navigation

Rêve et réalité 22 juillet, 2008

Posté par hiram3330 dans : Billevesees & coquecigrues , ajouter un commentaire

Rêve et réalité

 

A la lumière de la flamme hésitante d’une bougie fumante, je me penche parfois sur des liasses de papier vierge, une plume à la main.

Et là j’écris, tel un automate, mes pensées, mes espoirs et mes peines ; mes obsessions aussi…

Dans la fumée épaisse de mes innombrables cigarettes vite consumées, enfermé dans ma chambre, je vide mon esprit de mes nombreux phantasmes.

Très vite les pages s’emplissent de mon écriture serrée et petite, quasiment illisible.

C’est ma manière de m’extérioriser, de me défouler même, moi qui parle peu aux autres et de moi-même, hormis les réponses, parfois, aux questions franchement posées par ceux qui savent, rarement, le faire.

Ecrire, une manière comme une autre, meilleure peut-être, de dialoguer ; personne n’en est importuné et de toute manière qui lira ces feuillets où se mêlent intimement rêves et réalités ; la réalité à travers le rêve.

Enfin, c’est ainsi que je m’examine en profondeur, après coup, en disséquant mot à mot cet ensemble de phrases que j’ai écrit un jour, ou plus exactement un soir.

Hier déjà j’ai montré ces quelques lignes hâtivement jetées sur le papier ; l’analyse fut surprenante de convergences avec la vérité, presque inquiétante pour moi si secret et renfermé. Oui, il semble que ce soit révélateur, ma foi ce peut être vrai, objectivement.

Aussi pourquoi ne garderais-je point ces écrits, précieusement, afin qui sait, d’égayer mes vieux jours, ou même pourquoi ne pas en faire un recueil de nouvelles de fiction et de fantastique, ou d’un autre style….

De plus si ça se vend ce serait toujours autant de gagné… bien que cela me gêne un peu …

Toutefois, une fois de plus, je m’égare dans mon imagination subjective, moi qui suis réaliste et pragmatique, quelle décadence !

Témoignage de mes craintes et de mes espoirs, du passé enjolivé et du futur irréaliste, de mes rêves, de mes cauchemars, ces feuillets esquissent la chronique d’un individu parmi tant d’autres, chronique dérisoire et amère dans la foule ….

Chris 

reves2wi9.jpg

L’Artifice

Posté par hiram3330 dans : Billevesees & coquecigrues , ajouter un commentaire

L’Artifice

 

Divine bouteille, paradis artificiel ; Quelle dérision !

Alcool et drogue, quel mélange détonnant qui nous entraîne sur les pentes glissantes de la folie et de la déchéance. On boit, on fume et on se pique, comme ça, pour faire comme les autres, par snobisme ou par désespoir.

Mais ne vaut-il pas mieux alors se tirer une balle dans la tête, ce serait plus rapide et plus propre à la fois. Plus simple aussi ! Quel besoin de se mortifier, de se torturer ainsi. On porte tous les péchés des hommes, et tous les malheurs de la terre. On plie sous la charge trop lourde pour nous, c’est humain.

Et dans nos rêves imprégnés de vapeurs d’alcool et des fumées de la drogue, tout se déforme, se forme et se reforme.

Explosion de couleurs, de sons et de lumières. Plaisir quand le voyage est réussi. Enfer torride lorsque le voyage est raté et que tous nos souvenirs reviennent amplifiés et monstrueux, déformant les visages hideux, faisant un tintamarre de couleurs sinistres et de bruits grinçants.

Tout est irritation, désespoir, douleur, ennuis aussi…

Le tourbillon nous emporte en dehors de nous même jusqu’aux limites du tolérable et du soutenable. L’ombre se dresse comme une armée de fantômes aux orbites creuses, tandis que les tombes se rouvrent et nous font dresser les cheveux sur la tête. C’est le bord de l’abîme, plus qu’un pas à faire, plus qu’une bouteille, plus qu’une piqûre et l’on est dans la horde décharnée et innombrable qui, déjà, peuple nos nuits agitées.

Alors, pour oublier, on s’entête et on poursuit le voyage tandis que tombe la grêle des illusions passées. A travers le rideau de la pluie déchaînée surgissent encore et toujours des squelettes qui rient d’un rire silencieux et sardonique. On a réveillé nos démons à peine assoupis, toujours prêts à nous entraîner dans leurs orgies de souffrances cruelles.

Il faut apaiser ce feu avide, mais l’alcool et la drogue, au lieu de l’éteindre, le rendent plus puissant, plus dangereux pour nous et pour les autres. Peut-on encore cesser quand on est sur ce toboggan vertigineux qui nous précipite vers la lave brûlante des volcans des volcans de nos espoirs déçus. Chaleur, bruit, souffrance ; Tout y est !

Les portes du vide sont béantes pour nous aspirer vers le néant de la négation. Partir du monde des requins hypocrites pour atteindre le monde de la folie furieuse des paradis artificiels… Quelle chute insondable !

Le vertige nous prend, la tête tourne, la vision est dédoublée, les bruits et les couleurs décomposées en un assemblage hétéroclite. L’individu, physique et moral, est brisé en cent millions de particules incandescentes qui vont chacune de leur côté en d’intolérables douleurs inhumaines. La descente aux enfers est une partie de plaisir en comparaison !

On se retrouve à genoux, non pour prier mais car l’on est au sol sans s’en être rendu compte. Le visage en sang de s’être griffé, sans voix d’avoir hurler à la mort, brisé de s’être roulé à terre en état de manque. Du sang partout a éclaboussé les murs quand les yeux ont jailli hors des orbites emplies de larmes d’acide. Alors on se traîne fou de désespoir, de regrets ; Mais c’est trop tard !

Un couteau, un morceau de verre, une lame de rasoir et les veines s’ouvrent d’elles-mêmes, et le sang noir et parfumé coule, goutte à goutte, au rythme de la vie s’échappant pour toujours, bien qu’on soit jeune et … bête.

Le paradis ! Quel paradis ? On vient juste de le quitter mais on ne savais pas, trop occupé à se créer des problèmes et à pleurer sur nous-même

Chris 

 

imagedesagesseetfolie.jpg

Absurde

Posté par hiram3330 dans : Billevesees & coquecigrues , ajouter un commentaire

Absurde

 

Du haut de mon sous-sol je domine nettement cette vague de boue qui déferle et s’ébroue, sans borne, hors des limites de la cime profonde de la cuvette.

Au fond de ce pic s’agite, sans un geste, l’incroyable multiplicité de cette unicité multiplicatrice que l’on nomme, sans le dire : Humanité.

Une odeur de bruit, un rayon de parfums, un goût insipide, sans cesse jamais ne durent plus qu’une infinitésimale goutte d’éternité.

L’absurde côtoie allègrement le quotidien alors que la bêtise frôle et s’étale autour des gardes fous inexistant.

L’incroyable existe et navigue, à l’aise, au sein de l’inachevé crée par la pensée informe du formalisme conventionnel.

C’est ici que jaillit l’étincelle issue du choc mémorable et amorti des pierres de bois de l’arbre en fer de l’immortalité agonisante, définitivement, jusqu’à la plus proche seconde.

Incohérent peut-on penser ; guère plus que la cohérence qui n’existe que par la réaction à l’interaction de l’action dissipée de l’inexistant découlant, par principe, d’un principe contraire, voire même inverse.

Tout ce qui est en haut est en bas, sans compter mentalement la corrélation transversale et universelle de l’orientation arbitraire et universelle elle-même ; et vice versa réciproquement.

En fait, qui est quoi ?

Le saura-t-on jamais dans les méandres complexes de la simplicité ambiguë née d’une juste erreur alors qu’il s’agissait, pour sûr, d’une fausse réalité, n’ayons point peur des mots !

En attendant l’inflation augmente et croît tandis que décroît le croassement viril du taureau blanc qui paît paisiblement dans le pré d’à côté je crois.

Alors, bien sûr, que croire me direz-vous ?

Eh bien oui, sans hésitation je n’hésiterai pas à dire qu’il ne faut pas hésiter à croire, pourquoi pas, en … tier !

Chris

4373933196b525eb920.jpg

Les Cévennes

Posté par hiram3330 dans : Billevesees & coquecigrues , ajouter un commentaire

Les Cévennes

 

Une étincelle s’ébroue et grignote le papier qui se tord et noirci, entre les sarments de vigne qui s’effritent en crissant doucement.

Le bois d’olivier pète et se fend sous la morsure du feu et du mistral alliés aujourd’hui avec volupté.

La flamme se dresse, sang et or, vers l’azur qui l’aspire et la suce goulûment avec tendresse, avec voracité.

Des châtaignes craquent et la graisse grésille sur les bradons de thym et de romarin.

Sur son pal l’agneau tourne dans un coin de garrigue au pied des Cévennes rouillée par l’automne.

L’air siffle, brasille et frissonne, embaumé de lavande, comme intimidé par les caresses fiévreuses du soleil qui luit, heureux d’être là.

Le ru roucoule à l’abri des marronniers penchés vers lui, protecteurs, tandis que criquets et grillons lancent leurs sérénades agonisantes.

Un lézard solitaire erre en quête d’une invisible proie qui s’obstine à le narguer d’un battement d’ailes fébriles.

Quelques feuilles racornies planent et courent là où la brise les porte avec délicatesse jusqu’au ruisselet ombragé ou à la cime d’un buisson ras.

Plus loin tintent de rares clochettes agrippées à des brebis faméliques que couve l’œil d’un austère pâtre, noueux et tourmenté tel un cep atteint de mildiou, alors qu’un maigre bâtard s’épuise en rauques aboiements comme pour prouver qu’il vit encore.

Pauvre pays, pays fier, pays rude.

Combien de Parfaits ont cramé, combien de camisards ont péri, combien de sanctuaires secrets se blottissent encore çà et là ?

L’huile d’olive ne peut tout lubrifier en cette terre éreintée, fertilisée plus par le sang et la sueur que par l’engrais chimique.

Houille noire et soie irisée ont blessé, ont tué à l’aise sous la noblesse, la bourgeoisie et l’argent avec la bénédiction inquisitoire, sans remords, de la croix et d’hommes en noir.

Maintenant grouillent mécaniques et requins, pullulent chenilles armées et bipèdes blanchâtres.

Telle une vérole insatiable, lèpre et cancer défigurent, déboisent, exilent et martyrisent jusqu’à la nature elle-même.

Les « O. K. » écrasent, déchiquètent, lacèrent sans une once de pitié les  » OC « , inconscients, vraiment, qu’on ne tue pas la vie ancestrale de tout un peuple par la simple signature d’un chèque ….

Chris 

050116borie.jpg

Confidences d’un soir 21 juillet, 2008

Posté par hiram3330 dans : Billevesees & coquecigrues , ajouter un commentaire

Confidences d’un soir

 

Tu seras un homme mon fils, la meilleure et la pire des choses qu’il puisse t’arriver, crois-moi.

Tu vas t’en rendre compte le jour où, au lieu de regarder avec envie tous ces jeux mécaniques, tu suivras avec intérêt le doux balancement des hanches d’une femme. Pour te remettre de cette vision tu vas saisir une bouteille de cognac que tu videras d’un trait.

Fais attention fils, c’est cela l’âge adulte.

Plus tard, après des saouleries monstres et des délires de danses, cette apparition paradisiaque tourmentera ton sommeil agité.

C’est la pente fatale, crois-en mon expérience.

La femme est une créature trouble mélangeant avec subtilité une âme de diable dans un corps de déesse.

Mon fils, j’ai été jeune moi aussi …

Doucement tu approcheras, murmurant des mots d’amour, et elle, elle fera de toi sa marionnette sans volonté propre.

Et toi, l’Homme supérieur et protecteur, tu seras alors le jouet que l’on prend et que l’on jette ; le cœur brisé en une multitude de parcelles douloureuses.

Ce sera ton baptême, ta première douleur d’homme, la première mais sûrement pas la dernière.

Alors, bien vite, pour essayer de te protéger tu deviendras froid comme la glace, aussi dur que l’acier le mieux trempé. Mais un autre regard, une autre silhouette et la glace fondra, et l’acier coulera comme la cire.

Tu seras à nouveau l’enfant, comme nous tous, que tu n’as jamais cessé d’être.

L’engrenage est toujours là.

Tu proposeras le mariage, naïf que tu es ; elle sera flattée certes mais ça ne l’empêchera pas de se jouer de toi, de rire, ironique, et de tromper.

Pourtant l’Unique, la plus belle, la plus intelligente … la plus garce aussi, c’était elle, tu en étais sûr.

Prends garde mon fils que le coup de foudre ne te soit fatal car, bien qu’homme, et parce qu’homme, tu souffriras cruellement ; sans un mot et sans un pleur.

C’est cela le plus terrible lorsqu’on est homme …

Enfin, après tant de déceptions tu prendras femme, douce et paisible, tendre et passionnée, ta moitié quoi ! Et tout au long de votre vie, elle sera là, présente à tes côtés, t’aimant et te soutenant comme tu l’aimes et la soutiens, dans un bonheur pudique et sans prix.

A ton tour tu seras père et, comme moi aujourd’hui, quand ton fils aura quinze ans, tu lui expliqueras tes espoirs et tes peines dans le secret d’une nuit d’été.

 

Mais comme toi ce soir, il écoutera d’une oreille distraite en se disant tout bas : Dieu, quel sermon, et dire que c’est mon père …

Chris  

759051018094335.gif

Solfège

Posté par hiram3330 dans : Billevesees & coquecigrues , ajouter un commentaire

Solfège

 

Face à l’orient, immobile, les bras écartés tenant des baguettes, l’Homme fixe l’aurore qui s’empourpre et naît avec l’ascension du disque solaire. Soudain il se met à frapper les tambours, qui le cernent, en un rythme calqué sur les battements sourds de son cœur qui pulse en cadence.

Peu à peu il accélère, va vite, de plus en plus vite, encore plus vite, toujours plus vite pour atteindre le paroxysme dû à l’emballement cardiaque qui l’entraîne vers la syncope de ses gestes.

Do !

Face à l’occident, dressée telle une Vénus antique, les mains crispées sur une clarinette, la femme contemple le crépuscule rougeoyant d’où jaillit le disque lunaire.

Tout à coup, de son souffle haletant elle crée une joyeuse mélodie antédiluvienne qui va se perdre dans les nébuleuses de la voie lactée.

Peu à peu elle accélère, va fort, de plus en plus fort, encore plus fort, toujours plus fort pour arriver au « bang » originel du début.

Ré !

Au zénith, curieusement, se rejoignent et s’accouplent le sang et l’air dans l’harmonie de l’Univers qui est depuis qu’au commencement était le Verbe.

Mi !

Dans le vide de l’espace, au sein des galaxies comme au plus profond des océans croît le concert de la Création lorsque se rencontrent les sons et les êtres qui vibrent à l’unisson sous l’oeil omnipotent.

La symphonie se forme et se transforme, s’enfle et se répand dans tous les angles du cercle de l’Infini temporel.

Les notes valsent, se cognent, s’associent, se soudent en un interminable collier de perles d’or d’où s’évade une tendre musique cristalline.

Fa !

Plus bas, quand la brume se dissipe sous les assauts de l’opéra humain, on distingue un étrange ballet où Lui et Elle dansent, dansent, dansent en un duo éternel, en un duo charnel, en un duo d’amour.

Sol !

L’orchestre de la nature, guilleret, s’en maille et s’emmêle dans une drôle de cacophonie aussi touffue qu’agréable, aussi colorée qu’odorante.

Un feu d’artifice de vibrations se jette à la conquête de l’espace et du temps tandis qu’un couple se fond et se confond en quête d’un Eden égaré.

La !

De toute part des torrents de vie se ruent, et cascadent, et scintillent, et chantent l’hymne sans âge, l’hymne primordial, l’hymne sacré de l’hymen.

De nulle part et d’ailleurs ruisselle, éblouissant, un bonheur sans limite qui noie l’Infini et étouffe l’obscurité dans l’embrasement des sens, la communion des esprits et l’union des âmes.

Si !

Et la boucle se referme sur la partition que surveille une clé, amusée, pendant que, loin des regards profanes, la lune et le soleil s’en vont ensemble ensemencer d’étoiles la Voûte bleutée qui abrite nos rêves.

Do !

Chris 

thumbhologram.jpg

L’une est brune, l’autre moins.

Posté par hiram3330 dans : Silhouettes , ajouter un commentaire

L’une est brune, l’autre moins.

 

Face à face, les yeux dans les yeux, à peine séparée par deux bureaux jonchés de dossiers et de papiers de bonbon vides, l’une est brune, l’autre moins.

Un sourd grelottement déclenche soudain le jaillissement de mains, aux ongles teintés, qui s’escriment à happer le téléphone se trémoussant d’impatience, tout guilleret d’être ainsi caressé et l’objet de tant de convoitises voluptueuses.

Une paire de soupirs s’échappent au son d’une voix ensoleillée emplie de « s’il vous plait – merci » ; non ce n’était ni l’heure du tgv, ni celle de la visite médicale … plus tard peut être ?

Frustrés deux nez replongent à l’unisson vers le jaune du quotidien tandis que s’envolent des pensées … des pensées de chocolat dur et de fromage mou.

L’une rêve, l’autre aussi.

Un clin d’oeil, une boutade et le rire, fou, s’enfle, éclate et ruisselle sans retenue aucune jusqu’à éclabousser les vieilles armoires étonnées de tant de gaieté inusité en ce lieu de réflexions et de recueillement.

Une seconde cascade d’hilarité explose, comme ça, pour rien, et va même troubler le cannibale d’en bas, la momie d’à côté, jusqu’au zin-zin mécanique dont l’oeil, tel celui de caïn, rouge, rythme le temps à travers les morsures des badges.

L’une s’étouffe, l’autre s’étrangle.

Un doux babillement s’écarte pour laisser place au caquètement, puis au jacassement qui remplit, sans pudeur et sans crainte, ce petit cagibi centre vital de l’expansion démographique internationale.

Devant la fenêtre, grâce au soleil complice, se dessine ce duo vêtu de tissu diaphane ne laissant aucun doute sur le trouble sensuel qui ne manque pas de s’insinuer, tel un parfum poivré, dans l’ensemble de la Direction.

Pas d’erreur ce sont bien elles : les succubes !

L’une n’est pas grande, l’autre non plus.

C’est alors que se déclenche la fureur de l’avalanche, le poids des mots, le choc des images en un tourbillon démentiel et dithyrambique que d’aucun subodorent n’être dûs qu’à quelques vapeurs éthyliques ; mais non.

L’une est sobre, l’autre ……. aussi.

Et tout se calme, et tout s’apaise par un ollé murmuré sur une pierre de la saint Jean.

Un bruissement léger, comme le bruit de bas de soie qui se frottent, ou d’un jupon qui se répand au sol, fait frémir l’atmosphère et électrise l’ambiance. Serait-ce … non … non ce n’est qu’une sous chemise, bleue, qui se froisse et se tord, de plaisir, entre les doigts carminés.

Songeuse l’une sourit, l’autre aussi.

Ding-dong fait la tête d’une collègue au regard bovidéen, d’où son surnom, apparaissant par l’étrange lucarne qui rappelle une guillotine, pour signaler que c’est l’heure déjà, enfin.

Une double illumination éclaire deux visages et éblouit deux regards qui se croisent en un éclair.

Et c’est la cavalcade, la charge héroïque de la cavalerie légère ; l’air surchauffé est zébré de reflets rouge du bout des doigts qui rangent, sans douceur, les décombres et les débris d’une journée d’épuisant labeur.

Heureuse et charmante l’une rayonne, l’autre aussi.

Un ouragan de robes panachées, un crépitement de talons s’éloignent ne laissant plus trainer que quelques effluves éparses d’un parfum désormais orphelin, dans cette pièce sans âme et morne qu’un néon, blafard, n’arrive pas à raviver.

Au bout de cette folle course, entre la tisane et la douche, un sport ludique se glisse où, deux flammes blanches, deux feux follets se précipitent de droite à gauche, et inversement, afin de frapper, sans faiblesse, une pauvre balle toute contente d’y échapper si souvent.

L’une s’essoufle et rougit, l’autre rougit et s’essoufle.

Enfin, déjà, le firmament s’obscurcit pour laisser place à un dais noir, piqueté de milliards d’escarboucles argentées, jouant avec le disque lunaire dont la frêle clarté recouvre, avec délicatesse et tendresse, les deux silhouettes qui s’en vont encore précieusement enrobées de pensées qui vagabondent au travers du temps et de l’espace.

L’une, béate, s’endort ; l’autre, s’endort, béate.

Chris

silhouettes.jpg

1...7475767778

Aldaria Final |
A demi -mot |
DES LETTRES ET DES MOTS |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Aimé Comoé
| Les Poétiques Littérales
| Red Spirit