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Jacques Brel – Les Vieux (Live officiel Casino de Knokke 1963) 12 avril, 2024

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Maxime Le Forestier et Georges Brassens : les copains d’abord ! – C à Vous – 18/03/2021 11 avril, 2024

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La Linea In Concert 9 avril, 2024

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LA CARAVANE DES PROMESSES 8 avril, 2024

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Youssef Jebri, Ecrivain

Sponsorisé · Financé par Youssef Jebri, Ecrivain

LA CARAVANE DES PROMESSES

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Vendredi 8 septembre 2023, Casablanca, peu après 23h15, Yanis quitta précipitamment son appartement cossu du quartier du Maarif. Il partit rejoindre ses collègues du ministère de l’Aménagement du territoire. En 2004, quelques mois après un séisme qui ravagea la région d’Al Hoceima, dans le Nord du pays, Yanis intégra le ministère. Sorti major de la promotion 2002 de la prestigieuse école française des Ponts & Chaussées, il fut embauché à la faveur d’un recrutement externe réalisé pour attirer les jeunes talents marocains du génie civil.

Le séisme, d’une magnitude de 6,7 sur l’échelle de Richter, cause près de 700 morts, des milliers de blessés et d’énormes dégâts matériels. L’émotion fut vive dans tout le pays. L’incompétence et l’incurie des autorités furent pointées du doigt mais, comme d’habitude, nullement celles du roi. Sacralité et servilité obligent.

Depuis près de vingt ans qu’il travaillait au ministère de l’Aménagement du territoire, Yanis en avait connu des réunions et des cellules de crise. Il contribua au lancement du programme marocain de gestion des risques de catastrophes naturelles et à la création d’un fonds d’indemnisation. À cet effet, le Maroc reçut des aides et des prêts de la part d’organismes internationaux. Pourtant, les victimes n’étaient pas toutes indemnisées. Comme d’habitude, c’est au bon vouloir du roi.

En se dirigeant vers son véhicule de fonction, Yanis sentit comme un bourdonnement soudre des fenêtres et des balcons des immeubles avoisinants. Au loin, les sirènes de deux, trois ambulances semblaient jouer aux sinistres avertisseurs, ces crieurs de malheur.

En ouvrant la portière de sa voiture, Yanis entendit un premier : « Ya latef ! Ya latef ! », puis rapidement un second, plus triste, plus émouvant. Un cri déchirant appelant à la miséricorde d’Allah.

En s’installant au volant de son Audi A6, Yanis comprit que la nouvelle du tremblement de terre qui venait de toucher le Maroc s’était répandue. D’abord rumeur, l’information se mua très vite en horreur. L’ampleur de la catastrophe sema l’effroi et l’émoi. Sur les vidéos diffusés sur les réseaux sociaux, les corps n’étaient plus que des cadavres et les bâtiments, par milliers, étaient couchés au sol. Partout des morts. Des douars entiers furent détruits.

L’Audi A6 s’engagea sur l’autoroute reliant Casablanca et Rabat, la capitale où se trouvent tous les ministères. À la radio, les journalistes égrainaient la liste morbide des lieux touchés. La terra avait tremblé dans le Haouz et aussi à Ouarzazate, Marrakech, Chichaoua, Azilal, etc.

Yanis connaissait bien ces régions du Haut-Atlas, cet autre Maroc. Un Maroc d’un autre âge, d’un autre temps, resté figé au début du siècle dernier. Un Maroc vieux de cent ans d’âge, vivant encore au moyen-âge. Un Maroc de la misère et du sous-développement que les tour-opérateurs, afin d’attirer les touristes étrangers, n’hésitent pas à présenter comme le Maroc authentique.

En près de vingt années d’activité au sein du ministère de l’Aménagement du territoire, Yanis n’avait pas réussi à faire évoluer d’un iota la situation des habitants du Haut-Atlas. Il y a deux mois encore, il fit partie d’une délégation interministérielle qui se déplaça pour inaugurer une nouvelle ligne d’autocars. Selon les responsables, dans dix ans, ces autocars – achetés d’occasion à une entreprise allemande de transport – permettraient de désenclaver la région. Inch Allah ! Le roi, en visite privée à l’étranger – une formule protocolaire ou plutôt un euphémisme pour dire qu’il est en vacances –, ne fit pas le déplacement.

Depuis lors, les images de ce voyage hantaient – jour et nuit – l’esprit de Yanis. Elles symbolisaient ce qu’il pensait de l’administration marocaine, le fameux Makhzen. Au volant de sa voiture, Yanis avait honte. Honte de lui, honte de son pays.

Il lui était impossible d’oublier cette vieille dame drapée dans un haïk blanc. Le village d’Aïn Ichlil n’étant pas accessible en voiture, les autorités locales rassemblèrent les habitants sur le bord de la route afin d’accueillir la délégation interministérielle. Un cortège de berlines fraîchement sorties de l’usine arriva sur place vers midi. Le projet inauguré en fanfare, la délégation voulut quitter la région dare-dare, ne laissant pas le temps aux habitants de présenter leurs doléances, oraison funèbre de leurs rêves.

Cependant, la vieille dame sortit du rang, leva les yeux et éleva la voix pour la première fois de sa vie. Elle parla vite, débitant sans relâche les mêmes phrases, des questions que se posent, aujourd’hui encore, tous les habitants de la région :

« Avez-vous pensé à nous pour l’eau ? Et l’électricité que vous nous promettez depuis des années ?

Quand terminerez-vous la route pour que vos cars puissent arriver ?

Pourquoi avez-vous augmenté le prix du pain ?

Pourquoi cette nouvelle hausse du prix de la farine ?

Pourquoi nous demandez-vous d’envoyer nos enfants à l’école si vous en faites des diplômés-chômeurs ?

Pourquoi les coups et les arrestations lors de chaque manifestation ?

Pourquoi ceux qui dirigent ce pays font fi de la dignité de leurs administrés ?

Enfin, pourquoi, encore une fois, le roi n’est pas là ? »

Personne ne prit la peine de lui répondre. Au reste, hormis Yanis, quelqu’un d’autre l’avait-il entendue ? Le projet inauguré, quelques poignées de main échangées et quelques clichés diffusés en boucle dans les journaux télévisés toujours aseptisés, la délégation quitta sur-le-champ la région.

L’Audi A6 filait à vive allure sur l’autoroute. 110, 120, 130 km/h. Yanis vit apparaître au loin, devant lui, une semi-remorque transportant un container probablement chargé de produits manufacturés importés d’Europe, de Turquie ou de Chine.

Yanis prit très vite sa décision. Aussitôt, l’Audi A6 fonça sur la semi-remorque et alla s’encastrer sous le camion. Yanis perdit la vie le vendredi 8 septembre 2023, peu avant minuit. Il ne laissa ni veuve ni orphelin, juste ses parents et ses deux sœurs.

Ce que vous venez de lire est une fiction. Du moins, Yanis est un personnage tout droit sorti de mon imagination. Toutefois, la description du Maroc actuel, quant à elle, est bien réelle et factuelle.

Le Maroc des campagnes et des montagnes vit à l’écart du développement économique du pays. En plus de soixante années d’indépendance, les membres du Makhzen sont toujours au-dessus des lois. Le roi, n’en parlons pas. Sa personne est sacrée et inviolable selon la Constitution, hélas, toujours octroyée. Remettre en cause, ou même commenter une décision royale relève du crime de lèse-majesté. L’élite bourgeoise du pays demeure compradore et concussionnaire. En 2023, des journalistes et des militants politiques croupissent en prison. Les coups, les blessures et la torture font toujours partie des méthodes policières. La corruption et le clientélisme définissent le mode de gestion des affaires de la Nation.

Le tremblement de terre n’est pas le seul responsable des 2000 victimes. Loin de là ! Le mektoub n’y est pour rien.

Mais que font le Makhzen et le roi ?

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© Youssef Jebri, septembre 2023.

#maroc #TremblementDeTerre #hautatlas #MohamedVI #marrakech #makhzen

 

Léo Ferré • Les Anarchistes (HD) 7 avril, 2024

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L’HOMME 5 avril, 2024

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L’HOMME

Ces Trois Mots

C’était un après-midi de fin Novembre, qui déjà n’avait plus rien d’automnal.

La ville dressait ses murs de pierres obscures. Le ciel était haut, désolé, couleur de froid. Les hommes cheminaient en se poussant les uns les autres sur les trottoirs. Les voitures passaient à toute vitesse.
Il devait être quatre heures de l’après-midi, par un jour sans pluie ni soleil.
Il y avait beaucoup de gens dans les rues ce jour-là. J’allais sur le trottoir, en toute hâte. Quand tout à coup je me trouvai derrière un homme pauvrement vêtu, qui portait dans ses bras un enfant blond, un de ces enfants dont la beauté est presque impossible à décrire.
Une beauté de matinée d’Été, la beauté d’une rose, celle de la rosée, unies à l’incroyable beauté d’une innocence humaine. Instinctivement, mon regard se fit un moment prisonnier du visage de l’enfant. Mais l’homme cheminait très lentement et moi, portée par le mouvement de la ville, j’en vins à le dépasser. Mais en le dépassant je tournai la tête pour regarder une dernière fois l’enfant.

Ce fut alors que je vis l’homme. Immédiatement, je m’arrêtai. C’était un homme extraordinairement beau, qui devait avoir dans les trente ans et sur le visage duquel étaient inscrits la misère, l’abandon, la solitude. Ses vêtements qui, d’avoir perdu leur couleur, étaient devenus verdâtres, laissaient deviner un corps rongé par la faim. Ses cheveux étaient châtain clair, partagés par une raie, assez longs. Sa barbe qui aurait dû être rasée depuis plusieurs jours, poussait en pointe. Étroitement sculpté par la pauvreté, son visage laissait voir la beauté de l’ossature. Mais plus beaux que tout étaient ses yeux, ses yeux clairs, brillants de solitude et de douceur. À l’instant même où je le vis, l’homme leva la tête vers le ciel.

Comment dire son geste ?
Le ciel était haut, muet, couleur de froid. L’homme leva la tête dans l’attitude de quelqu’un qui a franchi une limite, n’a plus rien à donner et se tourne vers l’ouvert en quête d’une réponse. Son visage ruisselait de souffrance. Son expression était tout à la fois celle de la résignation, de l’épouvante et de l’interrogation. Il marchait lentement, très lentement, du côté intérieur du trottoir, rasant les murs. Il marchait bien droit, comme si son corps tout entier se dressait dans l’interrogation. Tête levée, il regardait le ciel.
Mais le ciel n’était qu’étendues, vastes étendues de silence.

Tout se passa en un instant, voilà pourquoi, moi qui me souviens nettement du vêtement de l’homme, de son visage, de son regard et de ses gestes, je n’arrive pas à revoir clairement ce qui se passa en moi-même. Ce fut comme si je m’étais retrouvée vide, à regarder l’homme.
La foule n’arrêtait pas de passer. C’était le centre du centre de la ville. L’homme était seul, tout seul. Des îlots de gens passaient sans le voir.
Moi, je m’étais arrêtée, mais en vain. L’homme ne me regardait pas. Je voulais faire quelque chose, mais je ne savais pas quoi. C’était comme si sa solitude avait été au delà de tous mes gestes, comme si elle l’avait enveloppé et séparé de moi, qu’il était trop tard pour prononcer la moindre parole, qu’il n’y avait plus de remède. C’était comme si j’avais eu les mains liées. Ainsi parfois, dans les rêves, nous voudrions agir et ne le pouvons pas.
L’homme marchait très lentement. J’étais arrêtée au milieu du trottoir, à contre-courant de la foule. Je sentais la ville qui me poussait et me séparait de l’homme. Personne ne le voyait, lui qui marchait très lentement, si lentement, tête levée, un enfant dans les bras, rasant les murs de pierre froide.

Aujourd’hui, je pense à ce que j’aurais pu faire. Il aurait fallu me décider rapidement. Mais j’avais l’âme et les mains lourdes d’indécision. Je ne voyais pas. Je ne savais qu’hésiter et douter. Voilà pourquoi j’étais arrêtée là, impuissante, au milieu du trottoir. La ville me poussait et l’horloge sonna.
Je me rappelle que quelqu’un m’attendait et que j’étais en retard. Les gens, qui ne voyaient pas l’homme, commençaient à me voir, moi. Il était impossible de rester sur place. Alors, tel un nageur que le courant emporte et qui renonce à lutter pour se laisser mener par le flot, je cessai de m’opposer au mouvement de la ville et me laissai emporter par la vague des gens, loin de l’homme.
Mais pendant que j’allais sur le trottoir, cernée d’épaules et de têtes, l’image de l’homme restait présente devant mes yeux. Et naquit en moi la sensation confuse qu’en lui il y avait quelqu’un ou quelque chose que je reconnaissais. Rapidement, j’évoquai les lieux où j’avais vécu. Je déroulai à l’envers le film du temps. Les images défilèrent, vacillantes, un rien frissonnantes et rapides. Mais je ne trouvai pas. Et je tentai de réunir et de revoir tous mes souvenirs de portraits, de livres et de photographies.
Mais l’image de l’homme demeurait isolée : tête levée qui regardait le ciel avec une expression d’infinie solitude, d’abandon, d’interrogation.

 

Je revins en arrière. Remontai à contre-courant le fleuve de la foule. Je craignis de l’avoir perdu. Il y avait des gens et des gens, des épaules, des têtes et des épaules.
Mais soudain je le vis encore.
Il s’était arrêté, mais continuait à porter l’enfant et à regarder le ciel.
Je courus, presque en poussant les gens. Je n’étais plus qu’à deux pas de lui. Mais à ce moment-là, exactement, l’homme tomba par terre. L’enfant était tombé avec lui et pleurait sur le trottoir en cachant sa tête dans le bas de son vêtement.
Alors la foule s’arrêta, formant un cercle autour de l’homme. Des épaules plus fortes que les miennes me repoussèrent en arrière. Je me retrouvai à l’extérieur du cercle. Je tentai d’y entrer à nouveau, mais n’y parvins pas. Les gens pressés les uns contre les autres formaient comme un seul corps soudé.
Devant moi il y avait des hommes plus grands qui m’empêchaient de voir. Je voulus jeter un coup d’œil, demandai à passer, essayai de pousser, mais personne ne me fit place. J’entendis des lamentations, des ordres, des coups de sifflet. Puis arriva une ambulance.
Lorsque le cercle s’ouvrit, l’homme et l’enfant avaient disparu.
Alors la foule se dispersa et je me retrouvai sur le trottoir, allant de l’avant, portée par le mouvement de la ville.

Bien des années ont passé. Certainement l’homme est mort.
Mais il marche à nos côtés. Par les rues.

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Sophia de Mello Breyner
Contes exemplaires
Paris, La Différence, 1988

LEO FERRE Les Poètes 30 mars, 2024

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