Je suis en retard … 21 septembre, 2012
Posté par hiram3330 dans : Billevesees & coquecigrues , trackbackJe suis en retard …
Tel le Lapin dans Alice au pays des merveilles, j’ouïs souventefois ce bout de phrase s’évadant de lèvres crispées par l’angoisse du temps passé.
Qui sait si l’expression « poser un lapin » ne découle pas d’une manière indirecte de ce roman fascinant de Lewis Carroll …
Dans mon esprit, sur l’écran de ma mémoire je vois toujours filer cet étrange personnage incongru, vêtu avec un nœud papillon, portant un parapluie et une énorme montre à gousset, virevoltant d’un bord à l’autre de la pellicule de Walt Disney.
Pourquoi cette image courante refait surface aujourd’hui pour venir s’inscrire, en pixels, sur la grisaille mouvante de l’écran de ce micro ?
Tu as vu l’heure ?!
Comment pourrais-je voir l’heure (non pas le département voyons), tout au plus je puis jeter un œil (voir les deux dans mes périodes fastes) vers une quelconque pendule … mais voir l’heure, non, définitivement non je ne la vois pas ! Même de ma fenêtre je ne vois rien passer ! Et pire, tel « sœur Anne » je ne vois rien venir … Suis aveugle à cette quatrième dimension ?
Tu as vu l’heure ? As-tu vu l’heure ?
Que nenni te claironne-je déjà agacé par ton sentiment, visible au tremblotement de ta voix, d’impatience mâtinée d’une poussière d’angoisse diffuse que je ne comprends point.
Pourquoi une telle agitation fébrile qui déplace tant d’air soudainement, enrobée de cette référence iconoclaste à une marée, virtuelle, de secondes-minutes-heures.
J’en suis pantois !
N’as-tu donc pas vu l’heure ?
Ce quasi cri déchirant m’est corné à l’oreille (gauche bien sûr) dans un accès incompréhensible de fureur suintante, comme une bave acidifiée d’un crapaud de légende.
Je me moque de l’apparence temporelle à laquelle tu fais appel dans une bouffée de crainte presque mystique, car je n’ai pas de temps à perdre …
L’averse des minutes glisse sur la carapace de mon indifférence à l’endroit (et à l’envers) de cette cavalcade saccadée entrainant le flot des secondes dans le fleuve des heures qui filent sans pause.
Je suis stoïque sous l’avalanche des récriminations qui font boule de criarderies stridentes et graves comme les cornes de brume, pas d’abondance hélas.
Regarde l’heure !
Quelle heure dois-je scruter ? Je m’interroge en restant cool, zen et serein devant ce déferlement d’agressivité imbibée de crainte superstitieuse qui tente de me prendre d’assaut, d’à sot … Gardons tête froide (et pieds chauds pour faire une bonne moyenne) dans une nonchalance non feinte sur ce phénomène que je ne vois, ni ne maîtrise.
Difficile cette dimension quatrième, quatrième très curieusement car le « quatre » à une symbolique que je trouve bien éloignée cette notion « temporelle », mais je ne vais pas délirer là dessus (ni là dessous), la numérologie ce sera peut être une autre fois.
En attendant : vois-tu l’heure ?
Cette litanie convulsive me hérisse la couenne grave maintenant ! Malgré l’appel à mes quelques connaissances (que je te présenterai à l’occasion – d’or l’occasion) de sophrologie, de méditation zazen, de respiration contrôlée, et de prononciation du fameux « aum », je sens comme un fumet d’irritation grimper le long de ma colonne vertébrale en y taquinant négativement les chakras.
Qu’importe donc la course, apparemment sans fin, de ces aiguilles dans un bocal clos ; qu’importe cet affichage digital où s’estompe les chiffres et les nombres dans un carrousel permanent ; qu’importe le sable s’enfuyant et se cognant, prisonnier, dans la bouteille de verre étranglée …
Pourquoi perdrais-je « Mon » temps à scruter « le temps » , hormis de temps en temps pour vérifier « l’heure de la sortie » ?
Et arrête tes jérémiades qui crissent comme des grains de sable sous les dents, il m’importune « Ton » temps assez pleutre pour s’enfuir sans même se retourner !
Et puis, « Le » temps qu’est-ce ?!
Te voilà coi !
Va donc réfléchir à ceci, mais attention ne perds pas ton temps … personne n’acceptera une déclaration de perte à ce sujet … et toi, inconscient tu auras gaspillé ce que tu considères comme si précieux : l’heure !
Es-tu donc si sûr et certain qu’il existât ?
Je ne crois pas à ces cascades inventées par l’homme dans un soucis de compartimenter sa vie, comme si celle-ci avait un terme quantifiée …
Préfère faire comme moi : après le crépuscule, dans l’espace argenté par la lune, lève ton regard vers la voûte étoilée, entame le chemin de la voie lactée …point de pendule dans cet espace infini, dans cet espace-temps enivrant … observe avec acuité, ne vois-tu rien ?
Non pas « l’heure » mais une étoile éclatante dissimulant un sourire taquin : j’aime !
Chris
septembre 6012
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