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Etoile 2 novembre, 2008

Posté par hiram3330 dans : Silhouettes , 2 commentaires

Étoile

En levant le regard vers les cieux, à la tombée de la nuit, ou un peu avant l’aurore, j’aime à contempler ce tapis qui scintille doucement, sans bruit, sans limite, m’attirant pas sa beauté dans l’infini de l’espace là où le vide paraît être le maître.

La voie lactée s’étend, se prélasse dans la voûte étoilée en des milliards de lucioles clignotantes à l’instar des sirènes mythiques des océans aqueux de la planète bleu que nous habitons.

Chaque point, chaque clignotement, chaque éclat de diamant que je perçois est une histoire en elle-même, un temps de jadis, un passé qui se précipite à ma rencontre, une réalité physique, une strophe de poésie, une image de l’ailleurs, un souffle de l’immensité, une miette de galaxie, une parcelle infinitésimale de l’Un.

Je suis fasciné, muet, mais pas aveuglé.

Ce tapis chatoyant et vivant qui tourne au-dessus de moi, autour de moi m’entraîne dans la ronde des temps et des vies …

Comme tout être humain je prends la mesure de ma grandeur minuscule dans l’Univers dont j’essaye de percevoir, d’appréhender, d’admirer le ressac, la respiration du Tout qui, loin de m’écraser, m’incite à chercher au plus profond de moi une autre parcelle de lumière qui doit s’y dissimuler.

Pas un jour ne passe sans qu’un instant ne soit consacré à cette observation rêveuse, pendant laquelle l’esprit s’échappe de la matière pour voguer, libre, vers l’éternité de l’absolu dans la quête d’une découverte attendue car inattendue. Paradoxe.

Parfois j’ai envie, tel un mage ancien, d’en saisir la toile pour m’en faire une cape qui envelopperait ma vie, et poursuivre ainsi un chemin sous les auspices de ces lumineuses gouttes d’éternité.

Voguer sans bouger dans les vagues de ces marées perpétuelles de beauté sans nom m’amène à trouver des brillances différentes, des différentes luminosités, qui sait l’exception qui pourrait n’être que de moi vue …

La dix-septième lame du Tarot fait surface dans mon esprit, vient taquiner ma curiosité insatiable, chatouiller ma conscience …

L’histoire humaine, mythique, parfois mystique également, fait état d’un guide stellaire éclairant l’esquisse d’un chemin à découvrir, à emprunter, qui sait .. à déguster.

Mon regard va se perdre dans cette incommensurabilité en quête d’un étoile mienne.

Étrangement se perdre en observance dans l’incommensurable n’est pas toujours la bonne vision nécessaire … la proximité aveugle aussi quand on ne sait plus où porter l’oeil ….. Pourtant, pourtant l’Étoile a paru déjà là, oui là, au bout de mon nez …… si proche que je pourrai presque en loucher.

Les pulsions du cosmos, tel les battements d’un coeur, résonnent en moi, raisonnent en moi … j’y suis attentif, j’y suis sensible.

Les nuées s’écartent, les nuages de poussières du passé à venir s’ouvrent devant ma vue perçante qui cherche au delà de là ce qu’ici siège dans un sourire doux et que je ne vois pas encore …

L’infinitude est aussi vaste que la profondeur de mon intimité et les deux se télescopent sans cesse en aller-retour d’échanges sans paroles .. un peu comme un duo s’équilibrant par trans-fusion  afin que l’équilibre des niveaux soit atteint.

Explosion silencieuse dans cette immensité sidérale et sidérante.

Du ciel et de la terre j’en reviens à moi, nain dans l’espace, égaré dans ma recherche instinctive, déboussolé face au zénith … quémandant à l’Orient un indice, un signe que je m’aveugle à ne pas remarquer si près …. si proche …. si souriant.

L’étoile a paru.

Et je ne la voyais pas ….. pourtant je l’avais remarqué, deviné, senti ….

La chaleur de sa présence, la lumière de son regard, la clarté de son sourire, tout est là ; là oui à porté de ma porté et l’étoile cherchée est en fait l’éclat des étoiles qui illuminent un regard où l’on se perd et se repère mieux qu’avec une boussole indiquant le septentrion.

Pas de trou noir, pas de naine blanche, pas d’atomiques rayons, même pas de météores, ni d’éclipses …..

Là !

L’Etoile a paru et je la vois, et je plonge dans les galaxies qui tournoient dans la luminosité de ce souriant regard qui me trouble et m’attire …

Dans la « botte », du sud au nord on dit : Stella !

Moi je dis : « la mia Stella »

Chris

novembre 6008

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Pas un jour sang … 28 septembre, 2008

Posté par hiram3330 dans : Silhouettes , ajouter un commentaire

Pas un jour sang …

 

L’aube ne pâlit pas encore l’horizon pendant que mon regard se perd dans l’infini de la voie lactée qui s’étale, voluptueuse, sur la couche d’un bleu profond qu’est en cet instant la voûte étoilée.

Toutes ces escarboucles semblent s’échanger,sans cesse, une multitude de clins d’oeil plutôt empreint d’une certaine retenue, un peu comme si elles échangeaient, discrètement, des informations sous le manteau de rares nuages gris.

Ma vision tente de s’aiguiser pour percevoir des débris de conversations muettes, des fragments d’images fugaces, des relents de senteurs d’ailleurs, des humeurs de hier ou de demain.

Cette attente me ravit, m’impressionne, me fait frissonner sous le regard goguenard de cet astre lunaire prêt à aller se cacher dans la lumière si puissante de son voisin qui le poursuit apparemment de ses rayons dardant comme des épées flamboyantes.

J’aime à me perdre dans cette contemplation où je peux dialoguer avec moi-même et l’écho que me renvoient tous ces points de lumière qui scintillent, j’aime aussi quelque fois à percer la brume du passé, si proche, et observer les chemins qui s’évasent derrière moi.

Mais là, je suis nerveux, mal à l’aise, crispé, tendu, j’en arrive à frissonner légèrement et ma vue se brouille quelque peu, et la brume trouble cette voûte si profonde ….

Je sens comme  un souffle, comme une haleine chargée qui vient lourdement, péniblement, envahir l’espace si beau de mes rêves, de mes joies, de mes envies … un peu comme si une mare visqueuse s’étalait, comme si un maelström se créait, si un trou noir tentait d’avaler des galaxies …

Étrange sensation qui me donne la chair de poule soudain alors que se lézarde une part du voile sali d’un hier que je croyais, que je voulais clair comme une aurore, paisible comme une aube sereine, cool et zen ….

Et oui, un relent brûlant vient racornir des images si souriantes qu’elles en paraissent, qu’elles en deviennent irréelles, si brouillées que je doute, oui je doute de leurs éventuelles existences de ce hier qui s’évapore en un brouillard terne et gras, gluant.

A travers ces nappes de miasmes j’aperçois, j’entrevois, je devine une, non plutôt deux, même plus encore de silhouettes qui s’ébattent sans limites en ricanant en me regardant à l’instant de leur paroxysme duel, voire même plus … et ça c’était avant le n°2 déjà ….. quel … ai-je pu être de sincérité absurde alors que, grimaçantes, ces silhouettes se tordaient … d’ironie aussi … de moqueries … sardoniques …

Quelle dose de mépris je reçois là, quelle déferlante d’humiliation vient me heurter de plein fouet, quel acide vient creuser des plaies qui suintent du pus de mes illusions naïves … un culbuto … un culbuto qui dérive dans la tempête de sa déroute, où démâté, je tente de tenir la mer …

Quel gâchis, quel gâchis pour moi du moins quand le passé d’avant hier vient heurter celui de hier et se mêler inextricablement en des moments où le temps s’évanouit, se dissout comme mes espoirs que j’avais pu esquisser en douceur, lentement, avec patience, pour qu’ils soient forts et vigoureux, durables et bien ancrés. Un avenir .. complice, partagé qui s’évapore ..

Mais cela n’est plus, cela a été écrasé sans aucun scrupule, avili, dans le fond sans hésitation, quasiment sans état d’âme quand la matière s’est enflammée, quand la fugacité a prit le pas sur la pérennité, quand l’illusion des promesses a étouffé la réalité des menteries ….

Saccage, oui saccage semble un mot juste dans cette déferlante de mensonges et de lâchetés, de plaisirs si passagers que maintenant la solitude rôde, érode les contours flous d’un appartement de passage… s’amplifie tant, que n’importe quoi faire pour l’éviter, on multipliera les n° s’il le faut, d’ailleurs ce fut fait il y a déjà si peu car quand je dis n° 2 , ou 3, voire … c’est juste une image,fausse, en plus…. c’est pathétique.

Et l’aube rougit elle aussi devant cette tristesse du spectacle où l’humain ne brille pas, où le brouillard efface les contours, où l’esprit s’égare, où la peur suinte malsaine, où les illusions s’effondrent, où n’importe quoi on fera, n’importe quoi avec n’importe qui comme déjà hier …..

Tristesse se fond avec pitié … souvenirs avec blessures … miroir avec coupures … quel … ai-je pu être,fracassé, une sorte de gigolo dans le fond, on se payait la « philosophie » d’un simulacre de plaisir ….., on pouvait prendre pour pas lourd un pan d’un rêve que je croyais, naïf, partagé, pas cher payé, des soldes presque, un parrainage en promotion quasiment, et puis du moment où existaient les autres, les autres compensations … dès le lendemain, comme la veille, pour un moment, pour un week-end, pour un « voyage ibérique », pour un « stage de formation .. », pour …. expérimenter des « nouveautés », et bien c’est ainsi, sans doute aucun, c’est même probablement en deçà de la réalité …

Pantelant et haletant je reste abasourdi de tant de duplicité malsaine, lâche où la parole factice à couvert la réalité sordide parfois  et souvent …. pauvre d’elle j’ai une immense pitié, pauvres autres qui vont eux aussi jouer, gagner des moments, puis en quérir d’autres plus stables, ailleurs … car ils savent eux … que le jouet se jettera …. quand le mécanisme s’enclenche, comment l’arrêter ?

Pourtant encore là, j’ai failli une fois encore, une fois m’écouter, une fois voir de mon regard de l’intérieur, de celui de mes rêves, une fois de plus passer outre même au « petit criquet », me laisser aller à mes …, passer …. mais pour passer il ne faut pas être seul, et l’examen du tableau ne m’est pas favorable, la priorité reste autre, terriblement autre, cyniquement autre, sordidement autre, effrayante … un recours tout au plus et encore, même pas un « bouche trou », c’est terrifiant.

Dangerosité de tels jeux … dangerosité extrême, physique, morale, psychique … qui relève en partie de … mais ainsi va la vie qui est ce qu’on l’a fait, même moi j’ai brûlé sous cet acide imprévu que je n’ai su sentir venir ….. et malgré cela, à cause de cela … non malgré cela pas un jour ne passe sans, sang …

Chris

Juin 6008

 

 

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Fils de .. 17 août, 2008

Posté par hiram3330 dans : Silhouettes , 3 commentaires

Fils de ..

 

C’est quand même étrange, l’esprit crée des images que les yeux n’ont jamais aperçues.

Il m’apparaît un léger brouillard d’où, doucement, se dégage une ombre, ou plutôt une brume évanescente issue de mon imagination, presque de mon imaginaire ..

La taille ? je ne sais et m’en moque .. L’aspect ? Il en est de même …. Par contre je vois la brillance du regard, qui pétille et sourit, en exprimant ainsi la richesse de l’intérieur, celle qui compte bien plus que l’or, bien plus que l’argent ; celle qui pourtant se transforme souvent en Soleil et en Lune dans le dédale de mon imagination.

Oui, du  » jamais vu  » j’en arrive quasiment à  » j’ai senti « , comme quoi le regard, tant le sien que le mien peuvent s’accrocher au delà de la connaissance, plutôt via la reconnaissance. Pour moi c’est  » instinctif « , pas raisonné ..

C’est quand même étrange, je reconnais cette émanation vaporeuse au travers de ses écrits, cocasses, burlesques, tristes, révoltés, tendres aussi ..

Brins de folie ..

Amusant comme expression .., le pluriel allié à un singulier, et ce singulier est « hors normes », du moins en théorie en notre société, j’irai même jusqu’à dire que « folie » est un concept quelque peu … abusif souvent, enfin me semble-t-il.

De toutes manières ces brins, pluriels, recouvrent à la fois absurdités, divagations, envolées lyriques et pensées stériles si j’ai bien saisi .. Mais cette énumération est plaisante par ses clins d’oeil ironiques, dérisoires, malicieux, brefs « décalés » souvent.

Ainsi transpire une personnalité en voie de maturation qui aime déjà à manier les mots, les idées, les paradoxes et l’humour .. un jour, qui sait, celle-ci ira jusqu’à quérir Parole et Verbe par les voies de traverses, celles qui sont si trompeuses et ardues, mais pleines de découvertes intérieures …

Dans l’instant reste pour elle la nécessité impétueuse .. celle que tous, oui tous nous avons entendu aussi : « passe ton … », réussit à trouver un « métier » qui te plaise si possible, et tant d’autres « poncifs » qui font l’horreur de notre temps de « jeune », au moins ….

 » De mon temps … » oui c’est vrai, déjà moi-même j’en suis là, parfois las également, « de mon temps … » on jouait dans la rue, on bougeait sans cesse et pas le « mulot du micro » on bougeait hein !!! On bougeait nous, car les « jeux de rôles » se passaient en « réel », en chair et en os, pas en virtuel derrière la neutralité d’un écran ….

Mais  » de mon temps » c’était si différent et pourtant si semblable à aujourd’hui .. que je n’ose te le dire de crainte de paraître pour ce que je suis probablement …. déjà, là aussi.

Et toi !

Toi qui aime à l’humour un zeste ironique, à l’absurde d’un paradoxe qui te saute au visage, à l’encre de ton stylo qui parfois se perd sur le papier, à tes envies, à tes besoins, à tes craintes, à tes peines tu sais que le temps qui passe c’est le sable qui coule entre tes doigts .. et qu’est-ce que le sable, sinon des « Evereste » qui ont vieillis et roulés, et boulés , des mondes qui ont mué, muté sous l’action de la nature, comme toi, comme moi, comme nous …

Et toi !

Que t’importe cela dans la mesure où c’est demain que tu regardes, avec amusement parfois, avec acuité souvent, avec interrogations toujours .. Ton regard balaye cet espace en devenir, bien mieux que le sol de ta chambre …. si tu sais ce que cela veut dire, bien sûr.

Et oui, je peux être taquin paraît-il, et je le reconnais bien volontiers, c’est dans ma nature, dans la tienne je pense aussi d’une manière autre, mais similaire .. L’ironie reste acceptable si elle n’est pas porteuse, ou portée, par une once de méchanceté que tu découvriras si vaine dans la vie qui sera tienne, qui est tienne.

Et toi !

Pourquoi ces mots à ton égard, pourquoi ces phrases pas vraiment aisées, pourquoi cette tape sur l’épaule ? Peut-être parce que j’apprécie tes écrits, même si je ne le dis pas souvent ; peut être es-tu un lointain tain de mon miroir à moi ; peut être représentes-tu une étincelle de mon hier ; peut être tant de choses, peut être si peu de choses …. Dans le pays où je suis né, il y a ……. , « fils de » se dit « ben », et c’est important pour la pérennité de l’être.

En quelque sorte je me parle quand j’arrive à décrypter les lettres qui dessinent les mots que tu veux partager, avec toi, avec autrui, avec tout le monde car nous sommes tous « tout le monde », tu dois le ressentir intuitivement en lançant ces kyrielles de lettres qui arrivent à s’organiser sur le blanc du papier, le fond de l’écran .. tu sèmes ces chapelets d’images imaginées et imaginaires reflétant les méandres, encore à apprivoiser, de tes pensées qui coulent au delà de toi ….

Poursuit !

Poursuit tes écrits ludiques qui sont les reflets d’instants dont tu aimeras à te souvenir quand, à ton tour, tu liras peut être d’autres mots, d’autres phrases, d’autres …. et tu pourras alors ressentir que l’écrit, ludique ou pas, ludique c’est mieux .., est un moyen de transmission de l’être, est un des moyens, pas le seul, est un moyen de peindre à sa propre manière son ressenti d’aujourd’hui, en témoignage de demain …

Et oui, « fil de … » en écrivant ici et maintenant, c’est demain que tu construis pour toi, pas que pour toi …. mais pour toi ça compte beaucoup, et demain tu sauras à nouveau humer l’air de hier, celui d’aujourd’hui qui est enfouit, imprimés dans tes neurones.

N’hésite pas ! Poursuit ! Et bâtit … en levant ton regard vers les étoiles qui seront tes complices et t’assisteront dans leur silence …

Chris

août 6008

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Contraste 12 août, 2008

Posté par hiram3330 dans : Silhouettes , 2 commentaires

Contraste

 

En flânant sur la toile, paresseusement, presque indifférent, le contact fut pris, un peu au hasard, un peu « comme ça », un peu.

Surprenante rencontre où le choc des mots, parfois acerbes, parfois étranges, souvent déroutant fut le champ clos d’un début de dialogue, presque d’un duel, pouvant ressembler aussi à un monologue.

Surréalisme de la toile, échanges épisodiques, semi-confidences, le tableau se compose à petite touche un peu comme ceux de .. oui, c’est cela.

Un monde se dessine doucement, en noir et blanc, quelquefois en pastels, plus rarement en « primaires » hors le rouge ..

Artiste .. peintre, lectrice, chineuse, curieuse donc de l’imaginaire, de l’expression de l’intime, de la vue sans yeux, de l’intuition naturelle, de l’émotion sans limites ..

Caractère impétueux en apparence, la silhouette peu à peu sort de la brume de l’écran .. C’est en premier lieu un regard, un regard laser, de ceux qui percent souvent au delà des apparences, mais aussi qui ne voient que la part adoucie de la vie.

Instants de lassitude, instants de découragement, instants de …. Mais le rebond est chevillé au corps malgré l’attitude pouvant devenir vertigineuse, devenir sombre, devenir épuisée.

Les yeux clos au monde du vivant, l’esprit est ouvert aux vivants du monde .. l’envie de l’espoir, l’espoir de re-naître, de naître, d’être encore et toujours dans cet espace qu’est ce cocon et ce nid au bout de tout, face à tout, source de respirations.

Une assise éloignée dans la garrigue, un hameau en fin de route, des chats .. un atelier où s’exprime la sensibilité à fleur de peau, parfois même à fleur de nerfs …. une vraie sensibilité donc.

La curiosité est là, pour moi … mais pas que pour moi, car les heurts des mots sont fréquent avant qu’ils ne deviennent plus polis, plus apaisés, plus amadoués ..

L’esprit est curieux, curieux allant jusqu’à l’étrange lorsque qu’au coin d’un détour perle une image surgissant de hier pour se fondre dans l’aujourd’hui de demain.

Comprendre est une constante .. mais également un effort, un exercice qui tire l’image, le son , l’odeur du brouillard de la mémoire encore fragilisée …. Une lutte permanente entre soi et soi, entre la volonté farouche et la réalité quelquefois épuisante et douloureuse.

Mais ce combat ne cesse pas, même lors du sommeil les rouages grincent sur l’huile de la volonté, dans ce monde où rêves et réalités, souvenirs et avenirs peuvent se fondre et se confondre.

La provocation cède le pas à la douceur de l’intime où la sensibilité est blottie, protégée, à l’affut du moindre souffle léger que dissimule le mistral, et écrase le soleil d’été.

Le sommeil est ce moment sans moments, cet espace-temps qui,telle une bulle, vogue dans l’éther des pensées rêveuses et idéalisées. Un refuge, un havre, parfois un blockhaus hérissé de défenses aussi acides que vaines, car c’est le coeur qui commande.

Le sommeil ce monde hors du monde, peut être une nostalgie inconsciente de l’ailleurs effleuré il y a peu … là où fut enterrée la peur, là où gisent de nombreux souvenirs enfouis, là où s’entr’ouvre une porte inaccessible …..

Mais même en ce lieu immatériel, l’esprit fonctionne, construit, rétablit, et laisse place à l’imagination créatrice à travers la veine artistique qui est le socle de la personnalité.

Alors, bien sûr que demain sera autre, différent mais aussi riche que pu l’être hier … c’est ainsi que la lutte est utile pour atteindre les perspectives d’un re-nouveau, d’une re-naissance, de l’éclosion du cocon pour laisser place à la clarté du soleil du midi …

Que l’artiste sensible puisse accepter que demain existe, et nous fasse profiter encore longtemps des bénéfices de son imagination … pour que la lumière créatrice s’exprimât pour elle et nous.

Chris

août 6008

 

 

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Présence 1 août, 2008

Posté par hiram3330 dans : Silhouettes , ajouter un commentaire

Présence

 

Quelques militants arrivent, un peu paresseusement, répondant à la convocation dont l’ordre du jour est, comme souvent, plutôt classique. Doucement le brouhaha s’estompe pour laisser place au traditionnel tour de table de la présentation de chacun et chacune.

Habituelle litanie, parfois un peu lassante, et pourtant toujours utile il faut bien en convenir .. sinon pour se connaître, du moins pour se situer par rapport aux autres, par rapport à soi, par rapport à l’espace qui nous reçoit aujourd’hui.

Mais aujourd’hui, comme il y a peu d’ailleurs si mes souvenirs sont justes, ce n’est pas pareil, c’est différent, c’est autrement … Un regard me perce, m’interroge, me fascinerait presque … un regard qui m’aimante même lorsque je ne le regarde pas … curieux.

Au tour de table l’identité me rappelle la liste d’adhésion, les mots de présentation, sobres, m’interpellent par la musique qui vient vers moi, accompagner ce regard .. profond, qui me perce un peu, qui, je sens, fouille un peu .. étrange cette sensation.

Les interventions s’enchainent, les débats se déroulent, les arguments et informations se déposent sur les tables … mais j’avoue que mon esprit s’échappe un peu, un peu loin, un peu loin vers cette silhouette que je devine plus que je ne vois, vers ce regard qui éclaire cette partie de l’assemblée ..

Surprenant ce que le silence et la distance peuvent être parlant dans l’isolation au sein d’une assemblée studieuse, enfin globalement .. il faut donc être attentif, attentif doublement, aux échanges, au regard, aux arguments, à la silhouette, à tous, à elle …

Enfin, enfin la pause qui permet .. non pas tant de reposer l’attention aux mots, mais d’aller voir plus près cette silhouette qui est là, comme un phare, au regard lumineux qui reste brillant, même de près … on si perd, je m’y perds … discrètement, sans oser me l’avouer, sans le montrer, sans .. mais sans hésitation .. curieux.

Des mots échangés, des silences partagés, un sourire, un sourire complet, je suis touché .. surpris de l’être tant, surpris de l’être, surpris de moi .. mais je m’y fait, volontiers dans mon silence à moi.

Et la séance reprend, et mes pensées s’enfuient, loin .. à côté, proche .. elles sont aspirées par ce puits qu’est devenu ce regard que je n’ai plus besoin de regarder pour voir …. tant je l’ai perçu, senti, ressenti étrangement et qui me touche plus que je ne saurait l’expliquer.

Et c’est l’instant de la clôture, et c’est l’instant des rafraîchissements, et c’est l’instant, à nouveau, de la retrouver proche .. si proche avec sa lumière et sa musique, avec son sourire, et sa retenue, avec … avec, avec rien c’est une globalité que je ressens.

Ensuite départ, autres rafraîchissements, quelques mots encore, guère, un peu vides, mais la certitude intuitive qu’ils ne seront pas ultimes jusqu’à …, que d’autres moments peut être demain, après demain .. c’est cette sensation qui me fait sourire, seul, après le départ .. c’est cette sensation qui m’isole au repas où je ne suis pas seul, où je sais …. étrangement.

Demain, après demain qu’importe ce sera le jour, le moment, l’instant … je le sais, c’est comme ça, irrésistible, comme la pousse d’un olivier …

Chris

juillet 6008

 

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Petite fée

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Petite fée

 

Une image inhabituelle, un contact hasardeux, une idée qui se crée …. qui secret .. qui sait …., cocasse comme situation mais après tout pourquoi pas.

Un après midi, sous le soleil, l’auto s’arrête, l’attente commence … courte, la silhouette arrive d’un pas léger, enveloppée d’un sourire, attentive mais sereine.

A l’aise, oui .. curieusement à l’aise, un peu comme si cela est naturel que d’aller échanger des idées, des souvenirs, dans une auto, là bas à l’ombre de l’allée, pas loin des arènes, vides et silencieuses. Les heures devinrent minutes, les minutes .. secondes, le temps fila à la vitesse de la lumière …

La voix est grave, un peu rauque, comme râpée par les mots qui jaillissent, vite, le regard foncé est scintillant de lueurs parfois souriantes, parfois graves, parfois ironiques .. jamais agressives, plutôt comme un complément aux mots qui se bousculent quelquefois .. les cheveux bruns sont libres ..

Charme ? Charme oui .. curieusement derrière le visage transparaît l’être .. le vrai, simple, sincère, un peu torturé, un peu blessé, mais vivace et solide .. combatif je pense.

Au delà des sons, il me semble sentir la sensibilité à fleur de peau, la soif de vivre, les blessures aussi .. nombreuses et douloureuses. Mais la musique de la voix couvre ces émanations, ces bouffées de souvenirs encore là, tapis dans les replis de la conscience.

Alors on poursuivra …. doucement, avec tendresse, sans se presser ..

Et ainsi naît la petite fée …. celle qui n’arrête jamais de voler d’un endroit à l’autre, d’une activité à une autre, d’une famille vers l’autre, d’un soucis à un tracas, sans s’arrêter, sans pause, sans respirer même parfois, dans le fumée d’une cigarette, au fond d’une tasse de café, mais souriante quand elle me regarde.

La vie n’est pas simple, celle de hier, d’aujourd’hui .. de demain qui sait, mais le sourire .. celui qui orne le coin des lèvres, celui qui scintille dans le regard, celui qui est dans le creux de la main .. quelle richesse ….

Petite fée, oui petite fée car en un instant sans temps c’est ce sourire doux et clair qui vient envahir l’espace où tu te meus avec ce regard complice, un brin moqueur, un zeste interrogatif, un soupçon tendre.

Petite fée qui ne cesse de virevolter, de s’épuiser pour autrui au détriment d’elle même .. pas raisonnable pour soi et si attentive et prévenante pour l’autre … une vraie fée, réelle, en chair et en os, mieux que dans les films et les bandes dessinées.

Cette image me plaît, le sujet de l’image me plaît, la correspondance entre l’image et son sujet me plaît … le velouté de l’expression allié à la sincérité du coeur vont de pair avec l’assurance du sourire qui, toujours, vient décorer l’espace par sa luminosité.

Oui tu porte en toi la magie du moment, la magie dont le meilleur signe, visible, reste ce sourire qui explose souvent, qui fait chaud au coeur, qui réconforte, qui entraîne l’autre vers les rives des songes éveillés, qui aussi va se cueillir parfois là où il est ….

Ainsi es tu, petite fée, ce mélange de douceur et de tendresse, qui se cache souvent derrière cette course d’activités débordantes, quelquefois reconnaît le .. mais bon ..

Alors comment ne pas t’apprécier, avec une infini tendresse, lorsque d’un coup de baguette magique, d’un battement d’ailes, tu viens éclairer de ta présence l’instant fugace, trop rare, où se fige le sablier, où reste ce …. sourire ….

mai 6008

Chris

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Jumelle 31 juillet, 2008

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Jumelle

 

C’est au détour d’une conversation, privée, quasiment intime, que du brouillard de l’inconnu commença à apparaitre une brume inconsistante étrange et intrigante …

Déclic : jour anniversaire.

Curieusement, au fil des échanges divers et variés, cette brume étrange semblait correspondre, semblait être « en phase » dit-on aujourd’hui, avec mes propres réactions, mes propres propos, mes propres perceptions .. pourtant cette inconnue le restait, elle n’apparaissait que comme un lien entre elle ..et moi, entre elles, entre elle et nous. Curieuse sensation …

Sensations.

Tel un ouvrage de couture des fils se formèrent, des fils se chevauchèrent, des fils se nouèrent … invisibles, impalpables, inconsistants … étrange.

Etrange.

Très indirectement, via la source de cette rencontre incréé, les prémisses d’un dialogue muet s’ébauchèrent, s’esquissèrent, se fondèrent … prirent corps dans l’irréel.

Irréel.

Sensations étranges et irréelles que de sentir naître ainsi comme une bulle sans poids, ni formes, une reconnaissance aveugle d’un partage aussi inexplicable que profond sans que l’existence en fut avérée matériellement …

Matériellement.

Pourquoi pas .. pourquoi pas transmettre à l’occasion, comme ça, à l’intuition un message de quelques mots pauvres en soi, mais riches en devenir, lorsque la pensée non maîtrisée, instinctive dira :  » c’est le moment ! « .

Moment.

Au delà de toutes réflexions, l’instinct et l’intuition commandent l’instant du passage à l’acte, des quelques mots à écrire pour transmettre le non dit, mais le vrai ressenti .. la connexion existe donc hors de l’espace.

Espace.

Ainsi donc une vision se construit, une vision sans vue, les yeux cédant place à l’éther, du matériel à l’immatériel … mais la nécessité humaine a parfois besoin de cadre, rassurant, alors ce sera … Jumelle !

Jumelle !

Jumelle : appareil d’optique permettant de rapprocher le lointain, ou à l’envers et à l’inverse d’éloigner le proche ; appareil binoculaire, au double foyer, une paire nécessaire à une vision unique quelle soit là ou ici …

Jumelle : biologiquement aussi c’est une rareté de la nature , une exception statistique, quasiment une curiosité de la création ; un singleton double génétiquement similaire, sinon identique …

Jumelle ce sera, c’est donc. Après la sensation d’étrange, celle d’acceptation d’une évidence qu’il convient de savourer sans calculs, simplement, sincèrement, en confiance.

Confiance.

Confiance oui, mais pourquoi ? Confiance parce que ! Confiance c’est tellement évident …

Maintenant qu’est établit la réalité de l’irréalité incontestable, le silence des mots écrits va devenir la voix, celle qui ouvre la voie .. celle qui, par ses modulations et ses inflexions, va tinter à l’oreille, et par là même à l’esprit du coeur.

 » Bonjour ! Je te dérange Jumelle ?  »

Bref silence, grande surprise, grosse émotion … L’espace vacille, le temps se fige, l’esprit cafouille, la parole se paralyse … et puis, et puis … timidement, doucement, sans brusquerie le débit s’entrouvre et laisse, sans trop d’hésitation, place à la presque aisance ….

L’aisance.

L’aisance du contact verbal établit, l’échange débute en souplesse, en finesse, en simplicité .. naturellement, sans plus d’appréhension, quasi direct .. au bon moment, toujours …

Toujours.

Bizarrement oui, toujours au moment adéquat … cet instant magique où les pensées s’entrechoquent en une étincelle allumant la voie de la voix, cette sonorité lointaine d’à côté, ces modulations où circulent bien plus que des sons, mais des images, mais des concepts … une intimité, l’écho de soi même ….

L’écho …

L’écho signe d’un clin d’oeil, où l’oeil n’est pas, où le sourire est, où le miroir est sonore par une étrange transmutation du regard aveugle en une ouïe exacerbée .. magie …..

Magie.

Magie oui, car exceptionnelle est la réalité du vécu non vu, passant par les ondes mécaniques, celles physiques mais non reconnues étant entr’aperçues, mais surtout senties, ressenties, indéniables de vérité …

Vérité.

Vérité car confiance, confiance car vérité, vérité car sincérité, sincérité car confiance ….. alors l’alchimie de la transmutation est vraie et réelle, tangible dans son vécu perceptible par la globalité de l’être qui existe par le son … mais le son n’est qu’un élément … il va falloir … voir.

Voir.

Voir oui, avec le regard des yeux pour confirmer la transparence du miroir qui nous reflète si bien déjà par l’ouïe .. cela se fera, cela va se faire, cela se fait par la vivante rencontre.

Rencontre.

Rencontre, c’est le jour … recherche du lieu, hésitation .. un peu d’égarement et enfin ouf, je trouve … pile poil à l’heure …. et non loin, je distingue une silhouette, que je reconnais d’instinct sans autre nécessité … un sourire.

Sourire.

Sourire .. celui des yeux, celui du coeur, les deux sont mêlés, ils ne sont qu’un, le sourire est une globalité de lumière, le temps se fige, le temps disparaît, le temps se dissout …. qu’est-ce que le temps ? L’énergie circule sans problème, l’équilibre se fait sans difficulté, les mots se complètent … les idées s’harmonisent : jumeaux.

Jumeaux.

Jumeaux là c’est sûr, confirmé, concrétisé …. parfois les mots paraissent vains, ou ne sont que des jeux pour les idées qui se reconnaissent par delà eux .. l’étrange devient norme, le miroir est là au travers du regard, au travers de l’autre qui est semblable à soi .. plus d’étonnement, mais l’intimité partagé sans mots quasiment.

Intimité.

Ainsi fut fait … la main trouve sa place dans la main, les paroles s’accordèrent dans un jeu joyeux, les pensées se poursuivirent en riant, parfois avec gravité ou tristesse aussi, les regards se répondirent sans sourciller … oui Jumeaux … probablement depuis .. avant, et ça continuera, et ça a continué, et chaque jour en est, si besoin était, une preuve que j’apprécie …

Chris

avril 6008

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