navigation

Mort d’une espèce 22 juillet, 2008

Posté par hiram3330 dans : Billevesees & coquecigrues , ajouter un commentaire

Mort d’une espèce

 

Le battement monotone de mon pas sur l’asphalte surchauffée de cette morne ville m’exaspère en me rassurant. Des heures et des heures que je vais dans ce désert gris aux lumières soufflées par l’irresponsabilité.

Ici et là traînent quelques vestiges ivoirés de ce qui fut des humains vifs et enjoués, angoissé et épuisés. Désormais tous reposent en paix, une paix tant espérée, tant attendue : la paix éternelle.

Plus de tintamarre, de vapeur d’essence, de véhicules fous, d’hommes hâtifs, de musiques discordantes. Les discours guerriers se sont éteints avec les faucons pour laisser la place à la nature sauvage et libre.

Parfois, de loin en loin, quelques silhouettes décharnées tracent des ombres incertaines dans ce vaste cimetière nauséabond d’une société absurde. les fausses idoles ont péri en même temps que leurs dérisoires inventeurs débiles.

Maintenant ces immenses tours aveugles contemplent les néons détruits de la surabondance injuste : le crépuscule des Dieux laisse la place à l’aube naturelle.

De part et d’autre de ces vastes fleuves de béton lépreux se dressent les squelettes rouillés d’une éphémère puissance matérielle. La poussière engloutit les pauvres restes méprisables de l’orgueil, de l’égoïsme et de la haine. Peu à peu la gomme du temps effectue son oeuvre moralisatrice. Le vent soulève ces feuilles mortes qui, jadis, furent le symbole de la toute puissance : le papier monnaie.

Quelquefois, au travers d’un réseau électrique encore en état, jaillissent les voix du passé …

Mais moi je vais, indifférent aux temps révolus, à la recherche illusoire d’un devenir incertain. Après mes dents et mes cheveux, c’est ma peau qui s’ôte par plaques ; oui, telles ces rares silhouettes, j’ai été moi-même irradié quand le génie humain s’est élancé vers ces absurdes centres urbains il y a …

Qu’importe, c’est le dernier animal en voie de disparition ; les autres pourront enfin vivre sans crainte …

Chris 

champiato.jpg

Contrat diabolique

Posté par hiram3330 dans : Billevesees & coquecigrues , ajouter un commentaire

Contrat diabolique

 

C’est pour toi et uniquement pour toi que j’ai vendu mon âme au diable. Je ne regrette rien, de toute manière ce serait trop tard, beaucoup trop tard.

Le marché fut correct, il faut en convenir. Contre ton amour éternel … j’ai donné au prince des ténèbres la seule chose que je possédais réellement : mon âme.

Dans ce pacte scellé par mon sang, une clause s’ajoute impérativement : je devrai travailler, moi qui ne sais ce que cela veut dire, moi qui ne désire qu’une chose : être constamment près de toi, dans tes bras accueillants.

Marché conclu, je ne me déroberai point.

Aussi, chaque matin depuis le jour de nos noces, je me rends sans enthousiasme aucun sur le lieu de mon travail, te laissant seule, dans le grand lit de notre amour.

Tout au long de la journée mes pensées s’envolent à ta rencontre, toi pour qui je me suis damné sans regrets et sans rémission.

Et lorsqu’arrive enfin l’heure de rentrer chez nous, lorsque je hâte le pas vers toi, la fièvre me prend qui ne me quittera qu’au petit matin d’une aube incertaine. Je cours alors comme un possédé, un possédé que je suis d’ailleurs ; mais cela n’a aucune importance car je suis avec toi, même quand nous sommes séparés.

Damné, peut être, mais en pleine conscience, par ma propre volonté ; à moins que … ne dit-on pas que Dieu créa l’Homme, et le Diable la Femme …

Quelle importance après tout, pas un instant je n’hésiterai à conclure à nouveau cet ignoble et doux contrat car je suis envoûté par toi ; ma femme devant Dieu et devant le Diable.

Je n’ai qu’une crainte, qu’une angoisse, c’est qu’au seuil de notre vie commune je ne puisse rompre le pacte sanglant et alors, je me retrouverai à me consumer sans cesse ni repos comme je me consume en toi tout au long de nos nuits brûlantes et sans fin.

Non je ne regrette rien !

Chris 

images.jpg

Le bac de la connaissance

Posté par hiram3330 dans : Billevesees & coquecigrues , ajouter un commentaire

Le bac de la connaissance

 

Enfin je l’ai obtenu ce maudit bout de papier qui stipule que je suis bachelier. Que de temps et de travail, que d’angoisse et de tabac pour ce triste chiffon insipide.

Aujourd’hui c’est le jour de la fête, amère, de la réussite. Des flots d’alcool et de musique tentent de noyer la crainte passée toujours vivace.

Bachelier, que le terme est plaisant, quel honneur, quelle fierté ; déjà une médaille d’ancien combattant, la preuve tangible de l’intelligence bornée et de la réussite sociale : un grade.

Pour oublier on boit dans une gaité un peu forcée à ce magnifique succès de l’esprit : bachelier …

Demain il fera jour, demain c’est loin et proche, c’est déjà passé comme un vol dévastateur de sauterelles ; demain …

Un obstacle est franchi pour se trouver au pied d’un autre encore plus redoutable, plus élevé. Vite entamons une autre bouteille, écoutons un autre disque dans la bonne humeur.

Certes nous autres intellectuels, l’élite et les cadres de la Nation, nous sommes sûrs de nous et dominateurs, et pourtant quelle dérision ; c’est mesquin. Enfin il s’agit d’une pause dans cette course de haies où la sanction est l’usine ou le minable bureau sans avenir social ; quelle déchéance !

Demain c’est loin, encore un verre ami !

Déjà j’imagine dans mon ivresse mon futur bureau de cadre, de cadre supérieur, de PDG même. l’ambition est une maladie pernicieuse qui nous pousse et nous dévore comme un incendie de puits de pétrole.

Il existerait autre chose paraît-il ? Mais quoi.

Jamais je n’ai appris dans ces classes ternes mes studieuses études autre chose.

M’aurait-on trompé ? M’aurait-on caché cette autre chose à moi l’élite ?

Pourtant j’ai le Savoir et la Connaissance universelle ; hormis cela point de recours ni de vérité ; c’est du moins ce que j’ai toujours appris.

Et si …

Chris 

bacc.jpg

Ressac

Posté par hiram3330 dans : Billevesees & coquecigrues , ajouter un commentaire

Ressac

 

Au pied de ce torrent tumultueux, fixant ces mil’scintillements, je me surprends à rêver à ce futur passé, à ce passé à venir, à ce présent bref et vacillant.

Assis sur un rocher moussu je trouble par intermittence ce mouvement éternel de la fuite de l’eau qui va et vient de l’infini du ciel à l’insondable des profondeurs.

Là, à l’abri d’un chêne séculaire, et sous le frôlement discret d’une brise souriante, je songe au cycle ininterrompu de la vie et de la mort, du temps de la vie.

Fugaces, des figures jaillissent pour s’estomper aussitôt ; visages souriants et masques grimaçants ; ressac de la mer une nuit et averse brutale de grêle drue et glaciale. Ces gouttes d’eau, ces quelques pleurs se mélangent comme à plaisir dans le souvenir fugitif et vivace.

Des sons et des lumières affleurent à l’esprit hypnotisé par ces perles inestimables et cascadantes pour brouiller, en vain, le charme désuet de l’instant perdu, du rêve de demain.

Parfois même une chevelure longue, brune ou blonde, rousse peut être, prend forme pour s’éteindre au coeur d’un violent tourbillon capricieux ; la vie est un torrent impétueux que rien n’arrête. Ici c’est un sourire et là un regard humide ; plus loin une flaque rougeâtre près d’un éclat de bonheur : tout se mêle et se pénètre dans un étourdissant kaléidoscope syncopé.

Le temps se dilue dans cette limpide rosée, le temps pas les souvenirs ni les regrêts ….

Et l’eau ruisselle avec vigueur comme pour laver l’indélibile trace des heurs épuisées par erreur et par jeunesse, par bêtise aussi.

Loin d’éteindre, elle ravive les douleurs et les espoirs anciens tout en arrondissant parfois les angles ou en erodant les plus vives aspérités tranchantes.

Le ciel à son tour déverse des tombereaux d’humidité visqueuse, et moi, assis placide, je me mouille avec fatalité en rêvant ….

Chris 

ressac.jpg

L’oubli de force

Posté par hiram3330 dans : Billevesees & coquecigrues , ajouter un commentaire

L’oubli de force

 

Encore un verre pour oublier ; la bouteille se vide inexorablement et va bientôt rejoindre les autres cadavres qui jonchent le parquet, tout autour de moi. Je n’en sens même plus l’odeur entêtante, ni le goût âpre et sec.

Dans cette pièce éteinte les vapeurs alcoolisées font naître et renaître des fantômes hideux et démoniaques qui hérissent mes rêves morbides. Ces liquides ne peuvent détruire les limbes de mes cauchemars et de mes souvenirs que je tente de repousser, en vain.

Mes yeux troubles fixent le vide de mon cœur qui charrie mon sang empoisonné, et ma cervelle s’imbibe, telle une éponge, de ces effluves nocifs.

Ça tourne, ça tourne comme un manège en folie qui m’entraîne, toujours plus vite, dans la pénombre nauséabonde du marécage d’un instant perdu. Je n’ai plus le courage, ou l’envie, de m’arrêter de boire cet acide qui me brûle et me consume peu à peu. A quoi bon cesser maintenant que le vertige me prend et me malaxe sans douceur ; Au moins je ne pense plus à elle, c’est déjà beaucoup….

Oui, elle, belle et cruelle, ange et démon.

Encore un verre pour oublier ; les pattes visqueuses d’une araignée immonde glissent sur la sueur de mon front fiévreux. Même pas un éléphant rose volant ! Rien que des insectes noirs et monstrueux qui me donnent la chair de poule et font claquer mes dents. Paralysé je tremble d’horreur face aux phantasmes surgis d’un esprit au bord du gouffre de la folie éthylique.

Amour, fidélité, sincérité : ces mots tourbillonnent et s’effacent dans la réalité dure et froide d’un fond de bouteille éventé. Des larmes de sang sèchent dans un coin discret après l’emballement désordonné d’un cœur lézardé et fatigué.

Une main de glace enserre ma tête, des étoiles clignotent de plus en plus vite, les artères se bloquent, le cœur trébuche. Toute la mécanique s’emballe et se fendille; Vite, encore un verre !

La brume s’engouffre avec vigueur dans l’esprit en déroute où, toujours, cette silhouette se tord et m’appelle en me rejetant avec force et sans pitié;

Oublier … de force … alors qu’une bouteille roule lugubrement dans la dévastation et le chaos.

Encore un verre … le dernier, juré ! Si je mens je vais en enfer, ce ne doit guère être plus terrible…

Chris 

verre.jpg

L’espace

Posté par hiram3330 dans : Billevesees & coquecigrues , ajouter un commentaire

L’espace

 

Deux et quarante étoiles tourbillonnent au sein du gouffre velouté, à peine strié de comètes errant à l’aveuglette dans le noir sidéral. Je tente de percevoir, d’isoler, une image à venir que régit le mécanisme universel du serpent Temps.

Le temps, immobile et transcendantal où flotte le devenir d’un passé omniprésent dans un mélange intime et rassurant d’un destin tracé mais inconnu. Perspective d’un futur antique, pièce de théâtre usée et toujours rejouée, toujours renouvelée qui guide l’humanité vers la folie d’une compréhension absolue.

L’irréelle beauté froide où se recoupent hier, aujourd’hui et demain, qui ne sont que des mots creux inventés pour rassurer par une échelle de référence artificielle et dérisoire, me prend à la gorge. Si haut au-dessus de moi que je peux à peine les effleurer dansent soleils et planètes en une course aberrante et logique, éternelle.

Le ciel est beau, la nuit, lorsque l’on songe et s’interroge sur … tant de choses ; la lune trouble un peu cette méditation par son visage blafard, mais la lune n’est-elle point femme ? Les cailloux qui roulent dans le vide de la création demeurent les témoins muets, passifs et complices de notre vie égoïste et souvent stérile, eux qui ont pour habitude de contempler et d’embraser l’infini. Cette lumière, que d’aucuns estiment froide, me réchauffe et me réconforte quand je suis confronté avec mes pensées, mes peines et mes désirs, moi qui ne suis qu’une petite goutte, qu’une infime parcelle d’une minuscule larme d’un regard aveugle. Doucement, sans heurt et sans bruit, s’effacent ces milliers d’éclats d’argent liquide au profit d’une sphère de cuivre qui vire à l’or pur, et je vais, sans hâte, égrener à nouveau le chapelet du jour jusqu’au prochain crépuscule.

Chris 

normal020espace.jpg

Phantasme d’une nuit

Posté par hiram3330 dans : Billevesees & coquecigrues , ajouter un commentaire

Phantasme d’une nuit

 

La nuit, cette partie du temps pendant laquelle le soleil cesse d’éclairer nos joies et nos peines ; la nuit où nous nous réfugions si souvent lorsqu’on veut rester seul avec soi-même ; la nuit emplie de rêves et de cauchemars sans nom. La nuit angoissante parfois, indispensable toujours

Dans la douce ou dure pénombre on est tel qu’on naît. Plus d’artifices, plus de lumière trompeuse, plus de bruits épuisants. Nous nous retrouvons alternativement dans notre paradis ou dans notre enfer, mais toujours source de réflexions sur l’Univers ou sur l’Etre.

On l’attend avec impatience ou avec angoisse, mais tous nous l’attendons.

Lorsque la lumière décline, lorsque les ombres s’estompent, lorsque les yeux se ferment après avoir tenté en vain de percer les ténèbres, notre film intime se déroule. Nos espoirs, nos malheurs, tout y passe en longs jets continus colorés et animés. Alors, face à nous même, nous rêvons à ce qui a été, à ce qui aurait pu être, à ce qui jamais ne sera. Les brumes du sommeil s’approchent en douceur, nos fonctions se ralentissent, tout le physique repose.

Mais le cerveau, lui, prend sa vitesse de croisière.

Des bêtes immondes, des êtres aimés, des catastrophes et des éclats de bonheurs jaillissent et se mêlent intimement. On s’agite, on murmure, parfois même on se réveille brusquement mouillé d’une sueur malsaine ; mais déjà tout disparaît dans le brouillard et nous revoilà partis vers les incommensurables grandeurs de l’infini.

Au sommet du vertigineux pic ou au plus profond d’un insondable gouffre, nous nous retrouvons tremblant de peur ou frémissant de joie.

La pesanteur disparaît et on plane au gré de nos phantasmes et de nos obsessions. Violence, haine, amour, érotisme, tout est là, tapi dans l’ombre, à nous guetter, prêt à s’élancer à la moindre sollicitation de notre subconscient.

Des torrents de sang dévalent tranquillement tandis que nous nous aimons au milieu de monceaux de cadavres chauds, encore palpitants. De blanches et pures colombes passent paisiblement, suivies d’un ange magnifique accompagné d’une très douce mélodie ; et nous nous aimons toujours…

Alors survient le fracas de la guerre, des explosions, des cris de terreur et de douleurs des enfants qui ne comprennent pas pourquoi leurs parents, qui ne comprennent pas pourquoi eux-mêmes meurent alors que nous, nous sommes en train de concevoir un enfant.

Et tout s’apaise en dehors de nos brûlantes étreintes. Soudain c’est l’orage, les éclairs et le tonnerre. Tout s’illumine fugitivement, la vie, l’amour et la mort.

Devant nous des crânes ricanent sournoisement, un squelette passe en chantant ironiquement, suivi de près d’une multitude de serpents, de scorpions et de corbeaux. Mais rien n’y fait, on fait l’amour et ce n’est qu’un rêve.

Le volcan s’élance en lave incandescente, la terre tremble, un raz de marée nous emporte loin, si loin qu’en partant de nulle part nous nous retrouvons, tous les deux, ailleurs. Là, tout s’apaise enfin ; les éléments comme notre passion. Une immense croix nous domine sur laquelle se pose lourdement un vautour, le bec luisant de sang frais et les griffes souillées de chairs mortes.

Son œil, unique, nous transperce sans nous voir pour se régaler de sa future proie : l’enfant qu’on vient de faire.

Tel un murmure le son d’un orgue commence à se faire entendre, pour s’enfler démesurément jusqu’à nous rendre sourd, jusqu’à emplir nos crânes du battement sourd de nos cœurs. Brusquement plus de bruits, définitivement, sans espoir de retour.

S’approche maintenant lourdement, maladroitement une hyène ricanante sur laquelle est juché un chat noir et borgne tout grimaçant. Sans un bruit, sans précipitation ils s’avancent en nous fixant cyniquement et d’un coup de croc, d’un coup de griffe ils nous arrachent nos langues qu’ils engloutissent avec avidité….

La douleur muette nous tord, le sang coule en un petit ruisseau où s’abreuve une chauve-souris. Péniblement on essaye de se traîner à l’abri de la croix illuminée sinistrement d’un rayon de lune mauve.

Côte à côte on souffre de mille morts, en silence, mais on vit tandis que l’innommable vautour déchiquette notre enfant qui s’amusait avec des tibias humains. Les yeux fous, l’un contre l’autre, horrifiés nous voyons surgir une sarabande effrénée de démons sulfureux et noirs, se fondant et se confondant dans ces douces ténèbres.

Envie de mourir pour échapper à l’ombre mouvante de cette immense croix qui agite ses branches aux quelles apparaissent des pendus hideux et démoniaques. Le froid, la douleur et la peur nous font trembler. La terre frémie et se creuse comme ton corps, tout à l’heure, quand nous faisions l’amour.

Des geysers d’un liquide brunâtre et putride tâchent le ciel sombre de plomb ensanglanté. C’est l’agonie, le délire de la mort ; qui donnera le coup de grâce tant espéré…

Enfin venant de l’horizon pourpre s’amène un vol de corbeaux qui s’abat sur nous deux enlacés pour l’éternité. Ils crèvent nos yeux et nous déchirent morceaux après morceaux, durant des siècles, jusqu’à notre dernier souffle intimement mêlé et le vide noir et froid de la mort …

Le réveil grince lugubrement, je sursaute grelottant et en sueur, l’esprit brumeux, la bouche pâteuse.

Que c’est-il passé cette nuit qui me met dans un tel état ? Pourtant je suis seul dans mon lit blanc tel un linceul….

Ce soir peut être je saurai, si je suis encore solitaire, tandis que toi, là-bas, tu seras solitaire….

Chris

112116785619297987971web.jpg

1...7677787980

Aldaria Final |
A demi -mot |
DES LETTRES ET DES MOTS |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Aimé Comoé
| Les Poétiques Littérales
| Red Spirit