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Les anarchistes 22 juillet, 2008

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Musique: Jean Ferrat, Maurice Vandair

 


Y’en a pas un sur cent et pourtant ils existent
La plupart Espagnols allez savoir pourquoi
Faut croire qu’en Espagne on ne les comprend pas
Les anarchistes
Ils ont tout ramassé
Des beignes et des pavés
Ils ont gueulé si fort
Qu’ils peuv’nt gueuler encore
Ils ont le cœur devant
Et leurs rêves au mitan
Et puis l’âme toute rongée
Par des foutues idées

Y’en a pas un sur cent et pourtant ils existent
La plupart fils de rien ou bien fils de si peu
Qu’on ne les voit jamais que lorsqu’on a peur d’eux
Les anarchistes

Ils sont morts cent dix fois
Pour que dalle et pour quoi ?
Avec l’amour au poing
Sur la table ou sur rien
Avec l’air entêté
Qui fait le sang versé
Ils ont frappé si fort
Qu’ils peuvent frapper encor

Y’en a pas un sur cent et pourtant ils existent
Et s’il faut commencer par les coups d’pied au cul
Faudrait pas oublier qu’ça descend dans la rue
Les anarchistes

Ils ont un drapeau noir
En berne sur l’Espoir
Et la mélancolie
Pour traîner dans la vie
Des couteaux pour trancher
Le pain de l’Amitié
Et des armes rouillées
Pour ne pas oublier

Qu’y'en a pas un sur cent et pourtant ils existent
Et qu’ils se tiennent bien le bras dessus bras dessous
Joyeux, et c’est pour ça qu’ils sont toujours debout
Les anarchistes

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Enigme

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Enigme

 

L’aurore s’amorce doucement par le clignotement de cils qui s’agitent en préparant le passage du sommeil, empli de phantasmes, au réveil progressif sur une journée nouvelle.

Un léger frémissement, quelques frissons, une ébauche de geste vite dissipée, un baillement profond, et les paupières enfin s’écartent sur la clarté, un peu brumeuse, qui envahit le ciel. Encore trouble et incertain, le regard mordoré hésite à quitter l’ailleurs de la nuit pour affronter le devenir du jour.

Enfin ça y est.

Les yeux marron se libèrent des dernières limbes de l’imaginaire nocturne pour laisser place à la luminosité solaire qui, timidement, s’élève et s’étire pour se jeter à l’assaut de son périple quotidien.

Les muscles se dénouent et se défont de la tiédeur du repos, les idées cessent d’errer pour tenter de se regrouper en un ordre cohérent.

C’est l’éveil.

Quelques lambeaux paresseux de rêves s’évanouissent encore, dissipés par les rayons d’or qui repoussent l’argent lunaire et les milles escarboucles de la voûte étoilée. Lucidité et baillements se succèdent à toute allure tels des flashs de spots psychédéliques.

Comme une fleur aux pétales épanouis, elle se laisse caresser par l’air frais de rosée de cette aube naissante. Tout est calme, et hormis quelques chardonnerets bavards, aucun autre bruit ne vient casser la quiétude du fil de ses pensées qui s’égarent, sans but, d’une futilité à une autre. Les soucis et les problèmes s’estompent comme l’obscurité de tout à l’heure.

Elle contemple l’azur où se perd l’avenir jouant à cache-cache avec un train de nuages solitaires bien fragiles, fragiles comme …

Un voile de nostalgie teinté d’un zeste de tristesse assombrit, un peu, le cours de sa rêverie qui va, çà et là, à la recherche d’instants pas si lointains où tout était autre.

Ses yeux croisent, sans le vouloir, le tain d’un miroir où elle se mire et d’où surgissent des images un peu effacées, un peu grises, un peu rieuses, un peu émouvantes, un peu tendres, un peu, un peu …

Une larme, une perle salée nait et glisse sur le velouté d’une joue tandis que les battements de coeur désordonné, en plein désarroi, s’accélèrent et cognent vite, très vite, trop vite dans la poitrine qui se soulève en un rythme essoufflant et incontrôlable.

Jadis et naguère se confondent en une longue litanie d’espoirs et de regrets, réveillant, en passant, quelques cauchemars non encore entièrement dissous.

Mais le soleil est là, si près, si lointain, si tiède, si tendre, si … et il n’est que le temps de se lever pour affronter les heures à venir.

Une dernière fois le regard mordoré s’étudie, sans complaisance, et chasse, provisoirement, le brouillard grisonnant qui l’obère, laissant l’éclat si lumineux et touchant d’un sourire qui éclaire l’ovale du visage.

Aujourd’hui il fait jour, ce soir … ce soir on verra.

Chris 

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Nostalgie

Posté par hiram3330 dans : Billevesees & coquecigrues , ajouter un commentaire

Nostalgie

 

Tout au long de ces immenses couloirs poussiéreux encombrés des portraits austères de mes illustres ancêtres, je flâne.

Dans ce majestueux manoir de famille, quelque peu décrépit, je songe à notre splendeur passée, aux temps souriants où le sang bleu qui coule dans mes veines avait une réelle signification, à l’époque des épopées guerrières.

Désabusé je contemple ces vestiges sans âge lourdement chargé de gloire et de prestige. La lutte contre l’infidèle païen ou la défense du Roi avaient bien une autre allure qu’un quelconque conseil d’administration.

Nous avions des gens, serfs et manants, pauvres mais heureux et confiants ; les haras retentissaient de hennissements joyeux.

Las, tout ceci a bien disparu dans la folie de nos jours autant brefs qu’agités en vain.

Le royaume d’alors était vert et la vie douce, troublée que par les chasses au renard, les soirées près de l’âtre, la guerre pour le suzerain, la lutte contre le brigand des grands chemins.

Une fois l’an un équipage de carrosses étincelants nous menait à la cour royale pour un bal sans commune mesure.

Au long du parcours des sangliers gras coupaient parfois notre course, sans complexe. Lieue après lieue, auberge après auberge, la chevauchée au travers de bois giboyeux nous rapprochait de la capitale la plus illuminée d’Europe pour répondre à l’appel du monarque qui régnait., débonnaire, sur tous ses sujets nobles et roturiers, clercs ou laïcs, gentilhomme ou vilain.

Quelle époque faste !

Là-bas des bouges sordides accueillaient les rendez-vous secrets des gredins et des gens de qualité pour d’innombrables marchandages ; cela au moins n’a guère changé … Les espions, les truands et les ribaudes pullulaient autour de ce halo nébuleux qui ceinturait la cour : cela aussi n’a point évolué …

Des duels aussi, pour l’honneur ou à la rigueur pour le plaisir, jamais pour l’or vil, certes nécessaires, mais méprisable.

Oui, tout est bien loin maintenant. Qu’aura ma descendance lorsque je reposerai, enfin tranquille, dans le petit cimetière proche de notre chapelle ?

Pour l’instant, moi le châtelain, je me repais avec ma femme de ces temps jadis qui virent notre apogée, puis notre fatale et triste déchéance.

Le contraste est saisissant qui m’emplit de nostalgie.

Chris 

 

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Mirage

Posté par hiram3330 dans : Billevesees & coquecigrues , ajouter un commentaire

Mirage

 

Sans interruption, en rang serré, les vagues agonisantes viennent s’évaporer en léchant une dernière fois cette immense plage d’or où rôtissent tant et tant de vacanciers.

La brume, depuis longtemps dissipée, a laissée place à l’étouffante chaleur de l’été qui écrase et brûle tout, brouille la vue en troublant le paysage.

Des mirages se font et se défont au gré de la brise légère, allant d’un banc de sable à un navire fantomatique et égaré.

Armés de sceaux et de pelles, une ribambelle d’enfants jouent, indifférents à l’étouffante atmosphère, comme doués de pouvoirs étranges et irréels.

Une multitudes de parasols parsèment la grève en une armada tassée de champignons multicolores et dérisoires contre le plomb de ce ciel limpide.

L’onde, tiède et salée, dialogue en murmurant avec elle-même, troublée par ces corps noircis qui l’écartent et la violent sans scrupule.

Une mouette, déroutée et coléreuse, jette son cri perçant ne trouvant pas une once de terrain libre pour se reposer, triste d’être condamné à une errance perpétuelle au dessus de ces tonnes de viandes rôties et immangeables.

Mirage … mirage … mirage …

L’air se tord et se love à la recherche, vaine, d’une fraicheur enfuie.

Mille reflets s’entrecroisent, un peu perdus, sources d’images du passé et du futur.

Grésillement d’huile, bruissement d’eau, clapotis de nageurs paresseux.

Mirage … mirage …

Un livre feuilleté laisse s’évader quelques caractères d’imprimerie où règnent le rêve d’un autre monde ; solitude et regret.

Un bonhomme, espiègle, verse des myriades de grains jaune sur les pages abandonnées d’un ouvrage délaissé par la sieste souveraine.

Souvenirs … espoirs … nostalgie … tendresse … regrets … gaité … tristesse … Solitude.

Mirage …

Un collier de larmes salées s’écoule, sans bruit, sans heurt, sans fausse pudeur, d’un regard qui se perd dans l’ailleurs de hier, là où se mêlent souvenirs et regrets, rêves et regrets, envies et regrets.

Insolation ? Coup de chaleur ? Coup de coeur ? Sursaut ?

L’instant c’est envolé si loin, si loin ; comment rattraper ce fragile édifice qui s’enfuit rongé d’erreurs et d’incompréhension ; il fait si chaud.

Le ciel, doucement, endosse sa toge vermillon lorsque le soleil à l’aura pourpre, peu à peu, plonge dans la mer de cette côte pleine d’illusion.

La vie, un peu factice, un peu superficielle, un peu cendreuse, paraît renaître sous l’impulsion de centaines d’artifices fallacieux, d’artifices dérisoires se dissimulant derrière une bien fine et délicate impression de gaité.

Et la nuit s’installe, peuplée d’une nuée de rêves, de pensées, teintée d’un brin d’amertume due à ce mur pourtant poreux et vacillant dont le seul ciment est un mélange d’incompréhensions, de fierté toujours bête et de silences dévastateurs, sous le regard narquois et d’un bleu glacial d’une lune assassine.

Chris 

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Bannière rouge

Posté par hiram3330 dans : Billevesees & coquecigrues , ajouter un commentaire

Bannière rouge

 

En ce temps là était le capitalisme monopolistique d’Etat.

Les françaises et les français se trouvaient sous le joug conjugué de l’emprise totalitaire d’un Etat tentaculaire d’une part, et, d’autre part d’une carence historique et objective au niveau de l’intellect collectif.

Et puis, grâce à l’action décisive de l’avant garde prolétarienne, exprimée par le Parti Communiste de France, le communisme international a transformé, dans l’intérêt même du peuple de France, les libertés formelles d’un libéralisme capitaliste en libertés réelles d’un centralisme démocratique.

Alors fut la Révolution, alors fut l’aurore du socialisme scientifique et démocratique.

Les masses populaires exploitées devinrent libres grâce au Parti unique unifié et à sa courroie de transmission, le Syndicat unique unifié.

Plus de problèmes matériels, idéologiques, philosophiques, et même sentimentaux ; le Parti, dans son immense bonté, agissait et pensait pour les travailleurs libres.

Hélas, manipulés par la réaction conservatrice et fascisante, les traîtres à la cause du peuple, les espions à la solde du Grand Capital, de tristes vipères lubriques sociales démocrates, voulurent briser cet immense espoir des masses laborieuses libérées et de son expression bienveillante : le Parti Communiste de France.

Grâce aux ancêtres historiques : Marx, Engels, Lenine et au phare du socialisme, le petit père des peuples Joseph Staline, ainsi qu’à son continuateur logique Georges M., l’impérialisme néo-libéral du capitalisme sauvage et inhumain fut écrasé, sans haine mais sans faiblesse aucune.

Alors s’ouvrit enfin l’âge d’or d’un monde libre et heureux sous la bannière rouge du drapeau soviétique, après l’anéantissement total de la bande des socio-traitres, des socio-révisionnistes que furent les chinois vecteurs d’un social impérialisme néfaste au bonheur simple du monde du travail.

Moi qui écris ces quelques lignes, j’ai eu la chance de vivre cette époque historique, exaltante, et aujourd’hui j’en suis le témoin encore vivant ..

Laissant ce témoignage personnel pour l’édification de la jeunesse joyeuse, j’ose espérer que je quitterai bientôt enfin le fin fond de ma geôle du goulag n° GM3651 …..

Chris 

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Evasion

Posté par hiram3330 dans : Billevesees & coquecigrues , ajouter un commentaire

Evasion

 

Les paupières closent d’avoir longuement fixé le coeur de cristal de la boule, les nerfs dénoués, le coeur apaisé, le corps au repos, mon esprit s’échappe des contraintes physiques d’une enveloppe bien imparfaite.

La corde d’argent brille intensément lorsque je m’élève mollement en détaillant, dessous, mon apparence illusoire enrobée d’une aura claire et fluctuante. L’espace-temps se déchire pour moi qui vais dans l’astral, instantanément, dans ce plan supérieur où vaquent les intelligences désincarnées aux perceptions démultipliées et sans limites.

J’atteins sans difficulté le Tout dont nous ne sommes qu’une infime parcelle soumise aux réincarnations et au karma perfectible, et là je m’illumine à ce doux et chaud contact permanent.

L’homme n’est pas à l’image de Dieu ; l’homme n’est qu’une ridicule goutte d’eau de l’entité cosmique omnipotente qui règne sur l’éternel infini de l’incommensurable grandeur …

Tout est magnifique d’une beauté irréelle, sans commune mesure d’avec le matérialisme étroit, étriqué. Les défauts de l’individu se fondent dans l’entité globale de l’intelligence ; cela rappelle vaguement l’union humaine, source de bienfaits à travers l’amour.

Là, même l’apparence astrale s’estompe délicatement pour que ne reste que la substance vitale de l’esprit, de l’âme ; in englobe l’univers crée et incréé dans une flamme vive de compréhension sereine et tellement enrichissante, tout devient lumineux.

Les galaxies innombrables tourbillonnent majestueusement dans le vide sidéral tandis que j’observe la mémoire du passé futur, parfois si déroutante, que rien ne souille dans cette immensité glacée. Ici on voit que la mort n’est qu’un seuil, qu’une étape dans la recherche de la connaissance transcendantale ; les religions, elles, ne sont que facettes différentes d’une même conception de la philosophie de la vie dont les structures étouffantes des chapelles cachent la réalité si compliquée et si simple à la fois.

Mais l’heure n’est pas encore venue de méditer aux erreurs amendables au sein de ce cocon paisible, l’esprit rejoint le corps pour continuer la vie au purgatoire de cette terre où nous vivons nos espoirs et nos peines.

Chris 

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Sécurité …..

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Sécurité …..

 

Nous sommes les maîtres du pavé, les véritables défenseurs des libertés publiques, du citoyen et de l’Etat.

Quand nous descendons des cars, casqués et bottés, munis de boucliers et de « bidule », la chienlit prend peur et recule devant nous. L’hydre rouge de la subversion internationale plie face à nous, défenseur de l’ordre social. Jamais nous ne fléchissons devant l’ennemi intérieur à l’hideux visage, au couteau entre les dents longues, avides et malsaines.

Je suis fier d’appartenir à ce glorieux corps d’élite : les Compagnies Républicaines de Sécurité !

Engagez-vous, qu’ils disaient, vous verrez du pays, qu’ils disaient ; et c’est vrai !

Depuis ce jour béni entre tous j’ai parcouru tous les sentiers de mon vaste pays ensoleillé du nord au sud, de l’ouest à l’est ; toutes les belles provinces sont de moi connues : la corse et ses autonomistes, l’occitanie et ses vignerons, le pays basque et ses séparatistes, le nord et ses mineurs, Paris et ses étudiants. L’ensemble du territoire quoi, avec ses travailleurs immigrés et sa jeunesse.

Me voici enfin un homme complet, digne et respecté, toujours prêt et obéissant, aux ordres de mes supérieurs hiérarchiques et du gouvernement démocratique et bon ; mon métier me plait ! Je fais partie du fond le plus sain du pays, conscient de mon rôle pacificateur et protecteur je cours où le devoir m’appelle pour détruire, sans haine ni faiblesse, la gangrène révolutionnaire.

Je représente l’Ordre et la Loi, la loi du plus fort bien sûr, pas celle issue de ces parlementaires démagogiques et mous. D’ailleurs je ne fais pas de politique, je suis au service exclusif de l’Etat libéral avancé et serein.

Ce soir encore nous sommes d’alerte ; demain les citoyens votent : nous c’est notre commandant qui vote pour la compagnie, c’est bien plus pratique et simple. Je n’ai d’ailleurs jamais rien compris à ce système compliqué donc inutile, heureusement aux CRS les gradés pensent pour nous …..

Enfin nous restons prêts des fois que les urnes donnent, par d’immondes trucages, une majorité anti-démocratique, anti-nationale, collectiviste et subversive …..

Chris 

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