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La Muse …. 30 octobre, 2008

Posté par hiram3330 dans : Billevesees & coquecigrues , 1 commentaire

La Muse ….

La muse m’a-t-elle abandonné ces jours derniers telle une feuille morte happée par le vent de l’automne frémissant ? Grave question, grave interrogation, grave réflexion.

Que dois-je répondre  ?

La Muse ? Quelle Muse ? S’agit-il de l’amuse ou bien de … La Muse ? Et en ce cas, quelle Muse !

Voyons ….. n’y a-t-il pas neuf Muses … Neuf et non neuves ….. Neuf ce nombre qui veut exprimer ……., dont voici le cortège qui s’avance alphabétiquement :

Calliopé (bien dire), Clio (épopée), Erato (élégie et poésie amoureuse, érotisme), Euterpe (musique et danse), Melpomène (tragédie chantée), Polymnie (chants ..), Terpsichose (danse et poésie légères), Thalie (comédie), Uranie (astrologie) … Cette ribambelle de mousmés est issue du couple bien connu Zeus et Mnémosyne …. si si bien connu des fins connaisseurs de la mythologie grecque, bref de gens autres que toi et moi en général.

Neuf Muses s’amusent à une ronde autour de moi, autour de mon absence d’inspiration, taquines elles sont un soupçon ironiques, un brin sarcastiques,un chouya narquoises …..elles s’amusent comme des Muses qui musardent là et ici, « si et la » en musique ….

La quelle me manque le plus, ou bien toutes me manquent-elles ensembles … toutes ensembles, toutes ensembles, …..comme l’air de manifestations revendicatives syndicales. D’ailleurs ne dois-je point revendiquer … « libérez mon imagination !!! »

Stop, c’est quand même un sérieux sujet que voilà, notamment pour moi qui ai le boyau de la tête asséché .. tari quasiment alors que dehors l’eau du ciel humecte la terre .. le monde est mal fait ma bonne dame …. du moins je le perçois ainsi dans mon égoïsme nombrilisme, et oui en plus j’acrobatise un tantinet quand l’esprit s’égare dans le délire de ses méandres assoiffés.

Les grecques .. voilà le point à examiner en détail dans ce problème structurel de mes neurones (oui il m’en reste encore plusieurs, c’est à dire au moins deux ..); les grecques féminines qui sont poussières depuis des lustres, après avoir été des lumières pour l’imagination et la créativité de la civilisation classique, enfin celle d’occident.

Mais l’occident n’est pas le nombril du monde, ni même de l’univers .. il en fut d’autres, aussi brillantes, voire plus ….en chine, en extrême de l’orient, en pays arabique, en Amérique du centre, du sud aussi .. même dans ces contrées où l’homme n’est pas blanc, hé oui.

Les « neufs » alliées à me sécher, à ensabler mes rêves illusoires, à tordre la serpillière de ma pensée …. elles sont en grève, sur la plage de l’Egée loin là bas, dans un temps autres du passé, me bloquant mon présent, risquant de me faire perdre mes fans et mes groupies, nonobstant la masse significative des lecteurs errant et égarés sur le bord de la toile d’araignée qu’est le net où surfent les navigateurs intrépides dans leurs fauteuils confortables.

Et moi je souffle ….. je souffle et je transpire en pressant l’imaginaire qui se rebiffe et rue de ces outrages à sa liberté si chèrement acquise sous l’inquisition (congrégation pour la doctrine de la foi) dont est issu un teuton romain régnant sur le confetti vaticanesque …. oui je souffle et pas les bougies, nombreuses, de mon anniversaire.

Les neufs .. comme le nom d’une célèbre Loge du passé des lumières : les neufs soeurs …. oui on peut tenter d’épater le passant par un film léger de connaissances incongrues. Mais foin de détours ces neuf là m’indisposent d’être « aux abonnés absents » alors que leur rôle, à ces drôles de dames, est d’être sources et accompagnatrices du développement de la brume de l’ombre d’une éventuelle miette d’idée de ma cervelle fatiguée.

Comment faire ?

Supplier, négocier, pleurer, geindre, se plaindre, attiser, exciter, charmer, parler, convaincre, monnayer, lancer des regards langoureux, sortir la carte bleu, ou gold, bref tenter de corrompre, de séduire, de faire pitié, de faire sourire, voire rire ….

Que nenni point du tout !

Si ces neufs là sont grévistes, menaçons ! Employons l’usage de la force (de l’ordre toujours), électrisons les avec le taser à défaut de notre brillance ..

Mieux encore …. ôtons leur la nationalité européenne et l’euro ! Qu’elles aillent se faire voir chez les grecs ! Après tout elles sont « du passé » et comme dit une chanson aimée de moi : « du passé faisons table rase » ! Et toc !

Nom de Zeus, que faire ?

Et si je voyais la « mère » : Mnémosyne, fille d’Ouranos (le ciel) et de Gaïa (le terre) pour lui demander …la Lune et les Étoiles ?

Pas de bol ….. sa mémoire est vacillante me susurre-t-elle dans un triste sourire qui me touche et me chagrine, mais dans le fond elle a de la chance d’être ainsi, neuve de mémoire à chaque instant qui glisse ..alors que moi je n’ai pas la mémoire qui flanche, mais c’est l’inspiration qui s’est évadée loin, au delà de là, aspirée j’espère vers la voie lactée qui me réchauffe dans ma quête erratique.

Ma décision est prise, comme chantait Dalida « j’attendrai » ! Je vais me décider à apprendre la Patience (pas le jeu de cartes), du moins je vais tenter (pas le diable) de me discipliner dans mes humeurs instinctives qui me poussent a piaffer, qui sait l’influence d’Uranie et d’un de ses douze signes zodiacaux …

Toutefois, toi qui passe, goguenard, devant ces lignes  hésitantes et désordonnées … si par « hasard » tu peut m’assister, m’aider, me fournir non pas « signes et attouchement » mais « mot(s) » permettant le décrassage de la panne due à ces Neuf étrangères parties en goguette, merci de ne pas hésiter … je pourrai redevenir, l’espace d’un instant d’éternité, cool, zen et serein …..

Chris

octobre 6008

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Défaut 19 octobre, 2008

Posté par hiram3330 dans : Billevesees & coquecigrues , 1 commentaire

Défaut …

Drôle de mot que celui là … il n’est pas sympathique à priori, il pourrait même apparaître comme franchement désagréable si on l’accolait à ma personne, pourtant il existe dans le dictionnaire : il est.

Si je le triture un peu, avec un soupçon de sadisme, comme pour d’avance me venger, je dirai : des faux, dé faux …. Ouf, voilà une qualification trouvée qui amenuise peut être son apparence sardonique … « faux » !

Déjà je me sens mieux, l’allergie instinctive s’amoindrit, la distance se fait entre le terme et moi-même .. mais le concept résiste, il va falloir trouver mieux probablement pour accepter d’en causer de ce « défaut » si singulier qu’il est trop souvent pluriel quand je regarde un miroir, ou mon reflet dans ton regard …

Défaut …

Ainsi la perfection n’existerait point .. en aucun domaine de l’humain, mais qu’est-ce que le domaine de l’humain ? Existe-t-il un domaine qui échappât à l’humain dans le fond ? Et puis la perfection peut, doit rester un objectif je pense, ne suis-je pas dans l’infini de l’imaginaire quand je visite les deux et quarante étoiles de la voie lactée et les cent huit autres de la voûte étoilée …

Des faux … est-ce « faux » de « pas juste » ou bien « faux » « l’outil » que l’on trouve dans la treizième lame du Tarot ? Ce n’est pas pareil … Pour l’un la Vérité est trahie, pour l’autre l’épi de blé est fauché. Dans les deux cas c’est l’homme que l’on peut considérer comme victime .. et bourreau.

Rassurons-nous, le « défaut » outre sa définition livresque, sémantique, reste à mes yeux une notion tout de même aléatoire dans l’aspect de l’humain car liée à une « appréciation » subjective ; cela est autre dans une vision « scientifique » concernant du « matériel », et notamment du « crée » … les deux faces existent là aussi, tel un Janus, le défaut physique et le défaut moral …

Mais pour moi, pour toi … qu’est-ce qu’un défaut sinon un aspect que l’on n’aime pas chez autrui en premier lieu, chez nous en second lieu, encore que pour nous même on pense d’abord à notre apparence physique … non ?

Imperfection.

Privation de perfection telle peut être l’acceptation du mot « défaut », la difficulté, une des difficultés réside dans la définition de la perfection, ce n’est qu‘ensuite que par déduction, opposition, induction on peut appréhender mieux le concept de « défaut » ; je ne m’y risquerais pas .. je laisse à chacun l’effort à fournir avec soi-même pour en cerner son interprétation acceptable à sa conscience …. c’est tellement plus rassurant et réconfortant, ne crois-tu pas ?

Alors comment faire ?

Dois-je aborder le physique .. est-ce possible, c’est assez « technique » pour le monde inanimé et franchement sordide pour le monde humain, sans compter que là le subjectif et les prismes déformant sont multiples et irrationnels le plus souvent …. Certes la notion d’équilibre, que chacun de nous perçoit intuitivement peut aider, mais …. soyons lucide, notre vue oculaire, notre regard vers l’autre est acerbe, sans pitié, sans complaisance, bien plus qu’il ne peut l’être pour nous même .. nous avons, nous, des excuses bien sûr.

Passons donc avec miséricorde sur nos troubles de la vision ….

Défaut .. imperfection morale …. Aie ….. rien que d’énoncer cela j’ai mal, j’ai mal à ma conscience, j’ai mal à mon égoïsme, j’ai mal de crainte .. suis-je capable de regarder le miroir, et de voir ?

Peu importe .. le défaut est en face bien sûr, hélas existe le reflet .. même brouillé, même embrumé il est là, sournois, tapi, à l’affût .. il guette le moindre de mes écarts, le moindre de mes regards ambiguës car en biais, comme pour éviter de ….

Maquillage …. serait-ce une solution ? Maquillage du physique .. on peut, parfois atténuer .. maquillage du « mental » .. ça arrive, mais d’autres termes guère sympathiques naissent alors : hypocrisie, schizophrénie,  menteries …. et j’en omets volontairement des encore moins .. des mêmes plus .. tu vois de quoi je cause là.

Ainsi donc sous ce mot de six lettres se cachent bon nombres d’images grisâtres, des fois nauséabondes,  mais aussi en fin de compte un espoir.

Oui un espoir.

Un espoir car un défaut n’est-il pas susceptible d’être corrigé, plutôt que dissimulé ou enfouit sous des fausses (tient … fausse …) apparences ?

Surprenant non ?

Quel beau paradoxe je dévoile là : le défaut entraîne l’espoir … tu en es tout esbaudi, inattendu n’est-ce pas ?

Évidemment ce n’est pas aussi simple qu’il n’y paraît à la lecture des élucubrations que je jette sur la page de l’écran .. Mais réfléchit !!! Bon je conçois que tu puisses préférer te laisse porter par la vague des phrases que j’aligne … Mais réfléchit !!!

N’es-tu pas, comme moi, un Être pensant ? Ne disposes-tu pas de cette « chose » qu’on nomme « libre arbitre » ? Ne sens-tu pas que tu es apte à faire basculer, partiellement au moins, l’évènement que tu vis et crées à chaque instant ?

Le défaut .. stimule … si tu sais et veux voir la réalité de toi même …

Et puis ce que Toi tu considères comme « défaut » n’est pas obligatoirement ce que Moi je considère ainsi .. il est bon également de confronter ses idées, ses doutes, ses espoirs, ses ressentis, ses peines .. y compris ses « défauts ».

Certes des limites existent quand à la tolérance et à l’auto-tolérance .. il n’est pas viable qu’un défaut quelconque puisse blesser autrui, dans sa chair et/ou dans son esprit …. là la nature du concept ne peut qu’être différente bien sûr.

Mais l’espoir, ça n’a pas de prix y compris en situation de crise .. alors réfléchit, il est bon que ta perception du, des défauts te pousse, te tire, t’amène vers l’espoir …. ainsi ce qui apparaît comme « négatif » engendrera un « positif », positif par la démarche du chemin à prendre plus que par le but à atteindre, ne rêve pas quand même.

Mais, mais n’oublie pas …. c’est de ta propre volonté qu’il s’agit là, parfois même de ce qu’on peut nommer ta conscience, disons que tu dois t’adresser à toi dans le silence de ton reflet, avec l’objectivité de ta rigueur : d’aucuns disent quelque fois … gémissons … mais espérons …

Espère donc que Défaut se transmute en Espoir.

Chris

octobre 6008

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LA CHUTE 16 octobre, 2008

Posté par hiram3330 dans : Apports , ajouter un commentaire

LA CHUTE

 

 

Alors que je marchais par une nuit sans lune pour rejoindre mon logis, je pris, pour gagner du temps, un chemin de traverse qui coupait un petit bois.

Ce chemin, je le connaissais pour l’avoir emprunté maintes fois à la lumière du jour, aussi, que la nuit fut si noire ne m’apparut pas comme un obstacle.

Comme je m’engageais entre les arbres silencieux ( pas un souffle de vent ) mon pied trébucha sur une souche mal placée que je ne pus éviter, et, avant que je puisse esquisser le moindre geste pour me retenir à la branche la plus proche, je me retrouvais, glissant dans un espèce de tunnel.

Telle Alice au Pays des Merveilles, je tombais sans fin.

Au bout de ce qui me sembla une éternité ( le Temps aime s’amuser à nos dépends ) j’atterris mollement et sans dommage dans un endroit fort obscur.

Cette caverne, enfin , je supposais qu’elle en fut, offrait un halo de lumière à son extrémité opposée.

Déroutée, ne voyant aucune autre alternative, je m’y dirigeais donc prudemment ( courageuse mais pas téméraire! ).

Hé oui! la lumière attire toujours ceux qui sont dans l’obscurité, même au risque de s’y brûler.

Cette lumière, qui de l’autre bout de la caverne m’avait semblé ténue et diffuse, devenait de plus en plus vive au fur et à mesure de mon approche, et, quand je crus enfin pouvoir atteindre mon but, elle devint si intolérable que je dus fermer les yeux et apposer mes mains sur mes paupières pour plus de sûreté.

Je ne savais définitivement plus où j’étais, les yeux clos, je ne pouvais que sentir une chaleur envelopper avec bienveillance mon corps, pour le réchauffer.

C’est curieux, mais je n’avais même pas remarqué que depuis que j’avais posé pied dans cet endroit, j’avais froid.

 

DAME LUNE

 

Une main fraîche se posa sur mon avant-bras, sans que la peur ne s’empare de mon âme, et, une voix féminine des plus agréable me susurra  :

- »Mettez donc ceci devant vos yeux, imprudente humaine! »

On saisit mes mains et on y déposa une paire de lunettes que je m’empressais de porter à mes yeux que je me risquais à ouvrir.

Et là!!

Oui, là!!

Ce que je vis me coupa le souffle.

Dame Lune me souriait et derrière elle, assis à une table bien garnie, Messire Soleil, me faisait un petit signe de la main.

Je pris conscience que j’interrompais un dîner d’amoureux, et je comprenais pourquoi dehors la nuit était si noire, Dame Lune était en galante compagnie.!

Elle se tenait là, devant moi, radieuse de féminité comme toute femme amoureuse, dans une robe couleur d’argent que Messire Soleil faisait doucement miroiter.

Elle avait les yeux couleur de Lac Sans Fond, les cheveux ramassés en étoiles filantes, les mains diaphanes aux doigts fuselés.

Ses pieds étaient dansants et son nez bien plus long que celui de Cléopâtre.

Elle n’inspirait ni peur, ni timidité, ni familiarité déplacée non  plus.

Modeste, elle irradiait dans tout l’éclat de sa froide beauté.

Comme Dame Lune est belle et féminine!!!

Elle, si pure, si froide aussi, représente à nos yeux, à la fois
la Mère,
la Fille et
la Femme chérie. Elle est Marie, l’Immaculée Conception pour les Chrétiens.

Bref , elle est le principe féminin.

En la voyant, je pensais à tout ce que je savais sur elle.

Dire que certaines religions et mythologies lui prêtent le sexe d’un homme!!!

A Ur, elle était Sin un vieillard barbu, en Egypte, elle était Thot, au Japon Touki-Yomi l’époux de Amaterasu. Dans la tradition juive elle est le peuple des Hébreux. Elle est encore masculine dans tout le monde sémitique du sud.

Moi, je la préfère dans sa forme féminine, mystérieuse, sombre parfois, froide et humide.

Par ses changements de forme (tantôt ronde, tantôt croissant) et de position dans le ciel elle représente l’inconstance et le changement: ne dit-on pas d’une personne à l’humeur changeante qu’elle est lunatique?

Mais, ce qui nous rassure c’est que cette inconstance est cyclique, tous les 28 jours le cycle de
la Lune comme celui de la femme, recommence. Elle est donc aussi, le symbole des rythmes biologiques, du renouvellement, de la transformation.

Immortelle, après chaque absence (ou Lune Noire) elle nous revient , symbole du passage de la vie à la mort et de la mort à la vie, renouvellement, transformation, elle accompagne les initiations.

Elle est symbole de résurrection, avec la « nouvelle lune ».

Chez les hindous et dans le bouddhisme le Nirvana est représenté par une lune d’une blancheur immaculée se détachant dans un ciel nocturne sans nuage.

Chez les musulmans, le croissant de lune, fréquent sur leurs drapeaux est aussi symbole de résurrection

Certains peuples pensent qu’elle est le lieu de passage ou même le lieu de séjour des immortels privilégiés ( souverains, héros..).

Elle contrôle le destin des hommes, comme elle régule les marées, la pluie, les saisons, la vie.

Son symbolisme se rattache aussi à celui du cercle, il implique achèvement et plénitude et j’en suis ravie étant femme moi-même !

Femme, elle aussi, fertilité, fécondité, dépendance, réceptivité, passivité, lui sont associés.

Elle se tenait prés de moi, si charmante, que je voulais oublier les côtés négatifs qu’on pouvait lui attribuer.

Les Samoyèdes (mongols de la région des cours inférieurs de l’Ob) disent qu’elle est l’œil mauvais de Num ( dont le Soleil serait le bon ) et les Mayas la voient, sous le nom de Ixchel, comme le côté négatif du dieu solaire Kinich.

« Noire », elle est la solitude, le vide absolu, la voie dangereuse qui peut conduire au centre lumineux de l’Etre, à l’Unité.

D’un geste ample elle m’invita à me rapprocher de la table et me pria de m’asseoir à leurs côtés, tout en me rassurant.

 » oui! Je pouvais approcher de Messire Soleil à condition de ne point le regarder trop longtemps dans les yeux, privilège accordé seulement aux aigles.

Ce faisant elle chassa la chouette qui occupait le dossier de la chaise qu’elle me destinait. La chouette manifesta son mécontentement en battant copieusement des ailes et en roulant des yeux furibonds à mon intention.

Sans le vouloir je cherchais du regard, alentours, un lapin, un crapaud ou un loup, autres animaux habituellement associés à Dame Lune

 

MESSIRE SOLEIL

 

Avant de m’asseoir, par prudence, je fis une petite révérence à l’intention de Messire Soleil, qui me rendit ma politesse par un petit hochement de tête que son statut de Dieu rendait royal.

Pour une fois, moi si bavarde, je ne disais mot.

J’essayais de cerner son humeur du moment.

M’accorderait-il de regagner le monde des vivants sans dommages au lever du jour tel un hierophante initiatique ou bien me garderait-il pour toujours sous terre tel un psychopompe meurtrier?

Son regard (n’est-il pas le bon œil de Num?) me fouillait, et, comme je savais qu’il avait le pouvoir de rendre visible ce qui est caché je craignais qu’il ne devine mes sentiments mitigés à son égard.

On dit de lui qu’il est « l’œil qui voit tout dont les flammes sont celles du jugement », dans ce cas, si son jugement est impartial il ne devait pas ignorer sa part d’ombre.

En lisant en moi comme dans un livre ouvert, il voyait sûrement que je savais mettre en balance son côté destructeur ( quand il brûle et tue par sa chaleur) avec son côté bienfaiteur ( quand il amène la chaleur qui porte les moissons à maturité, quand il réchauffe doucement pour maintenir la vie).

J’étais donc là, assise au bout du bout de ma chaise, effrayée de me trouver assise à la même table que celui que les chrétiens ont associé au Christ ( que l’on nommait aussi le Soleil Invincible, ou le Soleil de Justice, ou le Soleil de Vérité),celui que les Hindous imaginent comme représentant la porte du Monde, Le Lieu de passage pour ceux qui savent, une barrière pour les ignorants.

Cet invincible, brillantissime Dieu mangeait , à poignées, des graines de tournesol grillées qu’il piochait dans une coupelle d’or. Il m’en proposa et je m’empressais d’accepter, même si j’avais davantage soif que faim.

«  Ne vous inquiétez pas jeune mortelle, à l’aurore je vous prendrais sur mon char et je vous ramènerai chez les vôtres sans être vus ; mon aigle, en éclaireur, nous ouvrira le chemin, et mon lion nous escortera faisant fuir les éventuels curieux. »

Ces paroles rassurantes pour mon avenir immédiat, comme par miracle, me firent renaître et du coup, je m’installais bien plus confortablement sur mon siège.

« Dans l’immédiat, puisque je crois savoir que vous avez soif ( il me fit un petit clin d’œil digne d’une éclipse partielle) , tenez, buvez à ce verre que j’avais préparé pour mon Aimée ! Mais attention, après y avoir trempé vos lèvres, vous ne serrez plus la même, car tel l’Ambroisie des Dieux de l’Olympe ce breuvage rend immortel.  Il vous apportera également la connaissance immédiate, intuitive, et le pouvoir de lire l’avenir »

J’en restais sans voix ( il est vrai que je n’avais pas encore bu et que ma gorge sèche n’incitait pas à la dialectique).

Alors Dame Lune, ne voulant pas paraître moins généreuse que son amant, jeta dans mon verre un nuage d’étoiles pilées et ajouta.

«  Et par cette poudre de ma composition tu acquerras l’intelligence spéculative, rationnelle, et, tu pourras revoir les images du passé. 

Toute à mon émotion, mon désir de boire l’emporta sur la prudence, et sans même prendre le temps de les remercier l’un et l’autre pour tant de générosité à mon endroit, je vidais le verre d’un seul trait.

Alea jacta est !

 

EPILOGUE

 

Ce qu’il advint par la suite ? je n’en garde aucun souvenir malgré ce pouvoir de relire le passé. Je soupçonne Madame Lune d’avoir pratiqué une censure.

Je me réveillais à mon logis, dans mon lit, épuisée.

Mon premier mouvement, fut de croire que tout cela n’avait été qu’un rêve, mais, lorsque mon mari poussa un cri de surprise à la vue de mon superbronzage des plus incongru après une nuit de sommeil, je réalisais que j’allais avoir du mal à expliquer certaines choses !

Comment lui dire sans passer pour folle que j’avais passé plusieurs heures au plus prés de Messire Soleil ! ! !

Puis-je lire l’avenir ?

Relire le passé ?

Suis-je devenue un super génie aux connaissances illimités ?

Je ne vous conterai rien de plus.

J’ai en tout cas acquis suffisamment de sagesse pour savoir qu’il est souvent plus prudent de ne pas divulguer des capacités qui dépassent l’entendement, et , que la modestie et le secret protègent de l’envie.

Je peux juste vous glisser un secret.

Il ne sert à rien de perdre son temps et son énergie à comparer et opposer
la Lune et le Soleil. Tout deux forment un couple complémentaire et harmonieux. Ils ne peuvent se passer l’un de l’autre, et leur passion est à la mesure de leur vie, éternelle ! ! ! !

Maliciacobs

15 octobre 2008 

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Etre serein …. 11 octobre, 2008

Posté par hiram3330 dans : Billevesees & coquecigrues , ajouter un commentaire

Être serein ….

Issue du passé de ma scolarité cette expression, pour moi, prête à sourire, à sourire dans le contexte de l’époque. 

C’est en classe de 4°, en « français » que le professeur posât la question :  » pour vous qu’est-ce qu’être serein ? « , et la réponse fusa, tel apollo s’évadant de cap canaveral :  » Serein, pour moi c’est être serin comme un canari ! « . Et oui le camarade de classe qui se laissa aller, par association d’idée, pas si incongrue que ça, eut le mérite de faire jaillir une averse de rires …. déconcertés, de sourires …. complices, et d’interrogations sur les pièges, ou du moins les surprises du langage.

Les années ont passées .., l’interrogation pour moi est restée longtemps, longtemps sans réponse, sans ébauche de réponse, sans l’esquisse de réponse …

Mais je suis curieux.

Parfois cette phrase déroutante émergeait à la surface de ma mémoire, toujours j’en étais perplexe …. Pourquoi, pourquoi une telle réponse éclatât-elle dans l’atmosphère d’un cours en apparence lui même serein ?

Je réfléchissais … oui, ça arrive, du moins à l’époque, et je trouvais d’autres correspondances bizarres, d’autres possibilités déroutantes, d’autres mots, phrases aux sens multiples et divers …. Je sais on parle de « double sens », mais en fait je remarquais qu’il y avait parfois, souvent plus qu’un « double » sens, que je trouvais incidemment d’autres perception de la chaîne de mots constituée, un peu comme les « poupées russes » qui enfantent leurs images de plus en plus petites.

La langue étais donc source de cachotteries … quelle découverte.

J’ai découvert alors la sémantique … monde parallèle où on se noie dans des méandres quelque peu abscons, au termes barbares et hermétiques : homonymie, polysémie, hyponymie, synonymie, antonymie, méronymie …. bref un marécage où les lettres assemblées, parsemées ici et là de « y » me laissent, aujourd’hui encore, les yeux ronds !

Nom de Zeus ! 

Alors j’ai opté pour des recherches personnelles plus empiriques, plus proches de la possibilité d’acceptation de mon neurone, plus saupoudrées d’amusement et de curiosité : j’aime l’aspect ludique dans la recherche j’avoue.

Dans mon militantisme journalier, au sein d’associations et mouvements divers, je rencontrais la réalité sordide, aussi hélas, du « double langage » .. pouvant aller jusqu’à la langue de bois …. à laquelle je préfère la « langue verte », mais c’est une question de goût plutôt que de couleur en l’occurence.

Heureusement il y a des décennies, déjà, l’accession à une des associations, de recherche, personnelle et collective, m’aida à mieux envisager cette « problématique spécifique » liée à la linguistique et à la sémantique, enfin disons plus simplement parce que plus vrai, liée à la « parole » prononcée, écrite, écoutée, entendue, et même … comprise dans le meilleur des cas.

J’aime à jouer avec les mots, sous quelques formes qu’ils fussent … j’en déguste le « sel » scellé souvent, j’en souris du clin d’oeil dissimulé, j’en savoure délicatement les parallèles croisées de leurs sens, j’en danse sans bouger de leur musique.

Cette attirance irrésistible m’ouvre tant de chemins divers et variés, également ça arrive avariés plus qu’à varier, et me pousse du doigt qui suit la ligne où gîte le terme qui m’interpelle, tinte à mon ouïe, dessine des images sur la toile de mon esprit (heu … admettons ..) que j’en reste encore et toujours étonné, voire même interloqué par les nouvelles pistes qui peuvent se dévoiler à mon regard intérieur.

De plus cette curieuse attirance me fait voguer vers d’autres mots, inconnus, peu connus, rares, anciens, nouveaux, aux sens obligatoires mais giratoires, aux sens interdits, aux sens recouvert du sable du temps, aux sens ciselés par la richesse de l’esprit, aux sens … que je ne comprends pas non plus, et il y en a ….

Mais ces sens, issus des lettres accolées, des sons chantonnés, des liaisons baroques, m’aspirent vers des idées cocasses, rieuses, sardoniques, sympathiques, effrayantes, extravagantes, vers l’imaginaire infini de ma pensée …

J’y côtoie  d’autres mondes, d’autres silhouettes, d’autres images-pensées, d’autres perceptions, un peu comme dans un magasin de curiosités exotiques où se suivent et se mêlent le mieux comme le pire …. le tri est délicat quelque fois. Mais j’aime …. ces espaces de Tradition antique, de quête infinie, de chasse au trésor, de descente périlleuse en moi-même …

Hors tous ces aspects qui tourbillonnent, mais dont le but ultime semble être identique, celui qui est le départ de cet écrit mal-habile reste présent en premier plan comme une image figée mais vivante : « être serein, serin comme un canari » !

Les sons s’allient aux lettres, dans une ronde où le sens éclate tel un feu d’artifice dans des directions originales par leurs apparentes diversités … Ce jaillissement se reflète aussi dans le miroir de la voie lacté parsemée des éclats de rires du jeu des mots, du gazouillis de la langue énigmatique au premier abord qui caresse nos idées et nos envies.

Alors oui je suis serein !

Je suis serein car je caresse du souffle de l’infini, l’infini du souffle qui anime et ordonne « ordo ab chaos », et tous ces termes qui se tortillent, se contorsionnent, se heurtent, se décomposent, concourent à m’amener un peu plus loin, un peu plus haut, un peu plus …

N’est-ce pas amusant : Être serein, comme un canari ….. qui sait un exemple de la « langue des oiseaux » …

Chris

octobre 6008

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Un des sept 2 octobre, 2008

Posté par hiram3330 dans : Billevesees & coquecigrues , 1 commentaire

Un des sept …

Oui un des sept, sept étant un beau chiffre et un beau nombre que j’aime bien … mais il m’a fallut me décider alors qu’il en soit ainsi …. 

Ma préférence me paraît si naturelle qu’elle ne m’étonne même pas, certes à vos yeux cela peut sembler un peu bizarre, voire même étrange … mais pour moi, et j’apprécie de m’occuper de moi à l’occasion, cette préférence me satisfait, bien sûr, sinon pourquoi serait-ce une préférence ….

La vie nous entraine, à chaque instant, à choisir devant la nuée de chemins possibles celui qu’il va falloir emprunter, avec intérêt, pour esquisser une brève avancée, avancée curieusement sans rigueur géométrique en plus.

Mais je m’égare déjà sur un sentier latéral, non parallèle, à celui que je m’étais fixé, pour tenter de vous expliquer les raisons, il y en a plusieurs quand on emprunte (au diable l’avarice comme disait Mammon), de ma décision valable encore ce jour.

Revenons donc sur ce « un des sept », « un » étant en règle général le début, le commencement … le principe créateur, le Grand Architecte de l’Univers, parfois même Dieu en personne ….. vous voyez déjà l’intérêt sous-jacent  de mon choix instinctif …Pourquoi s’en priver donc, il me convient bien à Moi, je le « sens » bien .. c’est un bon choix ce « un » parmi les sept …. c’est un bon choix qu’est le mien, car c’est le mien (un peu d’orgueil n’est pas de trop grâce à Lucifer).

Bon le choix étant « bon », pourquoi se casser la cabessa …. l’instinct a parlé, l’intuition  a tranché, l’esprit inconscient s’est exprimé. Plus la peine de calculer, chercher, réfléchir … je confirme ma préférence réelle pour le « un des sept » et j’ose espérer que vous me comprenez, voire même que vous pouvez partiellement, au moins, partager cette décision affirmée ….Pourquoi poursuivre un effort supplémentaire, un zeste de paresse ne saurait me déplaire (avec la bénédiction de Belphégor).

Je sais, je sais .. pourquoi réellement celui-là et pas un autre plus sensuel disons, plus charnel, plus …. bref faisant appel à l’ensemble de l’individu que je suis, que tu es, que nous sommes . Mais cette solution nécessiterait sans contestation la présence d’un tiers, sinon d’un quart, qui sait même sept et plus .. certains aiment la foule mélangée (sous l’oeil égrillard d’Asmodée qui règne sur la luxure de l’humanité), c’est un choix mais  bon …. faut pas souffrir de vertiges, ni de craintes virales.

Restons calme, et même cool, zen et serein comme un canari selon l’expression consacrée, en un seul mot bien sûr ici, car le sacré n’est pas de mise, ce n’est pas un jeu de roulette soyez-en assuré.. encore que dans la situation de crise financière capitaliste du moment .. qui sait ? D’ailleurs à ce sujet c’est tout de même particulièrement scandaleux, honteux, ignoble, inhumain que des pantins bourrés de cette soif de lucre entraînassent le petit peuple dans des désespoirs plein de larmes et d’amertume … La révolution d’octobre (en novembre rappelons le) est hélas un souvenir du siècle passé, et l’égoïsme inculqué par la société purement matérialiste ne peut que m’entrainer vers une sainte (et oui .. un peu, enfin disons une laïque alors ..) colère noire (sous l’égide de Satan).

Tu languis, je sens bien que tu languis un brin, tu commence même à te dire qu’on en finisse et qu’il « crache le morceau » …. Et bien non, il faut savoir se maîtriser un peu, retenir son impatience, brider ce sentiment qui taquine un zeste. Voyons ne pense pas à autant d’âneries .. laisse toi aller, soit cool, soit zen, soit serein : pourquoi vouloir aller plus vite que la musique, ce sont les notes de la partition qui font l’harmonie de l’ensemble …. Il est inutile de courir plus vite que le vent, de sauter plus haut que la sauterelle, de boire plus que de raison, et j’en passe d’autres nombreux de poncifs. En un mot comme en cent je te comprends (Leviathan m’assiste pour cela), mais ton envie doit se plier à mon désir de jeux d’avec les mots …. c’est ainsi, ou alors .. zappe !

Tu sais, et si tu ne le sais pas tu vas le savoir … il m’arrive d’être taquin, c’est inné chez moi, c’est inné en moi.

Il est l’heure .. parfois même nous avons l’âge, alors je vais te dire, te susurrer, t’informer, porter à ta connaissance, briser le silence, trahir le secret intime, bousculer ma timidité, casser l’attente, brûler le suspens, anéantir la fébrilité de ta curiosité, dépasser mon caractère réservé, bref tu vas savoir … enfin.

Quoique …. je n’en suis pas si sûr … après tout, pourquoi satisfaire une basse curiosité envers ce que tu risques, à tord, de considérer comme une de mes faiblesses … Après tout ça me regarde Moi. C’est personnel, privé, intime .. c’est à moi, à moi tout seul dans le silence de ma solitude.

Telle une diva il faudrait peut être que je me fasse prier, attendre, désirer … que l’on caressât mon ego, que l’on pliât un genou devant moi, que les louages justifiées fussent chantées par un coeur de l’armée rouge féminin …. Hum ça me plairait ça, je me sentirai enfin re-connu à ma juste valeur, au poids.

Bon ça va ! Fait pas la gueule je vais causer, et sans présence de mon avocat (véreux ) celui surnommé le « bavard » dans les milieux du milieu.

Au fait je t’ai pas dit …. je suis militant, depuis des lustres .. en divers mouvements et causes, divers lieux et moments, d’hiver et d’été car dans le fond je suis assez peu sectaire. Donc je milite, souvent…. et mon militantisme n’est pas qu’intellectuel, il vaut mieux d’ailleurs pour éviter une pauvreté parfois … bon, passons. Je milite quotidiennement, 365 jours sur 365 et même 366 les années bissextiles en faveur des pays en voie de développement, en « émergence » dit-on aujourd’hui, les pauvres quoi soyons clair !

Oui je m’enorgueillis sans fard aucun de cet, ces actes journaliers. Les pays producteurs peuvent compter sur moi pour les aider à écouler leur production de fève de cacao, tel est mon créneau car, je ne rêve pas, il ne m’est pas possible de me disperser dans un soucis d’efficacité !

Voilà c’est dit, en toute simplicité, en toute humilité, du fond du coeur : je milite Moi !

Ah oui, un des sept .. capitaux dit-on ..j’ai failli oublier … Et bien oui, (sous le contrôle de Belzébuth) j’avoue, discrètement mais sincèrement, sans honte et sans complexe, sans l’ombre d’une hésitation, en toute honnêteté (peux-tu en dire autant toi ?), franchement, avec même un soupçon de léger sourire, voire même un sourire quelque peu béat, les yeux dans les yeux, sans ciller une seule seconde, dans un cri muet mais puissant, avec force et vigueur, je le reconnais :

Je suis Gourmand !

Chris

octobre 6008 

 

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