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Brun café … 11 novembre, 2011

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Brun café

 

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Ainsi fut l’impression, du coin de l’oeil, quand la silhouette passât dans le clair obscur d’un soleil printanier.

Était-ce l’ombre du parasol de la terrasse, un éclat de lumière provenant du ciel qui troublait mon regard, une réminiscence de mon goût (immodéré) pour ce produit préféré par moi glacé, bref d’où me vint cette image fugitive ?

La tête tournée vers cette ombre en plein soleil je faillis trébucher sur le trottoir abîmé, abîmé que j’étais dans mes pensées fugaces dont l’objet restait scotché à ma rétine.

Double éclair des verres rectangulaires de lunettes .. un regard laser noisette, l’esquisse d’un sourire, un mot : bonjour.

Surprenant ce mot, inattendu autant que chantant dans le son d’une voix encore inconnue .. accompagné d’un sourire, franc, venant tel un sucre de canne agrémenter cet instant.

Sourire accentué, accent grave et aigu, circonflexe des sourcil, et pourquoi pas …. bonjour aussi, bonjour sûrement, bonjour aujourd’hui …

Engagement d’un dialogue frôlant parfois un double monologue, apprivoisement en douceur, presque dans un silence chuchoté et partagé, et cela à l’ombre de la terrasse qui amoindrit la brûlure d’un soleil amusé.

Non pas de verre d’eau avec le café, et à boire un verre d’eau autant qu’il remplace, avantageusement, l’incandescence d’un rouleau de « Nicot » … Mais chut … trop tôt encore … et le café vient humecter un bref sourire, un brin amusé, un zeste narquois, une larme envieux.

Les parole, paresseuses voguent sur l’onde d’un zéphyr caressant la chaleur de cette journée estivale, venant d’un coin languissant à une encoignure ombragée pour s’éteindre, vaporisées, par l’impact d’un sourire.

Léger, l’air vibrant amoindrit les ciselures des mots plus chuchotés qu’énoncés … des sujets s’ébauchent, des idées volent, le ton s’affirme, les non-dits s’éclatent tandis que passent des passantes callipyges nonchalantes, au regard narquois, sûres de l’importance de la géométrie physique.

Moments baroques qui filent sans se presser, dans la fluidité de leur minutes bourrées de secondes qui se chevauchent presqu’avec voracité sans la chaleur du soleil surpris de cette vélocité inédite à cette heure ci.

Brun café est donc à contre jour  comme une ébauche de demain à l’aurore, une silhouette droite, figée parfois telle une Massaï  fière toisant le temps infini qui n’existe pas ici, ni là.

Tension dissimulée qui sourd discrètement dans une lueur fugace des yeux, un soupir muet, une crispation subtile et incontrôlable … soucis qui se veulent discrets sinon secrets ..Tension laissant s’évader, parfois, une amorce de sourire venant éclairer l’instant suspendu.

Complexité.

S’étourdir quelquefois, dissoudre le stress dans des verres, des danses, courir comme une ombre dans la fumée d’une crise d’angoisse qui jaillit, volcanique, et s’enfuit, et s’enferre, et .. mais la maîtrise revient, accompagnée de perles salées humectant les joues dans la pénombre de l’ombre.

Fragilité d’une force qui ne peut sans cesse résister aux assauts des sots, les nerfs qui se nouent, l’optimisme qui vacille et tourne sur lui-même  dans des crises combattues et battues …

La noisette des yeux se ressaisit sous les boucles des cheveux pour traverser, à nouveau, le foyer des verres embués d’un passé en mi-teinte où se mêlent noir et blanc.

C’est un chat qui vient réconforter, recharger également ces perles du temps qui luisent de sel, et non d’un sucre candi adoucissant le brun café ..

Caramel soyeux telle est cette luminescence qui transpire soudain à l’éclairage d’un sourire, au détour d’une phrase saupoudrée d’humour, dans l’atmosphère d’un geste ample, en filigrane d’une attitude relâchée.

Mais c’est le mistral qui vient emporter les feuilles mortes et les idées sombres, les éclats de hier, l’amertume de breuvages inopérant, les souvenirs qui traînent çà et là, la poussière de jadis.

Brun café miroite à nouveau dans l’étincelle d’un sourire en dégustant un nième café, saupoudré d’une pincée de nostalgies dont les limbes se dissolvent.

Les hublots carrés laissent enfin errer le regard noisette en direction de la voûte parsemée d’étoiles, dans l’infini imperceptible du devenir qui scintille au plus profond de la voie lactée.

Chris

novembre 6011

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Intemporel 5 juillet, 2011

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Intemporel

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Une goutte de souvenir glisse, sans bruit, sur l’écran plat qui fourmille de pixels mouvant pour s’ordonner.

Un rayon de soleil vient faire luire la noirceur d’un café qui fume tel un volcan en ce début de matinée.

Une double gemme de saphir naît doucement pour teinter l’image de ma mémoire et éclairer le commencement de ce jour.

Crépitement de talons quand la silhouette  aux fragrances poivrées se déplace dans un mouvement souple qui fait frissonner l’air.

Les cheveux chatoyants dans l’espace soudain plein d’une présence qui semble scintiller dans l’éclair du sourire.

Un rire.

L’ombre lumineuse sait rire aussi, elle aime à taquiner les sourires d’autrui dans un bruissement de geste rapides, retenus, qui stimulent des arabesques de mots s’égarant dans l’air toujours frissonnant.

Les saphirs illuminent au travers ces éclats cascadant des perles ourlées d’un rouge carminé … Les couleurs se joignent comme les sons qui créent des mots et des phrases aux sens sensés, aux sens sensuels, aux sens …

Opales sont devenues les saphirs dont la teinte prend de la profondeur comme dans une anse de l’Adriatique ou de la Ligurie, ces eaux méditerranéennes qui sont telles des langues venant lécher des rives.

Un sourire.

Démarrant du pourpre des lèvres, découvrant l’ivoire des perles, il s’étend et s’étale dans une ample progression, comme une marée d’équinoxe, pour illuminer le regard de parcelles et de paillettes mordorées.

Scintillement plus doux qu’un feu d’artifice, plus chaud qu’une flamme d’incendie, plus … hypnotique ; peut-on s’y égarer ?

Silhouette fugace qui danse en ma mémoire, qui virevolte tant et tant que les couleurs s’estompent, une inconnue reconnue au travers d’esquisses qui se fondent comme dans une ombre multicolore, dans un silence magique.

Brume de l’image devenue sépia en restant vivace, longs et courts les cheveux vivent dans le vent, les couleurs forment un kaléidoscope allant du noir au blanc au gré des teintures qui se succèdent, inutiles au charme existant.

Silhouette vive dans son immobilité où je devine les traits d’un visage, le jeu des mains, l’odeur des mots, les courbes du regard ….

Tout se brouille comme au sein d’un brouillard ouaté, la neige du passé présent apaise les éclats et apure l’icône féminine qui s’évanouit dans le silence d’un aria.

Surréalisme …

Pourtant, pourtant ce n’est pas un rêve, un songe, un spectre … c’est bien une silhouette débordante de vie dans la complexité de ses parures furtives.

Est-elle « Une » ou « multiple » ? Est-ce un genre de puzzle qui germe dans mes neurones, plutôt qu’une vitalité que mes sens perçoivent ?

Je m’interroge en errant le long d’une rive déserte où gisent des débris d’hier et d’aujourd’hui …. Demain ?

Alors dans l’espoir d’ivoire clair ce sont les clins d’oeil de la voie lactée qui m’attirent vers la voûte étoilée en quête d’un regard et d’un sourire.

Chris

juillet 6011

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Si, si .. 16 mars, 2010

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Si, si ..

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Tu ne vas pas me croire, c’est incroyable, pourtant c’est vrai, vrai de vrai, je t’assure (tous risques) j’ai eu cette fabuleuse chance inouïe, je l’ai vu, de mes yeux vu !

Pourquoi moi ? Et pourquoi pas moi ! Après tout je suis dans la moyenne générale de l’humain (j’espère), alors la faveur de cet évènement m’a échu et comme je suis un zeste partageux, je vais te le narrer, encore sous le coup de la vision, je dirai même (j’ose) de la grâce ….

Il était assis …. lumineux dans sa rondeur de femme enceinte, le regard brillant, du moins le reflet de ses lunettes  laissait croire que .., un sourire béat de fausse humilité sereine, un café (offert) d’une main, l’autre prête à bénir le premier quidam venu. C’est ainsi qu’il m’est apparu la première fois, alléluia.

L’émotion, immédiatement, m’a saisi …. ma gorge s’est serrée, mes yeux se sont embués, mon souffle s’est égaré, en un mot j’étais statufié par cette vision aussi inattendue qu’exceptionnelle …. hosanna !

Soudain, tel un doigt divin, un rayon de Râ vient faire étinceler le ballon de vin (rosé) qui se dissimulait partiellement derrière le canard  gras du troquet. Était-ce La « Cène » ? Cette question fusa dans mon esprit ahuri, cogna mes neurones hagards, hallucina mon regard vacillant …

Mais où donc se trouvait le « pain » ? Comme une cène peut-elle exister sans pain ?  Mes prunelles furetèrent à la vitesse cosmique de la lumière éblouissante … Ouf, je le vis enfin, camouflé sous un dossier autant urgent qu’huileux et antique, il était là et bien là le « pain au chocolat ». J’assistais donc bien à la Cène !!!

Magnifique !

J’extasie …. je suis quasiment en lévitation transcendantale …. comme sous l’effet du LSD (Le Soda Dégazé) …. gaffe à la chute mon pote, plus on est haut, plus elle est dure …. (la chute bien sûr).

Je me repris lentement à respirer avec parcimonie tant j’étais encore émotionné par cette image époustouflante qui avait imprégné mon âme redevenue enfantine. Gloire à toi …. C’est l’immanence !

Cool, zen et serein me dis-je dans un murmure essoufflé ..  Cette rencontre sans commune mesure, même pas de poids, est un signe pensais-je sous l’illumination … des néon du troquet.

Ainsi devins-je un des apôtres !

Muet j’observais ce front ruisselant de la sueur de l’intense réflexion permanente de celui qui désormais sera ma voie, ma voix .. transfiguré je fus sous le coup du sort, sous le coup de chaleur, sous le coup de cette conversion aveuglante de sincérité absolue.

Vite un demi, ou plutôt un bock pour ré-humidifier ma bouche asséchée par l’extase naissante !

Période bénie qui débuta alors, sur un chemin rectiligne de méandres tortueux, ou le sourire bonasse camouflait un appétit de squale dérivant dans les hauts fonds, mais également dans les bas fond de la pensée unique : la sienne (pas la terre italienne).

Hypnotisé par la parole sirupeuse je suivis, deux pas en arrière, pendant quelques temps l’homme qui cachait son ombre, le gourou qui, onctueux, distribuait parfois même gratuitement son enseignement rigoureux de dégustation alcoolisée, de repas interminable, de geste libidineux, et de pensées graveleuses.

Fascination.

Je rageais de n’être qu’un parmi la poignée d’apôtres .. car apôtres il y avait .. certes le nombres n’atteignait pas la douzaine (comme dans le roman si connu) mais ils étaient de poids. Ce qui me rassurait un brin était qu’ils fussent de chair et d’os (moins d’os que ..) comme moi.

Un doute.

Si les apôtres sont aussi peu nombreux .. cela ne dissimule point une supercherie à la foi affichée ? Je m’interroge, je suppute, je m’atermoie .. en un mot comme en deux …. je doute soudainement ! Ma foi s’est-elle envolée, évaporée, dissipée sous le choc de cette question muette qui me taraude le cervelet, même le bulbe rachidien.

Que nenni, comment serait-ce donc possible que j’eusse face à moi une fausse icône, une idole factice et pastichée .. en un mot comme en trois un mirage aveuglant la poudre évanescente de ma réflexion spirituelle.

Tout de même je passe en revue, non le quarteron d’apôtres, mais des souvenirs récents de mon vécu d’idolâtre béat qui éclosent soudain sur l’écran de ma mémoire anesthésiée .

Comment ?

Comment ??

Comment !!!

Que n’ai-je donc vu plutôt ce qui était aveuglant …. « on en reparle demain » fut un cri de ralliement avec « on mange où ? » mieux connu dans ce cercle ovale. Bref, l’essentiel était dans la transmission initiatique d’une obéissance divine teintée, dans la masse, d’un soupçon de paternalisme parfois équivoque.

Le messie …. est-ce finalement un gourou ? Enfer et damnation ! Je m’interroge et te pose la question abruptement, sans finesse, sans détours, sans ambiguïté, sans un mot de crainte que ce dernier ne fut rapporté par les oreilles larges qui traînent partout … d’une image corse, à un orang dégoûtant, voire même qui sait d’un serpent de la jungle routière.

Je tremble, je frissonne devant l’avalanche de découvertes soudaines et aveuglantes comme l’éclair (non chocolaté) d’un feux clignotant orange surmontant une caisse jaune fluo …. Et si … et si … je n’ose l’envisager une seule seconde isolée !

Et que dire de la vision édénique de sa nuée vaporeuse d’apôtres se piétinant pour avoir l’honneur et la grâce d’offrir un demi, un quart (rosé) une larme de caoua …

Une litanie, un peu déplumée tout de même, d’une demi (sans faux col) douzaine d’adeptes extasiés et anesthésiés par l’ampleur de la puissante pensée boulimique et les inévitables « on en reparle demain » qui sont au starets, au cénobite aussi fondamentaux qu’une bouée (ventrale) au bavarois (pas le gâteau) tâteur de blondes (mousseuses).

L’air inquiet, l’oeil hagard, le souffle rauque c’est ainsi que ce décrit le zélé disciple un peu (beaucoup) sectateur groupie béni oui-oui de base, un brin rustique, un zeste affiné mais pas fini, en un mot comme en deux : halluciné de première.

Et la cène !

Énorme par l’ampleur de chacun des apôtres individuellement, nonobstant la masse impressionnante de cette demi-douzaine rassemblée, ou plus précisément entassée, sur des chaises qui n’en peuvent mais … et une table qui gémit lugubrement sous les assauts des couverts voraces et arrosés de liquides raisineux fermentés.

Baroque par l’assemblage hétéroclite des ambitions similaires, mais pas complémentaires, cette poignée de porteur de valises se prélasse face à la stature, ronde, de l’icône qui pourrait léviter si … si … si le poids (des soucis) ne venait contrarier l’envol gracieux (non pas graisseux) de son corps altier et de sa pensée éclairante comme l’étincelle fumante d’un briquet à silex.

Hilarante par les coups de coudes, les croc-en-jambes, les ironies vaseuses, les critiques acides, les regards vitreux, les … non La pensée (unique) et pas mirobolante d’une auto-satisfaction des plus superfétatoire et pléonasmique dans son unicité esseulée et répétitive.

Une miette de fébrilité vient secouer mes réflexions esbaudies …. et la croix ? Pas la lessive voyons ! La Croix, avec les clous, la couronne d’épine et la lance dans le flanc ( oui avec un c le flanc !), bref l’imagerie habituelle de l’autre, le vieux d’avant .. lui-même .. si je ne m’abuse (et ne t’abuse d’âneries).

De quoi « mécréant » ?! Niet ! C’est la « copie » qui est en cause, pas mon regard torve que je jette négligemment sur cette silhouette qui n’a rien de bouddhique mais beaucoup de maléfique.

La croix .., elle manque dans l’histoire celle-ci .. voyons, réfléchissons comme le verre minéral et glacé qui lui couvre les yeux telle l’ébauche d’un masque, d’une cagoule corse, ou d’un passe-montagne de braqueur d’une série noire …. crucifixion en panne donc, pour le moment, mais tout espoir reste permis.

Heureusement, grâce à Dieu, ce cauchemar explose brusquement dans la soudaineté imprévisible d’un réveil brutal lorsque retentissent, en bousculade, les deux cris de râle – y – ment : « On en reparle demain » car ce qui compte est de savoir là, ici et maintenant …. « on mange où ? » … bigre !

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Et si, si .. ce n’était pas un vrai songe, ni une fausse réalité ..

Il me reste heureusement la vision, bien réelle, elle, d’une soirée journalière où les étoiles s’amusent à se poursuivre sur le satin d’une voûte au bleu profond, si profond qu’il en semble noir ..

Si, si ..

 

Chris

mars 6010

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Amis … 31 décembre, 2009

Posté par hiram3330 dans : Silhouettes , ajouter un commentaire

 Amis …

 

Moi mes amis je ne les aime ni avec coeur ni avec intelligence.
Le coeur peut s’arrêter et l’intelligence peut oublier.
Moi j’aime mes amis avec mon âme.
Elle n’oublie pas et ne s’arrête pas.

Mevlana

Merci Bernard pour …

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Ardèche 15 mars, 2009

Posté par hiram3330 dans : Silhouettes , 2 commentaires

Ardèche

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Enfin arrivée !

L’air enivre par sa fraîcheur et sa pureté conservées jalousement dans le secret des vallées et des crêtes …, la vue est vaste, la nature souriante de cette venue rituelle, la maison respire la santé de revoir son hôte qui grimpe la pente jusqu’à sa porte déjà bâillant du  plaisir de ces retrouvailles.

L’esprit s’échappe, au delà de là pour aller à la rencontre de là bas, qui est pourtant là aussi … des silhouettes naissent, re-naissent dans la lumière de cet azur, des images de hier qui est le demain d’aujourd’hui s’amassent et se forment en une riante corole, apurées de toutes scories d’en bas.

Lieu fantastique, lieu hors du temps, lieu .. magique.

Ardèche est le nom d’un serpent d’eau creusant des gorges vertigineuses, ardèche est une cache de vie, et non de rêves … c’est là ! C’est ici que des racines sont nées, agrippées dans la roche du soleil enfin brillant, celui qui éclaire l’intérieur, celui qui illumine regards et sourires, celui qui est Vie et bonheur, bonheur simple et apaisé, bonheur … canari.

Contemplation de cette terre faussement aride, de ces roches trompeuses de sécheresse, de cet air sec qui sait faire naître l’humidité de l’oeil.

Appropriation du silence de la nature qui gazouille, frémit, susurre, frissonne, avec la douce mesure d’une évidente sérénité.

Un peu plus haut se niche, se love le lopin où gargouille une discrète source rafraîchissante, dissimulée en partie, par la végétation rebelle et protectrice, par les arbres … par Lui, allongé, comme pour écouter par le sol les pas venant lui rendre hommage et partager son histoire, la comprendre, la poursuivre …

Magie !

Errer sans but, et sans pléonasme, est une activité vitale en cet espace préservé des miasmes d’ailleurs, des souvenirs lointains, des soucis qui ainsi s’estompent, avec une délicate timidité, face à l’énergie qui vient et s’enroule autour des pas pour bonifier la transpiration de l’effort consenti.

La vue s’égare, sans se perdre, dans l’horizon où gîte une masure sortant de la gangue de son passé ….  Un nid semble se bâtir, celui enfin où l’étape sera infinie, où on se posera avec la tendresse du coeur, celle qui est ici infinie aussi.

La vue se fond également dans des travaux de rénovation autres, dans des remise en valeur d’une terre sous laquelle bruissent ces racines, doubles, qui s’étendent en souplesse, en caresses, ensembles …pour tricoter des entrelacs de douceur sincère.

Qu’importe la saison.  La neige ouate les sons, sauf ceux du bois qui pète sous l’assaut des flammes ; la pluie nettoie les derniers grains de jadis ; le vent entraîne dans le lointain les images grises qui s’estompent ; le soleil embellit, autant que peut ce faire encore, le sourire ; la lune, complice, couvre l’étreinte ; les nuages s’esclaffent du duo qui marche main dans la main ; l’arc en ciel reflètent l’humeur ….

Magie !

Et puis, et puis quand le soleil dans un clin d’oeil va s’assoupir derrière les montagnes, l’azur se met à miroiter des danseuses, sans tutu, venant batifoler dans l’écrin de la nuit. Elles passent et repassent dans des orbes immuables, croit-on, d’aucunes même taquinent le regard en clignotant de plaisir …. Quelques traits de feu sabrent parfois ce ballet, en se consumant pour que les voeux s’accomplissent …

Les jours se succèdent sans heurts, sans contraintes, sans angoisses .. Le temps n’a plus la même valeur, il ne s’agit plus ici de secondes, minutes et heures .. il s’agit d’instant, de moment, d’espace … d’une rencontre perpétuelle, d’un échange permanent, d’une ébauche de fusion …. il s’agit d’être et d’êtres.

Peu importe les vagues d’avant, là est la quiétude … celle des pensées, de l’esprit, de l’âme … de l’intimité de l’individu qui s’est retrouvé dans le lieu, et dans l’autre qui l’accompagne, non comme un double ou une ombre, mais comme un complément si longtemps attendu.

Magie encore !

Le firmament, diurne comme nocturne, se retrouve et se reflète dans le regard qui chemine, souriant, vers la silhouette qui se trouve partout en permanence … Les étoiles étincellent, la lune pouffe, le soleil rit … l’arc en ciel fait un dais de ses dégradés pour protéger ce duo en marche ….. vers l’indéfini de cette osmose.

Magie toujours !

C’est en ce lieu, étrange par sa simplicité, qu’est le havre trouvé d’un repos partagé, consacré à soi et à l’autre, à l’autre donc à soi, à ce couple à la sérénité trouvée, ancrée dans le terroir de cette Ardèche un peu hors du temps qui n’existe plus .. Hier s’est dillué, aujourd’hui est savouré, demain n’existe pas …

Chris

mars 6009

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Lui 30 novembre, 2008

Posté par hiram3330 dans : Silhouettes , 2 commentaires

Lui

Il y a ….. longtemps, dans un autre siècle, je l’ai rencontré … non par hasard (je n’y crois pas) mais parce que c’était le moment et le lieu. C’est ainsi la vie, on cherche parfois, on trouve quelque fois, tout cela serait la destiné dit-on.

J’y songe souvent, surtout en cette période, car je l’ai vu, vivant si je puis dire, à la fin de l’année, d’une année… c’était hier, il reste présent dans mon esprit, dans mon coeur et je l’entend encore qui me dit …..

Personnage imposant, personnage pesant, personnage pour beaucoup impressionnant … il était pourtant lui, simplement mais entièrement, avec une finesse bourrue, un sourire intérieur, une pensée lumineuse : un Maître, un vrai … de ceux qui font cent centimètres quelles que soient les conditions d’espace et de température.

J’appréciais son humour décalé, son humour délicat, son humour glacial … que d’instants où, complices par l’esprit et le regard, nous discutions de choses et d’autres, d’autres aussi oui …. il était ainsi, comme un peintre impressionniste, par petites touches, codées, multiples, à tiroirs … nombreux les tiroirs.

Il était de profession … architecte, oh pas Grand Architecte De L’Univers, non … architecte créateur par sa vision intérieure qu’il mettait en oeuvre sur le terrain concret …. en imaginant des bâtisses, des universités, des magasins, des collectifs, tant de constructions qu’une fois, une seule, je l’ai taquiné en l’appelant Hiram …

Hiram ! a-t-il grogné … un peu rogue, avec la malice au fond de l’oeil gauche … Hiram ? Qui est Hiram m’a-t-il rétorqué … Ma taquinerie m’a valu, ce jour là, de longues minutes interminables d’explication embrouillées, partielles, confuses sous son regard perçant et froid comme une banquise des pôles.

Assis, bourrant sa pipe il regardait d’un oeil lucide l’agitation qui le cernait, les « courtisans » qui venaient quémander un conseil, une idée, ou plus prosaïquement qui souhaitaient qu‘on les visses en sa compagnie … les pires … Je n’ose écrire là les termes, bruts, qu’il savait employer à leur égard et sans égard …..

Un personnage oui ! Craint … du moins par ceux qui n’ont pas su voir au delà des apparences, au delà de son apparence … craint aussi des autres, les mesquins et petits qui tremblaient de leur propre ombre, mais ceux-là …..

Une figure oui ! Connue « orbi et orbi », pas des médias bien sûr, mais de nous tous ici et maintenant, là et là bas, quelle que soit notre couleur, notre niveau, notre langue … Connu il l’était, en son pays, en son continent, de ses pairs, de ses « adversaires » également.

Un esprit oui ! Lumineux et en expansion permanente , semant ici où là, ici et là des parcelles de matière ne demandant qu’à s’enflammer pour éclairer … combien de fois n’ai-je pas tenté d’en saisir des éclats … combien de fois n’ai-je pas laissé passer, entre mes doigts trop écartés, cette manne ?

Un homme oui ! Givrant d’apparence, brûlant d’amour pudique … Oui « d’amour » ….. pour ses semblable et pour l’humanité, qu’à sa place il essayait d’améliorer un tant soit peu par sa pierre qu’il burinait inlassablement. Pour moi, pour nous il faisait figure de « clé de voûte », rayonnant il savait d’un mot, d’une parole (pas perdue pour tout le monde) remettre d’équerre et d’aplomb la construction en oeuvre.

C’est assez amusant et paradoxal, il aimait lui aussi les paradoxes, mais sa présence apparemment glaciale réchauffait nos réunions et notre atmosphère, surtout lorsqu‘il semblait s’être assoupi … et voilà qu’une paupière se levait, qu‘une grêle de mots s’enchaînaient, que des idées se bousculaient vers nous tout ébahis de la clarté apportée …

Il n’a pas laissé de livre, il n’a pas laissé d’écrits hors ceux par autrui rapportés, il n’a pas laissé de testament  pour dire ceci ou cela … Non il n’a rien laissé de ce genre, ce n’était pas son genre …

Très Puissant Souverain Grand Commandeur « ad vitam » d’honneur, il n’a rien laissé de matériel, mais son apport fut, est si important qu’il laisse rêveur ceux qui ont pu bénéficier de sa présence très éclairée …

Sa présence est permanente dans nos coeurs, dans mon coeur à moi et dans mon esprit … car l’Homme qu’il fut pendant les années où j’ai pu l’approcher, où il m’a prit en affection curieusement, reste vivace, très vivace en moi ….. j’aime à me souvenir de son sourire qui brillait dans ses yeux quand il parlait, dialoguait avec des « jeunes » ….. un transmetteur … un vrai.

Mon Bien Aimé Frère Chaby point besoin de photo pour te voir ….. tu es !

Chris

novembre 6008

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Etoile 2 novembre, 2008

Posté par hiram3330 dans : Silhouettes , 2 commentaires

Étoile

En levant le regard vers les cieux, à la tombée de la nuit, ou un peu avant l’aurore, j’aime à contempler ce tapis qui scintille doucement, sans bruit, sans limite, m’attirant pas sa beauté dans l’infini de l’espace là où le vide paraît être le maître.

La voie lactée s’étend, se prélasse dans la voûte étoilée en des milliards de lucioles clignotantes à l’instar des sirènes mythiques des océans aqueux de la planète bleu que nous habitons.

Chaque point, chaque clignotement, chaque éclat de diamant que je perçois est une histoire en elle-même, un temps de jadis, un passé qui se précipite à ma rencontre, une réalité physique, une strophe de poésie, une image de l’ailleurs, un souffle de l’immensité, une miette de galaxie, une parcelle infinitésimale de l’Un.

Je suis fasciné, muet, mais pas aveuglé.

Ce tapis chatoyant et vivant qui tourne au-dessus de moi, autour de moi m’entraîne dans la ronde des temps et des vies …

Comme tout être humain je prends la mesure de ma grandeur minuscule dans l’Univers dont j’essaye de percevoir, d’appréhender, d’admirer le ressac, la respiration du Tout qui, loin de m’écraser, m’incite à chercher au plus profond de moi une autre parcelle de lumière qui doit s’y dissimuler.

Pas un jour ne passe sans qu’un instant ne soit consacré à cette observation rêveuse, pendant laquelle l’esprit s’échappe de la matière pour voguer, libre, vers l’éternité de l’absolu dans la quête d’une découverte attendue car inattendue. Paradoxe.

Parfois j’ai envie, tel un mage ancien, d’en saisir la toile pour m’en faire une cape qui envelopperait ma vie, et poursuivre ainsi un chemin sous les auspices de ces lumineuses gouttes d’éternité.

Voguer sans bouger dans les vagues de ces marées perpétuelles de beauté sans nom m’amène à trouver des brillances différentes, des différentes luminosités, qui sait l’exception qui pourrait n’être que de moi vue …

La dix-septième lame du Tarot fait surface dans mon esprit, vient taquiner ma curiosité insatiable, chatouiller ma conscience …

L’histoire humaine, mythique, parfois mystique également, fait état d’un guide stellaire éclairant l’esquisse d’un chemin à découvrir, à emprunter, qui sait .. à déguster.

Mon regard va se perdre dans cette incommensurabilité en quête d’un étoile mienne.

Étrangement se perdre en observance dans l’incommensurable n’est pas toujours la bonne vision nécessaire … la proximité aveugle aussi quand on ne sait plus où porter l’oeil ….. Pourtant, pourtant l’Étoile a paru déjà là, oui là, au bout de mon nez …… si proche que je pourrai presque en loucher.

Les pulsions du cosmos, tel les battements d’un coeur, résonnent en moi, raisonnent en moi … j’y suis attentif, j’y suis sensible.

Les nuées s’écartent, les nuages de poussières du passé à venir s’ouvrent devant ma vue perçante qui cherche au delà de là ce qu’ici siège dans un sourire doux et que je ne vois pas encore …

L’infinitude est aussi vaste que la profondeur de mon intimité et les deux se télescopent sans cesse en aller-retour d’échanges sans paroles .. un peu comme un duo s’équilibrant par trans-fusion  afin que l’équilibre des niveaux soit atteint.

Explosion silencieuse dans cette immensité sidérale et sidérante.

Du ciel et de la terre j’en reviens à moi, nain dans l’espace, égaré dans ma recherche instinctive, déboussolé face au zénith … quémandant à l’Orient un indice, un signe que je m’aveugle à ne pas remarquer si près …. si proche …. si souriant.

L’étoile a paru.

Et je ne la voyais pas ….. pourtant je l’avais remarqué, deviné, senti ….

La chaleur de sa présence, la lumière de son regard, la clarté de son sourire, tout est là ; là oui à porté de ma porté et l’étoile cherchée est en fait l’éclat des étoiles qui illuminent un regard où l’on se perd et se repère mieux qu’avec une boussole indiquant le septentrion.

Pas de trou noir, pas de naine blanche, pas d’atomiques rayons, même pas de météores, ni d’éclipses …..

Là !

L’Etoile a paru et je la vois, et je plonge dans les galaxies qui tournoient dans la luminosité de ce souriant regard qui me trouble et m’attire …

Dans la « botte », du sud au nord on dit : Stella !

Moi je dis : « la mia Stella »

Chris

novembre 6008

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