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L’âme est-elle immortelle ? 24 avril, 2025

Posté par hiram3330 dans : Apports , trackback

L’âme est-elle immortelle ? Qu’est-ce la vertu ? Peut-elle s’enseigner ?

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Autant de questions auxquelles Platon tente de répondre dans l’un de ses ouvrages les plus fameux (Le Ménon) Le Ménon est un dialogue philosophique majeur de Platon, centré sur la nature de la vertu (aretê) et la question de sa transmissibilité. Il met en scène Socrate et Ménon, un jeune aristocrate thessalien influencé par les sophistes, notamment Gorgias.

Dès les premières lignes, Ménon demande à Socrate si la vertu peut s’enseigner. Cette question apparemment simple devient le point de départ d’une enquête philosophique plus vaste sur la définition de la vertu, la possibilité du savoir, et la nature de l’âme.

1. Qu’est-ce que la vertu ?

Plutôt que de répondre directement à la question de Ménon, Socrate souligne qu’on ne peut savoir si quelque chose peut être enseigné tant qu’on ne sait pas ce qu’il est

Il invite donc Ménon à fournir une définition générale de la vertu. Ce dernier propose d’abord une liste de vertus selon les âges, les sexes ou les fonctions sociales — une réponse que Socrate juge inadéquate car elle ne révèle pas l’essence commune de la vertu.

Plusieurs autres définitions sont discutées : la vertu comme capacité de commander, comme désir de choses bonnes, ou encore comme justice.

Socrate les rejette tour à tour, pointant leur caractère trop particulier, leur circularité, ou leur incohérence logique.

2. Peut-on apprendre la vertu ?

Incapables de s’accorder sur une définition claire, les deux interlocuteurs s’interrogent néanmoins sur la manière dont on pourrait acquérir la vertu. Cette réflexion mène au célèbre paradoxe de Ménon, formulé par le jeune homme :

« Comment chercher ce que l’on ne connaît pas ? Si on le connaît, on n’a pas besoin de le chercher. Si on ne le connaît pas, comment saura-t-on que c’est cela qu’on cherchait ? »

Ce paradoxe soulève une objection radicale à la possibilité même d’apprendre : toute recherche semblerait vaine.

Socrate y répond par l’introduction d’une de ses thèses les plus célèbres : la théorie de la réminiscence.

La théorie de la réminiscence

Pour dépasser le paradoxe, Socrate avance que l’âme humaine est immortelle et qu’elle a contemplé les vérités éternelles avant de s’incarner. Ainsi, toute connaissance véritable n’est pas une acquisition ex nihilo, mais une remémoration de ce que l’âme savait déjà.

“Apprendre, c’est se souvenir.”

Il en donne une démonstration en interrogeant un jeune esclave de Ménon sur un problème géométrique. Par une série de questions, sans rien lui enseigner directement, Socrate amène l’esclave à reconstituer une vérité mathématique.

Cette expérience illustre et l’idée que la vérité sommeille en chacun de nous.

3- La vertu vient-elle de l’enseignement, de la nature ou d’un don divin ?

Une fois la possibilité du savoir réhabilitée, la question de l’enseignement de la vertu revient.

Socrate examine alors les figures reconnues pour leur vertu, comme les grands hommes politiques d’Athènes (Thémistocle, Périclès…), et remarque qu’ils n’ont pas su transmettre leur excellence à leurs propres enfants. Cela semble indiquer que la vertu n’est pas un savoir transmissible comme l’arithmétique ou la musique.

Face à cette difficulté, Socrate propose une hypothèse prudente : peut-être la vertu n’est-elle pas un savoir, mais une opinion droite — une opinion vraie, mais non fondée en raison. Ces opinions peuvent parfois bien guider l’action, comme le savoir, mais elles sont instables et ne s’expliquent pas. Si tel est le cas, la vertu pourrait être le fruit d’une inspiration divine, une forme de grâce ou de faveur accordée par les dieux à certains hommes.

Pour conclure :

Le Ménon est un texte essentiel dans la pensée platonicienne. Il pose des questions fondamentales : Qu’est-ce que le savoir ? Peut-on apprendre ce que l’on ignore ? La vertu est-elle un savoir ou un don divin ?

À travers ces interrogations, le dialogue explore certaines des notions-clés du platonisme : la méthode dialectique, la maïeutique, la théorie de la réminiscence, la notion de vertu.

Mais fidèle à l’esprit de Socrate, le texte ne propose pas de réponse dogmatique. Il laisse le lecteur dans un état d’aporie, propre à susciter en lui le désir de philosopher davantage.

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