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Alice 31 juillet, 2008

Posté par hiram3330 dans : Silhouettes , ajouter un commentaire

Alice

 

Tel le lapin dans le roman si connu, mais guère compris, je cours, je cours, je cours comme un dératé … mais sans regarder la montre car le temps est arrêté ….

Mais qu’importe le temps de maintenant, je cours, je cours après le temps d’hier, celui qui passe d’un village minuscule à une abbaye dissimulée, sans omettre le détour par un château ancien qui domine un marché ensoleillé ….

Le temps, oui le temps .. oui le temps est passé, et je cours, je cours à la poursuite .. à la poursuite de je ne sais plus quoi tant ma course m’épuise et me donne le tournis, tant ma course me fait perdre mon souffle à vouloir encore croire que hier était souriant ….

Et je cours, je cours dans ce pays des merveilles qui hante déjà, encore et toujours mon esprit .. qui hante toujours, encore mes souvenirs qui coulent, fondent et se liquéfient sous l’action du vitriol …

Hier, aujourd’hui, demain .. tout se mêle et s’enmêle dans cette course épuisante qui me pousse vers l’ailleurs de poussière recouvert … de cendres encore chaudes .. de brisures toujours tranchantes.

Mais je cours, je cours, je cours pourtant .. naïveté ou inconscience car cette course désormais sans but m’entraîne toujours, encore, déjà vers les rives de la mémoire qui fument des éclairs du passé .. au bord de ce fleuve qui charrie tant de ruines pourtant colorées de sourires désormais grimaçant …. amertume.

Alice du bout de sa règle, de sa canne montre le tableau .. et invite à la récitation de la leçon …. et gare à celui qui ne sait pas, il sera mis au coin, en attente, en réserve, au cas où …. mais puni d’avoir pas su, puni d’avoir voulu, puni d’être sincère ..

Et la montre arrêtée me pousse à nouveau, et je cours, je cours, je cours dans le labyrinthe et les méandres des images qui défilent à toute allure, nostalgiques, ensoleillées, inondées, fêlées, ricaneuses et ironiques parfois ….

Une pause .. une pause dans ce souterrain afin de lever les yeux vers la voûte étoilée.

La voie lactée reste désormais silencieuse, ou plutôt ses murmures muets deviennent eux aussi des éclats d’échos de naguère ou de jadis …

Mais un oeil est fixé sur les aiguilles figées et je retourne à ma course vers nulle part, là où rien est toujours présent, comme un oued dans l’erg, une branche d’acacia imputrescible sur un tertre fraîchement remué .. bleu nuit éteint au dessus de moi ….

Et je cours, je cours, je cours à en faire éclater le coeur, comme si ce n’était déjà fait, dans cet automne où la silhouette est devenue ombre, où la lumière du regard s’est transformée en flammes destructrices, où le culbutos à entamé sa triste danse après les coups et les coups de butoirs ..

Le boomerang lancé hier revient aujourd’hui, avec force et vigueur, avec larmes et pleurs, avec rêves émiettés et blessures suppurantes …. Et je cours, je cours, je cours, droit devant moi pour percevoir l’horizon qui recule, recule, recule là bas à l’occident, là où se cache le soleil .. là où se trouvent les promesses .. mortes déshydratées d’attentes égarées ….

Pays des merveilles …. ah Lewis …. que n’as-tu averti que la forêt de symboles, l’histoire d’Alice n’étaient qu’un mirage semble-t-il .. un de ceux qui s’évaporent quand le réveil sonne si fort que la tête paraît exploser … et je cours, je cours, je cours ….

Mai 6008

Chris

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Souvenirs

Posté par hiram3330 dans : Silhouettes , ajouter un commentaire

Souvenirs

 

Deux heures de route au travers d’un brouillard freinant sans peine quelques rayons de soleil téméraires. plus de cent kilomètres, plus de mille journées d’espace et de temps qui s’abolissent, peu à peu, au rythme rapide d’un moteur forcé, de virages devinés au bon moment.

Enfin s’approche la ville repoussant, sans effort, le brume collante pour ne laisser qu’un ciel limpide et tiède.

Après plusieurs détours involontaires je plonge sur la gare où se devine une silhouette reconnue sans hésitation, d’instinct.

D’un coup les images se brouillent, se superposent et s’imbriquent sans difficulté.

Hier et aujourd’hui se mêlent .. l’océan nocturne et la vieille citadelle, un parc ombragé et un jardin en pente, une cité asphaltée et un minuscule hameau, une suze lointaine et une suze présente, une femme-enfant et une femme-femme, La Rochelle et Pau.

Une mer introuvable, le saut d’un mur, une table de bistrot, un feu, une danse, des clichés ratés c’était .. c’était ….

Maintenant l’éclat d’un regard, le son d’une voix ravivent la braise assoupie d’un coin de mémoire.

Les paroles vont et viennent sans heurt, comme si le temps n’existait pas, n’existait plus tandis que l’on part à la recherche de naguère, au détour d’une rue ou à l’angle d’une maison.

Quelle drôle d’impression un peu irréelle flotte en cet instant du mois d’avril, alors que nos pas découvrent ces étroites ruelles qui semblent un peu narquoises, un peu complices ..

Un repas qui s’achève, un café qui chauffe, des cigarettes qui s’échappent en fumée et toujours cet accord tacite, et renouvelé, ce sentiment d’être ailleurs et ici à la fois.

Et déjà la pendule reprend sa course et ses droits, et à nouveau une gare et un regard. Demain, qui sait … mais probablement plus jamais.

Chris 

 

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Janlou

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Janlou

 

L’exploration de la toile est toujours surprenante, on cherche, on farfouille, on furète …. on a un, ou des besoins, et finalement on trouve ce que l’on cherchait sans toujours bien savoir les futures implications …

Ce jour là j’étais en quête de cadeaux et de livres .. alors bien sûr via le net comment pouvoir surnager au déferlement de boutiques toutes plus aguichantes les unes que les autres. Et puis une idée, on va voir un peu sur ce site spécialisé d’enchères .. pourquoi pas après tout.

Ainsi fut fait.

Amusant les objets que l’on peut parfois découvrir sur ce monde virtuel où se côtoient le pire et le meilleur, l’utile et le gadget, l’objet de collection et le  » débarrassez moi de « , bref on y trouve tout, son contraire et son inverse, sans compter l’inattendu et le surprenant …

Ce jour là le hasard, auquel je ne crois pas, me fit atterrir dans une boutique que j’ai trouvé, de suite, amusante par le nombre d’objets réunis, leurs coûts abordables, la diversité aussi ..

Alors je me suis laissé .. tenté .. pour quelqu’uns d’entres eux … que j’ai acquis sans problèmes, le « boutiquier » paraissait sympathique, et même peut être membre de la famille …

Ainsi fut fait.

Et puis, et puis plusieurs autres fois, la tentation me fit succomber encore lors de visites impromptues de cet espace bien achalandé et accueillant .. alors .. alors .. je ne me souviens plus comment, et peu importe, un contact fut établi .. au delà de l’écran, au delà de l’espace, au delà du temps …

Il y eu des échanges, des partages, une réelle fraternité, une amitié sincère aussi je pense, allant de la l’antique cité romaine aux portes de cette cité si « mutualisée » ….. des mels autres furent envoyés et reçus emplis de sourires souvent, de sérieux aussi …

Mon ami, mon Frère a crée un réseau … vous savez un de ces réseaux secrets … un qui regroupe des gens masqués sous des pseudo baroques … un qui réunit au delà des lieux et des lieues quelques acharnés cocasses de l’humour et de la réflexion … et, dois-je l’avouer, j’y prends plaisir ! Et je persiste dans cette voie où le coeur est le lien essentiel …

Ainsi fut fait.

Aujourd’hui, avec le recul, un moment de pause où je peux sereinement songer à cela, je m’aperçois sans réelle surprise que ces échanges comptent pour moi, il me font souvenir à ce que l’on nomme parfois, en d’autres lieux étranges, une Chaîne d’Union …

Ces quelques mots, guère habilles, maladroits même, si pauvres à faire ressentir un vécu, sont pour que toi, mon Ami, mon Frère, pour que toi tu sache que tu es dans mes pensées plus souvent que tu ne peux l’imaginer … et je suis sûr de n’être pas le seul dans ce cas …

Poursuivons ensemble … longtemps …..

Chris avril 6008

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Labyrinthe

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Labyrinthe

 

Etrangeté

.. sur le net fut une rencontre première, entre toi chercheuse et moi cherchant .. pourquoi le contact fut maintenu, je ne saurais le dire, mais il le fut ..

Difficiles débuts où les heurts et les pleurs se mêlèrent souventefois, les humeurs crépitèrent, les paroles écrites tranchèrent .. pourtant, pourtant le contact fut sauvegardé ..

Etrangeté

Masochisme ? Besoin de confrontations sans complaisance .. nécessité de briser une gangue séchée et pesante pour envisager, qui sait, une modification des perceptions …

Finalement c’est la reconnaissance de facettes d’un miroir qui dut maintenir, et faire perdurer, le délicat dialogue entre toi et moi, toi et toi, moi et moi …. curiosité de la rencontre entre des parties kaléidoscopiques d’un soi-même autre …..

Apaisement

Vint enfin l’instant de l’acceptation de soi même au travers le regard muet de l’autre .., ce moment où on se dit, dans le silence de nous même, pourquoi pas après tout, qu’est-ce que je risque ..

Mais le plus réel de cet apaisement fut issu, surtout, de l’appréhension lucide d’une correspondance immatérielle où s’entendre en l’autre, ne pas rejeter sa propre image, se voir dans cette espace brumeux est acquis pas l’esprit domestiqué ..

L’écoute

L’écoute de son intimité au travers des mots d’ailleurs peut être surprenante, pourtant elle est .. et à ce titre l’auto dialogue via son miroir vivant entraîne un dépouillement de scories, une vue moins altérée, un début de digestion d’un passé si présent.

L’envol

Ainsi fut le début, conflictuel, orageux parfois, d’échanges emplis de richesses appréciables, appréciées, partagées.

Les richesses du monologue-dialogue sont parfois surprenantes, mais celles de goûts partagés ne le sont pas moins. Du chocolat à la lecture que de trajets directs et tortueux, mais plaisant dans leurs cheminements.

Les facettes sont nombreuses, multiples, diffuses et même quelquefois confuses .. de la recherche à la quête, de la recette de cuisine au conseil de lecture, du jardinage à la cathédrale, du métier au passé, du sourire et du rire à la nostalgie et aux pleurs, de l’élu au baba après l’ophtalmo, de la lettre sans réponse à la réponse sans lettre, que de choses …. et même l’esquisse, ou plus précisément l’ébauche du commencement du ressenti du « savoir » à la « connaissance » ..

Ah partager sans « enjeux » quel plaisir malgré les écueils et les griffures, les incompréhensions passagères et les ironies taquines .. tout cela dans une certaine sérénité due à l’écoute de soi en entendant l’autre.

C’est donc avec une brassée de sourires, un clin d’oeil malicieux, un souhait sincère d’entamer le bon chemin, celui qui entraîne vers le plus profond de soi, pour tenter de l’amadouer, de le comprendre, mais surtout de l’accepter …. que cette échange, parfois duel, se poursuivra si tu le désires ..

Chris avril 6008

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Petite soeurette 30 juillet, 2008

Posté par hiram3330 dans : Silhouettes , 2 commentaires

Petite soeurette

 

C’est en voguant, au gré du vent, sur la toile virtuelle que l’ancre fut jetée, un jour, près de ce port méditerranéen où, telle une sirène bourguignonne, tu tendais les rets de tes écrits …

Brune disciple de la terre de Memphis, en robe blanche, tu charmais de tes odes les passagers fugaces qui surfaient sur les vagues de tes textes, de tes morceaux de bois rabotés …

La curiosité m’attira vers tes messages secrets et verrouillés … bien verrouillés même, car les clés étaient différentes de celles attachées à mon trousseau …

Mais qu’importe, les portes furent ouvertes, les mots ciselés purent couler sereinement, dévoilant les pensées, les idées, les réflexions, la sensibilité … le coeur …..

Vint ensuite le dialogue .. heurté au début, le temps que les deux parts du « sumbolon » s’ajustassent, que la reconnaissance fut réciproque, que les caractères s’émoussent au contact des aspérités de l’un et de l’une, que les pierres commencent à se lisser pour pouvoir s’ajuster avec l’harmonie de la compréhension raisonnée, et intuitive …

Ainsi une complicité put s’esquisser, se bâtir, se cimenter de la confiance et de la sincérité … grâce à la truelle et à l’équerre d’une quête partagée …

Même les voix se reconnurent .. se firent à l’ouïe de l’autre, magie de l’instant où le son porte l’idée non dite, où le son transmet l’énergie nécessaire à l’autre, où le son participe à la connaissance d’autrui.

Alors l’esquif du partage put suivre son erre paisible, le trajet étant amorcé, vers la réciprocité de l’échange enrichissant .. celui qui permet de dire, sans dire .. celui qui permet de survoler la réalité dans la nacelle de l’intuition .. celui qui est parce qu’il est …

Moments particuliers que ceux-ci .. l’esprit se devine derrière le tain du miroir de l’écrit, les mots s’effacent souplement pour laisser paraître l’essence d’eux mêmes, l’idée est nue dans sa beauté d’intime sincérité … point de barrières, point de fard, point de masque …

Précieux instants que ces rencontres sans densité, sans poids, sans pesanteurs … ces rencontres d’éther, de sensibilité, de don volontaire.

Quels jaillissements, comme des feux d’artifices, d’expressions de brisures de vie passée, présente .. parfois à venir. Besoin de la tracer, avec le calame du scribe, en une succession de signes triangulaires où l’alphabet devient symbole sans le dire, comme un secret pour Initié …

J’apprécie cette vivacité de l’esprit, de l’âme, de l’intimité exposée sous le voile d’Isis, et de l’Elfe unies, dans des multiples directions du nadir au zénith, de l’orient à l’occident, du midi au septentrion … avec en centre cette personnalité faisant le septième point géométrique, un peu comme un G au sein d’une Etoile Flamboyante …

Curiosité avide de savoir pour aller vers la connaissance, tu ne cesses pas de midi à minuit de parcourir les chemins, multiples, qui s’ouvrent devant tes pas … quitte à faire un écart ….. pour aller voir au delà de l’illusion, au delà de l’au delà …

Richesse du Cherchant que cette quête sans fin.

Reste la femme, la fille, l’épouse, la mère, l’entrepreneuse, l’amie, la confidente … rôles qui se croisent et s’entrecroisent, avec bonheur souvent, avec peines parfois, mais toujours avec détermination, en face, sans chercher à fuir malgré quelques larmes que tu dissimules dans la pénombre d’une voûte étoilée, dans la complicité de la voie lactée.

C’est mon regard, immatériel, qui vient d’esquisser, à peine mais sans peine, le contour incertain d’une silhouette floue .. mais qu’importe la silhouette en regard de la beauté, de la force et même de la sagesse du coeur … Les apparences peuvent être illusions, le Kâ je ne le pense pas …

Chris avril 6008

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Duo silencieux

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Duo silencieux

 

Un murmure feutré m’atteint confusément tandis que je t’observe avec acuité, cherchant à percer le sens profond de ce que tu penses dans l’instant.

Un silence brise, l’espace d’un souffle, le fil tortueux de mes réflexions appuyées négligemment d’un bref éclat d’interrogation. Très vite les paroles se bousculent, s’enchaînent avec bonheur et logique, soutenues par quelques gestes saccadés, par un regard acéré.

Des volutes de fumée brouillent de temps à autre des successions de mimiques plus ou moins expressives, et simulées, alors que le débit s’accélère sans ostentation .. en une rafale éblouissante de sons factices.

Quel surprenant carrousel que cette discussion où maintes choses sont effleurées, et suggérées, prudemment, parfois à la limite de l’ésotérisme symbolique dans lequel se mêlent de brusques accès de brutales franchises, immédiatement tempérés d’un sourire, d’une acrobatique remarque ironique, d’un zeste de cynisme protecteur.

Quel étrange ballet jouons nous là alors que rien, ni personne, ne nous y oblige .. sinon des lambeaux de méfiance mal digérés, de sous entendu hermétiques, de pudeur discrète.

Les mots heurtent ma conscience pour se dissoudre, et s’évaporer, laissant à nu des impressions subjectives, des spéculations hasardeuses, un sens dénaturé, une perception ambiguë.

L’éclair éblouissant d’une allumette craquée me trouble au travers du prisme déformant d’un regard tour à tour froid, compréhensif, mélancolique ou rieur.

Un geste à peine esquissé semble quelquefois infirmer une idée jetée, telle une sonde atmosphérique.

Des scènes imaginaires se succèdent et traversent, fulgurantes, mon esprit tandis que je te scrute sans vraiment te voir telle que tu es, mais telle que tu veux paraître maintenant.

Des enchainements se font sans que je le veuille réellement, mêlant passé, présent et futur, me laissant étourdi et songeur avec moi-même.

Le temps semble s’échapper avec la lenteur de la vitesse lumineuse qui éclaire ces yeux qui me fixent, m’effleurent et me poursuivent .. tel l’oeil suivait Caïn jadis ..

Je ne sais plus où je me trouve dans cet inextricable noeud du plus profond du temps …

Chris 

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Le duo infernal, ou une journée bien tranquille

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Le duo infernal, ou une journée bien tranquille

 

 » On apprend plus en écoutant quelqu’un parler, qu’en entendant les autres en parler « 

 » L’imagination vaut autant que les voyages, et coûte beaucoup moins cher « 

Avec délicatesse un timide rayon de soleil écarte, peu à peu, la nuit argentée afin de faire place, sans brusquerie, à l’aube naissante.

Lentement l’horizon s’ébroue, encore ensommeillée, et consent à s’illuminer de milliers de perles de rosée chatoyantes qui s’évaporent sous le souffle caressant d’un zéphyr jouant avec quelques nuages.

C’est le jour.

Un réveil s’agite, tressaute impatient de voir s’éclorent les paupières clignotantes, dernier bastion de rêves dissipés, sur cette clarté qui se répand et partout s’insinue.

C’est l’heure.

Un baillement, vite étouffé, s’égare vers la nuit à son tour au repos …

Les chevelures ébouriffées, les yeux encore perdus ailleurs, une main puis un bras écartent prudemment un drap immaculé des nudités aux courbes veloutés et tentantes.

C’est le moment.

Des cataractes d’eau froide rencontrent des geysers d’eau chaude pour dissoudre la brume nocturne et remettre en place les idées.

Agonisant le réveil enfin se tait entre deux grincements de ses ressorts usés.

L’odeur du café frais se mêle à celle du thé tiède pour venir napper une paire de biscottes beurrées étreignant une orange sanguine.

Des chambres s’échappent des tintements barbares dus aux pots de fard et autres tubes de rouge à lèvres qui se livrent, sans pitié, à une joute acharnée sous le reflet ébahi des miroirs muets.

Un claquement de porte, un cliquetis de clés, une cavalcade dans l’escalier et deux trombes parfumées foncent, de concert, vers l’auto recroquevillée dans un coin de trottoir.

Vrombissement.

Le pot d’échappement vomit un flot de gaz carbonique enveloppé de vapeurs d’essence.

C’est parti.

En quelque nanosecondes la place est atteinte, contournée, puis violée alors que les portières claquent sous les gifles de ces mains, fines, qui les closent.

Les têtes nues s’engouffrent dans l’obscur couloir pour aller fixer les minutes rouges qui avalent goulûment les carrés plastifiés égrenant le temps de la détention, provisoire.

Un peu haletant de cette folle ruée, quatre yeux happent, un peu hagard, les prévisions astrales qui vont décider de l’humeur journalière et journalistique.

Ouf, c’est tout bon, du moins c’est ce que disent les caractères gras, un peu bavant, aux deux bavardes qui sourient, réconfortées …

Une quadruple rangée de blocs émaillés brillent dans le bureau comme autant de crocs carnassiers et affamés.

Les piles de dossiers s’entassent, les monceaux de papiers s’empilent, le téléphone trépigne, les clients aboient, le chef rugit.

C’est l’extase.

Dans cette atmosphère hyper survoltée la tension s’enfle et s’accroit comme une tornade, dont l’oeil calme englobe les deux poupées, et dévaste le petit réduit tout tremblant de crainte. Les corps délicats et gracieux sont là, les esprits vifs et lucides non.

Pan à pan la réalité quotidienne s’estompe en un brouillard jaunâtre pour laisser les pensées tourbillonner et s’évader loin, loin, au-delà de l’ailleurs, à côté de nulle part.

C’est le songe.

Des vagues d’un océan vert, âpre et sauvage, grignotent des roches granitiques et désertes par un ressac avide d’iode et d’algues.

Des marées de maquis et de broussailles s’avancent et tracent une troué vers quelques clairières paisibles et aromatisées.

Un gamin, rieur, court, court à la poursuite d’une onde de mistral taquin pour se perdre, essoufflé et content, dans les bras de sas mère.

Un troupeau de brebis, égarées et amusées, jettent un oeil narquois sur cette image un peu trouble enveloppée d’un quintal de gaité où la simplicité s’épanouït et se retrouve.

Tout se fige en un ballet incessant, paradoxe …

Midi.

Un repas engloutit sur une angle de table commune, dans une ambiance bruyante, brise par sa monotonie, la monotonie monotone de la journée qui coule.

La digestion s’achève à toute allure accompagnée d’une brève promenade allant de la poste à la banque, en passant par de chaudes ruelles marchandes et tentatrices.

C’est déjà l’heure.

Et l’on pouffe, et l’on glousse en se trémoussant, sautant allègrement et sans effort d’un renouvellement à une régularisation, d’une première demande à un regroupement, d’un point obscur de réglementation à une réponse écrite éblouissante de netteté.

Ainsi s’enfuient les minutes accolées les unes aux autres vers le chapelet d’heures qui gambade de plus en plus en direction de la sortie, ponctué encore et toujours d’un lancinant téléphone sifflant.

Les gouttes d’huile s’entrechoquent aux jointures des portes d’armoires, les stylos plongent à l’abri des tiroirs, les dossiers volent au fond des chemises.

C’est fini.

Les courants d’air s’enfuient dans un nuage de poussière, se bousculent amicalement dans le sombre corridor, libèrent les plaquettes trouées, épuisées, et bondissent dehors.

Dans l’automobile, au sein même de l’intense circulation, stupeur !

Que se passe-t-il ?

Un strip-tease incroyable se déroule dans l’agitation.

Des robes volent, dévoilant çà et là quelques lambeaux de peau soyeuse et de formes troublantes. Cet érotisme torride débouchera-t-il sur une scène de débauche, de luxure et de stupre, semblent espérer d’autres conducteurs affolés en s’égarant à griller feux rouge et stops …

Que nenni !

Ce n’était qu’un salon d’habillage mobile menant deux jouvencelles vers un cours de terre battue, sans tendresse, plus haut.

Enfin la voiture s’arrête en un hoquet de soulagement.

Une longe chevelure brune s’en échappe en riant suivie de près d’un mélange plus court de brun et de blond tout aussi riant.

Séparées d’un filet, déjà tout troué, les raquettes tentent désespérément d’atteindre une boule blanche qui s’ingénie à aller partout alors que deux shorts, blanc, accompagnés de fines jambes bronzées s’amusent à mesurer la largeur du terrain.

Heureusement l’heure s’éteint, en souplesse elle, et amène une pause nécessaire.

Les deux shorts, blanc, tombent créant une légitime émotion, découvrant … découvrant des maillots de bain qui jaillissent dans l’eau de la piscine, calmant ainsi plusieurs infarctus et décongestionnant … de nombreux visages rouge d’apoplexie naissante devant un tel suspens duquel s’enfuient des fantasmes honteux d’eux-même.

A peine séchées elles vont, d’une démarche langoureuse, s’abreuver au beau bar qui trône non loin. Au diable l’avarice : « garçon, deux limonades, et pures ! « .

Engloutissant goulûment cette forte boisson pétillante en tétant à la paille, elles devisent de choses et d’autres, non sans que quatre yeux, bleu et brun, dissèquent la faune locale pittoresque en cette gargote pour snobs.

Las, il faut partir ; et accompagnées de murmures élogieux les complices s’évadent en souriant, moqueuse.

Le bolide décampe et déferle sur le bitume en criant à chaque virage, de peur sans doute.

Ce n’est qu’un début.

Agrémenté de parmesan, arrosées de vins sirupeux, des pizzas sont déchiquetées par les bouches avides après tant d’efforts. Une flopée de fromages, diverses compositions glacées clôturent agréablement cette orgie culinaire et laisse nos drôlesses dans un état euphorique.

Plus sagement le véhicule au moteur à explosions se dirige vers l’appartement neuf, et se blottit encore commotionné, et vide de toute énergie, contre un lampadaire municipal.

Un peu ébouriffées, le rose aux joues, grisées de cette longue journée, elles s’enfoncent voluptueusement entre les bras accueillant d’un canapé distingué, tout excité et fier de cette aubaine.

La moins grande, une fois remise, prend un escabeau, grimpe et se juche au sommet du tabouret, soulève le protège clavier du piano pour découvrir … un dentier en ivoire plus ou moins carié de « si de la » …

Les doigts craquent et, doués d’une vie propre, dansent d’une touche à l’autre, câlins, pour dessiner dans l’air mille arabesques sonores qui feraient pâlir d’envie un Mozart.

Leurs têtes vides (pléonasme ? Qui a dit pléonasme ? Non ce n’est qu’une billevesée accouplée à une coquecigrue !) dodelinent au rythme qui emplit le salon faiblement éclairé.

La moins âgée, de peu, saisit sa paire d’aiguilles et entreprend, en rose et bleu, la confection d’une layette, à tout hasard …

La musique sidérale, accompagnée du murmure des aiguilles en duel, recouvre un instant les pensées de l’une et de l’autre.

A nouveau les images s’entrechoquent et se chevauchent.

Une plage d’or sablée brille sous la brise marine d’un pays étranger et voisin.

Un bambin s’amuse à saisir les gouttelettes de diamant pour en arroser un vieux crabe outré.

Une paella rissole joyeusement sur les brindilles craquantes de chaleur et d’ardeur.

Un glacier émerge du brouillard montagnard et dénude la vallée rosissante de plaisir de sas pudeur troublée.

D’un tunnel, majestueusement, sort un train à vapeur toussant de sa propre fumée.

D’un hall de gare, grisâtre de sas foule agitée, un phare lance sans cesse un appel lumineux, un peu angoissé.

Les dernières notes tintent et se brisent contre le silence des rêves qui se dissolvent à leur tout.

Soupirs.

Là haut, accrochée dans la nuit, la lune a repris sa place et vaque à ses jeux cernée de son cortège d’étoiles sautillantes.

Les Dieux, eux-mêmes, dissimulés aux yeux des simples mortels, se préparent au repos dans l’immensité de l’infini.

Dormez bien jeunes filles …

 » Les Dieux ont donné trois choses aux hommes comme contrepoids à toutes les misères de la vie : l’espoir, le sommeil et le rire « 

A un petit monstre,

A une cévenole,

Que toutes deux prennent ces quelques lignes comme n’étant qu’un modeste hommage, saupoudré du sel de l’humour et du poivre de l’ironie, dus à leurs remarquables personnalités féminines aussi différentes qu’attachantes,

En toute amitié

 » Ce n’est pas une voile majestueuse, mais le vent invisible qui fait avance le bateau « 

Chris 1982

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