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Joute languedocienne 6 août, 2012

Posté par hiram3330 dans : Billevesees & coquecigrues , trackback

Joute languedocienne

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L’été il est plaisant d’aller baguenauder sur les rives d’un canal, dégoulinantes de foule, assister à un vestige de l’âge moyen où des hommes bardés de fer se livraient à des combats souvent mortels.

Une Joute !

Une Joute Nautique !!

Une Joute Nautique Languedocienne !!!

Qu’es quò ?

Comment, toi curieux comme une fouine qui passe du temps à musarder sur la toile tu ne sais ce dont il s’agit ?! Faut sortir un peu voyons, la curiosité se doit de n’être pas que virtuelle … Ajuste tes lorgnons, quitte ta douce torpeur post repas, agites un zeste ton neurone, tu sais ce truc dans le boyau de la tête … et voilà tu es prêt à suivre les bordées de pixels que je sème sur l’écran pour toi … qu’est ce qu’on dit ?

Or donc il s’agit d’un duel, comme naguère, entre hommes ! Face à face, les yeux dans les yeux, la lance pointée, le bouclier ajusté … mais foin de carapace oxydable car ici nous sommes en bateau ! Tu imagines la ferraille rougissante de rouille (et pas le plat marin), le poids que le navire ne pourrait supporter en sus des rameurs ..

Non ici une légère toile blanche suffit !

Ce combat, sans mise à mort, se savoure à Cètte .. oui tu as bien lu : à Cètte (Sète pour les péquenots d’aujourd’hui), sur le canal principal ainsi neutralisé à toute autre activité (hors l’apéro bien sûr, ça tu le sais).

Deux barques se toisent, l’une rouge, l’autre bleue comme jadis lors des manœuvres militaires (rouge pour l’est, bleu pour l’ouest qui gagnait par principe) ; Les rames rayent l’eau et soulèvent la proue en s’élançant vers « l’autre » !

Les hommes en blancs (non ce ne sont pas des raseteurs là, faut suivre un peu mieux !) se toisent, se jaugent, s’assassinent du regard abrité derrière leur bouclier de bois, le pavois, la lance encore pointée vers la barque tandis que les esclaves punis rament comme des barbaresques embastillés à leur banc.

La foule abasourdie de soleil hurle sa préférence et mise l’anisette de tout à l’heure sur l’un ou l’autre chevalier plus blanc que blanc grâce à la lessive … 108 excuses je m’égare un chouïa.

Un choc, sec paradoxalement, sourd dans ce vacarme de foule en liesse, les lances ont heurté les pavois, les héros esquichent pour bouter l’autre à la baille, mais que nenni, vacillant tout deux résistent de crainte de payer la tournée générale d’après lutte . De vrais hommes ça !

Les deux barques colorées courent encore sur leur erre tandis que les bagnards de préparent à virer de bord, pas le capitaine qui hurle en se coinçant le doigt dans la barre (non chocolatée). De bâbord à tribord la sueur couvre le sol dans cet immense effort marinier, quasi marinade.

Nouveau face à face, grimaçant sous l’ardeur du cagnard, le regard aigu, la bouche sèche, les jambes raidies, l’air matamore, l’attitude impériale, et voici que Bleue et Rouge s’élancent, ces lances, à nouveau l’une contre l’autre …

Heureusement le canal, aux rives bondées de pèlerins hurlant et suant, se prête volontiers à cette chevauchée fantastique aiguillonné par les gifles des rames, éventré par les coques se ruant dans un sillage chatoyant.

Les lances pointent des hommes ramassés sur eux-mêmes, pavois bloqué, imminente est la « touche » bois contre bois !

Claquement d’une puissance surprenante et l’un des deux s’envole pour aller dans un jaillissement d’eau percuter la surface à rides battue de ce canal salé (non pas sacré lui, ni massacré d’ailleurs). Il boit la tasse à défaut d’apéro !

Son concurrent vainqueur, encore assourdi et sonné par la violence de l’échange se reprend de justesse, et d’un coup de rein, pour ne pas accompagner son adversaire compagnon faisant surface avec un jet d’eau, modeste, tel un baleineau au bord de la noyade.

Il brandit (no pas brandy, enfin pas en public) lance et pavois vers l’azur, déserté des moutons, comme une prière païenne (c’est à dire pré-chrétienne) en salivant déjà sur l’après cérémonie des remises de trophées …

Hé oui il s’agit d’une vraie tradition virile, sportive et bénévole … où l’expression « mouiller la chemise » n’est pas qu’une image pour les jouteurs. ensuite, ensuite … ce ne sera pas l’eau seule qui ruissellera dans les gosiers curieusement poussiéreux, mais c’est une autre histoire.

Laissant la « fête » se poursuivre toute seule, en compagnie de ces sportifs, et de leurs fans assoiffés, je fixe la surface apaisée du canal où se reflète, que pour moi, une voie lactée souriante comme un regard complice.

Pour en comprendre plus :

http://fr.wikipedia.org/wiki/Joute_nautique_(m%C3%A9thode_languedocienne)

Chris

août 6012

Sete_France-300x225 dans Billevesees & coquecigrues

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