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Grain de sable 30 juillet, 2008

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Grain de sable

 

Ce n’est qu’un petit grain de sable, un petit grain de sable qui veut casser la machine. Mais le grain de sable est, à l’origine, un rocher qui est réduit par la houle, le vent et le froid. Et puis un seul grain ne peut être que rejeté ou broyé par l’inhumaine machine dévoreuse de vie …

Etre complexe, torturé et déchiré, sans cesse se posant des questions sur elle-même et sur les autres … Ainsi est-elle lorsqu’à travers les brumes du cynisme, du rêve et du cauchemar, apparaît son moi profond.

Pourquoi se rideau de fumée qui souvent la brouille tel des larmes au fond de ses yeux vert. Crainte de la vie et du miroir, pessimisme outrancier, sado-masochisme déplacé. Qui peut vraiment le dire …

La vie est une scène de théâtre où virevoltent les personnages ; Jean qui rit et Jean qui pleure. Mélange de genres, caméléon qui trouble la vitre telle une pluie d’automne.

Mais la sincérité perce enfin le brouillard comme un rayon de lune la nuit d’été, et voilà le masque qui tombe, et voilà le mime cédant la place au verbe, et voilà l’espoir encore craintif qui n’ose dire son nom.

Le sourire apparaît prouvant que la lumière est à la fenêtre du visage indiquant que le coeur est là.

Puissant désir de vivre à tout prix, de s’étourdir même d’artifices, de jouer parfois avec le feu afin d’être soi au milieu du rêve intimement lié à la réalité.

Elle cherche l’étoile du berger sans réellement vouloir la trouver et la suivre car la Liberté, concept abstrait et magnifique, est là qui la talonne et l’aiguillonne. Pourquoi refuser … être complexe ? La vie n’est pas un jeu, elle est aussi dure et cruelle, que source limpide de bonheurs simples.

Il faut savoir, sinon vouloir, l’accepter tel que sinon on recherche la nuit et la solitude pour pleurer, sur soi à travers les autres. La vie est, et toi tu es aussi …

Quelle fascination morbide de la mort transforme tes rêves éveillés en cauchemars incessants. Le courage doit éteindre ce désabusement irréel et masochiste.

Heureusement au plus profond de nous, de toi comme de moi, brille une flamme même petite mais qu’il ne faut jamais, jamais vouloir souffler pour l’éteindre ; ce serait tuer l’être et l’âme en pleine conscience et sans excuse.

Crime abominable s’il en est.

Jamais on ne doit refuser que cette flamme vacillante embrase, un jour ou une nuit, notre esprit et notre corps. Car la mort, bien qu’inéluctable pour nous, est une chose si terrible qu’on ne peut même la souhaiter à nos pires ennemis, et lorsqu’elle touche un de nos proches, peu à peu, lorsque l’on assiste à l’agonie, c’est indescriptible, incompréhensible à ceux qui l’on vécu.

Il n’y a pas de mots, mais il reste des émotions très, très dures et cruelles dont les cicatrices restent à jamais douloureuses …

Alors pourquoi vouloir se créer des problèmes alors qu’ils y en a tant déjà …

Mieux vaut rester soi sans fard ni artifices, et trouver le bonheur ici, si près parfois qu’on ne le voit pas tout occupé à chercher au loin.

Et toi, toi qui pense et qui est, tu sembles chercher à te torturer, comme ça, sans raison ; quelle faute secrète cherches-tu à expier ? Tu n’en as point.

Alors étouffer l’espoir ou le bonheur de vivre tout simplement, quelle absurdité, quel orgueil dérisoire, quelle volonté gaspillée pour se faire mal comme si l’on avait pas suffisamment de douleurs, et même, quelquefois, de désespoir …

Désabusée, si jeune, cela fait grincer de rire forcé.

Mais tu es aussi toi, toi profondément, toi intensément, toi qui, lorsque tu as brisé cette fausse carapace d’indifférence, de dureté et de désespoir, reste quelqu’un de gai malgré tout, quelqu’un d’heureux, hé oui, quelqu’un aux activités aussi multiples que nombreuses, enfin une Femme sensible, émotive même.

Une Femme qui, hors ses accès de pessimisme, brille de mille éclats, de joie … une Femme qui sait, consciemment ou pas, remonter le moral des autres et de soi-même.

Ta deuxième facette éblouit lorsque les rayons de ton sourire naissent enfin …

Chris 

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Ambivalence

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Ambivalence

 

Souvent énervée, dévorant tes ongles presque avec fureur, tu écoutes, attentive, les paroles qui jaillissent et se mêlent avec rapidité, prête déjà à répondre ou à contester avec vivacité.

Ainsi apparais-tu fugacement au détour d’une réunion, lors d’une conversation ou à la terrasse d’un café.

Nombreux sont les sujets qui t’intéressent : d’une pièce de théâtre aux problèmes de société, en passant par un film ou un poème …

Ton esprit est constamment à l’affut d’un élément nouveau, d’une idée originale, d’une construction abstraite, d’une activité neuve … pour te rendre utile, t’occuper, pour mieux connaitre et comprendre autrui à travers toi-même.

Dissimulée par le rideau de fumée d’une cigarette tu observes, te dérobes tandis que fuse l’ironie souvent, jamais méchante ; une réplique un peu sèche atténuée d’un sourire, parfois ; une précision grammaticale, irritante par sa justesse.

Avec précision, en général, tu décortiques les phrases qui errent ici et là, tu analyses le sens réel des termes, tu pèses prudemment les sous-entendus, tu devines l’ambiance et la réalité ; alors, enfin, tu t’exprimes, très vite, par rafales, comme avec rage quelque fois, sautant avec aisance d’une idée à une autre … avec sérieux ou avec humour et tu apprécies d’être entendue, d’être écoutée, d’être comprise aussi je crois.

Quelle fascinante dualité pressent-on en toi, derrière un aspect un peu fébrile ; quelle étrange curiosité se dissimule derrière un sourire fugitif ; quels surprenants besoins se cachent derrière cette activité multiple et perpétuellement affirmée : le sais-tu toi même avec exactitude … ?

Bien sûr tu connais tes forces et tes faiblesses, et tu en uses avec bonheur la plupart du temps dans un mélange naturel ou calculé … L’égoïsme côtoie la compréhension tolérante ; les sautes d’humeur te mènent d’une fierté têtue à une franchise retenue ; l’aspiration à la solitude est liée à un goût des divertissements superficiels et étourdissants ; la quête intellectuelle est teintée d’une recherche matérielle ; le besoin de paraître et d’être vue est retenu par le soucis de réussir …

La prudence et la lucidité te servent et te gênent, lorsque tu désires vraiment quelques chose avec force : c’est un atout et c’est une faiblesse, mais c’est ainsi …

Chris 

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Hésitation 29 juillet, 2008

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Hésitation

 

Calme et réservée, mâchant machinalement un chewing-gum, tu observes ton entourage sans un mot, gardant pour toi tes impressions rarement découvertes d’un hochement de tête fugitif, d’un geste à peine ébauché.

Souvent tu peux sembler ailleurs alors que tout se forme, se déforme et se transforme autour de toi, faussement indifférente, présente au travers d’un cliquetis discret de bijoux délicats ou d’un scintillement brusque d’or et d’argent.

Silencieuse mais attentive, tu regardes les discutions s’échauffer et s’échapper en d’étranges arabesques décousues.

D’une voix douce, voilée d’un soupçon de timidité, ton avis s’exprime équilibré, un exemple opportun prend place, une critique fuse atténuée d’un sourire apaisant souvent, ou ironique quelque fois …

Spectatrice périphérique, de temps à autre, tu t’énerve, sans heurt, lassée des inepties et du manque de nuances heurtant ton goût de l’harmonie paisible, ton soucis de bon ton en demi teinte.

Attitude ambiguë et paradoxale ; souhaiter être reconnue sans s’imposer ; être entendue en écoutant ; être devinée sans s’exposer …

Mélange pouvant devenir explosif tu hésites à oser paraître telle que tu es, sans fard, tout simplement.

Caressant distraitement tes cheveux, tu rêves, ici, d’être à mille lieus des mots qui roulent et se croisent en une sarabande étourdissante, d’être maintenant dans une existence sereine et heureuse au milieu d’une nature sauvage et revivifiante.

Le rêve et la réalité intimement liés te laissent tour à tour mélancolique dans la foule anonyme et satisfaite d’une solitude plus ou moins nécessaire, troublée d’envies de t’étourdir parfois.

Sentiment d’être différente, d’être autre, tu tentes de te fondre dans la masse en voulant tout de même rester un point de mire, tel un écueil dans une baie agitée, réussir dans tes ambitions profondes.

Chris 

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Bureau

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Bureau

 

Le regard pâle, bien calé à l’abri des verres protecteurs, tu sembles disséquer, sans trop de complaisance, l’agitation désordonnée qui t’entoure.

Un rai de lumière éclaire tour à tour mèches brunes et mèches blondes qui se mêlent comme pour dessiner une succession d’éclats hypnotiques.

Un trait acide, une remarque brûlante, une répartie fulgurante, une pointe acérée percent l’importun qui s’avance, miel et sucre, trop sûr de lui face à cette silhouette frêle, frêle comme une lame d’acier, trompeuse …

Entre deux grelottements de téléphone, l’oeil à la fois bleu comme l’océan breton et vert tel le maquis cévenol, pétille d’amusement et d’ironie teintés de scepticisme du aux histoires abracadabrantes que tu ouïes distraitement, avec un brin d’agacement.

Un gloussement se mue en fou rire tandis que tu dégustes une moitié de banane arrosée de thé tiédasse et administratif.

Étrange alchimie où se côtoient réserve te humour, logique et envie, comme pour mieux dissimuler cette nature de Janus.

Avec parcimonie quelques rares paroles s’évadent, à regret, un peu inquiètes de ce manque d’économie.

Heureusement que le travail est là, enrichissant, épanouissant, exaltant aussi quelques fois où une prompte décision met un terme aux angoisses injustifiées, d’un quelconque susnommé. Aussitôt tu jaillis, regroupes et clos l’étude du dossier par une magnifique lettre qui ne mettra qu’une douzaine de jours à partir pour porter la bonne nouvelle aux quatre coins du département.

Et c’est le retour au train-train d’une journée en jaune, rose et parfois vert où le plastique se dispute au papier que tu brasses avec une incommensurable joie, fière que tu es d’être à la base de la source de l’origine du début du commencement éventuel et possible d’une nouvelle famille bien de chez nous.

Hélas déjà arrive la fin du service, public, que tu quittes, provisoirement, avec nostalgie et ta collègue complice pour n’aller, une fois de plus, que frapper sur une balle qui t’échappe et s’enfuit au fond d’un filet.

Mais demain, demain à nouveau une moitié de banane arrosée de thé tiédasse et administratif t’ouvriront une nouvelle journée de travail enrichissant, épanouissant, exaltant aussi quelques fois …

Chris 

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Tourbillon

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Tourbillon

 

Sans crainte du paradoxe, telle une logorrhée maligne, un tourbillon de mots viennent et vont en s’écrasant sans douceur sur les murs protecteurs des interlocuteurs effarés.

La voix, haute, s’élève encore pour atteindre au plus profond l’impact d’une scie égoïne qui laisse pantelant toutes et tous, qui s’escriment à placer un soupir, à interrompre ce torrent d’où émergent, vaille que vaille, quelques termes lancinants : moi, mon fils, dépenser, décorer, j’ai envie …

La partie de tennis s’est engagée en d’innombrables coups droits et revers allant de toi vers toi, traversant ton image, renvoyés par l’élasticité d’une pensée qui coule, se répand, se contracte pour revenir au départ après avoir virevolté dans l’air survolté que tu brasses, malaxes et tords.

Le terrain semble étroit tant il est emplit d’une présence ravageuse de gestes et de sons qui n’usent guère les chaises.

Les cloisons s’abolissent, le temps se dilue, l’espace s’éclate face à de tourbillon cliquetant ployant, peut être, les choses et les êtres …

Une écharpe de notes de piano erre et s’égare, enrobée d’une litanie de noms de départements, de Bach à Mozart, sans s’arrêter aux baffles de la chaîne, qui roule et s’enroule tout à son plaisir de ce qui brille et qui n’est pas de l’or.

Allées et venues ponctuent quelques crises passagères de temps morts dues à l’arbitre invisible, tout heureux de son éphémère victoire sans cesse rompue par cette pile inusable.

L’air s’ébat et se rabat martyrisé, qu’il est, par ce maelström dévastateur qui veut tout plier à sa volonté farouche, guère entamée par quelques larmes d’orages vite dissipées et effrayées de tant d’ardeur.

Les seconde sont sautées, les minutes avalées, les heures dévorées ; le temps se replie en débandade, honteux d’être ce qu’il est : un carcan borné de tics et de tacs …

Ainsi va la vie que tu tricotes ; maille à l’endroit, maille à l’envers, pour former la trame d’une dentelle aussi jolie que fragile, aussi compacte qu’aérée.

Tu parais et te repais de cette petite scène de théâtre emmitouflée de désinvolture feinte et de sérieux soigneusement dissimulé par tant d’artifices aux mille feux multicolores ; mais tout ce qui est petit n’est-il pas mignon …?

Chris 

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Masque

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Masque

 

En un jet continu une kyrielle de mots jaillissent, se pressent et te cernent, comme pour opacifier davantage l’écran impénétrable que tu dresse sans cesse.

Ronde insensée de sons qui viennent et vont, sans crainte du paradoxe, pour mieux calfeutrer de rares fuites d’intimité …

Quel étrange ballet que cette ribambelle de phrases qui flottent, dans un épais nuage de tabac odorant, comme si tu voulais échapper à ton image qui te suit et t’obsède.

Peur d’être, désir de paraître …

Subterfuges pour voiler une image, miroir truqué pour déformer un visage. Cacher ce qui n’est guère aisé ; ne vaut-il pas mieux enfin briser cette gangue qui pèse et alourdit l’ensemble qui n’a rien de maudit ?

Méandres de l’esprit qui saura jamais vraiment emprunter ce chemin si complexe que j’en reste perplexe …

Le théâtre est sur scène, il n’est pas la vie même si ce n’est qu’une comédie. Point de siège, pourquoi cette citadelle aux remparts illusoires qui troublent le regard alors qu’aujourd’hui rien jamais ne finit.

Amusant, dérisoire, pathétique, certes .. parfois peut-être ; encore faut-il n’y voir qu’un soupçon de timidité, un besoin de sécurité, un désir de stabilité : qui sait ?

Le sais-tu toi même ?

Pourtant aucune disgrâce, aucune grimace ; rien que cette sournoise angoisse qui te pousse, et te malaxe, dans des rôles si mouvants qu’ils en sont émouvants.

Quête stérile d’une personnalité qui hésite à s’affirmer tant occupée à se dissimuler, tu joues sans déplaisir à ces mille facettes.

Que ne cesses-tu pas cette course épuisante pour n’être enfin que toi, sans faiblesse et sans fard. Crois-tu réellement y perdre ? Crois-tu que le miroir est sali ou taché ? Non c’est la vue qui est brouillée comme par des dizaines de perles que l’on nomme des larmes.

Enfin ceci n’est qu’une histoire, imaginaire, mais prend garde qu’un jour ce ne soit déjà trop tard ..

Il faut savoir choisir, fais le avec plaisir ; tout n’en sera que plus simple et alors tu seras Toi, n’est-ce pas suffisant …?

Chris

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Danse

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Danse

 

Dans un rythme trépidant et lancinant tu danses, tournes, t’étourdis en une débauche de mouvements toujours plus rapide, telle une bille de flipper qui roule et se cogne, sans arrêt, au sein d’un vacarme grandissant.

Une pause, brève.

Une cigarette, blonde, vite transformée en fumée impalpable où tu te perds volontiers, et tu reprends cette sarabande après … après quoi au fait ?

Et les chocs se suivent, et la tête tourne, et le bruit croit, et la fumée pique les yeux, et quelques larmes , et … Tout se fond dans un brouillard multicolore que traversent, fugaces, souvenirs et visages que tu refuses.

Oublier.

Ce soir tu danses, ce soir tu ris ; que la fête continue, que jamais elle n’ait de fin, c’est ce que tu désires. Un autre disque, un chapelet de minutes, des gestes plus lourds, plusieurs bouffées nerveuses de tabac, un verre avalé et s’estompe, un peu, le film intime.

Hier, demain : qu’importe …

Automatismes, réflexes gomment des images brisées et dissolvent les soucis à venir.

Tu te meus dans un monde zébré de spots incandescents, lardé d’une symphonie de batterie grave qui entraîne le battement sourd d’un coeur synchronisé avec l’ambiance chromatique.

Tes yeux luisent dans l’ombre d’un sourire absent comme si tu étais ailleurs, comme si tu planais loin, très loin hors du temps et de l’espace.

Et la course s’emballe, saccadée, cahotique d’un écueil à l’autre, qui apaise les blessures, qui arrête le sang, qui aspire les peurs, qui sèche les pleurs …

Un univers s’entr’ouvre sous les pieds qui volent d’un instant à l’autre, se heurtent à eux-mêmes, tirant les pensées du gouffre sombre vers les éclairs de couleur. La fatigue s’installe avec tranquillité, avec volupté, complice de l’esprit essoufflé qui aspire à la sérénité.

Enfin, enfin tu vas reposer, les yeux clos, la tête libérée, le corps éreinté, le souffle court dans un sommeil sans cauchemars.

Là, une minuscule lueur va et s’amplifie telle une flamme d’espoir pour découvrir une silhouette menue et grandissante ; un soupir, un cri : Maman !

Et les ténèbres se déchirent pour permettre le passage à cette ombre gracile et fragile qui est l’espoir et le réconfort d’une île dans la tourmente.

Chris 

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