navigation

Farniente 10 août, 2012

Posté par hiram3330 dans : Billevesees & coquecigrues , trackback

Farniente

Farniente dans Billevesees & coquecigrues 561390_10150879821416504_1454908178_n-300x225

J’ai souvenir d’une émission radio diffusée de ma jeunesse, dans un autre millénaire, dont le titre était : « qu’il est doux de ne rien faire quand tout s’agite autours de vous  » (sous titre) « une anti émission présentée par personne » …

Rien que ce titre ouïe via les ondes de la TSF me fascinait et déclenchait en moi des frissons de jalousie ardente.

Comment on peut ne rien faire et y trouver un doux plaisir ?

Mon éducation, comme quasiment toutes celles de l’époque (oui du millénaire passé je te le répète), ne m’avait pas préparé à un tel choc psychologique qui m’ébranla tout de go (non pas le jeu asiatique, ni le gentil organisateur d’un « célèbre » club de vacances, ni même …).

De ce choc émotionnel étourdissant jaillit un autre terme exotique celui là : Farniente !

D’un coup d’un seul me voici presque savant d’utiliser un mot d’une langue étrangère, bien que voisine, et de me complaire à le penser, le prononcer, le faire tourner gouleyant, presque le caresser dans un frémissement quasi sensuel.

Je sentais bien que tu me prenais pour un « glandeur » alors qu’en fait je suis un actif de l’inaction : je te conseille l’étude attentive du bouddhisme, du taoïsme et du zen … ça ne te ferait pas de mal.

Pour d’aucuns cela évoque la plage, la campagne, la montagne, une saison particulière, et j’en passe des moins classiques … Pour moi c’est le fait même de l’inaction sous-tendue par le terme qui me chatouille corps et esprit.

Farniente, cela n’est-il- pas « fait néant », comme furent nommés des Rois (pas mages) de notre France d’hier ?

Soudainement me voici réveillé pour mieux songer aux sous-entendus de ces lettres qui tintent à mon oreille gauche (et oui les élections ont eu lieu) pour venir titiller les deux hémisphères cérébraux que je m’efforce d’économiser ce tantôt.

Farniente … Faire néant, un vaste et beau programme … Je te fais remarquer qu’il s’agit d’une action : « faire » néant ! Ce n’est pas, comme je l’entends d’ici résonner tel le bourdon d’une cloche dans ton crâne un peu empoussiéré, inactif … C’est « faire », et faire est action dois-je te le « faire » constater (en un seul mot là) abruptement ?

Je me permets de te conseiller fortement à nouveau l’étude attentive, et sereine, du bouddhisme, du taoïsme et du zen … ça ne te ferait pas de mal à toi qui ne vois que l’apparence des apparences … et toc !

Bon je ne me fourvoierai point dans les méandres de ton esprit envasé … J’en reviens à l’essentiel, l’essence ciel, le vital quoi.

Farniente, le son prononcé me transporte dans la botte d’hier et d’aujourd’hui, sans effort, et même avec un plaisir non dissimulé par la douceur que je sais pouvoir y trouver comme le rêveur sait quérir l’Etoile au sein de l’infinie galaxie.

J’ai comme l’impression d’une ivresse d’apesanteur, d’une liberté ventilée par l’absence d’obligations, un souffle pouvant atteindre le plus profond de l’âme.

Je plane sans besoin d’user de produits aussi illicites que toxiques, voire licites (et taxés par l’État) mais également néfastes à l’humanitude …

J’aime cette action d’être inactif, en avouant qu’elle peut me fatiguer un peu … d’où la compensation par un repos, une sieste (voir à ce mot précédemment), une intense réflexion intellectuelle qui ne m’effraie point.

Farniente me sied à merveille dans l’énigmatique poésie de l’ambiguïté de sa définition activement passive …

Ne rien faire est une activité à plein temps ne t’en déplaise, et à se titre mérite amplement le respect que je lui témoigne quotidiennement, mieux qu’à une déité du passé.

Ne rien faire arrive même quelquefois à m’épuiser par son interminabilté hypnotique faisant confondre jour et nuit, soleil et lune, ciel et terre … J’en ai le tournis, immobile que je suis, dans l’inconfort des successions du chapelet horaire : horreur et damnation !

Ne rien faire … mine de rien il faut le faire, sans se défaire d’une attention soutenue et d’une santé de fer ; ce n’est pas donné à tout le monde, une longue ascèse me semble indispensable, d’innombrables moments d’entrainement itou … Dans un court instant d’orgueil je suis assez fier d’avoir pu atteindre ce niveau, sans équerre et compas.

Farniente fleure bon les congés, les vacances, pourtant cela me prend du temps, du temps comme si j’en avais de trop ; j’ai comme l’intuition que je tourne en rond dans un parallélépipède aux côtés spatiaux et spacieux .. tu me suis ?

Je te sens perplexe là.

Évite donc de réfléchir rationnellement, partiellement, faussement. Laisse toi aller, laisse ton intuition te guider sur cette allée gigantesque du « rien faire » qui va te bouffer tout ton temps, toute ton énergie, tout .. entier.

Farniente dégage aussi un arôme de « pasta », « pizza », « gelati » … Rien que pour ces motifs hautement culturel je ne puis que succomber au charme de son son rythmant mes méditations transcendentalement paresseuses, à l’ombre tout de même …

Vois-tu c’est un « Art » que d’user du « farniente », un art ardu qu’il faut apprivoiser avec douceur, voire avec tendresse … Il n’est pas à la portée du premier quidam venu ! Je vais te dévoiler un secret, un vrai, que pour toi : il faut être « initié » à cet art immémorial par un « Maître », un vrai !

La discrétion ne me permet pas de t’en dévoiler davantage, le serment que j’ai moi-même prêté (et qui me fut rendu avec intérêts) scelle mes lèvres, bloque mes doigts, fige mes éventuelles velléités d’en dévoiler la substantifique moelle.

Il s’agit effectivement d’une aventure personnelle, d’un ressenti intime, l’aboutissement d’une profonde recherche particulièrement sévère, d’un choix mûrement pesé …

De ce « Farniente » ésotériquement reconnu, et avéré, découle une éthique lumineuse par sa simplicité de mise en œuvre, les richesses de ses apports, l’infinitude de ses bienfaits que j’ai personnellement ressentis.

Comment ne pas t’inviter à oser l’esquisse du début d’un commencement de pas vers l’entrée de ce chemin qui, je te l’assure (tous risques) ne pourra que t’être bénéfique …

Quant à moi, vidé par cet effort de tentative de partage, je vais aller me prélasser pour récupérer une respiration sereine comme un canari, cool comme une menthe fraîche et zen comme un samouraï conquérant.

Il n’empêche que je poursuis ma veille en perdant mon regard dans la myriade de scintillement de la voûte étoilée où, taquin, un sourire s’amuse à faire semblant de m’échapper.

Chris

août 6012

318799_3650227219145_689303887_n-300x266 dans Billevesees & coquecigrues

Commentaires»

pas encore de commentaires

Laisser un commentaire

Aldaria Final |
A demi -mot |
DES LETTRES ET DES MOTS |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Aimé Comoé
| Les Poétiques Littérales
| Red Spirit