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Une goutte d’eau 13 avril, 2012

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Une goutte d’eau

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Je m’émerveille en me mirant dans cette goutte qui va et vient sur la paume de ma main.

Sensation de chaleur, sensation de fraîcheur, sensation d’humidité, sensations … sensuelles ; étrangeté de ce ressenti face à une perle à la taille dérisoire au creux de ma main.

Une goutte d’eau que j’ai saisi au vol d’une ondée printanière venant réveiller la terre, et ses graines enfouies, dans une douce symphonie musicale tambourinant pour apaiser la soif.

Cette perle translucide m’hypnotise, comme un cristal, et me laisse deviner l’avenir … le sien : se transformer pour se reformer … et je médite un brin sur ce miroir qui ne dit mot, mais qui dans son silence susurre en mon esprit « tu es comme moi ».

Interloqué je laisse s’échapper cette parcelle liquide qui va rejoindre le sol, buvard assoiffé, pour se dissoudre et se mêler au « tout » dans un clin d’œil à la fois ironique et malicieux.

Comment cette molécule, si simple et complexe, peut-elle me décontenancer ainsi ?

Il est vrai que je ne peux l’écraser, la briser, la détruire ….. c’est comme un caméléon qui se joue de moi dans une fricassée de rire muet et moqueur.

Elle disparaît en restant là, sous une forme autre, dans l’attente d’une nouvelle transmutation à l’alchimie désorientant mes sens sans dessus dessous face à cette infinitude d’H2O.

Ma faiblesse d’homme me fait frissonner d’une crainte ancestrale.

Ce n’est pas une sphère, ce n’est pas une demi-sphère, ce n’est pas ….. c’est une goutte à géométrie variable, apte à s’adapter à tout, comme à rien. Elle n’a de forme que celle de l’instant, fugace, mutant de là à ici.

Imaginer cette goutte est un doux rêve un peu utopique, elle ne se laisse pas enfermer dans une forme car elle est sans forme et de toutes formes. Miracle de l’eau en ce domaine aussi …

J’en arriverai presque à jalouser … Après tout ne suis-je pas moi-même une parcelle de tout ? Et pourquoi ne puis-je muter dans l’instant pour être autre en étant identique ? Le Grand Architecte des Mondes a du dérailler à un moment ou a un autre … un moment pour lui n’a probablement pas la même valeur que pour moi, qu’en penses-tu toi aux yeux écarquillés ….

Une goutte d’eau que j’ai vu rouler sur une joue, fugitivement, dans l’ombre d’une mèche de cheveux qui venait balayer cette amertume salée .. Étrangeté du « hasard » comparant l’eau « distillée » et l’eau « salée » dans un souvenir furtif, comme la silhouette d’un rêve de naguère.

Mais goutte à goutte la vie se poursuit, sans se rattraper, paradoxe de l’humanitude informelle et mouvante.

Il me plaît à observer la goutte dans les méandres de ses mutations car, tel un « transformiste », son rôle est de raviver un hier enfouit dans le sable mouvant d’une mémoire rétive.

Comment percevoir cette « chose » incolore, reflet de son environnement, dont le cœur est parfois le signe d’avenir, l’image d’un passé, la somme des cycles où je m’efforce de naviguer, en ramant, fixant l’horizon de l’Est qui rougeoie de plaisir sous l’ardent regard que je lui porte … porte à franchir, celle de ma quête dans l’infini des possibles et des réels.

J’aime à imaginer son périple, de haut en bas et de bas en haut …

Mutation alchimique elle passe par divers états en restant elle …

Buée devant mes yeux cette goutte embrume mon esprit par les multiples idées qu’elle fait naitre …

Orage, rafales, pluie, ondée, crachin, brouillard, grêle, neige, ru et océans, source et geyser, larme également …. elle fascine dans la diversité de son unité, par son indispensable présence partout et sans cesse .. sais-tu que ton corps est à quatre-vingt pour cent par elle constitué ? Sais-tu que notre sphère Bleu est majoritaire son territoire ? Sais-tu que sans elle tu meurs en une poignée d’heures sèches …

Observe son « atterrissage » , sa masse se transforme devant toi …. dans une gerbe, une couronne, un jaillissement, une explosion à l’infini d’elle-même, une scissiparité multiple dans une beauté qu’il faut saisir tant elle est éphémère.

Mais ce qui me méduse, à la réflexion, c’est qu’une goutte est synonyme de ruisseau, fleuve,lac, étang, mer et océan … Oui quelle que soit sa forme la goutte reste indissociable des autres qui forme le liquide primordial, primal…

Que tu contemples cette « unité » ou sa « totalité » … tu restes ébahi de percevoir l’identique.

Quant à moi, dans l’observation d’icelle, j’appréhende l’immensité de l’infini stellaire où, par analogie, les gemmes liquides sont semblables aux scintillements argentés que je saisis dans la voûte étoilée en devinant ton sourire.

Chris

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Le Pont du Gard 10 avril, 2012

Posté par hiram3330 dans : Billevesees & coquecigrues , 1 commentaire

Le Pont du Gard

Le Pont du Gard dans Billevesees & coquecigrues Pont-du-Gard-Pierre-071-300x224

Ce fameux Pont est un Aqueduc !

Qu’on se le dise sa vocation initiale, primale et vitale est d’amener l’Eau (source de vie) d’Uzès à Nîmes, c’est pour cette raison humide que les romains de jadis construisirent cet édifice majestueux qui nous coupe le souffle lors de notre premier re-gard.

Traversant, ou plus exactement, « enjambant » le Gardon, cet aqueduc achemine l’eau jusqu’au Castellum Divisorium de Nîmes (dont le nom provient de   Nemausus), ce réservoir répartiteur où, enfant, je m’amusais tant et tant. De là partaient des conduites en plomb (saturnisme …) vers la ville.

Ce répartiteur millénaire est adossé depuis longtemps à un fort Vauban, successivement devenu Centrale pénitentiaire sévère, et aujourd’hui Université … transformer une prison en lieu d’études est un progrès que je vous laisse méditer, et savourer …

Le Pont du Gard, œuvre colossale d’un temps où le temps n’existait pas comme aujourd’hui … Un but, un résultat, les jours, les ides, peu importent, il faut y arriver, et ils le firent ! Le coût ? Quel coût ? L’eau n’a pas de prix, hier comme aujourd’hui.

Cet édifice bimillénaire me laisse songeur.

Pour de l’eau ! Ces milliers de tonnes de pierres taillées, ces milliers d’ouvriers, ces ingénieurs antiques, ces mètres ruisselant de sueur, cette traversée de garrigue, cette démonstration technique et intellectuelle … pour de l’Eau ! Des siècles plus tard, et ailleurs, ce sera Mac Mahon qui s’écrira « que d’eau, que d’eau … ».

D’où qu’on le découvre, quel que soit le temps, on a un choc. Un choc car on ressent la Force et la Beauté qui induisent la Sagesse que l’on peut percevoir sourdre de ce panorama intemporel. Émotion

Certes il a vieilli, certes il a été « défiguré » par l’outrage des ans bien sûr, par la pollution humaine, par des rajouts dont une route pour en faire un « vrai pont » au niveau de son premier « étage » : l’homme n’est pas capable de garder intact le passé, son passé aussi talentueux fut-il, car l’homme est futile trop souvent, et inconstant …

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Aqueduc …

Pontife de l’H2O il figure la vie coulant comme le sang dans des veines, venant désaltérer l’humain, l’animal et le végétal par sa construction minérale. Le conduit supérieur, là où circulait l’onde, est entartré car dans ce pays un peu âpre, même l’eau peut être « dure ».

Les bâtisseurs ont démontré leur capacité à vivifier la cité, à maîtriser un tant soit peu la nature libre, à prouver que le passé d’ici n’était pas que guerre et cruauté, que l’intelligence humaine perce toujours, poussée par la nécessité, par la curiosité et par la peur.

Une artère est née là, reliant territoires et hommes dans la même recherche d’améliorations de la vie, bien au delà de l’espace et du temps … Cette dentelle de pierres nous écrase de son passé toujours présent et embrase nos songes d’une époque riche pendant laquelle on taillait la pierre brute pour ensuite la poncer, et enfin en faire une clé de voûte …

Pour cette œuvre d’art,  il fut un temps, celui de ma jeunesse au siècle dernier, qui vit les familles (aisées et beaucoup moins) venir se réapproprier ce site en y promenant, en y pique niquant, en se baignant aussi dans ce gardon dangereux par ces tourbillons et ses gouffres dissimulés. Lieu de repos, de rencontre, de partage, ces arches admirables couvraient une population toujours simples et heureuses de profiter naturellement de ce coin historique.

Les Compagnons sont également venus admirer, étudier, « sentir » cette architecture de jadis et de leurs lointains ancêtres concepteurs et bâtisseurs ; des pierres portent leurs « marques », leurs « noms », car c’est une étape du « tour de France » de l’apprentissage vivace aujourd’hui toujours …

Site protégé, site mis au patrimoine mondial, site familial pour les autochtones il est, comme on dit maintenant, « incontournable » … mais franchissable oui !

Sa grâce dépasse l’imaginaire, sa finesse le rêve, sa longévité peut me rendre jaloux, sa majesté en impose, sa beauté au soleil comme au clair de lune m’éblouit, son histoire m’épate, je serai poussière qu’il continuera son rôle, paisible et imperturbable, de rappeler le souvenir de la volonté humaine.

Peut être que ce que j’aime le plus en lui, c’est de pouvoir, la nuit et au delà de sa stature impériale, contempler l’infini de la voûte étoilée qui en fait un écrin sans prix, comme le sourire que j’y devine entre ses voûtes de pierre …

Chris

avril 6012

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Pour les curieux de l’histoire « locale » :  http://www.nemausensis.com/index.htm

Pour les curieux du site d’aujourd’hui : http://www.pontdugard.fr/fr

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