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Camargue 16 août, 2012

Posté par hiram3330 dans : Billevesees & coquecigrues , trackback

Camargue

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Voici donc une région où c’est un kaléidoscope d’images qui se heurtent devant nos yeux …

Étangs, salés ou non, rizières, marais, sables blond des plages, brumes matinales, soleil abrutissant de l’été, toros, chevaux, courses libres, moustiques, mistral glacial de l’hiver, étendues vastes, chatoiement des couleurs des gardians, multicolore des « arlésiennes », âpreté rude de la vie sauvage, flamants roses, sel … tant et tant de photos de bousculent, se cognent, se multiplient, se chevauchent …

Région particulière, autant inhospitalière d’apparence que refuge sauvage de l’autre, animaux, plantes et hommes arrivent à vivre ensembles, en harmonie, parfois en osmose : http://fr.wikipedia.org/wiki/Camargue.

Je suis toujours surpris du dépaysement profond que je ressens lorsqu’il m’arrive de pénétrer ce territoire, humide par le sol, sec par l’air.

Rizières oui, manades oui, gardians oui, promeneurs équestres oui, un genre de lieu hors de tout …

Quelques villes surnagent de cette étendue aux bras « des » Rhône(s) … Les saintes Maries de la Mer avec sa vierge noire, son rassemblement de gitans, sa plage où Maria Magdalena débarqua jadis avant d’aller s’évanouir à la Sainte Baume ; Arles et ses arènes (ne valant pas celles de Nîmes) au sable gorgé du sang des toros de corrida … l’humanité ne progresse pas vite hélas.

L’impression est toujours étrange dans cette Camargue brulée par le soleil et le sel, trouée des traces d’animaux, enivrée de fête païennes, chrétiennes, aux parfums d’anis et de lavande …

Frontière intemporelle entre Languedoc et Provence.

Territoire triangulaire cerné d’eaux, spongieux, écrasé de chaleur l’été, frigorifié par le souffle puissant du Mistral l’hiver, âpre !

Zone si magique qu’elle enfantât une « petite Camargue », plus à l’ouest pour contenter des jaloux je suppose … encore que cette « petite » vaut la « grande » mais elle est plus peuplée d’humanoïdes, plus polluée de villes et villages.

Terroir bientôt englouti par la montée de la méditerranée, érodée par les vagues parfois en colère, dévastée par un tourisme souvent barbare, ce mélange de terre, de sable et d’eau reste un endroit privilégié pour celles et ceux qui se veulent hors de l’espace et du temps … Libres dans la limite de cette nature exigeante, ils peuvent encore errer à l’aventure (sans oublier leur cellulaire tout de même), vagabonder en pataugeant et suant, luttant contre les moustiques autochtones et importés …

Triangle des Bermudes contre Triangle du Delta du Rhône … amusant le parallèle non ? Et je te rappelle qu’en géométrie Euclidienne les parallèles ne se rencontrent jamais …

Il me plait à imaginer (oui j’exagère parfois … souvent dis-tu ..!) une épopée fantastique, voire fantasmagorique se diluant dans ce marécage hybride après avoir pataugé dans la fleur de sel, les joncs cinglant, les porteurs de trident au visage farouche, les cornes luisantes d’envies de transpercer, les sabot des chevaux typiques et typés martelant un sol incertain.

Mais je rêve … alors que la réalité indomptée se suffit d’elle même, mais il faut savoir regarder .. et voir, puis sentir .. et ressentir, s’imbiber des charmes subtils qui nappent les paysages, des effluves invisibles qui enivrent, du soleil qui trouble l’horizon d’une ombre de chaleur.

Le film de ces découvertes est une ribambelle continue de taches colorées aux senteurs improbables, d’effets spéciaux, d’effets spatiaux, d’effets iconoclastes. L’accélération est due à l’avidité de notre curiosité face aux multiples surprises inachevées qui se déroulent, chaotiques, sur l’écran de nos yeux.

Au matin la brume se délite sous la caresse d’un mistral naissant venu savourer les fragrances nocturnes, les enrichir pour les emporter au delà de l’horizon vibrant, loin là bas …

Comment rester impassible sous les assauts sensuels qui viennent se découvrir à nous quand nous déflorons la Camargue avec douceur, tendresse aussi, sans oublier le respect de la flore et de la faune qui sont maîtresses des lieux.

D’aucuns, les  inconscients  , la nomme « far west » français … D’autres non moins irréfléchis veulent en faire une « réserve » telles celles des amérindiens des États Unis d’Amériques … Farfelus sont ceux-ci et ceux-là qui ne sentent que l’appât de l’argent (sans odeur), heureusement des sables mouvants locaux se laissent aller à en avaler beaucoup …..

Des endroits bruissant de silence humain accueillent nos pas paisibles, et prudents, à la découverte d’une vie que l’on nomme « sauvage » ; sauvage comme une pub pour le riz …. Je préfère le mot de naturel en cet espace de nature où grouille un monde jamais en arrêt qu’elle que soit la température.

Des flaques de soleil viennent recouvrir ce mélange qui bouillonne presque dans l’athanor des combes, des creux, des étangs … Une opération Alchimique semble s’y produire, et reproduire, sans cesse dans ce grouillement fugace que l’œil parfois rate.

La prudence … La prudence est de rigueur pour ne point effaroucher les autochtones de toutes tailles qui se dressent soudain étonnés de notre présence humaine quasiment « déplacée » ici et là.

Les chevaux blanc-gris s’élancent dans des jaillissement d’eau et de boue ; les toros frémissant, le regard noir de crainte et de colère, s’évadent au petit trot de notre odeur ; tant et tant de vies diverses se tait à notre approche maladroite, grossière, inusité dans ce monde doucement rude selon les jours.

Alors n’insistons pas pour violer cette Camargue, restons modestement  attentifs à son fourmillement multiforme qui se passe bien de nous …

Lorsque la Lune va remplacer le Soleil, assis contre une haie de roseaux je chercherai au travers de la voûte céleste un guide, un regard, un sourire.

Chris

août 6012

Pour sourire sérieusement :

http://lescamarguais.canalblog.com/

camargue0-300x200 dans Billevesees & coquecigrues

Commentaires»

  1. magnifique description d’une région aimée!

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