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Je suis là 2 novembre, 2018

Posté par hiram3330 dans : Digressions , ajouter un commentaire

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Ne reste pas là à pleurer devant ma tombe

Je n’y suis pas, je n’y dors pas…

Je suis le vent qui souffle dans les arbres

Je suis le scintillement du diamant sur la neige

Je suis la lumière du soleil sur le grain mûr Je suis la douce pluie d’automne…

Quand tu t’éveilles dans le calme du matin

Je suis l’envol de ces oiseaux silencieux

Qui tournoient dans le ciel…

Alors ne reste pas là à te lamenter devant ma tombe

Je n’y suis pas, je ne suis pas mort !

Pourquoi serais-je hors de ta vie simplement

Parce que je suis hors de ta vue ?

La mort tu sais, ce n’est rien du tout.

Je suis juste passé de l’autre côté.

Je suis moi et tu es toi.

Quelque soit ce que nous étions l’un pour l’autre avant,

Nous le resterons toujours.

Pour parler de moi, utilise le prénom

Avec lequel tu m’as toujours appelé.

Parle de moi simplement comme tu l’as toujours fait.

Ne change pas de ton, ne prends pas un air grave et triste.

Ris comme avant aux blagues qu’ensemble nous apprécions tant.

Joue, souris, pense à moi, vis pour moi et avec moi.

Laisse mon prénom être le chant réconfortant qu’il a toujours été.

Prononce-le avec simplicité et naturel,

Sans aucune marque de regret. La vie signifie tout ce qu’elle a toujours signifié.

Tout est toujours pareil, elle continue, le fil n’est pas rompu.

Qu’est-ce que la mort sinon un passage ?

Relativise et laisse couler toutes les agressions de la vie, Pense et parle toujours de moi autour de toi et tu verras,

Tout ira bien.

Tu sais, je t’entends, je ne suis pas loin,

Je suis là, juste de l’autre coté.

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La lettre d’Abraham Lincoln au professeur de son fils 25 octobre, 2018

Posté par hiram3330 dans : Apports , ajouter un commentaire
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La lettre d’Abraham Lincoln au professeur de son fils

Il aura à apprendre, je sais,
que les hommes ne sont pas tous justes,
ne sont pas tous sincères.

Mais enseignez-lui aussi
que pour chaque canaille il y a un héros;
que pour chaque politicien égoïste,
il y a un dirigeant dévoué…

Enseignez-lui que pour chaque ennemi il y a un ami,
Éloignez le de l’envie,
si vous pouvez,
enseignez lui le secret
d’un rire apaisé.
Qu’il apprenne de bonne heure
que les despotes sont les plus faciles à flatter…

Enseignez-lui, si vous pouvez,
les merveilles des livres…
Mais laissez-lui un peu de temps libre
pour considérer le mystère éternel des oiseaux dans le ciel,
des abeilles au soleil,
et des fleurs au flanc d’un coteau vert.
À l’école, enseignez-lui
qu’il est bien plus honorable d’échouer
que de tricher…

Apprenez-lui à avoir foi
en ses propres idées,
même si tout le monde lui dit
qu’elles sont erronées…

Apprenez lui à être doux
avec les doux,
et dur avec les durs.
Essayez de donner à mon fils
la force de ne pas suivre la foule
quand tout le monde se laisse entrainer…

Apprenez-lui à écouter tous les hommes
mais apprenez-lui aussi à filtrer
tout ce qu’il entend à travers l’écran de la vérité,
et à en recueillir seulement les bonnes choses
qui passent à travers.

Apprenez-lui si vous pouvez,
à rire quand il est triste…

Apprenez-lui qu’il n’est aucune honte à pleurer,

Apprenez-lui à se moquer des cyniques
et à prendre garde devant une douceur excessive…

Apprenez-lui à vendre ses muscles
et son cerveau au plus haut prix,
mais à ne jamais fixer un prix
à son cœur et à son âme.

Apprenez-lui à fermer les oreilles
devant la foule qui hurle
et à se tenir ferme et combattre
s’il pense avoir raison.
Traitez-le doucement,
mais ne le dorlotez pas,
parce que seule l’épreuve
du feu forme un acier fin.
Qu’il ait le courage
d’être impatient
et la patience d’être courageux.

Apprenez-lui toujours
à avoir une immense confiance en lui même,
parce que dès lors, il aura
une immense confiance envers l’Humanité.
C’est une grande exigence,
mais voyez ce que vous pouvez faire…

Il est un si bon garçon, mon fils!

Digression … « YANA and her Oriental Dance Ensemble » TABLA STORY 23 octobre, 2018

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Coquecigrue 22 octobre, 2018

Posté par hiram3330 dans : Billevesees & coquecigrues , ajouter un commentaire

Coquecigrue

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Terme riche autant que peu usité, je fus toujours fasciné par sa charge débordante d’images réelles et imaginaires qui purent peupler, fugacement, mes pensées songeuses d’hier comme d’aujourd’hui.

La « langue », « française » qui plus est, reste une épopée : quelle aventure permanente entre recherche, orthographe, grammaire, compréhension, prononciation, origine, évolutions, et j’en passe, et j’en passe toujours attentif à cette « Assemblée » d’hommes et de femmes (un peu désormais) de vert vêtus, ceint d’une épée hors de prix, qui sont en charge depuis des lustres (référence aux Lumières ?) de faire vivre (plutôt survivre) Un dictionnaire, LE dictionnaire ...

Mais foin de faire semblant d’être un « intellectuel », je ne suis qu’un « lecteur » passionné certes, un brin drogué à l’encre d’imprimerie, mais probablement pas plus qu’un autre dans la même situation et état d’esprit. C’est d’ailleurs des plus cocasse pour quelqu’un ne sachant « ni lire, ni écrire » …

Or donc dans l’instant je savoure ce « mot » des plus étrange qu’est « coquecigrue ».

Je te laisse le soin d’aller quérir les définitions de ce terme dans tes encyclopédies préférées, même celles électroniques (je ne suis pas opposé au « progrès » de ce troisième type), pour en renifler la substantifique moelle, celle qui taquinera tes naseaux , excitera tes liaisons synaptiques, bref qui pourra peut-être te faire approcher le septième ciel …..

Ne te vexe pas, moi « Grand Marabout », je te devine sans effort au travers des pixels qui te transmettent les lettres de mes phrases.

Ah quel plaisir que de prononcer, faire rouler sous la langue, caresser ce mot qui m’entraîne en douceur vers des paradis, interdits à toi puisque miens, dont je ne me lasse pas, pas encore du moins.

Me voici dans mon monde, dans un de mes mondes, celui où je me prélasse sans être lacé à une quelconque « réalité incongrue » que j’abhorre par ses reflets faux, ses outrances de niaiseries, ces tonnes de grossièretés, ces multitudes de nullités, ces tas de pas grand chose pour ne pas dire… de riens.

Mais je m’énerve un peu trop dès que je suis hors de cet espace sans espace, et sans temps …

Heureusement que mon étendard translucide porte ma devise bien connue des connaisseurs que je connais :  » Cool, Zen et Serein », « serins » rajoutent les taquineurs et les taquineuses que je soupçonne parfois d’être également (mâles et femmes) des enquiquineurs et enquiquineuses.

Liberté de penser !

Liberté de passer …

Liberté via ce terme de « coquecigrue ».

Oui il m’amène par ses tours et détours jusqu’au seuil de cette Liberté, Liberté chérie, Liberté d’Homme …..

Celle qui mène à son propre « moi », « soi », parfois « toi » …

Celle qui permet d’ouvrir les voiles translucides des sentiers, des cavernes, des voies vers nos mondes intérieurs …….

Coquecigrue.

N’apprécies-tu donc point la beauté de la graphie, le rythme de la sonorité, les images de ton imaginaire face à ce « mot » ?

Insensible tu es !

Dommage …

Mais lorsque je vois ce mot, lorsque j’entends ces quatre syllabes, lorsque je me laisse porter par les images qu’il provoque, alors là je suis heureux …..

Heureux de pouvoir savourer ces vibrations dans tous leurs aspects, dans mes trois corps, dans mon environnement « urbi et orbi », dans la souvenance du passé que je croyais, naïf, disparu, effacé, mort à jamais. Pourtant « jamais » n’existe pas … lui non plus.

Donc ce terme n’est pas une fin, ni une faim, pour l’ironie moqueuse, pour le sarcasme souriant, pour la moquerie enfantine.

C’est du sérieux, comme disait celui qui l’était moins …

En « Un » mot comme en cent, avec celui-ci j’ai appris à me régaler par sa multitude de facettes brillantes, jamais réellement « méchantes », toujours bardé de sourires, certes quelques fois enduit d’ironie, emplâtré par l’aspect narquois, mais non, jamais méchant ou malveillant quand on a su l’apprivoiser.

Une des beautés de la langue française si l’on va quérir le sens initial, ses pérégrinations temporelles, voire géographiques, son histoire de naissance et de vie pour en arriver à … maintenant.

Et puis quel doux plaisir un peu pervers de le prononcer, avec componction, avec sérieux de façade, avec aussi une pointe de sadisme lors d’une conversation à bâtons rompus, d’un exposé magistral, d’une saillie humoristique, bref en tout instant imprévisible.

Satisfaction égoïste, un zeste orgueilleuse, mais … pédagogique !

C’est comme cela que quelques lettres accolées, quelques syllabes solidaires, quelques sons incongrus, me mettent de la gaité dans le cœur, l’esprit et les yeux … Convenez que cela n’est pas excessif pour un bref plaisir solitaire si je puis dire.

Nonobstant la satisfaction d’user, par ce biais, d’ambiguïté(s) permettant de « dire » sans dire, tout en disant ; et comprendra qui peut, qui veut, qui doit.

Coquecigrue.

Tu me plais toi !

Source d’humour, d’humeur, de rumeurs …

Richesse d’un terme non fini d’un passé non révolu, brillance d’un questionnement d’aujourd’hui sur un concept pas récent, d’un jeu de mot(s) allant au-delà du fini pour tutoyer l’infini.

Humoristique certes, mais également philosophique, qui sait métaphysique parfois … Va savoir …

Il reste plaisant de lire, de prononcer, et même d’épeler (pour celles et ceux qui ne savent ni lire, ni écrire) ces douze, oui 12 comme …, lettres unies comme pour former Parole, comme pour réunir ce qui est épars, comme pour taquiner curiosité de bon aloi et progressive (non, pas progressiste, nous ne sommes pas ici dans le même domaine vibratoire …..).

Quel immense champs de quête, de questions, de quiétude  qui s’étale face à Moi, à toi si tu le désires, à tous s’ils ont des yeux pour voir …….

L’Humain est riche de lui-même, l’Humain est sa propre source de richesse, l’Humain recèle une étincelle à préserver de … Chut ! je n’en dirai pas plus ….. chacun son chemin avec ses méandres …….

Comme quoi un « simple » mot ouvre, dévoile tant de réflexions que le boyau de la tête palpite comme en tachycardie, le cœur tambourine comme les « tambours du Bronx »  (publicité gratuite), les membres s’agitent comme ceux d’une marionnette aux fils tranchés.

Un « mot » du passé n’ayant plus d’avenir ?

Un « mot » désuet, oublié dans les sables d’hier ?

Un « mot » transcendant l’espace-temps ?

D’aucuns susurreraient qu’à l’image, à l’exemple d’Un autre nous sommes confronté à Une Parole …

Mais non je ne l’ai pas prononcé, le son vibratoire n’a pas jaillit, il reste donc une facette de … parmi une infinité incommensurable qui tourbillonne dans ma tête, mon cœur, mon imagination délivrée et un peu fébrile ; J’en ai le vertige !

Et pendant ce temps inexistant, levant les yeux vers les cieux je discerne, distingue, vois un regard doux et taquin qui m’accompagne,

et j’aime

Chris

octobre 6018

1002pensamiento

Livre … septembre 6018 12 octobre, 2018

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Livres

Même ne sachant ni Lire, ni Écrire …

Ce mois ci j’ai épelé avec un grand plaisir, entr’autres :

Δ

le livre de  IAN CALDWELL

« LE CINQUIÈME ÉVANGILE« 

le 5° evangile

 Δ

le livre de  GILBERT SINOUE

 » MOI JESUS « 

 moi jesus

Δ

le livre de LA FRANCE PITTORESQUE

« NOS 500 EXPRESSIONS ET PROVERBES LES PLUS PITTORESQUES« 

500expressions

Δ

le livre de GIACOMETTI RAVENNE

« CONSPIRATION « 

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Livre ... septembre 6018 dans Livre Emoticons-plus.com-21

Chris

septembre 6018

Digression … L’illusion de la réalité : La matière n’existe pas sans conscience 29 septembre, 2018

Posté par hiram3330 dans : Digressions , ajouter un commentaire

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De Léo Campion, 16 septembre, 2018

Posté par hiram3330 dans : Apports,Billevesees & coquecigrues , ajouter un commentaire

De Léo Campion,

 

Illustre trente-troisième, anarchiste, mécréant… mais aussi Sérénissime Grand Maître de la Confrérie des Chevaliers du Taste-Fesses, Régent du Collège de Pataphysique, Gran Fécial Consort de l’Ordre de la Grande Gidouille…, fondateur de cette Science d’autant plus fondamental qu’elle traite du fondement de l’humain : la Pygognomonie » du Grec « pugê » – fesse, derrière, croupion… – et « gnôme » – connaissance -, c’est-à-dire « l’étude du caractère et des dispositions des individus d’après la forme, l’aspect et la consistance de leur postérieur

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Sonnet pieusement gastronomique

Au cours de nos agapes

Arrosons en gourmets

Les meilleurs de nos mets

De Château-neuf du Pape.

Ce vin du Vatican,

Que chacun s’en souvienne,

Convient surtout quant

Aux nouilles italiennes.

Apportons ici-bas

Tous nos soins à ce plat

En pieux sujets du Pape.

Car quoi donc ne ferait

Et que n’a-t-on fait

Pour les nouilles du pape ?

In Sonnets, in A toutes fins inutiles, poèmes facétieux

 

***

Ballade civique

T’as pas le sou et t’as faim, mon gars ? c’est légal ;

Mais alors bouffe pas, ce serait illégal.

Tâches de ne pas être vagabond. C’est louche

Un vagabond ; on ne sait pas où ce que ça couche…

Fais du commerce. Deviens gros propriétaires.

Tout le monde ne peut pas être prolétaire ;

Fais-toi plutôt banquier, mon gars, ça c’est légal.

Prends pas la femme d’un autre, c’est illégal ;

L’amour, faut pas croire que c’est toujours légal.

Par ici une femme on peut en avoir qu’une

Et c’est pour toute la vie chacun sa chacune,

L’épouse à son mari, son corps est pas à elle ;

Mais la loi qu’est bête elle n’est pas toujours pareille

Et la polygamie qu’est en France illégale,

Eh ben ! en Afrique française elle est légale.

Zigouiller ton prochain, mon gars, c’est illégal ;

Mais il te faut faire la guerre, c’est légal.

Pourquoi que tu serais un assassin vulgaire

Quand à toi s’offre la carrière militaire ?

Travailles pas à ton compte, en amateur,

Fais-toi professionnel : marin ou aviateur ;

Tu pisseras pas dans la rue, c’est illégal,

Mais tu bombarderas les civils, c’est légal.

Fais des gosses, c’est tout ce qu’y a de légal,

Mais les évite pas, mon gars, c’est illégal ;

Même si tu peux pas leur donner à croûter.

Selon les pays, on peut t’électrocuter,

Te couper le cou, t’envoyer en Sibérie,

Chez les fous, au bagne, aux îles Lipari,

Ou te pendre. T’as le choix. Tout ça, c’est légal.

Mais te promène pas à poils, c’est illégal.

En un mot comme en mille, je te le répète,

Sois un bon citoyen, régulier et honnête,

Paye tes contributions, salue le drapeau,

Quand tu rencontreras un curé, ôtes ton chapeau ;

A part ça, mon gars, du moment que c’est légal,

Sois salaud tant que tu veux, ça leur est égal.

***

 Envoi madrigaleux

 Je vous veux saluer, madame, mais comment ?

Je pourrais lever mon chapeau, simplement ;

Mais comme vous voyez, je n’en porte jamais.

Je pourrais saluer de manière pratique

En clignant de l’œil comme si je vous aimais ;

Je vous respecte trop ! J’ai pour la politique

Une sainte aversion et ni le bras levé

Ni le poing fermé ne peuvent me convenir.

Je pourrais m’incliner et puis me relever,

Mais je cesserais alors, cruel souvenir,

Pendant un court instant, de voir votre visage,

Votre regard pur et votre boucle angélique ;

Aussi souffrez, madame, que sans plus d’ambages,

Je vous destine un rigide salut phallique.

***

Pensées funèbres

 

À quoi pensent les braves gens

Qui suivent les enterrements

En affichant avec constance

Une gueule de circonstance ?

 

Les héritiers, la larme à l’œil,

Pensent à leur part d’héritage.

Les dames qui portent le deuil

Pensent que le noir avantage.

 

Pour ne pas être pris de court

Celui qui va faire un discours

Vantant du défunt le notoire

Pense à épater l’auditoire.

 

Pour faire entrer des picaillons

Le curé pense augmenter vite

Le prix du coup de goupillon

Vu la hausse de l’eau bénite.

 

Le matuvu met tout son art

A avoir assez de retard

Pour qu’on remarque sa présence

Et pense à soigner sa prestance.

 

L’avare pense à ses écus.

Le cocu pense à ses déboires.

Le noceur pense à un beau cul.

Le croque-mort pense au pourboire.

 

Les chevaux du corbillard, eux,

Pensent que tout est pour le mieux

Pour eux, chevaux-vapeur tranquilles

D’un corbillard automobile.

 

Ceux dont le chagrin n’est pas feint

Pleurent comme une vraie greluche

En pensant à leur cher défunt

Qui d’ores et déjà trébuche

Parmi les bonnes intentions

Dont l’enfer est pavé, dit-on.

 

Quand au mort, la question se pose,

Le mort pense-t-il quelque chose ?

Ce n’est pas lui qui le dira ;

Patience : qui mourra verra…

***

 

De F.M. Robert Dutertre, maçon du XIXème siècle

 

Les grenouilles de bénitier et les crapauds de sacristie

Friandes d’eau bénite, auprès des bénitiers,
On entend coasser d’insipides grenouilles
Qui débauchaient jadis, en guignant leurs dépouilles
De jeunes batraciens sous les ombreux sentiers.

Aujourd’hui qu’elles ont une face ridée
Et que tous leurs amours se sont bien refroidis.
Elles n’ont qu’une envie et qu’une seule idée,
C’est d’aller coasser aux lacs du paradis.

Quelques êtres grincheux, jésuites malins,
Sans avoir aucun droit et sans le moindre titre,
Se faufilant partout par leurs airs patelins,
Prétendaient diriger l’évêque et son chapitre.

Or, le bon peuple hait l’œuvre de Loyola,
Mais il veut qu’on respecte et le culte et l’hostie
Et, sachant venimeux tous ces batraciens-là,
Il les a surnommés crapauds de sacristie.

***

De  moi-même

La solitude

La solitude, c’est…

Une blessure faite à la vie parce qu’elle est blessure et souffrance d’une vie

Un ici qui est toujours ailleurs, autrement dit nulle part

Un maintenant qui est toujours plus tard, une autre fois, c’est-à-dire jamais

Une prison dans les barreaux sont l’absence de l’autre

Une main désespérément tendue à travers la froidure d’une nuit sans lendemain

Et qui reste tragiquement ballante

Comme un pantin désarticulé

Ou bien

Que l’on retire

De cette étreinte du vide

Broyée, écrasée, meurtrie

Par celles/ceux qui ne s’en étaient saisis

Que pour mieux s’en servir

Et la rejeter leur besoin satisfait

Le silence comme seul écho aux cris que l’on lance

Et qui restent muets

Parce nul mot ne peut dire l’indicible

Une larme qui sèche au coin d’un œil aveuglé de ne plus voir

Une gare fantôme où l’on attend sur un quai vide un train qui ne viendra jamais

Parce qu’il n’est jamais parti

Le mal-être de trouver tant de sens dans la vie

Et de ne plus en trouver

Ou du moins en ressentir

Dans sa propre vie

Une page qui reste blanche parce qu’elle porte le deuil d’une histoire à inventer

Un puits sans fond

Dans lequel on a été jeté

Après avoir été expulsé de la mémoire des autres

Un chemin que l’on suit

En se demandant bien pourquoi

Et cette terrible envie qui colle au ventre

De s’arrêter

Au bord de ce chemin sans fin

Pour regarder passer le temps

Pour s’écouter mourir de ce que l’on ne sait pas/plus être

La solitude c’est encore

Une plage qui n’est pas une plage mais un désert

Puisque la mer s’en est allée vers d’autres rives

Un champ qui n’est que de ruines

Et dont les seules moissons sont ceux de la peine

De l’amertume

De la colère

De la révolte

C’est un drapeau que l’on brandit sur une barricade

Qui n’est pas à défendre

Puisque personne ne veut la prendre

C’est une vie

Qui

Comme une cigarette

Doit être jetée avant la fin

Pour ne pas se brûler les doigts

C’est un cercueil éventré

Jeté aux milieux d’immondices

Et qui reste vide

Lui aussi

Car pour mourir

L’un a encore besoin de l’autre

C’est une vie qui n’est pas la vie

Une mort qui n’est pas la mort

C’est une attente

Attente de la vie

Attente de la mort

C’est l’ivresse des illusions

De ces illusions qui bercent l’intelligence

De la naïveté de croire aux beaux mots que disent les autres

Pour mieux vous abuser

Pour mieux vous détruire

Pour mieux vous anéantir

Pour mieux vous aliéner de votre seule richesse

Votre humaine individualité

Ces mots qui sonnent

Amitié

Loyauté

Amour

Partage

Générosité

Honnêteté

Franchise

Bref tous ces leurres qu’on agitent sous vos yeux

Dans le creux de votre cœur

Pour que la raison endormie

Vous ne soyez même plus victime de qui/que ce soit

N’étant plus

Rien

La solitude c’est aussi

Le rêve qui prend le pas sur le réel

Et qui vous affuble des oripeaux grotesques d’un Don Quichotte

Sans horizon

Ni même le moindre moulin à combattre

Et

Bien sûr

Sans aucune Dulcinée

C’est une vigne qui ne donne plus de vin

Mais du sang

Celui de votre vie

Qui vous fuit

C’est un cœur

Qui ne cesse de battre la démesure d’un temps qui n’en finit pas de s’étirer

C’est un murmure qui hante les couloirs de la mémoire

Un murmure dont on ne sait plus s’il est question ou réponse

Tant

Inlassablement répété

Il n’est plus son

Mais bruit

Bruit d’une fureur

D’une fureur qui n’est pas celle de la vie

Mais de la mort

Cette mort

Que l’on attend

Que l’on guette

Que l’on appelle

Que l’on espère

Que l’on veut souvent précipiter

Puisqu’elle est la seule rencontre

Que l’on puisse faire

Dans

La

SOLITUDE

6 juillet 2001

 

Sans titre

Le soleil doit sûrement briller dans le ciel d’azur

Pourtant

Je ne le vois pas

Parce que je suis aveugle

Pas vraiment aveugle de cécité

Juste que mes yeux ne voient plus dehors

Mais dedans

Et qu’en moi ils ne voient que le silence et l’obscurité de ce vide infini

Qui est moi

En moi

Comment cela est-il arrivé

Je ne le sais pas vraiment

Ce que je sais seulement c’est qu’un jour

Le bruit et la fureur de la vie ont cessé de parvenir à mes oreilles

Qu’un peu plus tard

J’ai perdu le goût du sel de la vie

Que quelque temps après je n’ai plus senti les caresses du vent sur ma peau

Ainsi

J’ai perdu le sens de mes sens

Parce que j’ai perdu le sens de ma vie

C’est pourquoi

Je peuple le silence et l’obscurité de ce vide qui est en moi

De souvenirs

De souvenirs dont je bois la beauté

Non pas tant pour me rafraîchir

Que pour me nourrir de vie

De cette vie que je n’ai plus

En moi

Toutefois mes efforts restent vains

Comment apaiser cette faim de vie

Quand je n’ai que quelques miettes de beauté à lui donner

Ma vie est donc un vide

Qui

En même temps

Est un plein

Un plein de manque

Et de quelques absences aussi

Le soleil luit sans doute

Mais je ne le vois pas

Je ne vois plus rien d’autre

Que cette apparence de moi

Qui est déjà un non-moi

Un paraître et non plus un être

Celui de la simple survie

3 août 2001

 

Anamour

Vous que je connais pas

Qui ne me connaissez pas

Qui êtes ici ou ailleurs

D’aujourd’hui

D’hier

Ou de demain

De partout comme de nulle part

De chair et de sang

De mots et de musique

De signes et d’expressions

De joies et de bonheur

Comme de peines et de tristesse

De plaisir parfois

De souffrances souvent

De rires et de pleurs

De mains tendues et toujours

En définitive

Serrées bien fort par d’autres mains

De murmures et de hurlements

Noir(e)s comme votre drapeau qui calque au vent

Et qui fait peur parce qu’il est

Promesse

De révolte contre toutes les injustices

Toutes les inégalités

Toutes les oppressions

Toutes les répressions

Toutes les misères

Filles et fils de la liberté

En ayant toujours à cœur que votre liberté soit toujours et d’abord celle des autres

De courage

Ce courage qui vous fait assumer votre peur

Debout

Toujours debout

Quand tant d’autres se plaisent à se coucher

Du partage

De la solidarité

De la fraternité

Les amant(e)s passionné(e)s

Et passionnant(e)s

De l’humanité

Cette humanité qui est votre seule

Condition

La seule prison

Dans laquelle

Librement

Vous vous êtes enfermé(e)s

Pour résister

Au cannibalisme de l’ordre

De tous les ordres

Et pour laquelle vous êtes prêt(e)s à mourir

Afin que d’autres puissent continuer de vivre

Et de rester humain(e)s

Oui

Vous

Je vous aime

Parce que de vous aimer

Me permet de

M’aimer

13 février 2002

 

Sans titre

Il pleut

Des rires étranglés

Des sourires désappris

Des joies perdues

Un bonheur exilé de tous les possibles

Des rêves gangrenés du nécessaire réveil

Des sommeils galvaudés dans des lits de fatigue

Des larmes qui sont comme des couteaux plantés dans l’œil

Des jours sans nuit et des nuits sans jour

Du sang giclant de cette plaie béante qui ne se fermera jamais

La naissance

Des lumières obscures sondant le gouffre de la mémoire

Des nuages promenant leur ennui sur les remparts d’un horizon inaccessible

Des étoiles bruissant de tristesse

Des hurlements brisant les chaînes de la raison

Des blessures nées de l’union malheureuse de l’illusion et du mensonge

Des silences lourds de moissons qui ne seront jamais faites

Le poison visqueux d’une histoire sans fin

Des souvenirs transis du froid de la solitude

Une souffrance qui colle à la peau

Il pleut

Des mots

Des mots de révolte

De désespoir

D’amertume

De chagrin

De mélancolie

Il pleut

Des mots

Et

Seul

Je regarde cette pluie de mots

S’évanouir

Inutilement

Dans le désert de ma solitude

10 juillet 2001

 leo campion

Extrait du site : hiram online.com

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