …

Dont acte ! Simultanéité des deux fait que je peux « débuter » mon mouvement immobile, qui va me mener, dans un chatoiement étoilé, après les éléments élémentaires, vers la re-naissance interne, intime.

Navigation spatiale, dans un tourbillon m’aspirant au plus profond de moi, là où luit l’étincelle, fragile, que mon souffle doit amplifier, que mon être doit partager, qu’il me faut protéger pour mieux la faire jaillir dans un feu d’artifice semant un arc en ciel illuminant la trace future de mes pas.

La poussière soulevée va s’évader, rejoindre la multitude argentée qui, là bas, là haut guide mon regard vers le centre de l’union, au sein de la voûte étoilée, là où scintille ton sourire.

Chris

avril 6011

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Commentaires»

  1. je me souviens

    J’ai presque une heure d’avance.
    Je n’ai pas dormi la nuit dernière comme tant d’autres nuits.
    Je suis un vieil homme.
    Je suis là debout sur l’esplanade.
    J’en ai usé des chaussures , des souliers , des brodequins. Pendant mon insomnie, j’ai rangé toutes mes chaussures sur le terreplein.
    Méticuleusement.
    Comme pendant toute ma vie, je me suis dépêché, de peur d’être en retard.
    Maintenant, j’ai presque une heure d’avance.
    Je suis un vieil homme.
    Je suis debout , ma vie autour de moi.
    Je suis encore debout , ma vie derrière moi , comme mon ombre.
    Je suis fatigué, je me suis déchaussé.
    Je me suis posé, pieds nus pour partir à l’aise les pieds devants.
    La tête remplie de tous mes souvenirs.
    A quoi bon rester quand tous ceux que j’ai aimé ,
    ceux avec qui j’ai partagé sont déjà parti pour le dernier voyage.
    En avance, en retard? Quelle futilité…
    Puisqu’il est l’heure et que j’ai l’âge .
    Je vais partir léger, serein.
    Je vais me coucher là , et essayer d ‘atteindre l’inaccessible étoile.

    Répondre

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