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J’ai dit ! 9 février, 2014

Posté par hiram3330 dans : Billevesees & coquecigrues , ajouter un commentaire

J’ai dit !

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Cette affirmation claque tel un pétard de fête en fin de mon intervention … Je dirais même comme un coup de maillet heurtant avec violence le burin de maçon … Et pourquoi pas aussi comme un roulement de tonnerre clôturant une averse perverse.

J’ai dit donc !

Le moment fugace est venu pour moi de me taire pour enfanter un silence planant comme un épervier dans l’azur serein.

J’ai dit quoi !?

C’est vrai, qu’ai-je bien pu éructer pour clore dans ce coup de voix mon propos déjà assoupi à l’instar de ton attention dodelinante en symbiose avec ta tête.

Ce devait être passionnant, superbe, indispensable à notre compréhension mutuelle, comme on dit dans les assurances, en un mot comme en plein d’autres … vital comme la carte verte.

Mais voilà, qu’ai-je dit vraiment, t’en souviens-tu ?

Ma mémoire est encore fouettée par ces trois mots – oui trois le j’ compte pour un – le claquement sonore débordant de vibrations de l’expression de la clôture de mes paroles. Un sursaut m’a électrisé sous l’impact de cette phrase si petite dans l’immensité de son « esprit ».

J’ai dit !

Un lambeau de ma jeunesse vient fixer subitement le jeu de mots, celui des gestes, de « jacques a dit » où l’agilité coordonnée se déployait dans l’espace de mon cerveau comme dans celui de mon corps.

Comment affirmer ma personne sinon en attirant l’attention sur des sons déjà passés et dissous dans l’air en un embrasement de vibrations fusant à la vitesse de l’infini.

Était-ce intéressant ce que j’ai pu prononcer, bafouiller, balbutier … Oui me dis-tu avec un brin de compassion, un zeste d’ironie et beaucoup de compréhension affectueuse. Mais je doute ! Et tu t’en doutes.

J’ai dit ! J’ai dit c’est vite dit, mais est-ce si sûr ?

Qu’est-ce qui serait si sûr … que « j’ai dit » ou que « c’est vite dit » ? Je t’interroge toi qui m’écoutes en cet instant par le biais des vibrations visuelles naissant des caractères  qui ont crypté ma pensée et mon verbe.

Perplexe te voici et te voilà face à l’incertitude des certitudes que tu pensais avoir. L’a-t-il dit ou pas ? Grave question qui implique l’un et l’autre, d’où cette autre question : « l’un dit, l’autre écoute, mais entend-il ? »

J’ai dit ! Hug (à l’instar paraît-il des amérindiens) !

Ainsi donc, dès avant Moi on aurait dit « j’ai dit » dans une langue barbare qui plus est ;  j’en suis ébahi, quelque peu désarçonné par l’incongruité de cette découverte inopinée.

Encore que je reste persuadé que ce « Hug » ne fut jadis et naguère qu’une éructation plus digestive et stomacale que l’expression sensée d’une pensée raisonnée, et toc !

Et le port de plume(s), tel un paon rougneux, ne fait ressembler le quidam bien plus à une autruche, tête enfouie, qu’à un majestueux rapace aux griffes enserrant un glaive ; et re-toc !

Je te l’envoie pas dire !

De fait, comme je l’ai dit : « j’ai dit ! « .

Nous voici, en cet instant si éphémère, face aux sons que ma voix, fatiguée, a jeté à la face interloquée de celles et ceux qui croyaient me faire croire qu’ils écoutaient … Leur sursaut sous la gifle de mes mots finaux  corrobore l’hypothèse d’un réveil subit !

Abasourdis ils sont, en quête de rassembler leurs idées (je laisse le pluriel car nous sommes en période électorale) qui tambourinent sur les parois dures de leur crâne sclérosés  par une sieste incongrue alors que je leur causais ….

Heureusement que je me suis exclamé : « J’ai dit !’

Et même avec force et vigueur, suffisamment pour les sortir de leur torpeur digestive de cette soirée bien entamée.

En quelque sorte je me suis borné à lancer des mots dans le vide, à faire vibrer des sons qui n’ont pas même effleurés leur yeux emplis des brumes du pré-sommeil, à discourir pour moi.

Je m’interroge : fallait-il le dire ?

Et pourquoi pas ?

Et quand bien même le seul attentif à ma logorrhée verbale fut le reflet de mon miroir, je n’ai pas perdu mon temps, temps qui n’existe pas … je n’ai pas égaré des miettes de ma pensée ciselée pour l’occasion … je n’ai pas été stérile car la Parole, le Verbe, le son sont créateurs !

Alors : « J’ai dit ! »

Et je persiste, et je m’obstine dans cette voie, dans cette voix où sont les sons qui naissent dans l’air, l’air de rien, pour façonner l’incréé en réalités concrètes qui te laissent sans voix, sans voie toi qui clignotent des yeux en poursuivant ces mots écrits que j’ai posé là à ton attention.

Je l’affirme haut et fort, je m’affirme ici et maintenant, car j’exècre le silence improductif qui fait taire, fait terrer la libre circulation des effets sonores allant parsemer l’immensité de l’instant d’autant de potentialités à découvrir, à déceler, à déguster.

Le silence « commun », le silence « profane », le silence qui gît sur les « parvis », celui qui ne sait pas qu’il n’existe pas paradoxalement ! Celui qui représente un désert … celui là m’indiffère.

Aussi une fois encore, une fois de plus je tonne : « J’ai dit ! ».

C’est ainsi que le Silence s’ouvre comme la corolle d’une fleur d’acacia pour répandre son message olfactif, sensuel, éternel …

J’ai dit ! Et j’ai bien dit ! Foin de fausse humilité !

Maintenant je peux me permettre de lever la tête vers ce qui est en Haut, qui est comme ce qui est en Bas, qui Est.

Maintenant, la tête levée je fouille, avide, ce maelstrom de diamants stellaires où je sais trouver une Perle, celle d’un regard complice que j’aime …

J’AI DIT !

Chris

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