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Secrétaire bis 29 juillet, 2008

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Secrétaire bis

 

Il faut …. je veux …. tu dois …. le plus tôt possible …. immédiatement …. alors, c’est prêt …. ?

Sans cesse ces mots bornent l’écoulement du temps et ponctuent les heures de la journée, en glissant et se heurtant parfois.

Armée d’une paire de ciseaux, d’un pot de colle, d’un ruban adhésif, tu mutiles la presse pour la réduire en photocopies qu’un oeil, rapide et négligeant, parcourera sans réel intérêt avant de les jeter. Pas le temps de lire, il vaut mieux régler ses comptes, mesquins ou inutiles.

Triste labeur qui laisse un goût amer venu d’ailleurs, venu d’en bas, venu d’en dessous.

Des éclats de voix, des informations tronquées, des problèmes futiles t’encombrent et t’irritent jusqu’à, quelque fois, faire perler des larmes d’énervement qui brouillent la luminosité du regard.

Un mouvement de tête faisant danser la chevelure éloigne ces soucis et ces bêtises, et apure l’ovale du visage qu’éclaire l’aura d’un sourire réconfortant.

Que d’heures gâchées à la cime de cette pauvre bâtisse, alors que non loin, un peu partout, la nature s’exprime librement, sans contrainte, sans fatigue, sans nuage …

Une brume factice cascade et dissimule la réalité sur la scène trompeuse de ce théâtre humain où se cachent et se dévoilent, tour à tour, la nature profonde des individus tant occupés à paraître, au lieu d’être, tout simplement, sincèrement comme tu l’es.

Las, le sablier des secondes se vide au rythme des adresses et des enveloppes qui défilent en bataillons serrés, brièvement interrompu par la crécelle, irréelle, du téléphone qui grelotte de loin en loin.

Rires et sourires, de temps à autre, brisent l’enchainement mécanique de ce travail trop souvent stérile. Heureusement qu’une faible flamme brille, et luit au plus profond des yeux … telle une lueur réconfortante et douce pour s’exprimer, sans fard, par un geste, une attitude ou une parole qui calme l’agitation et réchauffe le coeur.

Les soucis se dissolvent, les minutes s’entassent alors que la corolle d’une robe efface l’énervement pour ne laisser, à nu, que la réalité d’une personnalité attachante.

Inexorablement s’approche, cahotique, l’heure de la sortie où tu pourras te retrouver telle que tu es vraiment, en accord avec toi même …

Chris

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Regard 28 juillet, 2008

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Regard

 

Un pas de danse esquissé, une répartie acidulée enveloppée d’un sourire ironique, une pirouette humoristique enrobant une vérité lucide ; telle es-tu dans l’alternance d’ombre douce et de lumière tamisée.

Tu joues à n’être que toi même dans une savante nappe de brume, frêle dans sa solidité.

Imitant le hérisson piquant, mais fragile, tu n’apparais qu’au travers d’un clin d’oeil, sans indulgence et sans acrimonie, en sachant mêler sel et sucre dans une subtile sauce poivrée qui pimente, çà et là, tes propos.

Amusant cette chorégraphie virevoltante où le masque se dilue et s’affirme tour à tour, suivant le lieu, l’instant, l’environnement, l’humeur aussi.

Comme les Kères tu revis tandis qu’Erebos s’avance vers Nyx rejetant Hélios au profit d’Ouranos …

Et là s’effrite le voile sous la brillance du regard.

Et là se désagrège l’accoutrement sous l’ampleur du geste.

Et là tu es toi, sans complaisance, avec franchise.

La personnalité s’épanouit ; les mains s’expriment ; le corps, dans d’innombrables arabesques, se découvre ; les mots fusent, aiguisés par l’esprit ; des feux follets rieurs et sérieux chatoient et ourlent tes yeux.

Une parole, une mélodie et tu vibres sans contrainte, sensible à l’harmonie et à la magie des vibrations qui se cherchent, se heurtent et s’accrochent dans la pénombre.

Les secondes se lient, en minutes, au train des heures que tu vois passer tant occupée que tu es à revivre, loin d’une scène éclaboussée de durs éclats d’un soleil trompeur, blessant parfois.

Tout se bouscule dans une cohorte joyeuse mouillée de quelques gouttelettes d’alcool qui se noient dans le ressac du rythme.

La danse, le verbe, la chaleur, les sons, les étoiles, les silhouettes diffuses s’embrouillent et s’enmêlent en ce pâle univers où les artifices gisent, décomposés, sans un regret, sans trop de regrets, dans un angle noir rejeté avec négligence.

Mais Ouranos recule face aux attaques d’Hemera, Phoïbé livre sans espoir une lutte d’arrière garde alors qu’Aither s’efface, vaincue …

Et toi, toi tu vas te coucher pour, tout à l’heure, te parer à nouveau de cet habile maquillage que tu ne quitteras qu’au seuil du prochain crépuscule, bientôt.

Chris

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Flipper

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Flipper

 

Un rire nerveux crisse, un peu exaspérant, comme pour tenter de dissimuler l’éclat qui ne vient pas, ou pour masquer la crainte qui reste là, tapie …

Les pensées s’agitent et se cognent telles des billes de flipper qui cahotent, et frappent, sans douceur, la vitre sale qui les séparent de notre univers.

Une autre boule se forme et bloque la gorge, et noue les nerfs, et crispe l’attitude faussement détendue.

Des images se bousculent noires et blanches, blanches et noires, issues de la mémoire et hachurées à présent que le temps semble hoqueter sous l’influence d’une toux d’épreuves.

Le regard se trouble occupé à scruter l’intérieur et le passé, las d’essayer de percer l’avenir qui se dérobe.

Cigarettes, blondes et brunes, vite consumées se mêlent au café en une mixture qui retient, de force et artificiellement, l’explosion qui couve depuis … depuis trop déjà.

Un bureau enfumé, un téléphone qui grésille, une machine à écrire qui vomit, en longues rafales, recouvrent les soucis, les craintes, l’angoisse d’une situation qui vacille comme la flamme d’une bougie.

Au sein de cette brume, une lueur va et s’amplifie pour découper, pour découvrir une silhouette menue et gracile qui grandit jusqu’à devenir immense de réconfort et souriante sur le fond très clair d’un mas, là haut, dans la garrigue.

Point d’ancrage d’un port encore protégé où l’erre s’achève avec la fin de la journée.

A nouveau l’esprit qui tourbillonne, aspiré par le puit sans fin de l’incertitude et de l’hésitation, qui se heurte et se blesse dans des « si », dans des « mais », dans des « pourquoi » et des « comment ».

Les yeux se brouillent à l’abri de la nuit, loin de tout, loin de tous, seuls avec eux-mêmes, fouillant au plus profond de soi pour ré-ouvrir les cicatrices passées et raviver les coupures si fraiches : masochisme …

Dans la garrigue souffle le Mistral, avec violence, pour emporter très loin ces blessures secrètes, avec douceur, pour caresser la petite silhouette qui rit et qui joue avec le soleil qui s’estompe, comme une ombre, pour demain être plus grande et plus forte, pareille à toute source de bonheur : n’est-ce pas là l’essentiel ?

Chris

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Secrétaire

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Secrétaire

 

Penchée sur le clavier de la machine, tu frappes, en mille arabesques d’ongles colorés d’où naît une cacophonie qui rythme le temps d’une feuille blanche.

Un fou rire déferle qui rompt, un bref instant, la monotonie de ces tirs en rafales qui assourdissent l’étroite pièce de ce pigeonnier, là haut, près des nuages qui roulent est cascadent en une voûte grisâtre.

Eclat malicieux, un « digue » s’échappe et rebondit pour ponctuer une affirmation teintée de sourire.

Un mouvement de tête, où se mêlent mèches blondes et brunes, et revoilà le staccato lancinant qui berce les heures à peine entrecoupées d’ordres et de contre-ordres zigzaguant çà et là.

Et toi, enjouée, tu laisses errer un regard ironique sur ceux qui vont et viennent, emplis d’une immense admiration pour eux-mêmes au sein d’une nébuleuse qu’ils ont crée par de faux artifices dérisoires.

Le téléphone sonne pour te faire entendre les sons divers de cloches qui tintent sans résonner, pendant que les minutes s’assemblent vers l’heure de la sortie.

Théâtre, cirque, comédie s’agitent et s’entremêlent dans de douillets bureaux capitonnés d’où, parfois, coulent quelques miasmes malodorants ; triste spectacle vue des coulisses …

Des journaux s’entassent, des lettres s’accumulent, des enveloppes défilent et cette cohorte passe en un long cortège lassant, et bien souvent stérile.

Un rayon de soleil perce la grisaille des vitres et illumine, fugacement, une rose factice un peu perdue, là, sur un coin de bureau … symbole ?

Cette rose rougira, qui sait … tu l’espères.

Mais déjà le travail reprend : les portes s’ouvrent, ta soeur passe, le grelot du téléphone retentit. Rapidement un chocolat, un bonbon, un croissant sont grignotés tandis que les secondes se succèdent, comme les lettres de l’alphabet qui jaillissent et s’impriment sur la feuille de papier.

Toujours enjouée, encore amusée, tu regardes les ombres, tu scrutes les silhouettes et les rêves qui se suivent et se ressemblent, un peu médiocres, sur cette scène éclairée par la lumière crue des ambitions mesquines.

Heureusement que tu es là, et que la fraicheur de l’espoir calme un peu la fièvre malsaine qui t’entoure sans réellement t’atteindre.

Quelle dose de patience et de gentillesse t’est nécessaire …

Chris 

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Duo 22 juillet, 2008

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Duo

 

Flic. Floc.

Flic-floc font les gouttes du ciel en s’écrasant dans une flaque, qu’absorbe le gravier crissant de l’allée.

Ding. Dong.

Ding-dong fait le carillon de l’église voisine dont les notes rebondissent de toits humides en cheminées mouillées.

Tic. Tac.

Tic-tac susurre le balancier de l’horloge perclus de rhumatismes dûs à son âge vénérable.

Clic. Clac.

Clic-clac gémit la serrure de la porte dont le pêne torturé cède au viol d’une clé rouillée.

Ping. Pong.

Ping-pong râle la balle martyrisée qui vient et va au faîte du jeu d’eau d’un jardinet d’en bas.

L’air vibre et danse au rythme binaire de ces mil’bruits enrobant la vie quotidienne.

A l’étage, au second ou au premier, je ne sais plus, derrière une vitre aux larmes de pluie, se détache vaguement un visage. De loin je ne distingue guère s’il s’agit d’une courte chevelure claire ou d’une longue plus foncée ; tout est brouillé.

Assourdis quelques cris s’échappent ; enfant, perruche, qui sait en cette ambiance ouaté d’où n’émergent qu’images floues et sons feutrés.

Les nuages s’accumulent, la lumière s’étouffe, l’eau ruisselle.

Tout s’obscurcit et s’éteint à la fois.

Déchirure.

Un pinceau de soleil casse net le hululement du train qui dévore le quai pour aller … pour aller en Avignon. Non, à Montpellier. Non … et qu’importe, il y va.

Dans un souffle asthmatique il avale les kilomètres et rejette des bouffés de soucis qui vont s’écraser sur les ballastes. Les glaces d’un wagon reflètent une tempête de rires dus aux tickets erronés.

Eclair.

Une cohorte de blattes se coule sous une peau de taureau, sous le regard énigmatique d’un scarabée multimillénaire, et laisse à penser, qu’au plafond se prélasse une araignée ; mais non.

Ce n’est qu’une émission qui défile sur l’écran aveugle d’un téléviseur cafardeux et morne fixant, sans les voir, une série de devoirs administratifs.

Flash

La chaîne roule et s’enroule autour des chansons et symphonies qui se lovent entre les deux aiguilles d’où naissent pulls beige et blanc en harmonie avec un sac noir et … gris.

En face un chapeau opine en se mirant au sein d’une agrafeuse où apparaissent des lèvres rose surmontant une paire de bretelles.

Une pomme est croquée, un chocolat englouti, des bonbons sucés.

Interlude.

Un bambin malicieux, au regard coquin, fait tinter ses lunettes contre le verre d’une table qu’il s’entête à escalader contre tout interdit. Dans un étroit couloir cascade l’écho d’une cavalcade endiablée saupoudrée d’un rire cristallin qui ravive un sourire déjà si lumineux. Un ballon coloré bondit et rebondit d’un escalier à un gazon qu’enserre une nuée d’autos.

Reprise.

Dehors l’eau bat le sol en cadence comme pour s’y blottir à l’abri de rires fous qui se croisent et s’entrecroisent au dessus d’une pile d’enveloppes qui se tassent et s’entassent par centaine. Des stylos s’épuisent à courir, sans but, pour le plaisir … et quelques centimes, à peines maîtrisés par de fines mains aux ongles carminés et aux doigts blessés.

Eclat.

En position du lotus, la méditation transcendantale se transmute pour n’être plus qu’une bulle de savon qui s’élève, plus légère que l’air, reposant le corps éreinté de gymnastique pour chercher un souffle court qui s’égare et crée des vertiges.

Les douleurs s’apaisent, la colonne d’assiettes se redresse. Les baffles diffusent doucement une musique sidérale, ou classique, qui enveloppe et développe l’ambiance chaude d’un bouddha, hilare et sympathique, rayonnant d’une lumière artificielle éclairant quatre saisons miroitantes.

Une flamme de bougie se tord d’envie et penche, insensiblement, vers une framboise en bouteille qui distille sucre et euphorie en de ridicules verres minuscules.

La multitude de perles de bois dingue au moindre zéphyr.

Reprise.

Toutes deux s’amusent à se renvoyer la balle, en une interminable série de revers et coups droits, par dessus les bureaux gris et sous l’oeil ébahi d’un collègue médusé de tant et tant d’énergie.

Cela fuse de tous côtés à une cadence effrénée qui sature l’atmosphère de longs traits de gaité tressant, sans bavure, un canevas aussi serré qu’agréable.

De temps à autres une antiquité ébréchée dispose, cérémonieusement, un paquet de papiers agrémenté d’un « voilà ! » tout juste murmuré et immédiatement contré d’un triple « merci ! ».

Non loin une voix éraillée jette, hargneusement, un retentissant « qu’est-ce que c’est, c’est pourquoi ? », alors que l’on entend un autre s’esclamer indigné « je sais pas, c’est pas moi, c’est fermé !’.

Un parfum de menthe monte des archives poussiéreuses indiquant clairement qu’il est temps de la pause.

Dans l’étroit corridor, à peine éclairé, se déplace un sous-off en quête d’anisette. Il erre lamentablement en un hennissement grinçant et lugubre et se heurte et se cogne aux portes closes des services moroses.

Interlude.

Sur l’eau de chlore saturée, des enfants s’essayent à nager couvés précautionneusement d’un regard bleuté.

Attentive, admirative elle scrute son neveu, d’un bord à une rive, aisément s’agiter.

Fugacement l’onde verte d’un océan déchainé traverse son esprit, la laissant là, emplie de nostalgie. Bien vite elle réagit en rêvant à son lit où elle reposera, tranquille, pas plus tard que vendredi.

Ailleurs, toujours, c’est un petit d’homme qui s’amuse et rigole des milles facéties qu’il invente sans effort tout heureux d’apprendre à être lui-même.

Accalmie.

A force d’obstination, le soleil testard, perce et brise la masse nuageuse et se force un passage permettant à ses doigts d’or d’indiquer, et de réchauffer, des fenêtres embuées.

A l’intérieur c’est la fête.

Enfin libéré une perruche étend ses ailes et lance sa trille ; un petit blondinet se jette sur la porte et s’énerve à vouloir, dans un jardin, s’amuser.

Les deux femmes, encore engourdies des lettres préparées, s’apprêtent et se colorent pour arpenter les boutiques qui tendent leurs vitrines elles-aussi bien tentantes.

Dans le clair-obscur qui s’avance entre chien et loup

d’un pas mesuré, l’eau du ciel tombée s’évapore pour ne laisser que d’infimes traces humides bientôt absorbées par la pénombre d’un crépuscule protecteur.

Chris

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Enigme

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Enigme

 

L’aurore s’amorce doucement par le clignotement de cils qui s’agitent en préparant le passage du sommeil, empli de phantasmes, au réveil progressif sur une journée nouvelle.

Un léger frémissement, quelques frissons, une ébauche de geste vite dissipée, un baillement profond, et les paupières enfin s’écartent sur la clarté, un peu brumeuse, qui envahit le ciel. Encore trouble et incertain, le regard mordoré hésite à quitter l’ailleurs de la nuit pour affronter le devenir du jour.

Enfin ça y est.

Les yeux marron se libèrent des dernières limbes de l’imaginaire nocturne pour laisser place à la luminosité solaire qui, timidement, s’élève et s’étire pour se jeter à l’assaut de son périple quotidien.

Les muscles se dénouent et se défont de la tiédeur du repos, les idées cessent d’errer pour tenter de se regrouper en un ordre cohérent.

C’est l’éveil.

Quelques lambeaux paresseux de rêves s’évanouissent encore, dissipés par les rayons d’or qui repoussent l’argent lunaire et les milles escarboucles de la voûte étoilée. Lucidité et baillements se succèdent à toute allure tels des flashs de spots psychédéliques.

Comme une fleur aux pétales épanouis, elle se laisse caresser par l’air frais de rosée de cette aube naissante. Tout est calme, et hormis quelques chardonnerets bavards, aucun autre bruit ne vient casser la quiétude du fil de ses pensées qui s’égarent, sans but, d’une futilité à une autre. Les soucis et les problèmes s’estompent comme l’obscurité de tout à l’heure.

Elle contemple l’azur où se perd l’avenir jouant à cache-cache avec un train de nuages solitaires bien fragiles, fragiles comme …

Un voile de nostalgie teinté d’un zeste de tristesse assombrit, un peu, le cours de sa rêverie qui va, çà et là, à la recherche d’instants pas si lointains où tout était autre.

Ses yeux croisent, sans le vouloir, le tain d’un miroir où elle se mire et d’où surgissent des images un peu effacées, un peu grises, un peu rieuses, un peu émouvantes, un peu tendres, un peu, un peu …

Une larme, une perle salée nait et glisse sur le velouté d’une joue tandis que les battements de coeur désordonné, en plein désarroi, s’accélèrent et cognent vite, très vite, trop vite dans la poitrine qui se soulève en un rythme essoufflant et incontrôlable.

Jadis et naguère se confondent en une longue litanie d’espoirs et de regrets, réveillant, en passant, quelques cauchemars non encore entièrement dissous.

Mais le soleil est là, si près, si lointain, si tiède, si tendre, si … et il n’est que le temps de se lever pour affronter les heures à venir.

Une dernière fois le regard mordoré s’étudie, sans complaisance, et chasse, provisoirement, le brouillard grisonnant qui l’obère, laissant l’éclat si lumineux et touchant d’un sourire qui éclaire l’ovale du visage.

Aujourd’hui il fait jour, ce soir … ce soir on verra.

Chris 

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L’une est brune, l’autre moins. 21 juillet, 2008

Posté par hiram3330 dans : Silhouettes , ajouter un commentaire

L’une est brune, l’autre moins.

 

Face à face, les yeux dans les yeux, à peine séparée par deux bureaux jonchés de dossiers et de papiers de bonbon vides, l’une est brune, l’autre moins.

Un sourd grelottement déclenche soudain le jaillissement de mains, aux ongles teintés, qui s’escriment à happer le téléphone se trémoussant d’impatience, tout guilleret d’être ainsi caressé et l’objet de tant de convoitises voluptueuses.

Une paire de soupirs s’échappent au son d’une voix ensoleillée emplie de « s’il vous plait – merci » ; non ce n’était ni l’heure du tgv, ni celle de la visite médicale … plus tard peut être ?

Frustrés deux nez replongent à l’unisson vers le jaune du quotidien tandis que s’envolent des pensées … des pensées de chocolat dur et de fromage mou.

L’une rêve, l’autre aussi.

Un clin d’oeil, une boutade et le rire, fou, s’enfle, éclate et ruisselle sans retenue aucune jusqu’à éclabousser les vieilles armoires étonnées de tant de gaieté inusité en ce lieu de réflexions et de recueillement.

Une seconde cascade d’hilarité explose, comme ça, pour rien, et va même troubler le cannibale d’en bas, la momie d’à côté, jusqu’au zin-zin mécanique dont l’oeil, tel celui de caïn, rouge, rythme le temps à travers les morsures des badges.

L’une s’étouffe, l’autre s’étrangle.

Un doux babillement s’écarte pour laisser place au caquètement, puis au jacassement qui remplit, sans pudeur et sans crainte, ce petit cagibi centre vital de l’expansion démographique internationale.

Devant la fenêtre, grâce au soleil complice, se dessine ce duo vêtu de tissu diaphane ne laissant aucun doute sur le trouble sensuel qui ne manque pas de s’insinuer, tel un parfum poivré, dans l’ensemble de la Direction.

Pas d’erreur ce sont bien elles : les succubes !

L’une n’est pas grande, l’autre non plus.

C’est alors que se déclenche la fureur de l’avalanche, le poids des mots, le choc des images en un tourbillon démentiel et dithyrambique que d’aucun subodorent n’être dûs qu’à quelques vapeurs éthyliques ; mais non.

L’une est sobre, l’autre ……. aussi.

Et tout se calme, et tout s’apaise par un ollé murmuré sur une pierre de la saint Jean.

Un bruissement léger, comme le bruit de bas de soie qui se frottent, ou d’un jupon qui se répand au sol, fait frémir l’atmosphère et électrise l’ambiance. Serait-ce … non … non ce n’est qu’une sous chemise, bleue, qui se froisse et se tord, de plaisir, entre les doigts carminés.

Songeuse l’une sourit, l’autre aussi.

Ding-dong fait la tête d’une collègue au regard bovidéen, d’où son surnom, apparaissant par l’étrange lucarne qui rappelle une guillotine, pour signaler que c’est l’heure déjà, enfin.

Une double illumination éclaire deux visages et éblouit deux regards qui se croisent en un éclair.

Et c’est la cavalcade, la charge héroïque de la cavalerie légère ; l’air surchauffé est zébré de reflets rouge du bout des doigts qui rangent, sans douceur, les décombres et les débris d’une journée d’épuisant labeur.

Heureuse et charmante l’une rayonne, l’autre aussi.

Un ouragan de robes panachées, un crépitement de talons s’éloignent ne laissant plus trainer que quelques effluves éparses d’un parfum désormais orphelin, dans cette pièce sans âme et morne qu’un néon, blafard, n’arrive pas à raviver.

Au bout de cette folle course, entre la tisane et la douche, un sport ludique se glisse où, deux flammes blanches, deux feux follets se précipitent de droite à gauche, et inversement, afin de frapper, sans faiblesse, une pauvre balle toute contente d’y échapper si souvent.

L’une s’essoufle et rougit, l’autre rougit et s’essoufle.

Enfin, déjà, le firmament s’obscurcit pour laisser place à un dais noir, piqueté de milliards d’escarboucles argentées, jouant avec le disque lunaire dont la frêle clarté recouvre, avec délicatesse et tendresse, les deux silhouettes qui s’en vont encore précieusement enrobées de pensées qui vagabondent au travers du temps et de l’espace.

L’une, béate, s’endort ; l’autre, s’endort, béate.

Chris

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